đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“„żđ“œ  áž„ážłÈ / áž„eqa

Gouverner — le sceptre, la loi, la vĂ©ritĂ©

Du sceptre-héqa pharaonique à la racine ង-q-q du droit sémitique

Égyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · Arabe · GuĂšze · AramĂ©en

Sous les auspices de 𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝 (ណងwty Ă­ážłr | Djehouty L’Excellent) ! ق ۱ ŰĄ

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Introduction — du bñton qui gouverne à la loi qui est vraie

Il existe, dans la main du pharaon, un objet dont le nom a peut-ĂȘtre irriguĂ© tout le vocabulaire sĂ©mitique du droit et de la vĂ©ritĂ© : le sceptre-hĂ©qa, đ“‹Ÿ, cette houlette Ă  l’extrĂ©mitĂ© recourbĂ©e en crosse que le souverain tient serrĂ©e contre sa poitrine. Son nom, đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“„żđ“œ (áž„ážłÈ / áž„eqa), est aussi le verbe gouverner, rĂ©gner, ĂȘtre le maĂźtre. Tenir la crosse et gouverner sont un seul et mĂȘme mot.

Nous soutiendrons que ce mot est Ă  l’origine de la racine sĂ©mitique áž„-q-q — celle qui, en hĂ©breu, dit Ă  la fois graver, la loi, le lĂ©gislateur et le sceptre (ងāqaq, áž„Ćq, mÉ™áž„Ćqēq) ; celle qui, en arabe, dit le vrai, le droit, le juste (áž„aqq, áž„aqÄ«qa) ; celle qui, en guĂšze, dit tout simplement la loi (ងəg). Le lien n’est pas fortuit : la loi antique se grave, et celui qui la grave tient le sceptre. Le pharaon porteur de la crosse Ă©tait juge, modĂ©rateur, recteur et lĂ©gislateur — le pĂątre de son peuple.

Nous procĂ©derons dans l’ordre : d’abord le mot Ă©gyptien et l’objet qu’il nomme, puis sa descendance dans chaque langue sĂ©mitique, en appuyant chaque Ă©tape sur les textes — le Livre des Morts pour l’Égypte, la Bible hĂ©braĂŻque, le Coran.

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I. Les signes

Le mot s’Ă©crit đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“„żđ“œ. Le premier signe porte Ă  lui seul l’essentiel.

1.1  đ“‹Ÿ — le sceptre-hĂ©qa (áž„ážłÈ)

C’est un phonogramme trilitĂšre valant áž„ážłÈ : il figure la crosse mĂȘme, la houlette de berger Ă  sommet recourbĂ©. Signe et sens coĂŻncident — l’objet du pouvoir et le mot du pouvoir sont un.

1.2  đ“Ž› — la mĂšche de lin tressĂ© (áž„)

Valeur phonĂ©tique áž„, fricative pharyngale sourde. Correspond au copte Ï© (hori) [h, ħ] et Ⳉ (kha) ; Ă  l’hĂ©breu Ś— (áž„et) — et, dans de rares cas, Śą (Êżayin) ; Ă  l’arabe Ű­ (ងāʟ) et Űč (Êżayn). SĂ©mitiques : áș–, áž«, áž„, ˀ, Êż. Langues MandĂ© : k.

1.3  đ“ˆŽ — le flanc de colline (q / ážł)

Occlusive vĂ©laire (ou uvulaire) sourde q / ážł. On la retrouve dans ážłÈ.t (qĂ©l.t : hauteur, Ă©minence) et ážłÈÈ (qĂ©lel : colline, terre haute) — Ă  comparer, en bambara (Niger-Congo), avec kĂčlu : terre haute, montagne, colline, crĂȘte, huppe d’oiseau. Copte âȕ [k] et Ï­ [áž”] ; hĂ©breu ڧ (qof) ; arabe ق (qāf). SĂ©mitiques : ážł, k, q, g, ǧ.

1.4  đ“„ż — le vautour percnoptĂšre (ȝ)

TranslittĂ©rĂ© ȝ, ce signe valait anciennement la liquide L — valeur plus ancienne que le /a/ retenu par les premiers Ă©gyptologues —, d’oĂč les rĂ©alisations /l/, /r/, /a/. Copte âȒ, âȞ, âȈ, âȎ, âȱ ; hĂ©breu ڐ (aleph) ; arabe ŰŁ (alif) / ŰĄ (hamza). SĂ©mitiques : ˀ, r, l, w, Êż (rare).

