đ ±đđđŽđ wĆĄb / ousheb
RĂ©pondre â et faire retour
Du rĂ©pondant funĂ©raire au repentir â la racine w-ĆĄ-b
Ăgyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · AramĂ©en · Arabe
Sous les auspices de đ đđđ đđđđ (ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
đđ§đđđĄđŁđ€đ ážd.j n.k jb.j â « Je te parle, mon cĆur ! »
đČđđđŽđđĄđđ wĆĄb.k n.j â « Puisses-tu me rĂ©pondre ! »
La prophĂ©tie de KhĂą-Kheper-RĂȘ-SĂ©neb, recto 6, in Les ProphĂ©ties de l’Ăgypte ancienne, textes traduits et commentĂ©s par AndrĂ© Fermat et Michel Lapidus, p. 210, Ă©dit. MdV.
Ű„ÙÙÙÙÙÙÛ„ ÙÙÙÙ Ù±ÙŰȘÙÙÙÙÙŰ§ŰšÙ Ù±Ù۱ÙÙŰÙÙÙ
Ù
ÊŸInnahu huwa t-TawwÄbu r-Raងīmu
« Vraiment Lui, Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant d’Amour ! »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara, verset 37. Trad. M. Maurice Gloton, p. 6, Albouraq 2018.
âž»
Introduction â rĂ©pondre, c’est faire retour
Le verbe đ ±đđđŽđ (lire wĆĄb / ousheb) signifie en Ă©gyptien pharaonique rĂ©pondre : rĂ©pondre Ă quelqu’un ou Ă quelque chose, rĂ©pliquer, rĂ©torquer, riposter â mais aussi intercĂ©der et dĂ©fendre. Le dĂ©terminatif de l’homme portant la main Ă la bouche đ en fixe le domaine : celui de la parole.
C’est Ă ce verbe que les oushebtis doivent leur nom. Ces figurines momiformes â đ·đżđđđđŸ (ĆĄÈbty), que l’on appelle aussi chaouabtis â apparaissent au Moyen Empire. On les dĂ©posait dans la tombe du dĂ©funt pour qu’elles travaillent Ă sa place dans l’au-delĂ . Leur nom signifie littĂ©ralement « les rĂ©pondants » : elles sont lĂ pour rĂ©pondre quand on les appelle.
Or cette racine mĂšne plus loin qu’on ne l’imagine. L’hĂ©breu Ś©ŚŚÖŒŚ (ĆĄĆ«áž) signifie Ă la fois rĂ©pondre et revenir, retourner â car rĂ©pondre, c’est faire retour d’une parole. De lĂ ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚÖŒŚÖžŚ (tÉĆĄĆ«ážÄ), qui est Ă la fois la rĂ©ponse et le retour, et qui devient dans le judaĂŻsme le nom mĂȘme du repentir : la teshuva. Puis l’aramĂ©en ŚȘÖŒŚÖŒŚ (tĆ«áž), et enfin l’arabe ŰȘÙŰ§ŰšÙ (tÄba) : se repentir, revenir Ă Dieu â d’oĂč ŰȘÙÙÙŰšÙŰ© (tawba), le repentir, et ۧÙŰȘÙÙÙÙÙۧۚ (At-TawwÄb), l’un des Noms divins, que Maurice Gloton rend admirablement par « Celui qui fait toujours retour ».
Une seule racine court donc du serviteur funĂ©raire qui rĂ©pond « me voici » au pĂ©cheur qui revient vers son Dieu. Nous en suivrons le trajet, et nous verrons que la lexicographie confirme le chemin de la transmission â de l’Ăgypte Ă l’hĂ©breu, de l’hĂ©breu Ă l’aramĂ©en, de l’aramĂ©en Ă l’arabe.
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I. Correspondances phonétiques inter-langues
| Ăgyptien | Arabe | HĂ©breu |
|---|---|---|
| đ ± w | Ù (wÄw) | Ś (waw) |
| đ ĆĄ / sh | ŰŽ (ĆĄÄ«n) â ŰȘ (tÄÊŸ) | Ś©Ś (ĆĄin) |
| đ b | Űš (bÄÊŸ) | Ś (bet) |
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II. PhonĂšmes de l’Ă©gyptien pharaonique
2.1 đ ± â La caille (w )
Spirante labiale sonore du moyen Ă©gyptien ; signe alternatif đČ, variante d’Ă©criture đŻ.
