đ“©đ“Œđ“‚  nត / nedjy

ProtĂ©ger · Sauver · Prendre conseil — et le salut coranique

Par Ś˜â€“Ś˜Ś™ŚȘ – ΘΏΘ – THáč’TH – 𓏏𓅝𓏭𓀭 (ណងwty) – Ś“Ö·ÖŒŚąÖ·ŚȘ / DAĀTH !

âž»

I. La racine et sa thĂšse

Le verbe đ“©đ“Œđ“‚ (lire nត / nedjy) dĂ©ploie en Ă©gyptien pharaonique un champ sĂ©mantique double, articulĂ© autour d’une mĂȘme idĂ©e de sollicitude : d’une part protĂ©ger, sauver, prendre soin de, rĂ©parer un tort, venger, dĂ©livrer ; d’autre part prendre conseil, consulter, s’informer, demander. ProtĂ©ger et consulter procĂšdent d’un mĂȘme geste : se tourner vers quelqu’un — pour le secourir, ou pour lui demander secours.

Ce vocable prĂ©sente un intĂ©rĂȘt exceptionnel. Il appartient aux strates les plus anciennes de la langue pharaonique — il figure dĂšs les Textes des Pyramides d’Ounas đ“ƒč𓈖𓇋𓋮 (Ve dynastie) et de TĂ©ti 𓏏𓏏𓇋 (VIe dynastie) — et son cognat arabe, la racine ن-ŰŹ-و / ن-ŰŹ-ي (n-j-w / n-j-y), est employĂ© quatre-vingt-quatre fois dans le corpus coranique. Or, fait remarquable, cette racine paraĂźt absente des autres langues sĂ©mitiques anciennes : ni l’hĂ©breu, ni le syriaque, ni mĂȘme l’akkadien — la plus archaĂŻque des langues sĂ©mitiques attestĂ©es — ne semblent la connaĂźtre sous cette forme et avec ce sens.

Cette double singularitĂ© — prĂ©sence dĂšs l’égyptien le plus ancien, absence des autres sĂ©mitiques, forte frĂ©quence coranique — invite Ă  penser que l’arabe a recueilli, seul du cĂŽtĂ© sĂ©mitique, un mot venu du fonds pharaonique, soit par emprunt ancien, soit par hĂ©ritage d’un fonds commun que les autres langues auraient laissĂ© se perdre. On avancera la chose avec mesure : Ă©tablir un emprunt supposerait d’en retracer la voie et l’époque, et d’écarter l’hypothĂšse d’une racine que l’akkadien et l’hĂ©breu auraient jadis possĂ©dĂ©e avant de l’abandonner. Le rapprochement n’en garde pas moins toute sa valeur, et il Ă©tonne qu’il ait si peu retenu l’attention de ceux qui ont Ă©tudiĂ© le lexique du Coran et ses strates les plus archaĂŻques.

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II. Décomposition phonétique

La racine Ă©gyptienne se lit, dans sa forme pleine, đ“ˆ–đ“†“đ“©đ“Œđ“€ — soit les valeurs n · ត · nត. Son rĂ©pondant arabe s’organise autour de ن (n) · ŰŹ (j) · و (w).

2.1  Les phonogrammes

𓆓 — le cobra (តt) : phonogramme ត [dj]. Valeurs ត / dj / áčŻ / tch / d. Copte Ï« (តanតia) ; hĂ©breu Ś’ÖŒ / Ś’ (guimel) ou ŚŠ / Ś„ (tsadĂ©) ; arabe ۶ (ឍād) ou ŰŹ (jÄ«m). SĂ©mitiques : áčŁ, z, ឍ, ត.

𓈖 — le filet d’eau : valeur n. Copte âȚ (nē) ; hĂ©breu Ś  (nun) ; arabe ن (nĆ«n). SĂ©mitiques : n, l.