1.5  đ“œ / 𓏛 — le rouleau de papyrus

DĂ©terminatif des notions abstraites, de l’Ă©crit, du total ; idĂ©ogramme d’Ă©crire. Sa prĂ©sence dans áž„ážłÈ classe le mot du cĂŽtĂ© de ce qui s’Ă©nonce et se prescrit.

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II. Le mot Ă©gyptien — le sceptre et le gouvernement

La famille lexicale de áž„ážłÈ dĂ©ploie, autour d’un seul noyau, l’objet, la fonction et l’homme qui l’exerce.

đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“„żđ“œ (áž„ážłÈ / áž„eqa) — verbe : gouverner, diriger, rĂ©gner sur, ĂȘtre le maĂźtre de.

đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“đ“› (áž„ážłÈt / áž„eqat) — nom : autoritĂ©, souverainetĂ©, pouvoir.

đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“„żđ“€€ (áž„ážłÈ / áž„eqa) — nom : dirigeant, souverain, chef.

đ“‹Ÿđ“‰—đ“đ“Š–đ“€€ (áž„ážłÈ-áž„wt / áž„eqa-áž„out) — nom : gouverneur de district.

đ“‹Ÿđ“ˆŽđ“đ“Œœ (áž„ážłÈt / áž„eqat) — nom : le boisseau, mesure de capacitĂ© (≈ 4,769 dmÂł, soit 1/30 de coudĂ©e cube).

L’objet-source est le sceptre-hĂ©qa : la houlette Ă  crosse recourbĂ©e que le pharaon serre sur sa poitrine, souvent associĂ©e au flagellum (le fouet-nekhakha). Ce n’est pas un ornement mais un instrument sĂ©mantique : porter la crosse, c’est gouverner. De lĂ , le nom du sceptre en vient Ă  dire « l’action de gouverner, de diriger, de rĂ©gner, d’ĂȘtre le maĂźtre » — et le porteur, le pharaon, devient le pĂątre, le guide et le mĂ©diateur de son peuple, cumulant les fonctions de juge, de modĂ©rateur, de recteur et de lĂ©gislateur.

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III. L’attestation royale — le Livre des Morts

Le sceptre-hĂ©qa đ“‹Ÿ apparaĂźt dans les mains des dieux et des rois justifiĂ©s. Ainsi, au chapitre 182 du Livre des Morts, dĂ©crivant Osiris souverain de l’Occident :

áž„ážłÈ Jmn.t jáčŻ(w ) p.t m mȝa-áž«rw, mn Ȝtfw, áž«a(=w ) m ងត.t, Ȝm(w ) n=f áž„ážłÈ.t náž«(ȝ), áž«(ȝ) wr bȝ.w aȝ

« Le souverain de l’Occident qui a pris possession du ciel en tant que justifiĂ©, Ă  la Couronne-atef fermement Ă©tablie, apparu avec la Couronne Blanche, qui a saisi pour lui le sceptre-hĂ©qat (et) le flagellum, Ă  la grande puissance, »

Livre des Morts de l’Égypte ancienne, chapitre 182, verset 14. TranslittĂ©ration et traduction de M. Claude Carrier, p. 821, Ă©d. CYBELE, 2009.

Le texte montre le mot Ă  l’Ɠuvre dans sa double valeur : áž„ážłÈ « le souverain » et áž„ážłÈ.t « le sceptre » qu’il saisit — l’homme et l’objet nouĂ©s dans une mĂȘme racine.

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IV. L’hĂ©ritage copte

Le copte a conservĂ© la racine sous la forme Ï©âȀâȔ (hak, dialecte sahidique) — adjectif : sobre, modĂ©rĂ©, lĂ©gitime. Le glissement de sens est Ă©loquent : de « celui qui gouverne selon la juste mesure » Ă  « le modĂ©rĂ©, le lĂ©gitime ». La retenue du bon gouvernant devient une qualitĂ© morale. La racine, de áž„ážłÈ « gouverner », y garde le noyau de la mesure juste — celui-lĂ  mĂȘme qui, en sĂ©mitique, deviendra le droit et le vrai.