Copte : âČš / âČ© [u, w, i, v] · âČ / âČ [m] · âČ / âČ [b, v, w] ; et les voyelles âČ [a, Ê, Ê], âČ [e], âȰ [oË].
HĂ©breu : Ś (waw / vav) â Arabe : Ù (wÄw) â Syriaque : Ü (waw).
2.2 đ et đ· â La chuintante (ĆĄ)
Chuintante apico-palatale sourde, identique en copte, oĂč elle s’Ă©crit Ïą / ÏŁ (ĆĄai) [Ê] â signe prĂ©cisĂ©ment inspirĂ© du hiĂ©roglyphe đ·.
HĂ©breu : Ś©Ś (ĆĄin) /Ê/ â Arabe : ŰŽ (ĆĄÄ«n) et ŰȘ (tÄÊŸ).
SĂ©mitiques : ĆĄ, t, áčŻ, Ć, z ; ǧ, áž„ (assez rare).
2.3 đ â La jambe (b)
Occlusive bilabiale sonore.
Copte : âČ / âČ [b, v, w] · âČ / âČ [m] · âČ / âČĄ [p] · âČš / âČ© [u, w].
HĂ©breu : Ś (bet) â Arabe : Űš (bÄÊŸ).
2.4 Signes complémentaires
đż (È) â valeurs /l/, /r/, /a/. HĂ©breu : Ś (aleph) â Arabe : ŰŁ, ŰĄ (hamza). SĂ©mitiques : Ë, r, l ; w, Êż (rare).
đ â double trait oblique (y, i, j), lettre alternative au double roseau fleuri đđ. Similaire Ă l’hĂ©breu Ś (yod) et au phĂ©nicien đ€ (yodh, « main »). Arabe : Ù (yÄÊŸ). SĂ©mitique : y.
đ (t) â occlusive apico-dentale sourde, aboutissant en copte Ă âČŠ / âȧ (tau) [t, d], ou Ă zĂ©ro.
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III. Déterminatifs hiéroglyphiques
đ L’homme assis portant la main Ă la bouche â dĂ©terminatif de tout ce qui touche Ă l’organe buccal et Ă la cavitĂ© orale : manger, boire, exprimer la faim ou la soif, parler, se taire, penser.
đŽ Les deux bĂątons entrecroisĂ©s (swÈ) â on notera son emploi dans le vocable đŽđȘđ (swÈ), qui signifie briser, rompre, casser, couper.
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IV. Vocables de l’Ă©gyptien pharaonique
đ ±đđđŽđ (lire wĆĄb / ousheb) â verbe : rĂ©pondre, rĂ©pondre Ă quelqu’un ou Ă quelque chose, rĂ©pliquer, rĂ©torquer, riposter, intercĂ©der, dĂ©fendre.
đČđđđŽđ (lire wĆĄbw) â verbe : rĂ©pondre, reconnaĂźtre un service.
đČđđđđŽđ (lire wĆĄbt) â nom : rĂ©ponse, rĂ©plique, rĂ©action, demande, Ă©noncĂ©.
đ ±đđđ ±đđŽđđ (lire wĆĄbt) â celui qui rĂ©pond ; femme qui gĂ©mit.
đ ±đđđ ±đŽđ (lire wĆĄbw / oushebou) â nom : rĂ©pondant, consolateur, dĂ©fenseur.
đ·đŻđżđđđđŸ (lire ĆĄÈwÈbtj / chaouabty) ou đ·đżđđđđŸ (lire ĆĄÈbty / shabty) â nom, traduisible par « les rĂ©pondants, ceux qu’on appelle auprĂšs de soi, qui rĂ©pondent » : statuette ou figurine funĂ©raire momiforme apparue au Moyen Empire, dĂ©posĂ©e dans la tombe du dĂ©funt et destinĂ©e Ă le servir, Ă travailler pour lui dans l’au-delĂ .
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V. L’hĂ©ritage copte
âČâČ©âČ±ÏŁâČ (dialecte sahidique) â verbe : rĂ©pondre ; et comme nom masculin : rĂ©ponse. Le vocable procĂšde directement du moyen Ă©gyptien đ ±đđđŽđ (wĆĄb), avec les mĂȘmes acceptions : rĂ©pondre Ă quelqu’un ou Ă quelque chose, rĂ©pliquer, rĂ©torquer, riposter.