𓂝 — l’avant-bras : valeur Êż (Êżayin), fricative pharyngale [ʕ] ; prononciation Ăą/ĂĄ/ā. Arabe Űč (Êżayn) ; hĂ©breu Śą (Êżayin) ; syriaque Ü„ (ÊżÄ“). IdĂ©ogramme de bras, de main.

2.2  Les dĂ©terminatifs et complĂ©ments

𓐩 — signe de valeur phonĂ©tique nត, associĂ© Ă  𓏌.

𓏌 — le pot, vase rond (nw / nou) : dĂ©terminatif de mesure, de liquide, de tribut, d’onction.

𓀁 — l’homme assis, la main Ă  la bouche : dĂ©terminatif de tout ce qui touche Ă  la bouche — manger, boire, parler, converser, se taire, penser. Sa prĂ©sence dans nត « prendre conseil » est Ă©loquente : consulter, c’est un acte de parole.

𓁷đ“ș — le visage vu de face (áž„r) : idĂ©ogramme de face, prĂ©position « sur ».

𓂡 — l’avant-bras tenant un bĂąton : dĂ©terminatif de tout acte requĂ©rant effort ou force.

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III. Vocables de la langue pharaonique

𓈖𓆓 𓐩 𓏌 𓀁 (nត / nedjy) — verbe : prendre conseil, demander, exercer une protection, protĂ©ger, prendre soin de, consulter, s’informer. Variante : 𓈖𓆓 𓏌 𓀁.

𓆓 𓏌 𓀁 đ“‚‹đ“€ (nត-r / nedjy-r) : demander conseil, consulter, questionner.

𓈖𓆓 𓐩 𓏌 đ“…±đ“đ“›đ“„ đ“‚‹đ“€ (nតw.t-r / nedjou.t-r) — nom : avis, conseil, consultation, conseil de guerre.

đ“©đ“Œđ“‚ (nត / nedjy) — verbe : protĂ©ger, sauver, prendre soin de, rĂ©parer un tort, venger ; nom : dĂ©fense, salut, protection, protecteur ; aussi : consulter, invoquer le nom du roi, prononcer le nom de quelqu’un.

đ“©đ“Œđ“‚ 𓅓𓂝 (nត m-Êż / nedjy m-ā) : protĂ©ger de, sauver, dĂ©fendre contre, protĂ©ger de la main de, garder.

đ“©đ“Œđ“đ“­đ“‚Ą (nតytj / nedjyti) — nom : sauveur, dĂ©livreur.

𓈖𓆓 𓐩𓁷đ“ș (nតy-áž„r / nedjy-áž„er) — nom : protection, protecteur, soutien, vengeur. Variantes : đ“©đ“Œđ“›đ“·đ“ș ; 𓈖𓆓 𓐩 𓏌 𓀁.

𓈖𓆓𓏏𓏭 𓂡 (nតyty / nedjity) — nom : protecteur, dĂ©fenseur. FĂ©minin đ“©đ“Œđ“đ“ (nតtt / nedjytet) : protectrice, vengeresse.

𓈖𓆓 𓈖𓆓 𓏌 𓀁 (nតnត / nedjynedjy) — verbe : discuter, s’entretenir, converser ; nom : conseil, avis, requĂȘte. Dans nតnត m-Êż : prendre conseil, demander un avis Ă , consulter.

La racine engendre ainsi un lexique complet de la protection (le protecteur, le sauveur, la vengeresse) et de la dĂ©libĂ©ration (le conseil, la consultation, la conversation). Que le mĂȘme mot serve Ă  protĂ©ger et Ă  consulter dessine une conception politique : le pouvoir qui protĂšge est celui que l’on consulte, et prendre conseil est dĂ©jĂ  une forme de sauvegarde.