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V. La descendance hĂ©braĂŻque — Ś—-ڧ-ڧ

C’est en hĂ©breu que la parentĂ© se lit le plus clairement, car la racine áž„-q-q y noue ensemble, en un seul faisceau, tout ce que le sceptre Ă©gyptien portait : graver, la loi, le lĂ©gislateur, le sceptre.

Ś—ÖžŚ§Ö·Ś§ / ងāqaq — verbe : graver, tailler, tracer, inscrire une loi, dĂ©crĂ©ter, ordonner, gouverner. C’est le geste premier : graver la loi dans la pierre.

Ś—Ö茧 / áž„Ćq — nom : loi, statut, rĂšgle, dĂ©cret, prĂ©cepte, ordonnance, droit, portion assignĂ©e.

ŚžÖ°Ś—ÖčŚ§Ö”Ś§ / mÉ™áž„Ćqēq — le lĂ©gislateur, mais aussi le bĂąton souverain, le sceptre, et le gouverneur. Un seul mot pour le sceptre et pour celui qui lĂ©gifĂšre — exactement comme áž„ážłÈ nommait Ă  la fois la crosse et le souverain.

Le nƓud de la dĂ©monstration. Que l’hĂ©breu mÉ™áž„Ćqēq dĂ©signe d’un mĂȘme mot le sceptre et le lĂ©gislateur n’est pas un hasard sĂ©mantique : c’est le dĂ©calque exact de la situation Ă©gyptienne, oĂč le nom du sceptre đ“‹Ÿ (áž„ážłÈ) Ă©tait aussi le verbe « gouverner » et le nom du « souverain ». Le graver (ងāqaq) et le tenir la crosse relĂšvent du mĂȘme geste d’autoritĂ© : fixer la rĂšgle. La loi antique n’est pas dite, elle est gravĂ©e — et celui qui la grave tient le sceptre.

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VI. La descendance arabe — Ű­-ق-ق

En arabe, la mĂȘme racine áž„-q-q s’est spĂ©cialisĂ©e vers le vrai et le droit — deux notions que le français sĂ©pare mais que l’arabe tient ensemble sous Ű­ÙŽÙ‚Ù‘ (áž„aqq).

Ű­ÙŽÙ‚ÙŽÙ‘ / áž„aqqa ; ÙŠÙŽŰ­ÙÙ‚ÙÙ‘ / yaáž„iqqu (forme I) — verbe : ĂȘtre vrai, ĂȘtre certain, ĂȘtre juste, ĂȘtre obligatoire, ĂȘtre nĂ©cessaire, ĂȘtre adĂ©quat, ĂȘtre convenable.

Ű­ÙŽÙ‚Ù‘ / áž„aqq — nom : vĂ©ritĂ©, Ă©quitĂ©, droiture, exactitude, rĂ©alitĂ©, droit, possession lĂ©gitime. Adjectif : rĂ©el, vrai, authentique, juste.

Ű­ÙÙ‚ÙÙˆÙ‚ / áž„uqĆ«q — pluriel : droits, revendications lĂ©gales. Les droits divins se disent Ű­Ù‚ÙˆÙ‚ Ű§Ù„Ù„Ù‡ / áž„uqĆ«qu-llāh.

Ű­ÙŽÙ‚ÙÙŠÙ‚ÙŽŰ© / áž„aqÄ«qa — nom : vĂ©ritĂ©, vĂ©racitĂ©, rĂ©alitĂ©, fait.

Le lien avec la loi gravĂ©e est direct : al-áž„aqq, communĂ©ment traduit « la VĂ©ritĂ© », dit d’abord ce qui est fixĂ©, Ă©tabli, dĂ» — la rĂšgle qui oblige. La vĂ©ritĂ©, ici, n’est pas une adĂ©quation abstraite mais ce qui tient parce que cela a Ă©tĂ© fixĂ© — comme la loi gravĂ©e dans la pierre.

Une hypothĂšse d’emprunt. Le terme al-áž„aqq est attestĂ© en arabe bien avant la rĂ©vĂ©lation coranique. Sa proximitĂ©, de forme et de sens, avec l’hĂ©breu áž„Ćq (loi, dĂ©cret) suggĂšre qu’il pourrait avoir Ă©tĂ© empruntĂ© Ă  l’hĂ©breu — les deux remontant en derniĂšre instance au nom Ă©gyptien du sceptre. Nous formulons cette filiation comme une hypothĂšse cohĂ©rente, non comme une dĂ©monstration close.