Valeurs phonĂ©tiques mobilisĂ©es : âČ / âČ [o] · âČš / âČ© [u, w] · âȰ / âȱ [oË] · Ïą / ÏŁ (ĆĄai) [Ê] · âČ / âČ [b, v, w].
Le copte conserve donc l’ordre des consonnes de l’Ă©gyptien â w-ĆĄ-b â et l’on voit dans âČâČ©âČ±ÏŁâČ la caille, la chuintante et la jambe se succĂ©der sans dĂ©placement.
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VI. La mĂ©tathĂšse â de w-ĆĄ-b Ă ĆĄ-w-b
Voici le point de forme sur lequel repose la comparaison. L’Ă©gyptien porte l’ordre w-ĆĄ-b ; l’hĂ©breu porte ĆĄ-w-b. Les deux premiĂšres consonnes ont permutĂ©, la troisiĂšme restant en place.
Ăgyptien : đ ± (w) · đ (ĆĄ) · đ (b) â w â ĆĄ â b
HĂ©breu : Ś©Ś (ĆĄ) · Ś (w) · Ś (b) â ĆĄ â w â b
Il s’agit d’une mĂ©tathĂšse au sens propre : un dĂ©placement de position, portant sur les deux premiĂšres radicales. Le troisiĂšme radical, la labiale, ne bouge pas â ce qui est le cas ordinaire de ce type de permutation.
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VII. L’hĂ©breu Ś©Ś-Ś-Ś et la teshuva
Ś©ŚŚÖŒŚ (ĆĄĆ«áž) â verbe : rapporter, rĂ©pondre, donner une rĂ©compense, retourner, revenir, se dĂ©tourner du mal, revenir Ă Dieu, se repentir, reprendre, rĂ©tablir, ramener Ă l’esprit.
ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚÖŒŚÖžŚ (tÉĆĄĆ«ážÄ, prononcĂ© tesh-oo-baw) â nom fĂ©minin, dĂ©rivĂ© de Ś©ŚŚÖŒŚ : une rĂ©ponse, une rĂ©plique, un retour, une rĂ©pĂ©tition, l’achĂšvement ou le retour d’une annĂ©e.
De lĂ procĂšde la charge thĂ©ologique du mot. ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚÖŒŚÖžŚ (tÉĆĄĆ«ážÄ) devient dans le judaĂŻsme le nom mĂȘme du repentir â la teshuva â, non pas comme chĂątiment de soi mais comme retour : retour Ă sa nature droite, retour vers Dieu. Les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour en portent le nom.
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VIII. L’aramĂ©en et l’arabe â le relais documentĂ©
ŚȘÖŒŚÖŒŚ (tĆ«áž) â verbe aramĂ©en, correspondant exact de l’hĂ©breu Ś©ŚŚÖŒŚ : revenir, retourner, rĂ©pondre, redonner.
ŰȘÙŰ§ŰšÙ / ÙÙŰȘÙÙŰšÙ (tÄba / yatĆ«bu) â verbe arabe, forme I : se repentir, revenir Ă Dieu.
ŰȘÙÙÙŰšÙŰ© (tawba) â nom fĂ©minin : repentir, pĂ©nitence, retour vers Dieu.
ŰȘÙÙÙÙۧۚ (tawwÄb) â repentant, pĂ©nitent ; et, comme Nom divin, Celui qui revient sans cesse vers le pĂ©cheur repentant.
8.1 Ce que la lexicographie établit
L’hypothĂšse d’un cheminement passant d’abord par l’hĂ©breu se trouve confirmĂ©e par un point technique prĂ©cis, et il vaut la peine de s’y arrĂȘter.
Les langues sĂ©mitiques ont hĂ©ritĂ© d’un son ancien, une interdentale que les comparatistes notent *áčŻ â proche du th anglais de think. Chacune l’a fait Ă©voluer Ă sa maniĂšre, et toujours de la mĂȘme façon :
| Langue | Devenu | « trois » |
|---|---|---|
| Arabe | Ű« (áčŻÄÊŸ) â conservĂ© | Ű«ÙÙÙۧ۫ÙŰ© (áčŻalÄáčŻa) |
| HĂ©breu | Ś©Ś (ĆĄ) â chuintante | Ś©ÖžŚŚŚÖčŚ©Ś (ĆĄÄlĆĆĄ) |
| AramĂ©en | ŚȘ (t) â dentale | ŚȘÖ°ÖŒŚÖžŚȘ (tÉlÄt) |
La rĂšgle qui en dĂ©coule est simple : si un mot hĂ©breu Ă Ś©Ś et un mot arabe dĂ©signent la mĂȘme chose et que chacune des deux langues l’a reçu de son propre fonds, alors l’arabe doit porter un Ű«.