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IV. Attestations dans les corpus pharaoniques

4.1  ProtĂ©ger — Textes des Pyramides d’Ounas

nតw Psត.t m កw.t-Sr

« (Toi) que protĂšge l’EnnĂ©ade dans le ChĂąteau du Prince ! »

Textes des Pyramides d’Ounas, chambre funĂ©raire, W/F/E inf, col. 35, Spruch {223}, §215 c. Trad. Claude Carrier, pp. 62-63, Ă©d. CYBELE 2009.

4.2  ProtĂ©ger de la main — Ounas

jw nត~n sw W m-Êż jr(w).w nn j[r=]

« Ounas l’a protĂ©gĂ© de la main de ceux qui ont voulu faire cela [contre lui], »

Textes des Pyramides d’Ounas, antichambre, W/A/W inf, col. 13, Spruch {254}, §290 c. Trad. Claude Carrier, pp. 120-121, Ă©d. CYBELE 2009.

4.3  Sauver grĂące Ă  la main — Ounas

nតត m-Êż W

« Celui qui est sauvĂ© grĂące Ă  la main d’Ounas »

Textes des Pyramides d’Ounas, antichambre, W/A/W sup, col. 20, Spruch {250}, §268 a. Trad. Claude Carrier, pp. 110-111, Ă©d. CYBELE 2009.

4.4  Que les dieux te protĂšgent — TĂ©ti

rd~n=f nត(w) áčŻw náčŻr.w dn Gb áčŻb.t=f áž„r tp n(y) áž«ft(y)=k áž„m(w)~n=k

« (S’)il a permis que les dieux te protĂšgent, c’est que Geb a placĂ© sa sandale sur la tĂȘte de ton adversaire que tu as enlevĂ© »

Textes des Pyramides de Téti, chambre funéraire, T/F/E s, col. 2, Spruch {356}, §578 a-b. Trad. Claude Carrier, pp. 236-237, éd. CYBELE 2009.

4.5  Horus t’a protĂ©gĂ© — MĂ©renrĂȘ

hȜ [Wsjr] M nត~n áčŻw កr

« Ah [Osiris] MĂ©renrĂȘ, (si) Horus t’a protĂ©gĂ©, »

Textes des Pyramides de MĂ©renrĂȘ, chambre funĂ©raire, M/F/E sup, col. 28, Spruch {356}, §582 c. Trad. Claude Carrier, pp. 1884-1885, Ă©d. CYBELE 2010.

4.6  ProtĂ©ger contre les ennemis — Papyrus Ebers

Jnk nត(w) sw m-Êż áž«fty.w=f, smtw=f pw ណងwty, jw=f d=f m(w)d.t drf,

« C’est moi qui le protĂšge contre ses ennemis, Thot est son guide, lui qui fait en sorte que parle l’écrit, »

Nouvelle Transcription du Papyrus médical Ebers, planche 1 (1, 1-11), 1, 8, p. 11. Trad. Bernard Lalanne & Gérard Métra, éd. Safran 2017.

4.7  RĂ©parer, venger — MĂ©renrĂȘ

jn កr nត(w)=f j-jr(w).t~n StĆĄ jr=k

« C’est Horus qui rĂ©parera ce que Seth a fait contre toi ! »

Textes des Pyramides de MĂ©renrĂȘ, chambre funĂ©raire, M/F/E sup, col. 36, Spruch {357}, §592 c. Trad. Claude Carrier, pp. 1888-1889, Ă©d. CYBELE 2010.

4.8  PrĂ©server — Textes des Sarcophages

(j)m nត(w) áž«pr(w)=j m-Êż Nw

« Ne demandez pas ma transformation au sein de Nou »

Textes des Sarcophages, vol. 1, CT I, Spell [75] (suite 1) (sarcophage S1C), p. 332, section c. Trad. Claude Carrier, pp. 186-187, Éditions du Rocher 2004.