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VII. GuÚze et araméen

La racine se retrouve aux deux extrémités du monde sémitique.

GuĂšze (Ă©thiopien classique) : ሕግ / ងəg — nom : la loi, le commandement, le mandat divin. Le verbe áž„aqaqa y signifie Ă©galiser, lier, fixer.

AramĂ©en / syriaque : áž„uqqā — nom : ligne, rĂšgle. On y reconnaĂźt le mĂȘme noyau : tracer une ligne, fixer une rĂšgle — le geste du graveur de lois.

D’un bout Ă  l’autre — Nil, Canaan, Arabie, Éthiopie —, c’est la mĂȘme image qui gouverne : fixer, graver, tenir le sceptre. De ce geste unique procĂšdent la loi (áž„Ćq, ងəg), le droit et le vrai (áž„aqq), le lĂ©gislateur et son sceptre (mÉ™áž„Ćqēq).

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VIII. Attestations bibliques

La racine áž„-q-q irrigue toute la Bible hĂ©braĂŻque, dans les registres exacts que nous avons distinguĂ©s : la loi, le lĂ©gislateur, le sceptre, l’acte de graver et de gouverner. Les versets sont restituĂ©s intĂ©gralement (traduction Louis Segond).

8.1  Loi et prĂ©ceptes

Ś•Ö·Ś™ÖžÖŒŚ©Ö¶Ś‚Ś ڐÖčŚȘÖžŚ”ÖŒ ڙڕÖčŚĄÖ”ŚŁ ŚœÖ°Ś—Ö茧 ŚąÖ·Ś“ÖŸŚ”Ö·Ś™ÖŒŚ•Ö覝 Ś”Ö·Ś–Ö¶ÖŒŚ” ŚąÖ·ŚœÖŸŚÖ·Ś“Ö°ŚžÖ·ŚȘ ŚžÖŽŚŠÖ°ŚšÖ·Ś™ÖŽŚ ŚœÖ°Ś€Ö·ŚšÖ°ŚąÖ覔 ŚœÖ·Ś—ÖčŚžÖ¶Ś©Ś
lÉ™Â·áž„Ćq

« Joseph fit de cela une loi, qui a subsistĂ© jusqu’à ce jour, et d’aprĂšs laquelle un cinquiĂšme du revenu des terres de l’Égypte appartient Ă  Pharaon… »

GenĂšse 47:26, Bible.

Ś•Ö°Ś©ÖžŚŚžÖ·ŚšÖ°ŚȘÖžÖŒ Ś›ÖžÖŒŚœÖŸŚ—Ö»Ś§ÖžÖŒŚ™Ś• Ś›ÖžÖŒŚœÖŸŚ”Ö·ŚžÖ·ÖŒŚ—ÖČŚœÖžŚ” ڐÖČŚ©Ö¶ŚŚšÖŸŚ©Ö·Ś‚ŚžÖ°ŚȘÖŽÖŒŚ™ Ś‘Ö°ŚžÖŽŚŠÖ°ŚšÖ·Ś™ÖŽŚ ڜÖčŚÖŸŚÖžŚ©ÖŽŚ‚Ś™Ś ŚąÖžŚœÖ¶Ś™ŚšÖž
ងuq·qāw

« …si tu observes toutes ses lois, je ne te frapperai d’aucune des maladies dont j’ai frappĂ© les Égyptiens ; car je suis l’Éternel, qui te guĂ©rit. »

Exode 15:26, Bible.

Ś•Ö°Ś–ÖžŚ›Ö·ŚšÖ°ŚȘÖžÖŒ Ś›ÖŽÖŒŚ™ÖŸŚąÖ¶Ś‘Ö¶Ś“ Ś”ÖžŚ™ÖŽŚ™ŚȘÖž Ś‘Ö°ÖŒŚžÖŽŚŠÖ°ŚšÖžŚ™ÖŽŚ Ś•Ö°Ś©ÖžŚŚžÖ·ŚšÖ°ŚȘÖžÖŒ Ś•Ö°ŚąÖžŚ©ÖŽŚ‚Ś™ŚȘÖž ڐֶŚȘÖŸŚ”Ö·Ś—Ö»Ś§ÖŽÖŒŚ™Ś Ś”ÖžŚÖ”ŚœÖ¶ÖŒŚ”
ha·ងuq·qßm

« Tu te souviendras que tu as Ă©tĂ© esclave en Égypte, et tu observeras et mettras ces lois en pratique. »

Deutéronome 16:12, Bible.