La rĂšgle se vĂ©rifie sur quantitĂ© de mots courants : Ă l’hĂ©breu Ś©ŚŚÖ茚 (ĆĄĆr, taureau) rĂ©pond l’arabe Ű«ÙÙÙ۱ (áčŻawr) ; partout, au Ś©Ś hĂ©breu rĂ©pond un Ű« arabe, et un ŚȘ aramĂ©en.
Or le mot du repentir islamique fait exception. ŰȘÙÙÙŰšÙŰ© (tawba) et ŰȘÙŰ§ŰšÙ (tÄba) portent un ŰȘ (tÄÊŸ) â c’est-Ă -dire la consonne de l’aramĂ©en, et non celle qu’un hĂ©ritage direct aurait donnĂ©e. La lexicographie Ă©tymologique en tire la conclusion qui s’impose : ce mot n’a pas Ă©tĂ© hĂ©ritĂ©, il a Ă©tĂ© empruntĂ©. Il serait venu Ă l’arabe avant l’islam, de l’aramĂ©en ŚȘÖ°ÖŒŚȘŚÖŒŚÖ°ŚȘÖžÖŒŚ (tÉáčŻĆ«ážtÄ), dans le milieu judaĂŻque.
Sur cet emprunt : S. Fraenkel, De vocabulis in antiquis Arabum carminibus et in Corano peregrinis, Leyde, E. J. Brill, 1880, p. 22 ; K. Ahrens, « Christliches im Qoran. Eine Nachlese », Zeitschrift der Deutschen MorgenlÀndischen Gesellschaft, vol. 84, 1930, p. 27.
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IX. At-TawwÄb â un Nom divin
ۧÙŰȘÙÙÙÙÙۧۚ (At-TawwÄb) figure parmi les quatre-vingt-dix-neuf Noms, et paraĂźt onze fois dans le Coran. Les lexiques classiques lui donnent, pour la racine ŰȘ-Ù-Űš, les connotations suivantes : revenir ; revenir au bien, se repentir ; ĂȘtre rĂ©tabli ; et â le dĂ©tail mĂ©rite d’ĂȘtre relevĂ© â ĂȘtre appelĂ© ou convoquĂ© de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e.
On notera enfin que la neuviĂšme sourate du Coran porte ce nom : ۧÙŰȘÙۚ۩ (At-Tawba), que Maurice Gloton traduit prĂ©cisĂ©ment par « Le Retour ».
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X. Les oushebtis â les rĂ©pondants de l’au-delĂ
Les đ·đŻđżđđđđŸ (ĆĄÈwÈbtj) ou đ·đżđđđđŸ (ĆĄÈbty) â « les rĂ©pondants » â Ă©taient dĂ©posĂ©s dans la tombe pour servir le dĂ©funt dans les Champs des Souchets, đđđ đđżđđ ±đ°đ (sáž«t jÈrw, Sekhet Ialou), et travailler Ă sa place. Le chapitre 6 du Livre des Morts en donne la formule, oĂč l’on entend la statuette rĂ©pondre :
« Formule pour faire qu’un oushebti exĂ©cute des travaux pour un homme dans la nĂ©cropole. »
« Formule Ă rĂ©citer par le scribe des contours Nebseny dans les temples de Haute Ăgypte (et) Basse Ăgypte, le scribe Nebseny [titulaire d’une pension] dans le ChĂąteau de Ptah. Qu’il dise : »
« Ă oushebti que voici, appartenant au scribe Nebseny, agis pour le scribe [Nebseny] J.V. qu’a mis au monde la MaĂźtresse de maison Moutresti J.V. ! »
« Si l’on m’appelle (et) si l’on me dĂ©signe pour faire toutes sortes de travaux qui sont faits (habituellement) dans la nĂ©cropole, alors on t’infligera une corvĂ©e [lĂ -bas comme un homme] Ă sa tĂąche (et) tu te dĂ©signeras Ă ma place Ă tout moment pour cultiver les champs, pour irriguer les rives (ou) pour transporter le sable de l’Est (ou) de l’Ouest. »
« « Me voici ! » diras-tu lĂ ! »
Le Livre des Morts de l’Ăgypte ancienne, chapitre 6 (Papyrus de Nebseny, BM EA 9900), page 21. TranslittĂ©ration et traduction de M. Claude Carrier, Ă©dit. CYBELE, 2009.