4.9  ProtĂ©ger le misĂ©rable — Le Conte du Paysan Ă©loquent

nត áž„r mÈœĂ­r m áž«pr m wតnw / r sprw sȜw tkn nងង

« …et exerce ta protection sur le misĂ©rable ! Ne te transforme pas en flot torrentiel contre le plaignant ! Prends garde Ă  l’approche de l’éternitĂ© ! »

Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-175/176, TroisiĂšme supplique, pp. 50-51. Trad. Patrice Le Guilloux, Cahiers de l’Association d’Égyptologie Isis n° 2, 2e Ă©d., Angers 2005.

4.10  Le protecteur du genre humain — Textes des Sarcophages

nត(w)=j pÊż.t m Êż náčŻr.w áčŻs páș–r jnk nតt(y) [
]

« Je veux protĂ©ger le genre humain de la main des dieux, et vice versa ! Je suis le protecteur [
] »

Textes des Sarcophages, vol. 1, CT IV, Spell [334] (sarcophage G1T), p. 180, sections g-h. Trad. Claude Carrier, pp. 798-799, Éditions du Rocher 2004.

4.11  Prendre conseil — Le Livre des Morts

…áž„r nតw.t

« …Le hĂ©ron-nour, il s’appuie sur les conseils »

Le Livre des Morts, chapitre 64-a (Papyrus de Nouou, BM EA 10477), (suite 5), (40), p. 228. Trad. Claude Carrier, éd. CYBELE 2009.

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V. Le cognat arabe — la racine ن-ŰŹ-و / ن-ŰŹ-ي

La racine arabe ن (n) · ŰŹ (j) · و (w) recouvre exactement le champ Ă©gyptien du salut et de la prĂ©servation, avec une extension propre vers la confidence et le secret.

5.1  CatĂ©gorie verbale

Ù†ÙŽŰŹÙŽŰ§ (najā) / ÙŠÙŽÙ†Ù’ŰŹÙÙˆ (yanjĆ«) : dĂ©livrer, sauver, se sauver, secourir, survivre, se confier Ă .

Ù†ÙŽŰŹÙŽÙ‘Ù‰ (najjā) / ÙŠÙÙ†ÙŽŰŹÙÙ‘ÙŠ (yunajjÄ«) : sauver, secourir, dĂ©livrer, affranchir, libĂ©rer.

ŰŁÙŽÙ†Ù’ŰŹÙŽÙ‰ (anjā) : secourir, sauver, dĂ©livrer.

ŰȘÙŽÙ†ÙŽŰŹÙŽÙ‘Ù‰ (tanajjā) : chercher un endroit Ă©levĂ© pour y demeurer.

5.2  CatĂ©gorie nominale

Ù†ÙŽŰŹÙ‹Ű§ (najā) : dĂ©livrance, sauvetage ; rameau, branche ; peau d’une bĂȘte ; colline, hauteur.

Ù†ÙŽŰŹÙÙŠÙ‘ (najiyy) : confidence, confident, ami intime, ami proche ; secret, ce qui doit rester cachĂ©.

Ù†ÙŽŰŹÙ’ÙˆÙŽÙ‰ (najwā) : conversation confidentielle, secrĂšte.

Ù†ÙŽŰŹÙÙŠÙŽÙ‘Ű© (najiyya) : souci, peine, inquiĂ©tude, tracas.

Ù†ÙŽŰŹÙŽŰ§ŰĄ (najāʟ) / Ù†ÙŽŰŹÙŽŰ§Ű© (najāh) : dĂ©livrance, sauvetage, salut.

Ù…ÙÙ†ÙŽŰŹÙÙ‘ (munajjin) : sauveur.

Ù…ÙŽÙ†Ù’ŰŹÙ‹Ù‰ (manjā) : refuge, asile, havre, sanctuaire. Ù…ÙŽÙ†Ù’ŰŹÙŽŰ§Ű© (manjāh) : salut, Ă©vasion, Ă©chappatoire.

