đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€  wĆĄb / ousheb

RĂ©pondre — et faire retour

Du rĂ©pondant funĂ©raire au repentir — la racine w-ĆĄ-b

Égyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · AramĂ©en · Arabe

Sous les auspices de 𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝 (ណងwty Ă­ážłr | Djehouty L’Excellent) ! ق ۱ ŰĄ

đ“†“đ“‚§đ“€€đ“ˆ–đ“ŽĄđ“„Łđ“€đ“€€   តd.j n.k jb.j — « Je te parle, mon cƓur ! »
đ“Č𓈙𓃀𓏮𓀁𓎡𓈖𓀀   wĆĄb.k n.j — « Puisses-tu me rĂ©pondre ! »
La prophĂ©tie de KhĂą-Kheper-RĂȘ-SĂ©neb, recto 6, in Les ProphĂ©ties de l’Égypte ancienne, textes traduits et commentĂ©s par AndrĂ© Fermat et Michel Lapidus, p. 210, Ă©dit. MdV.

Ű„ÙÙ†ÙŽÙ‘Ù‡ÙÛ„ هُوَ ٱلŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§ŰšÙ Ù±Ù„Ű±ÙŽÙ‘Ű­ÙÙŠÙ…Ù
ʟInnahu huwa t-Tawwābu r-Raងīmu
« Vraiment Lui, Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant d’Amour ! »
Sourate 2, Ű§Ù„ŰšÙ‚Ű±Ű© / Al-Baqara, verset 37. Trad. M. Maurice Gloton, p. 6, Albouraq 2018.

âž»

Introduction — rĂ©pondre, c’est faire retour

Le verbe đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ (lire wĆĄb / ousheb) signifie en Ă©gyptien pharaonique rĂ©pondre : rĂ©pondre Ă  quelqu’un ou Ă  quelque chose, rĂ©pliquer, rĂ©torquer, riposter — mais aussi intercĂ©der et dĂ©fendre. Le dĂ©terminatif de l’homme portant la main Ă  la bouche 𓀁 en fixe le domaine : celui de la parole.

C’est Ă  ce verbe que les oushebtis doivent leur nom. Ces figurines momiformes — đ“†·đ“„żđ“ƒ€đ“đ“­đ“€Ÿ (ĆĄÈbty), que l’on appelle aussi chaouabtis — apparaissent au Moyen Empire. On les dĂ©posait dans la tombe du dĂ©funt pour qu’elles travaillent Ă  sa place dans l’au-delĂ . Leur nom signifie littĂ©ralement « les rĂ©pondants » : elles sont lĂ  pour rĂ©pondre quand on les appelle.

Or cette racine mĂšne plus loin qu’on ne l’imagine. L’hĂ©breu Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ (ƥƫជ) signifie Ă  la fois rĂ©pondre et revenir, retourner — car rĂ©pondre, c’est faire retour d’une parole. De lĂ  ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖžŚ” (təƥƫជā), qui est Ă  la fois la rĂ©ponse et le retour, et qui devient dans le judaĂŻsme le nom mĂȘme du repentir : la teshuva. Puis l’aramĂ©en ŚȘÖŒŚ•ÖŒŚ‘ (tƫជ), et enfin l’arabe ŰȘÙŽŰ§ŰšÙŽ (tāba) : se repentir, revenir Ă  Dieu — d’oĂč ŰȘÙŽÙˆÙ’ŰšÙŽŰ© (tawba), le repentir, et Ű§Ù„ŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§Űš (At-Tawwāb), l’un des Noms divins, que Maurice Gloton rend admirablement par « Celui qui fait toujours retour ».

Une seule racine court donc du serviteur funĂ©raire qui rĂ©pond « me voici » au pĂ©cheur qui revient vers son Dieu. Nous en suivrons le trajet, et nous verrons que la lexicographie confirme le chemin de la transmission — de l’Égypte Ă  l’hĂ©breu, de l’hĂ©breu Ă  l’aramĂ©en, de l’aramĂ©en Ă  l’arabe.