On peut rapprocher cette conception d’un passage coranique oĂč circulent, dans les jardins, des serviteurs d’Ă©ternelle jeunesse :
YaáčĆ«fu Êżalayhim wildÄnun mukhalladĆ«na · bi-ÊŸakwÄbin wa ÊŸabÄrÄ«qa wa kaÊŸsin min maÊżÄ«nin · lÄ yuáčŁaddaÊżĆ«na ÊżanhÄ wa lÄ yunzifĆ«na · wa fÄkihatin mimmÄ yatakhayyarĆ«na · wa laáž„mi áčayrin mimmÄ yashtahĆ«na
« Parmi eux circuleront des serviteurs d’une Ă©ternelle jeunesse, portant des coupes et des aiguiĂšres remplies d’un vin puisĂ© Ă une source vive, ne provoquant ni maux de tĂȘte, ni ivresse, ainsi que des fruits de leur choix, et la chair des oiseaux les plus dĂ©sirables. »
Sourate 56, ۧÙÙۧÙŰčŰ© / Al-WÄqiÊża, versets 17 Ă 21, Coran.
Le rapprochement porte sur la conception, non sur le lexique : dans les deux traditions, l’au-delĂ des bienheureux comporte des serviteurs qui pourvoient aux besoins du dĂ©funt. Nous le signalons comme un parallĂšle de reprĂ©sentation, sans en tirer d’argument Ă©tymologique.
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XI. Attestations pharaoniques
11.1 RĂ©pondre, reconnaĂźtre un service â Le Conte du NaufragĂ©
đ đ·đ€ đđ„ đĄđđđđ ±đđđđĄ
« de lâeau sur tes doigts, et tu pourras rĂ©pondre »
Le Conte du NaufragĂ©, 14, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 1, pages 20-21, deuxiĂšme Ă©dition revue et corrigĂ©e, Angers 2005.
đąđđđ ±đđđŽđ đđ
« Alors je lui répondis »
Le Conte du NaufragĂ©, 14, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 1, pages 32-33, deuxiĂšme Ă©dition revue et corrigĂ©e, Angers 2005.
11.2 RĂ©pondre, contredire â SinouhĂ© et le Paysan Ă©loquent
đ ŸđČđđđȘđđ”đđ§đđđ đđđđđđ ±đđđŽđđđŽđđđ đ·đ€đđ€đ
« …un peureux : « Que va me dire mon maĂźtre si je rĂ©ponds cela : âce nâest pas de mon faitâ » »
Les Aventures de SinouhĂ©, B261, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 4, pages 68-69, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.
đ»đđżđđđ đ ±đđđŽđđđđ§đđđđđđđ»đđ ±đđđčđđ
« Ici, sans contredire aucune de ses paroles, de sorte quâil continue »
Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-110, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 2, pages 40-41, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.
đ„ đȘđđđ đŽđđđđ đ„ đđđĄđŽđđđđĄđ
« …ces trois-lĂ ; si les trois Ă©taient corrompus auprĂšs de toi, tu serais (Ă©galement) corrompu ! (Alors) ne »
Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-182, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 2, pages 52-53, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.
đČđđđŽđ đ€đđđ đđđđđ Șđ đđđĄđđ đšđđ đĄđ
« …rĂ©ponds pas Ă une bonne chose par une mauvaise, et ne mets pas lâune Ă la place de lâautre ! »
Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-183, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 2, pages 52-53, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.
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XII. Attestations bibliques
12.1 Retourner, revenir
bÉ·zĂȘÂ·ÊżaáčŻ ÊŸap·peÂ·áž”Ä áčŻĆ·បal le·ងem Êżaហƥƫ·ážÉÂ·áž”Ä ÊŸel-hÄ·ʟÄ·ážÄ·mÄh kĂź-mim·men·nÄh luq·qÄ·ងÉ·tÄ kĂź-ÊżÄ·pÌÄr ÊŸat·tÄh wÉ·ʟel-ÊżÄ·pÌÄr tÄ·ƥƫáž
« Câest Ă la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusquâĂ ce que tu retournes dans la terre, dâoĂč tu as Ă©tĂ© pris ; car tu es poussiĂšre, et tu retourneras dans la poussiĂšre. »
GenĂšse 3 : 19, Bible (traduction Louis Segond).