On notera la continuitĂ© sĂ©mantique parfaite avec le nom Ă©gyptien đ“©đ“Œđ“đ“­đ“‚Ą (nedjyti, le sauveur) : de part et d’autre, la racine nomme l’acte de sauver, celui qui sauve et le lieu du salut.

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VI. La racine dans le corpus coranique

La racine ن-ŰŹ-و se rencontre quatre-vingt-quatre fois dans le Coran. Dans les versets qui suivent, le vocable issu de la racine est signalĂ© en gras — dans l’arabe, la translittĂ©ration et la traduction.

Sauver, échapper, délivrer

ÙˆÙŽÙ‚ÙŽŰ§Ù„ÙŽ Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙ‰ Ù†ÙŽŰŹÙŽŰ§ Ù…ÙÙ†Ù’Ù‡ÙÙ…ÙŽŰ§ ÙˆÙŽÙ±ŰŻÙŽÙ‘ÙƒÙŽŰ±ÙŽ ŰšÙŽŰčÙ’ŰŻÙŽ ŰŁÙÙ…ÙŽÙ‘Ű©Ù ŰŁÙŽÙ†ÙŽŰ§Û  ŰŁÙÙ†ÙŽŰšÙÙ‘ŰŠÙÙƒÙÙ… ŰšÙŰȘÙŽŰŁÙ’ÙˆÙÙŠÙ„ÙÙ‡ÙÛŠ ÙÙŽŰŁÙŽŰ±Ù’ŰłÙÙ„ÙÙˆÙ†Ù
Wa qāla lladhÄ« najā minhumā wa-ddakara baÊżda ÊŸummatin ÊŸanā ÊŸunabbiÊŸukum bi-taÊŸwÄ«lihi fa-ÊŸarsilĆ«ni

« Or, celui des deux qui avait Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© et qui, aprĂšs quelque temps, se rappela, dit : « Je vous en donnerai l’interprĂ©tation. Envoyez-moi donc. » »

Sourate 12, ÙŠÙˆŰłÙ / YĆ«suf (Joseph), verset 45.

Ù‚ÙŽŰ§Ù„ÙŽ Ù„ÙŽŰ§ ŰȘÙŽŰźÙŽÙÙ’ ۖ Ù†ÙŽŰŹÙŽÙˆÙ’ŰȘَ مِنَ ٱلْقَوْمِ Ù±Ù„ŰžÙŽÙ‘Ù°Ù„ÙÙ…ÙÙŠÙ†ÙŽ
…Qāla lā takhaf, najawta mina l-qawmi áș“-áș“ālimÄ«na

« …il dit : « N’aie aucune crainte : tu as Ă©chappĂ© aux gens injustes. » »

Sourate 28, Ű§Ù„Ù‚Ű”Ű” / Al-QaáčŁaáčŁ (Le RĂ©cit), verset 25.

Sauver, délivrer (forme intensive najjā)

ÙˆÙŽŰ„ÙŰ°Ù’ Ù†ÙŽŰŹÙŽÙ‘ÙŠÙ’Ù†ÙŽÙ°ÙƒÙÙ… مِّنْ ŰĄÙŽŰ§Ù„Ù ÙÙŰ±Ù’Űčَوْنَ ÙŠÙŽŰłÙÙˆÙ…ÙÙˆÙ†ÙŽÙƒÙÙ…Ù’ ŰłÙÙˆÙ“ŰĄÙŽ ٱلْŰčÙŽŰ°ÙŽŰ§ŰšÙ
Wa ÊŸidh najjaynākum min ʟāli firÊżawna yasĆ«mĆ«nakum sĆ«ÊŸa l-Êżadhābi

« Lors, Nous vous avons sauvés des sujets de Pharaon qui vous infligeaient le pire chùtiment »

Sourate 2, Ű§Ù„ŰšÙ‚Ű±Ű© / Al-Baqara (La Vache), verset 49. Trad. M. Maurice Gloton, p. 8, Ă©d. Albouraq 2018.