8.2  Le lĂ©gislateur

Ś•Ö·Ś™Ö·ÖŒŚšÖ°Ś ŚšÖ”ŚŚ©ÖŽŚŚ™ŚȘ ŚœŚ•Öč Ś›ÖŽÖŒŚ™ÖŸŚ©ÖžŚŚ Ś—Ö¶ŚœÖ°Ś§Ö·ŚȘ ŚžÖ°Ś—ÖčŚ§Ö”Ś§ ŚĄÖžŚ€Ś•ÖŒŚŸ Ś•Ö·Ś™Ö”ÖŒŚȘ֔ڐ ŚšÖžŚŚ©Ö”ŚŚ™ ŚąÖžŚ
mÉ™Â·áž„ĆÂ·qĂȘq

« Il a choisi les prĂ©mices du pays, car lĂ  est cachĂ© l’hĂ©ritage du lĂ©gislateur ; il a marchĂ© en tĂȘte du peuple, il a exĂ©cutĂ© la justice de l’Éternel, et ses ordonnances envers IsraĂ«l. »

Deutéronome 33:21, Bible.

8.3  Statuts, droit

Ś ÖžŚ˜ÖŽŚ™ŚȘÖŽŚ™ ŚœÖŽŚ‘ÖŽÖŒŚ™ ŚœÖ·ŚąÖČŚ©Ś‚Ś•ÖčŚȘ Ś—Ö»Ś§Ö¶ÖŒŚ™ŚšÖž ŚœÖ°ŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ ŚąÖ”Ś§Ö¶Ś‘
ងuq·qe·បā

« J’incline mon cƓur Ă  pratiquer tes statuts, toujours, jusqu’à la fin. »

Psaumes 119:112, Bible.

ڕַڐÖČŚ›Ö·ŚœÖ°ŚȘÖ¶ÖŒŚ ڐÖčŚȘÖžŚ”ÖŒ Ś‘Ö°ÖŒŚžÖžŚ§Ś•Ö覝 Ś§ÖžŚ“ÖčŚ©Ś Ś›ÖŽÖŒŚ™ Ś—ÖžŚ§Ö°ŚšÖž Ś•Ö°Ś—ÖžŚ§ÖŸŚ‘ÖžÖŒŚ Ö¶Ś™ŚšÖž Ś”ÖŽŚ•Ś ŚžÖ”ŚÖŽŚ©Ö”ÖŒŚŚ™ Ś™Ö°Ś”Ś•ÖžŚ”
ងā·qə·បā / wə·ងāq

« Vous le mangerez dans un lieu saint ; c’est ton droit et le droit de tes fils sur les offrandes consumĂ©es par le feu devant l’Éternel ; car c’est lĂ  ce qui m’a Ă©tĂ© ordonnĂ©. »

Lévitique 10:13, Bible.

8.4  Tailler, tracer

Ś—ÖčŚŠÖ°Ś‘ÖŽŚ™ ŚžÖžŚšŚ•Ö覝 Ś§ÖŽŚ‘Ö°ŚšŚ•Öč Ś—ÖčŚ§Ö°Ś§ÖŽŚ™ Ś‘Ö·ŚĄÖ¶ÖŒŚœÖ·Śą ŚžÖŽŚ©Ö°ŚŚ›ÖžÖŒŚŸ ŚœŚ•Öč
áž„ĆÂ·qə·qĂź

« …Il se creuse un sĂ©pulcre sur la hauteur, il se taille une demeure dans le roc ! »

Ésaïe 22:16, Bible.

Ś‘Ö·ÖŒŚ”ÖČŚ›ÖŽŚ™Ś Ś•Öč Ś©ÖžŚŚžÖ·Ś™ÖŽŚ Ś©ÖžŚŚ ŚÖžŚ ÖŽŚ™ Ś‘Ö°ÖŒŚ—Ś•ÖŒŚ§Ś•Öč Ś—Ś•ÖŒŚ’ ŚąÖ·ŚœÖŸŚ€Ö°ÖŒŚ Ö”Ś™ ŚȘְڔڕÖ覝
bə·ងƫ·qƍw

« Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais lĂ  ; lorsqu’il traça un cercle Ă  la surface de l’abĂźme, »

Proverbes 8:27, Bible.