way·ƥal·laáž„ ÊŸĂȘáčŻ hÄÂ·ÊżĆ·rĂȘáž way·yĂȘ·áčŁĂȘ yÄ·áčŁĆ·w wÄ·ƥĆ·wáž Êżaáž yÉ·ážĆ·ƥeáčŻ ham·mÄ·yim mĂȘÂ·Êżal hÄ·ʟÄ·reáčŁ
« Il lĂącha le corbeau, qui sortit, partant et revenant, jusquâĂ ce que les eaux eussent sĂ©chĂ© sur la terre. »
GenĂšse 8 : 7, Bible (traduction Louis Segond).
way·yß·yÄ·ងel ÊżĆ·wáž ĆĄiážÂ·ÊżaáčŻ yÄ·mĂźm ÊŸÄ·ងĂȘ·rĂźm way·ƥal·laáž„ ÊŸĂȘáčŻ hay·yĆ·w·nÄh wÉ·lĆ yÄ·sÉ·pÌÄh ĆĄĆ«áž ÊŸĂȘ·lÄw ÊżĆ·wáž
« Il attendit encore sept autres jours ; et il lùcha la colombe. Mais elle ne revint plus à lui. »
GenĂšse 8 : 12, Bible (traduction Louis Segond).
way·yĂȘ·leáž” mĆ·ƥeh way·yÄ·ƥÄáž ÊŸel-ye·áčŻer ងƷáčŻÉ·nĆw way·yĆ·mer lĆw ÊŸĂȘ·lÉ·បÄh nÄ wÉ·ʟÄ·ƥƫ·ážÄh ÊŸel-ÊŸa·ងay ÊŸÄ·ƥer bÉ·miáčŁÂ·rÄ·yim wÉ·ʟer·ʟeh haÂ·ÊżĆ·w·ážÄm áž„ay·yĂźm way·yĆ·mer yiáčŻÂ·rĆw lÉ·mĆ·ƥeh lĂȘáž” lÉ·ƥÄ·lĆm
« MoĂŻse sâen alla ; et de retour auprĂšs de JĂ©thro, son beau-pĂšre, il lui dit : Laisse-moi, je te prie, aller rejoindre mes frĂšres qui sont en Ăgypte, afin que je voie sâils sont encore vivants. JĂ©thro dit Ă MoĂŻse : Va en paix. »
Exode 4 : 18, Bible (traduction Louis Segond).
12.2 Répondre, réponse, envoyer dire
áž„aប·mĆ·wáčŻ ĆÄ·rĆ·w·áčŻe·hÄ taÂ·ÊżÄ·nen·nÄh ÊŸapÌ hĂź tÄÂ·ĆĄĂźáž ÊŸÄ·mÄ·re·hÄ lÄh
« Les plus sages dâentre ses femmes lui rĂ©pondent, et elle se rĂ©pond Ă elle-mĂȘme. »
Juges 5 : 29, Bible (traduction Louis Segond).
wÄ·ʟÄÂ·ĆĄĂźáž ÊŸĆ·w·áčŻÄm dÄ·ážÄr wÄ·ʟĆ·w·mar lÄ·hem ÊŸÄ·lĆ·hĂȘ haƥ·ƥÄ·ma·yim hĆ« yaáčŁÂ·lß·aáž„ lÄ·nĆ«, wa·ʟÄ·naង·nĆ« ÊżÄ·ážÄ·ážÄw nÄ·qĆ«m ƫ·ážÄ·nß·nĆ« wÉ·lÄ·បem ÊŸĂȘn áž„ĂȘ·leq ƫ·áčŁÉ·ážÄ·qÄh wÉ·zik·kÄ·rĆ·wn bß·rƫ·ƥÄ·lim
« Et je leur fis cette rĂ©ponse : Le Dieu des cieux nous donnera le succĂšs. Nous, ses serviteurs, nous nous lĂšverons et nous bĂątirons ; mais vous, vous nâavez ni part, ni droit, ni souvenir dans JĂ©rusalem. »
Néhémie 2 : 20, Bible (traduction Louis Segond).