âž»

I. Correspondances phonétiques inter-langues

Égyptien Arabe HĂ©breu
đ“…± w و (wāw) Ś• (waw)
𓈙 ĆĄ / sh ŰŽ (ĆĄÄ«n) — ŰȘ (tāʟ) کځ (ĆĄin)
𓃀 b Űš (bāʟ) Ś‘ (bet)

âž»

II. PhonĂšmes de l’Ă©gyptien pharaonique

2.1  đ“…± — La caille (w )

Spirante labiale sonore du moyen Ă©gyptien ; signe alternatif đ“Č, variante d’Ă©criture 𓍯.

Copte : âČš / âČ© [u, w, i, v] · âȘ / âș [m] · âȂ / âȃ [b, v, w] ; et les voyelles âȀ [a, ʕ, ʔ], âȈ [e], âȰ [oː].

HĂ©breu : Ś• (waw / vav) — Arabe : و (wāw) — Syriaque : ܘ (waw).

2.2  đ“ˆ™ et 𓆷 — La chuintante (ĆĄ)

Chuintante apico-palatale sourde, identique en copte, oĂč elle s’Ă©crit Ïą / ÏŁ (ĆĄai) [ʃ] — signe prĂ©cisĂ©ment inspirĂ© du hiĂ©roglyphe 𓆷.

HĂ©breu : کځ (ĆĄin) /ʃ/ — Arabe : ŰŽ (ĆĄÄ«n) et ŰȘ (tāʟ).

SĂ©mitiques : ĆĄ, t, áčŻ, ƛ, z ; ǧ, áž„ (assez rare).

2.3  đ“ƒ€ — La jambe (b)

Occlusive bilabiale sonore.

Copte : âȂ / âȃ [b, v, w] · âȘ / âș [m] · âČ  / âČĄ [p] · âČš / âČ© [u, w].

HĂ©breu : Ś‘ (bet) — Arabe : Űš (bāʟ).

2.4  Signes complĂ©mentaires

𓄿 (Ȝ) — valeurs /l/, /r/, /a/. HĂ©breu : ڐ (aleph) — Arabe : ŰŁ, ŰĄ (hamza). SĂ©mitiques : ˀ, r, l ; w, Êż (rare).

𓏭 — double trait oblique (y, i, j), lettre alternative au double roseau fleuri 𓇋𓇋. Similaire Ă  l’hĂ©breu Ś™ (yod) et au phĂ©nicien 𐀉 (yodh, « main »). Arabe : ي (yāʟ). SĂ©mitique : y.

𓏏 (t) — occlusive apico-dentale sourde, aboutissant en copte Ă  âČŠ / âȧ (tau) [t, d], ou Ă  zĂ©ro.

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III. Déterminatifs hiéroglyphiques

𓀁 L’homme assis portant la main Ă  la bouche — dĂ©terminatif de tout ce qui touche Ă  l’organe buccal et Ă  la cavitĂ© orale : manger, boire, exprimer la faim ou la soif, parler, se taire, penser.

𓏮 Les deux bĂątons entrecroisĂ©s (swȝ) — on notera son emploi dans le vocable 𓏮đ“ŒȘ𓂝 (swȝ), qui signifie briser, rompre, casser, couper.

Un Ă©cho dans les langues MandĂ©. Le signe 𓏮 et sa valeur trouvent des correspondants remarquables dans les langues MandĂ© d’Afrique de l’Ouest. En maninka : sĂĄ (gratter, tailler) et sɔ̀ɔ (percer, trouer). En bambara : shouĂ  ou souĂ  (percer, trouer, transpercer, entrecroiser). La convergence porte Ă  la fois sur la forme et sur le geste que le signe figure — deux bĂątons qui se croisent, ce qui perce et ce qui coupe. Nous le versons au dossier comme une convergence Ă  examiner, non comme une filiation dĂ©montrĂ©e.

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IV. Vocables de l’Ă©gyptien pharaonique

đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ (lire wĆĄb / ousheb) — verbe : rĂ©pondre, rĂ©pondre Ă  quelqu’un ou Ă  quelque chose, rĂ©pliquer, rĂ©torquer, riposter, intercĂ©der, dĂ©fendre.

đ“Č𓈙𓃀𓏮𓀁 (lire wĆĄbw) — verbe : rĂ©pondre, reconnaĂźtre un service.

đ“Č𓈙𓃀𓏏𓏮𓀁 (lire wĆĄbt) — nom : rĂ©ponse, rĂ©plique, rĂ©action, demande, Ă©noncĂ©.

đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“…±đ“đ“Žđ“€đ“ (lire wĆĄbt) — celui qui rĂ©pond ; femme qui gĂ©mit.

đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“…±đ“Žđ“€ (lire wĆĄbw / oushebou) — nom : rĂ©pondant, consolateur, dĂ©fenseur.

đ“†·đ“Żđ“„żđ“ƒ€đ“đ“­đ“€Ÿ (lire ĆĄÈwȝbtj / chaouabty) ou đ“†·đ“„żđ“ƒ€đ“đ“­đ“€Ÿ (lire ĆĄÈbty / shabty) — nom, traduisible par « les rĂ©pondants, ceux qu’on appelle auprĂšs de soi, qui rĂ©pondent » : statuette ou figurine funĂ©raire momiforme apparue au Moyen Empire, dĂ©posĂ©e dans la tombe du dĂ©funt et destinĂ©e Ă  le servir, Ă  travailler pour lui dans l’au-delĂ .

Le rĂ©pondant et le Paraclet. Le vocable đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“…±đ“Žđ“€ (wĆĄbw) mĂ©rite une attention particuliĂšre. Il ne dĂ©signe pas seulement celui qui rĂ©pond, mais le consolateur et le dĂ©fenseur — c’est-Ă -dire exactement ce que le grec nomme Î Î±ÏÎŹÎșÎ»Î·Ï„ÎżÏ‚ (paraklētos), « celui qu’on appelle Ă  son secours » : le Paraclet, l’intercesseur, le consolateur, l’avocat. LĂ  oĂč le grec construit le mot sur l’idĂ©e d’appeler auprĂšs de soi, l’Ă©gyptien le construit sur celle de rĂ©pondre Ă  l’appel. Les deux langues saisissent le mĂȘme personnage par ses deux extrĂ©mitĂ©s : l’un qu’on appelle, l’autre qui rĂ©pond.

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V. L’hĂ©ritage copte

âȟâČ©âČ±ÏŁâȃ (dialecte sahidique) — verbe : rĂ©pondre ; et comme nom masculin : rĂ©ponse. Le vocable procĂšde directement du moyen Ă©gyptien đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ (wĆĄb), avec les mĂȘmes acceptions : rĂ©pondre Ă  quelqu’un ou Ă  quelque chose, rĂ©pliquer, rĂ©torquer, riposter.

Valeurs phonĂ©tiques mobilisĂ©es : âȞ / âȟ [o] · âČš / âČ© [u, w] · âȰ / âȱ [oː] · Ïą / ÏŁ (ĆĄai) [ʃ] · âȂ / âȃ [b, v, w].

Le copte conserve donc l’ordre des consonnes de l’Ă©gyptien — w-ĆĄ-b — et l’on voit dans âȟâČ©âČ±ÏŁâȃ la caille, la chuintante et la jambe se succĂ©der sans dĂ©placement.

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VI. La mĂ©tathĂšse — de w-ĆĄ-b Ă  ĆĄ-w-b

Voici le point de forme sur lequel repose la comparaison. L’Ă©gyptien porte l’ordre w-ĆĄ-b ; l’hĂ©breu porte ĆĄ-w-b. Les deux premiĂšres consonnes ont permutĂ©, la troisiĂšme restant en place.

Égyptien : đ“…± (w) · 𓈙 (ĆĄ) · 𓃀 (b)  â†’  w – ĆĄ – b

HĂ©breu : کځ (ĆĄ) · Ś• (w) · Ś‘ (b)  â†’  ĆĄ – w – b

Il s’agit d’une mĂ©tathĂšse au sens propre : un dĂ©placement de position, portant sur les deux premiĂšres radicales. Le troisiĂšme radical, la labiale, ne bouge pas — ce qui est le cas ordinaire de ce type de permutation.

Ce que la mĂ©tathĂšse n’affecte pas. Le dĂ©placement porte sur la forme, non sur le sens : l’Ă©gyptien wĆĄb « rĂ©pondre » et l’hĂ©breu ƥƫជ « rĂ©pondre, faire retour » recouvrent le mĂȘme champ, et le second ajoute au premier ce qui en Ă©tait dĂ©jĂ  la logique — car une rĂ©ponse est un mot rendu. Le nom hĂ©breu ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖžŚ” (təƥƫជā) le dit sans Ă©quivoque, puisque les lexiques lui donnent conjointement les sens de rĂ©ponse et de retour, et jusqu’Ă  celui de « retour d’une annĂ©e ».