8.5  Le sceptre

ڜÖčŚÖŸŚ™ÖžŚĄŚ•ÖŒŚš Ś©Ö”ŚŚ‘Ö¶Ś˜ ŚžÖŽŚ™Ś”Ś•ÖŒŚ“ÖžŚ” Ś•ÖŒŚžÖ°Ś—ÖčŚ§Ö”Ś§ ŚžÖŽŚ‘Ö”ÖŒŚ™ŚŸ ŚšÖ·Ś’Ö°ŚœÖžŚ™Ś• ŚąÖ·Ś“ Ś›ÖŽÖŒŚ™ÖŸŚ™ÖžŚ‘Ö茐 Ś©ÖŽŚŚ™ŚœÖ覔 Ś•Ö°ŚœŚ•Öč Ś™ÖŽŚ§Ö°ÖŒŚ”Ö·ŚȘ ŚąÖ·ŚžÖŽÖŒŚ™Ś
ƫ·mÉ™Â·áž„ĆÂ·qĂȘq

« Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, ni le bĂąton souverain d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne le Schilo, et que les peuples lui obĂ©issent. »

GenĂšse 49:10, Bible.

Ś‘Ö°ÖŒŚÖ”Śš Ś—ÖČŚ€ÖžŚšŚ•ÖŒŚ”Öž Ś©ÖžŚ‚ŚšÖŽŚ™Ś Ś›ÖžÖŒŚšŚ•ÖŒŚ”Öž Ś Ö°Ś“ÖŽŚ™Ś‘Ö”Ś™ Ś”ÖžŚąÖžŚ Ś‘ÖŽÖŒŚžÖ°Ś—ÖčŚ§Ö”Ś§ Ś‘Ö°ÖŒŚžÖŽŚ©Ö°ŚŚąÖČŚ ÖčŚȘÖžŚ
bimÂ·áž„ĆÂ·qĂȘq

« Puits, que des princes ont creusé, que les grands du peuple ont creusé, avec le sceptre, avec leurs bùtons ! Du désert ils allÚrent à Matthana ; »

Nombres 21:18, Bible.

ŚœÖŽŚ™ Ś’ÖŽŚœÖ°ŚąÖžŚ“ ŚœÖŽŚ™ ŚžÖ°Ś Ö·Ś©Ö¶ÖŒŚŚ” Ś•Ö°ŚÖ¶Ś€Ö°ŚšÖ·Ś™ÖŽŚ ŚžÖžŚąŚ•Ö視 ŚšÖčŚŚ©ÖŽŚŚ™ Ś™Ö°Ś”Ś•ÖŒŚ“ÖžŚ” ŚžÖ°Ś—ÖčŚ§Ö°Ś§ÖŽŚ™
mÉ™Â·áž„ĆÂ·qə·qĂź

« À moi Galaad, Ă  moi ManassĂ© ; ÉphraĂŻm est le rempart de ma tĂȘte, et Juda, mon sceptre ; »

Psaumes 108:8, Bible.

8.6  Gouverneurs et princes

ŚœÖŽŚ‘ÖŽÖŒŚ™ ŚœÖ°Ś—Ś•ÖčŚ§Ö°Ś§Ö”Ś™ Ś™ÖŽŚ©Ö°Ś‚ŚšÖžŚÖ”Śœ Ś”Ö·ŚžÖŽÖŒŚȘÖ°Ś Ö·Ś“Ö°ÖŒŚ‘ÖŽŚ™Ś Ś‘ÖžÖŒŚąÖžŚ Ś‘ÖžÖŒŚšÖČŚ›Ś•ÖŒ Ś™Ö°Ś”Ś•ÖžŚ”
lÉ™Â·áž„ĆÂ·wq·qĂȘ

« Mon cƓur est aux gouverneurs d’IsraĂ«l, Ă  ceux du peuple qui se sont montrĂ©s prĂȘts Ă  combattre. BĂ©nissez l’Éternel ! »

Juges 5:9, Bible.