way·yĆ·mer mÄ·rÉ·do·បay lÉ·hÄÂ·ĆĄĂźáž ÊŸel-ÊŸes·tĂȘr ÊŸal-tÉ·ážam·mĂź ážÉ·napÌ·ƥĂȘáž” lÉ·him·mÄ·lĂȘáč bĂȘáčŻ ham·me·leáž” mik·kÄl hay·yÉ·hƫ·ážĂźm
« MardochĂ©e fit rĂ©pondre Ă Esther : Ne tâimagine pas que tu Ă©chapperas seule dâentre tous les Juifs, parce que tu es dans la maison du roi. »
Esther 4 : 13, Bible (traduction Louis Segond).
wat·tĆ·mer ÊŸes·tĂȘr lÉ·hÄÂ·ĆĄĂźáž ÊŸel-mÄ·rÉ·do·បÄy
« Esther envoya dire à Mardochée : »
Esther 4 : 15, Bible (traduction Louis Segond).
wÉ·ʟĂȘáž” tÉ·na·ងÄ·mƫ·nĂź hÄ·ážel ƫ·áčŻÉ·ƥƫ·ážĆ·áčŻĂȘ·បem niĆĄÂ·ÊŸar-mÄÂ·Êżal
« Pourquoi donc mâoffrir de vaines consolations ? Ce qui reste de vos rĂ©ponses nâest que perfidie. »
Job 21 : 34, Bible (traduction Louis Segond).
ÊŸÄ·ážĂź yib·bÄ·ងĂȘn ÊŸĂźÂ·yĆ·wáž Êżaáž-ne·áčŁaáž„ Êżal-tÉ·ƥu·ážĆáčŻ bÉ·ʟan·ƥĂȘ-ÊŸÄ·wen
« Ha ! mon pĂšre, que Job soit Ă©prouvĂ© jusquâĂ ce quâil soit vaincu, puisquâil a rĂ©pondu comme les impies. »
Job 34 : 36, Bible (traduction Martin).
Êżal-miƥ·mar·tĂź ÊŸeÂ·ÊżÄ·mĆ·ážÄh wÉ·ʟeáčŻÂ·yaáčŁÂ·áčŁÉ·ážÄh Êżal-mÄ·áčŁĆ·wr wa·ʟÄ·áčŁap·peh lir·ʟĆ·wáčŻ mah-yÉ·ážab·ber-bĂź ƫ·mah-ÊŸÄÂ·ĆĄĂźáž Êżal-tĆ·w·បaង·tĂź
« JâĂ©tais Ă mon poste, et je me tenais sur la tour ; je veillais, pour voir ce que lâĂternel me dirait, et ce que je rĂ©pliquerais aprĂšs ma plainte. »
Habacuc 2 : 1, Bible (traduction Louis Segond).
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XIII. Attestations coraniques
La racine ŰȘ-Ù-Űš compte quatre-vingt-sept occurrences dans le corpus coranique â l’une des plus abondantes. Nous en prĂ©sentons cinq, dans la traduction de Maurice Gloton, qui rend systĂ©matiquement ۧÙŰȘÙÙÙÙÙۧۚ par « Celui qui fait toujours retour » â restituant ainsi au Nom divin son sens premier de retour.
Fa-talaqqÄ ÊŸÄdamu min rabbihi kalimÄtin fa-tÄba Êżalayhi, ÊŸinnahu huwa t-TawwÄbu r-Raងīmu
« Alors, Adam se fit projeter des paroles de son Enseigneur qui ainsi revint Ă lui. Vraiment Lui, Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant dâAmour ! »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara / La Vache, verset 37, page 6, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
RabbanÄ wa-jÊżalnÄ muslimayni laka wa min dhurriyyatinÄ ÊŸummatan muslimatan laka wa ÊŸarinÄ manÄsikanÄ wa tub ÊżalaynÄ, ÊŸinnaka ÊŸanta t-TawwÄbu r-Raងīmu
« Notre Enseigneur ! Fais que nous deux nous nous soumettions, et de mĂȘme fais de notre descendance une Patrie qui se soumette Ă Toi. Montre-nous nos rites et reviens Ă nous. Vraiment, Toi, Tu es Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant dâAmour ! »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara / La Vache, verset 128, page 20, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
ÊŸIllÄ lladhÄ«na tÄbĆ« wa ÊŸaáčŁlaងƫ wa bayyanĆ« fa-ÊŸulÄÊŸika ÊŸatĆ«bu Êżalayhim, wa ÊŸanÄ t-TawwÄbu r-Raងīmu
« …Ă lâexception de ceux qui ont fait retour, et se sont amendĂ©s, et ont reconnu (leur erreur). Alors, vers eux Je fais retour, et Moi, Je suis Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant dâAmour. »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara / La Vache, verset 160, page 24, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