âž»

VII. L’hĂ©breu کځ-Ś•-Ś‘ et la teshuva

Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ (ƥƫជ) — verbe : rapporter, rĂ©pondre, donner une rĂ©compense, retourner, revenir, se dĂ©tourner du mal, revenir Ă  Dieu, se repentir, reprendre, rĂ©tablir, ramener Ă  l’esprit.

ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖžŚ” (təƥƫជā, prononcĂ© tesh-oo-baw) — nom fĂ©minin, dĂ©rivĂ© de Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ : une rĂ©ponse, une rĂ©plique, un retour, une rĂ©pĂ©tition, l’achĂšvement ou le retour d’une annĂ©e.

Un mot, deux faces. Il faut mesurer ce que dit ce double sens. Pour l’hĂ©breu, rĂ©pondre et revenir sont un seul et mĂȘme acte : la rĂ©ponse est une parole qu’on retourne Ă  celui qui l’a Ă©mise. C’est pourquoi le verbe ŚȘÖžÖŒŚ©ÖŽŚŚ™Ś‘ (tāơüᾇ) du Livre des Juges se traduit littĂ©ralement « elle retourne ses paroles » lĂ  oĂč le français dit « elle se rĂ©pond ».

De lĂ  procĂšde la charge thĂ©ologique du mot. ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖžŚ” (təƥƫជā) devient dans le judaĂŻsme le nom mĂȘme du repentir — la teshuva —, non pas comme chĂątiment de soi mais comme retour : retour Ă  sa nature droite, retour vers Dieu. Les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour en portent le nom.

âž»

VIII. L’aramĂ©en et l’arabe — le relais documentĂ©

ŚȘÖŒŚ•ÖŒŚ‘ (tƫជ) — verbe aramĂ©en, correspondant exact de l’hĂ©breu Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ : revenir, retourner, rĂ©pondre, redonner.

ŰȘÙŽŰ§ŰšÙŽ / يَŰȘÙÙˆŰšÙ (tāba / yatĆ«bu) — verbe arabe, forme I : se repentir, revenir Ă  Dieu.

ŰȘÙŽÙˆÙ’ŰšÙŽŰ© (tawba) — nom fĂ©minin : repentir, pĂ©nitence, retour vers Dieu.

ŰȘÙŽÙˆÙŽÙ‘Ű§Űš (tawwāb) — repentant, pĂ©nitent ; et, comme Nom divin, Celui qui revient sans cesse vers le pĂ©cheur repentant.

8.1  Ce que la lexicographie Ă©tablit

L’hypothĂšse d’un cheminement passant d’abord par l’hĂ©breu se trouve confirmĂ©e par un point technique prĂ©cis, et il vaut la peine de s’y arrĂȘter.

Les langues sĂ©mitiques ont hĂ©ritĂ© d’un son ancien, une interdentale que les comparatistes notent *áčŻ â€” proche du th anglais de think. Chacune l’a fait Ă©voluer Ă  sa maniĂšre, et toujours de la mĂȘme façon :

Langue Devenu « trois »
Arabe Ű« (áčŻÄÊŸ) — conservĂ© Ű«ÙŽÙ„ÙŽŰ§Ű«ÙŽŰ© (áčŻalāáčŻa)
HĂ©breu کځ (ĆĄ) — chuintante Ś©ÖžŚŚœŚ•ÖčŚ©Ś (ƥālƍơ)
AramĂ©en ŚȘ (t) — dentale ŚȘÖ°ÖŒŚœÖžŚȘ (təlāt)

La rĂšgle qui en dĂ©coule est simple : si un mot hĂ©breu Ă  کځ et un mot arabe dĂ©signent la mĂȘme chose et que chacune des deux langues l’a reçu de son propre fonds, alors l’arabe doit porter un Ű«.

La rĂšgle se vĂ©rifie sur quantitĂ© de mots courants : Ă  l’hĂ©breu کځڕÖ茚 (ơƍr, taureau) rĂ©pond l’arabe Ű«ÙŽÙˆÙ’Ű± (áčŻawr) ; partout, au کځ hĂ©breu rĂ©pond un Ű« arabe, et un ŚȘ aramĂ©en.