قُلْ مَن ÙŠÙÙ†ÙŽŰŹÙÙ‘ÙŠÙƒÙÙ… مِّن ŰžÙÙ„ÙÙ…ÙŽÙ°ŰȘِ Ù±Ù„Ù’ŰšÙŽŰ±ÙÙ‘ ÙˆÙŽÙ±Ù„Ù’ŰšÙŽŰ­Ù’Ű±Ù … Ù„ÙŽÙ‘ŰŠÙÙ†Ù’ ŰŁÙŽÙ†ŰŹÙŽÙ‰Ù°Ù†ÙŽŰ§ مِنْ Ù‡ÙŽÙ°Ű°ÙÙ‡ÙÛŠ لَنَكُونَنَّ مِنَ Ù±Ù„ŰŽÙŽÙ‘Ù°ÙƒÙŰ±ÙÙŠÙ†ÙŽ
Qul man yunajjÄ«kum min áș“ulumāti l-barri wa-l-baáž„ri … la-ÊŸin anjānā min hādhihi la-nakĆ«nanna mina sh-shākirÄ«na

« Dis : « Qui vous dĂ©livre des tĂ©nĂšbres de la terre et de la mer ? » … « S’Il nous dĂ©livre de ceci, nous serons du nombre des reconnaissants. » »

Sourate 6, Ű§Ù„ŰŁÙ†ŰčŰ§Ù… / Al-AnÊżÄm (Les Bestiaux), verset 63.

ŰšÙŽŰčÙ’ŰŻÙŽ Ű„ÙŰ°Ù’ Ù†ÙŽŰŹÙŽÙ‘Ù‰Ù°Ù†ÙŽŰ§ ٱللَّهُ Ù…ÙÙ†Ù’Ù‡ÙŽŰ§
…baÊżda ÊŸidh najjānā llāhu minhā

« …aprĂšs qu’Allah nous en a sauvĂ©s. »

Sourate 7, Ű§Ù„ŰŁŰčŰ±Ű§Ù / Al-AÊżrāf (Les Murailles), verset 89.

Ű«ÙÙ…ÙŽÙ‘ Ù†ÙÙ†ÙŽŰŹÙÙ‘Ù‰ Ű±ÙŰłÙÙ„ÙŽÙ†ÙŽŰ§ ÙˆÙŽÙ±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙŠÙ†ÙŽ ŰĄÙŽŰ§Ù…ÙŽÙ†ÙÙˆŰ§ÛŸ ۚ ÙƒÙŽŰ°ÙŽÙ°Ù„ÙÙƒÙŽ Ű­ÙŽÙ‚Ù‹Ù‘Ű§ ŰčÙŽÙ„ÙŽÙŠÙ’Ù†ÙŽŰ§ Ù†ÙÙ†ŰŹÙ Ù±Ù„Ù’Ù…ÙŰ€Ù’Ù…ÙÙ†ÙÙŠÙ†ÙŽ
Thumma nunajjÄ« rusulanā wa-lladhÄ«na ʟāmanĆ«, kadhālika áž„aqqan Êżalaynā nunji l-muÊŸminÄ«na

« Ensuite, Nous dĂ©livrerons Nos messagers et les croyants. C’est ainsi qu’il Nous incombe de dĂ©livrer les croyants. »

Sourate 10, ÙŠÙˆÙ†Űł / YĆ«nus (Jonas), verset 103.