Wa lladhÄni yaÊŸtiyÄnihÄ minkum fa-ÊŸÄdhĆ«humÄ, fa-ÊŸin tÄbÄ wa ÊŸaáčŁlaáž„Ä fa-ÊŸaÊżriážĆ« ÊżanhumÄ, ÊŸinna llÄha kÄna tawwÄban raងīman
« SĂ©vissez alors contre les deux dâentre vous qui lâont commise. Si alors ils font retour tous deux et sâamendent, dĂ©tournez-vous dâeux. Vraiment, AllĂąh Se rĂ©vĂšle toujours Ă faire retour, TrĂšs-Rayonnant dâAmour ! »
Sourate 4, ۧÙÙ۳ۧۥ / An-NisÄÊŸ / Les Femmes, verset 16, page 80, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
ÊŸA-lam yaÊżlamĆ« ÊŸanna llÄha huwa yaqbalu t-tawbata Êżan ÊżibÄdihi wa yaÊŸkhudhu áčŁ-áčŁadaqÄti wa ÊŸanna llÄha huwa t-TawwÄbu r-Raងīmu
« Ne savent-ils pas que Lui, AllĂąh, accueille le retour de Ses adorateurs, et prend les offrandes spontanĂ©es, et que Lui, AllĂąh, fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant dâAmour ? »
Sourate 9, ۧÙŰȘÙۚ۩ / At-Tawba / Le Retour, verset 104, page 203, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
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Conclusion
Nous Ă©tions partis d’un verbe simple. đ ±đđđŽđ (wĆĄb) dit, dans la langue des pharaons, l’acte de rĂ©pondre â et le dĂ©terminatif de l’homme portant la main Ă la bouche đ l’inscrit dans le domaine de la parole. De lĂ procĂšdent la rĂ©ponse đČđđđđŽđ, le rĂ©pondant đ ±đđđ ±đŽđ â qui est aussi le consolateur et le dĂ©fenseur, ce que le grec appellera ΠαÏÎŹÎșληÏÎżÏ â, et les figurines funĂ©raires đ·đżđđđđŸ dont le nom mĂȘme signifie « ceux qui rĂ©pondent ».
Le passage au sĂ©mitique se fait par une mĂ©tathĂšse des deux premiĂšres radicales : w-ĆĄ-b devient ĆĄ-w-b. Et l’hĂ©breu Ś©ŚŚÖŒŚ (ĆĄĆ«áž) rĂ©vĂšle alors ce que l’Ă©gyptien portait sans le dire : rĂ©pondre, c’est faire retour. Une rĂ©ponse est une parole rendue â d’oĂč le double sens du nom ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚÖŒŚÖžŚ (tÉĆĄĆ«ážÄ), Ă la fois la rĂ©ponse et le retour, et d’oĂč la teshuva, ce repentir qui n’est pas chĂątiment mais retour.
La suite du trajet est documentĂ©e jusque dans son dĂ©tail phonĂ©tique. L’aramĂ©en ŚȘÖŒŚÖŒŚ (tĆ«áž) opĂšre l’Ă©volution rĂ©guliĂšre ĆĄ â t ; puis l’arabe emprunte, avant l’islam et dans le milieu judaĂŻque, la forme ŰȘÙÙÙŰšÙŰ© (tawba) â l’emprunt se reconnaissant Ă son ŰȘ lĂ oĂč un hĂ©ritage direct aurait donnĂ© Ű«. L’ordre de la transmission â Ăgypte, hĂ©breu, aramĂ©en, arabe â n’est donc pas une conjecture : il se lit dans les consonnes.
Reste ce qui fait la beautĂ© de ce dossier. La lexicographie arabe classique conserve, parmi les connotations de la racine ŰȘ-Ù-Űš, celle d’ĂȘtre appelĂ© de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e. Du serviteur funĂ©raire qui dit « me voici » Ă l’appel de son maĂźtre, jusqu’au Dieu qui « fait toujours retour » vers celui qui revient Ă Lui, une seule et mĂȘme structure demeure : un appel, et quelqu’un qui rĂ©pond. C’est cette structure que les scribes de l’Ăgypte pharaonique avaient nommĂ©e, il y a quatre mille ans, đ ±đđđŽđ.
đ đđđ đđđđ ážáž„wty Ăážłr â Djehouty L’Excellent