Or le mot du repentir islamique fait exception. ŰȘÙŽÙˆÙ’ŰšÙŽŰ© (tawba) et ŰȘÙŽŰ§ŰšÙŽ (tāba) portent un ŰȘ (tāʟ) — c’est-Ă -dire la consonne de l’aramĂ©en, et non celle qu’un hĂ©ritage direct aurait donnĂ©e. La lexicographie Ă©tymologique en tire la conclusion qui s’impose : ce mot n’a pas Ă©tĂ© hĂ©ritĂ©, il a Ă©tĂ© empruntĂ©. Il serait venu Ă  l’arabe avant l’islam, de l’aramĂ©en ŚȘÖ°ÖŒŚȘŚ•ÖŒŚ‘Ö°ŚȘÖžÖŒŚ (təáčŻĆ«áž‡tā), dans le milieu judaĂŻque.

Sur cet emprunt : S. Fraenkel, De vocabulis in antiquis Arabum carminibus et in Corano peregrinis, Leyde, E. J. Brill, 1880, p. 22 ; K. Ahrens, « Christliches im Qoran. Eine Nachlese », Zeitschrift der Deutschen MorgenlÀndischen Gesellschaft, vol. 84, 1930, p. 27.

Ce que cela apporte Ă  la dĂ©monstration. Ce dĂ©tail phonĂ©tique confirme le sens et l’ordre de la transmission. Si ŰȘÙŽÙˆÙ’ŰšÙŽŰ© Ă©tait un hĂ©ritage direct du fonds sĂ©mitique commun, il porterait un Ű« ; il porte un ŰȘ, qui est la marque de l’aramĂ©en. La chaĂźne se laisse donc lire : de l’Ă©gyptien đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ (wĆĄb) Ă  l’hĂ©breu Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ par mĂ©tathĂšse, de l’hĂ©breu Ă  l’aramĂ©en ŚȘÖŒŚ•ÖŒŚ‘ par l’Ă©volution rĂ©guliĂšre ĆĄ → t, et de l’aramĂ©en Ă  l’arabe ŰȘÙŽŰ§ŰšÙŽ par emprunt. C’est exactement l’ordre que suggĂ©rait l’abondance de la racine dans le ŚȘŚ ŚŽŚš (Tanakh).

âž»

IX. At-Tawwāb — un Nom divin

Ű§Ù„ŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§Űš (At-Tawwāb) figure parmi les quatre-vingt-dix-neuf Noms, et paraĂźt onze fois dans le Coran. Les lexiques classiques lui donnent, pour la racine ŰȘ-و-Űš, les connotations suivantes : revenir ; revenir au bien, se repentir ; ĂȘtre rĂ©tabli ; et — le dĂ©tail mĂ©rite d’ĂȘtre relevĂ© — ĂȘtre appelĂ© ou convoquĂ© de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e.

L’appel et la rĂ©ponse. Cette derniĂšre acception referme le cercle de la façon la plus nette. Que la racine du repentir conserve, dans la lexicographie arabe classique, l’idĂ©e d’ĂȘtre appelĂ© de façon rĂ©pĂ©tĂ©e, c’est retrouver le noyau Ă©gyptien : le đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“…±đ“Žđ“€ (wĆĄbw) est celui qui rĂ©pond quand on l’appelle, et l’oushebti est la figurine qui dit « me voici » Ă  l’appel de son maĂźtre. Du serviteur funĂ©raire au Dieu qui accueille le retour du pĂ©cheur, c’est la mĂȘme structure : un appel, une rĂ©ponse.

On notera enfin que la neuviĂšme sourate du Coran porte ce nom : Ű§Ù„ŰȘÙˆŰšŰ© (At-Tawba), que Maurice Gloton traduit prĂ©cisĂ©ment par « Le Retour ».