ŚžÖŽŚ ÖŽÖŒŚ™ ŚžÖžŚ›ÖŽŚ™Śš Ś™ÖžŚšÖ°Ś“Ś•ÖŒ ŚžÖ°Ś—ÖčŚ§Ö°Ś§ÖŽŚ™Ś Ś•ÖŒŚžÖŽŚ–Ö°ÖŒŚ‘Ś•ÖŒŚœÖ»ŚŸ ŚžÖčŚ©Ö°ŚŚ›ÖŽŚ™Ś Ś‘Ö°ÖŒŚ©Ö”ŚŚ‘Ö¶Ś˜ ŚĄÖčŚ€Ö”Śš
mÉ™Â·áž„ĆÂ·qə·qĂźm

« …De Makir vinrent des gouverneurs, et de Zabulon des commandants (tenant) le bĂąton du scribe. »

Juges 5:14, Bible.

8.7  Ordonner

Ś‘ÖŽÖŒŚ™ ŚžÖ°ŚœÖžŚ›ÖŽŚ™Ś Ś™ÖŽŚžÖ°ŚœÖčŚ›Ś•ÖŒ Ś•Ö°ŚšŚ•ÖčŚ–Ö°Ś ÖŽŚ™Ś ڙְڗÖčŚ§Ö°Ś§Ś•ÖŒ ŚŠÖ¶Ś“Ö¶Ś§
yÉ™Â·áž„ĆÂ·qə·qĆ«

« Par moi les rois rÚgnent, et les princes ordonnent ce qui est juste ; »

Proverbes 8:15, Bible.

âž»

IX. Attestations coraniques

La racine Ű­-ق-ق figure 287 fois dans le Coran. Les vocables qui en sont tirĂ©s — au premier chef al-áž„aqq, « la VĂ©ritĂ© » — remontent, selon notre thĂšse, Ă  l’Ă©gyptien áž„ážłÈ, « gouverner, rĂ©gner, ĂȘtre le maĂźtre ». En voici quelques attestations (traductions d’A. Penot).

وَقُلْ ŰŹÙŽŰąŰĄÙŽ Ù±Ù„Ù’Ű­ÙŽÙ‚ÙÙ‘ وَŰČَهَقَ Ù±Ù„Ù’ŰšÙŽÙ°Ű·ÙÙ„Ù Ű„ÙÙ†ÙŽÙ‘ Ù±Ù„Ù’ŰšÙŽÙ°Ű·ÙÙ„ÙŽ ÙƒÙŽŰ§Ù†ÙŽ ŰČÙŽÙ‡ÙÙˆÙ‚Ù‹Ű§
Wa qul jāʟa l-áž„aqqu wa zahaqa l-bāáč­ilu, ÊŸinna l-bāáč­ila kāna zahĆ«qan

« Dis : La VĂ©ritĂ© est venue et l’erreur s’est dissipĂ©e, car l’erreur est vouĂ©e Ă  disparaĂźtre. »

Sourate 17 (Al-Isrāʟ, Le Voyage nocturne), verset 81.

هُوَ Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙ‰Ù“ ŰŁÙŽŰ±Ù’ŰłÙŽÙ„ÙŽ Ű±ÙŽŰłÙÙˆÙ„ÙŽÙ‡ÙÛ„ ŰšÙÙ±Ù„Ù’Ù‡ÙŰŻÙŽÙ‰Ù° ÙˆÙŽŰŻÙÙŠÙ†Ù Ù±Ù„Ù’Ű­ÙŽÙ‚ÙÙ‘ Ù„ÙÙŠÙŰžÙ’Ù‡ÙŰ±ÙŽÙ‡ÙÛ„ Űčَلَى Ù±Ù„ŰŻÙÙ‘ÙŠÙ†Ù كُلِّهِۊ وَلَوْ ÙƒÙŽŰ±ÙÙ‡ÙŽ Ù±Ù„Ù’Ù…ÙŰŽÙ’Ű±ÙÙƒÙÙˆÙ†ÙŽ
Huwa lladhÄ« ÊŸarsala rasĆ«lahu bi-l-hudā wa dÄ«ni l-áž„aqqi liyuáș“hirahu Êżalā d-dÄ«ni kullihi wa law kariha l-mushrikĆ«na

« C’est Lui qui a envoyĂ© Son ProphĂšte avec la guidante et la religion de la VĂ©ritĂ© afin de la faire prĂ©valoir sur toutes les autres, n’en dĂ©plaise aux polythĂ©istes. »

Sourate 9 (At-Tawba, Le Repentir), verset 33.