ÙÙŽÙ„ÙŽÙ…ÙŽÙ‘Ű§ Ù†ÙŽŰŹÙŽÙ‘Ù‰Ù°ÙƒÙÙ…Ù’ Ű„ÙÙ„ÙŽÙ‰ Ù±Ù„Ù’ŰšÙŽŰ±ÙÙ‘ ŰŁÙŽŰčÙ’Ű±ÙŽŰ¶Ù’ŰȘُمْ ۚ ÙˆÙŽÙƒÙŽŰ§Ù†ÙŽ Ù±Ù„Ù’Ű„ÙÙ†ŰłÙŽÙ°Ù†Ù ÙƒÙŽÙÙÙˆŰ±Ù‹Ű§
…Falammā najjākum ÊŸilā l-barri ÊŸaÊżraឍtum, wa-kāna l-ÊŸinsānu kafĆ«ran

« …Puis, quand Il vous sauve et vous ramĂšne Ă  terre, vous vous dĂ©tournez. L’homme reste trĂšs ingrat ! »

Sourate 17, Ű§Ù„Ű„ŰłŰ±Ű§ŰĄ / Al-Isrāʟ (Le Voyage nocturne), verset 67.

Le participe : celui qui est sauvé

ÙˆÙŽÙ‚ÙŽŰ§Ù„ÙŽ Ù„ÙÙ„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙ‰ ŰžÙŽÙ†ÙŽÙ‘ ŰŁÙŽÙ†ÙŽÙ‘Ù‡ÙÛ„ Ù†ÙŽŰ§ŰŹÙ Ù…ÙÙ‘Ù†Ù’Ù‡ÙÙ…ÙŽŰ§ Ù±Ű°Ù’ÙƒÙŰ±Ù’Ù†ÙÙ‰ ŰčÙÙ†ŰŻÙŽ Ű±ÙŽŰšÙÙ‘ÙƒÙŽ
Wa qāla li-lladhÄ« áș“anna ÊŸannahu nājin minhumā dhkurnÄ« Êżinda rabbika

« Et il dit Ă  celui des deux dont il pensait qu’il serait dĂ©livrĂ© : « Parle de moi auprĂšs de ton maĂźtre. » »

Sourate 12, ÙŠÙˆŰłÙ / YĆ«suf (Joseph), verset 42.

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VII. La question copte

Fait notable : le vocable nត « protĂ©ger, prendre conseil » ne semble pas s’ĂȘtre perpĂ©tuĂ© en copte avec ses acceptions pharaoniques. Le copte conserve en revanche, Ă  partir des mĂȘmes signes đ“©đ“Œđ“‚ (nត), un mot de sens diffĂ©rent : âțâȟâČ©âȧ, âțâȇâȧ, âțâȟâȧ — « moudre, broyer ». Le fayoumique âțâȇâȧ, comme qualitatif, viendrait de naតyew / najyew. La branche du « broyer » a survĂ©cu en copte ; celle du « protĂ©ger, sauver » semble avoir migrĂ© — ou s’ĂȘtre conservĂ©e — du seul cĂŽtĂ© arabe.

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VIII. Bilan

Le dossier de nត prĂ©sente une configuration rare. Un vocable des strates les plus anciennes de l’Ă©gyptien — attestĂ© dĂšs Ounas et TĂ©ti, riche de tout un lexique de la protection et du conseil — trouve son rĂ©pondant exact dans une racine arabe massivement employĂ©e par le Coran (quatre-vingt-quatre occurrences), mais introuvable, sous cette forme et ce sens, dans les autres langues sĂ©mitiques anciennes que sont l’hĂ©breu, le syriaque et l’akkadien.

Cette asymĂ©trie appelle l’examen. Elle est compatible avec l’hypothĂšse d’un emprunt ancien du sĂ©mitique mĂ©ridional Ă  l’Ă©gyptien, ou d’un hĂ©ritage afroasiatique commun que seul l’arabe aurait retenu du cĂŽtĂ© sĂ©mitique. Trancher exigerait de reconstituer la voie de transmission et d’exclure une perte parallĂšle en akkadien et en hĂ©breu. Nous livrons le fait pour ce qu’il est — remarquable, peu Ă©tudiĂ©, et digne d’une enquĂȘte que les spĂ©cialistes des emprunts coraniques n’ont pas encore menĂ©e.

𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝  ážŽáž„wty Ă­ážłr — Djehouty L’Excellent

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