ÙˆÙŽŰŁÙŽŰ°ÙÙ†ÙŽŰȘْ Ù„ÙŰ±ÙŽŰšÙÙ‘Ù‡ÙŽŰ§ ÙˆÙŽŰ­ÙÙ‚ÙŽÙ‘ŰȘْ
Wa ʟadhinat li-rabbihā wa ងuqqat

« Se soumettant à bon droit à son Seigneur, »

Sourate 84 (Al-InĆĄiqāq, La FĂȘlure), verset 2.

ÙˆÙŽÙ‚ÙŽŰ§Ù„ÙÙˆŰ§ÛŸ Ù±Ù„Ù’Ű­ÙŽÙ…Ù’ŰŻÙ لِلَّهِ Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙ‰ Ù‡ÙŽŰŻÙŽÙ‰Ù°Ù†ÙŽŰ§ Ù„ÙÙ‡ÙŽÙ°Ű°ÙŽŰ§ ÙˆÙŽÙ…ÙŽŰ§ ÙƒÙÙ†ÙŽÙ‘Ű§ لِنَهْŰȘÙŽŰŻÙÙ‰ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙ’Ù„ÙŽŰą ŰŁÙŽÙ†Ù’ Ù‡ÙŽŰŻÙŽÙ‰Ù°Ù†ÙŽŰ§ ٱللَّهُ Ù„ÙŽÙ‚ÙŽŰŻÙ’ ŰŹÙŽŰąŰĄÙŽŰȘْ Ű±ÙŰłÙÙ„Ù Ű±ÙŽŰšÙÙ‘Ù†ÙŽŰ§ ŰšÙÙ±Ù„Ù’Ű­ÙŽÙ‚ÙÙ‘
Wa qālĆ« l-áž„amdu lillāhi lladhÄ« hadānā li-hādhā wa mā kunnā li-nahtadiya lawlā ÊŸan hadānā llāhu, laqad jāʟat rusulu rabbinā bi-l-áž„aqqi

« Et ils diront : Louange Ă  AllĂąh qui nous a guidĂ©s en cela ; nous n’aurions pas Ă©tĂ© guidĂ©s si AllĂąh ne nous avait pas guidĂ©s. Les messagers de notre Seigneur sont venus avec la VĂ©ritĂ©. »

Sourate 7 (Al-AÊżrāf, Les Remparts), verset 43.

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Wa nādā ÊŸaáčŁáž„ābu l-jannati ÊŸaáčŁáž„āba n-nāri ÊŸan qad wajadnā mā waÊżadanā rabbunā áž„aqqan, fahal wajadtum mā waÊżada rabbukum áž„aqqan, qālĆ« naÊżam

« Les hĂŽtes du Paradis interpelleront ceux de l’Enfer : Nous avons trouvĂ© vĂ©ritables les promesses de notre Seigneur ; avez-vous trouvĂ© vĂ©ritable ce que le vĂŽtre vous avait promis ? Ils diront : Oui. »

Sourate 7 (Al-AÊżrāf, Les Remparts), verset 44.

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Conclusion

Un objet, une main, un geste : la crosse đ“‹Ÿ serrĂ©e sur la poitrine du pharaon, et le geste de fixer la rĂšgle. De ce noyau unique — áž„ážłÈ, gouverner et le sceptre qui gouverne — procĂšde, de proche en proche, tout un pan du vocabulaire sĂ©mitique du droit et du vrai.

L’hĂ©breu en a gardĂ© la trace la plus fidĂšle, en nommant d’un seul mot, mÉ™áž„Ćqēq, le sceptre et le lĂ©gislateur — comme l’Ă©gyptien nommait d’un seul mot la crosse et le souverain. De lĂ , la loi qui se grave (ងāqaq, áž„Ćq), le droit et la vĂ©ritĂ© qui tiennent parce qu’ils sont fixĂ©s (áž„aqq), la loi Ă©thiopienne (ងəg), la rĂšgle aramĂ©enne (áž„uqqā). Ce que nous appelons « vĂ©ritĂ© » n’Ă©tait, Ă  l’origine, rien d’autre que ce qui a Ă©tĂ© gravĂ© par celui qui tient le sceptre — la loi du pĂątre sur son peuple.

𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝  ážŽáž„wty Ă­ážłr — Djehouty L’Excellent

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