âž»

X. Les oushebtis — les rĂ©pondants de l’au-delĂ 

Les đ“†·đ“Żđ“„żđ“ƒ€đ“đ“­đ“€Ÿ (ĆĄÈwȝbtj) ou đ“†·đ“„żđ“ƒ€đ“đ“­đ“€Ÿ (ĆĄÈbty) — « les rĂ©pondants » — Ă©taient dĂ©posĂ©s dans la tombe pour servir le dĂ©funt dans les Champs des Souchets, đ“‡đ“đ“ˆ…đ“‡‹đ“„żđ“‚‹đ“…±đ“†°đ“Š– (sáž«t jȝrw, Sekhet Ialou), et travailler Ă  sa place. Le chapitre 6 du Livre des Morts en donne la formule, oĂč l’on entend la statuette rĂ©pondre :

rȝ n(y) rd.t jr(w ) ĆĄwbty kȝ.wt n s m áș–r.t-náčŻr

« Formule pour faire qu’un oushebti exĂ©cute des travaux pour un homme dans la nĂ©cropole. »

តd mdw jn sĆĄ spáș–.w Nb-sny m rȝ.w-pr.w · Ć mÊżw Máž„w sĆĄ Nb-sny [nb jmȝឫ] m កw.t Ptáž„ · តd(w )=f

« Formule Ă  rĂ©citer par le scribe des contours Nebseny dans les temples de Haute Égypte (et) Basse Égypte, le scribe Nebseny [titulaire d’une pension] dans le ChĂąteau de Ptah. Qu’il dise : »

j ĆĄwbty pj n(y) sĆĄ Nb-sny, jr n sĆĄ [Nb-sny] mÈÊż-áž«rw ms(w )~n Nb.t pr Mw.t-rs=tj mÈÊż(.t)-áž«rw

« Ô oushebti que voici, appartenant au scribe Nebseny, agis pour le scribe [Nebseny] J.V. qu’a mis au monde la MaĂźtresse de maison Moutresti J.V. ! »

jr ÊżĆĄ=tw=j, jr jp=tw=j r jr.t kȝ.wt nb.(w )t jrr.wt m áș–r.t-náčŻr, jst áž„(w )n=k sdb [jm m s] r áș–r.t=f, jp(w )=k tw r=j r nw nb r srwd sáž«.wt, r smáž„.t wdb.w, r áș–n.t ĆĄÊż n(y) Jȝbt.t n(y) Jmnt.t

« Si l’on m’appelle (et) si l’on me dĂ©signe pour faire toutes sortes de travaux qui sont faits (habituellement) dans la nĂ©cropole, alors on t’infligera une corvĂ©e [lĂ -bas comme un homme] Ă  sa tĂąche (et) tu te dĂ©signeras Ă  ma place Ă  tout moment pour cultiver les champs, pour irriguer les rives (ou) pour transporter le sable de l’Est (ou) de l’Ouest. »

mk wj kw(w )=k jm

« « Me voici ! » diras-tu lĂ  ! »

Le Livre des Morts de l’Égypte ancienne, chapitre 6 (Papyrus de Nebseny, BM EA 9900), page 21. TranslittĂ©ration et traduction de M. Claude Carrier, Ă©dit. CYBELE, 2009.

La formule et son verbe. Toute la scĂšne tient dans un couple : ÊżĆĄ, « appeler », et la rĂ©ponse attendue, mk wj, « me voici ». C’est prĂ©cisĂ©ment la structure que nomme la racine đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ — et c’est pourquoi ces figurines s’appellent « les rĂ©pondants ». Le nom ne dĂ©crit pas leur forme mais leur fonction dialogique : elles existent pour rĂ©pondre.

On peut rapprocher cette conception d’un passage coranique oĂč circulent, dans les jardins, des serviteurs d’Ă©ternelle jeunesse :

ÙŠÙŽŰ·ÙÙˆÙÙ Űčَلَيْهِمْ ÙˆÙÙ„Ù’ŰŻÙŽÙ°Ù†ÙŒÛ­ Ù…ÙÙ‘ŰźÙŽÙ„ÙŽÙ‘ŰŻÙÙˆÙ†ÙŽ · ŰšÙŰŁÙŽÙƒÙ’ÙˆÙŽŰ§ŰšÙÛą ÙˆÙŽŰŁÙŽŰšÙŽŰ§Ű±ÙÙŠÙ‚ÙŽ ÙˆÙŽÙƒÙŽŰŁÙ’ŰłÙÛą مِّن مَّŰčÙÙŠÙ†ÙÛą · Ù„ÙŽÙ‘Ű§ ÙŠÙŰ”ÙŽŰŻÙŽÙ‘Űčُونَ ŰčÙŽÙ†Ù’Ù‡ÙŽŰ§ ÙˆÙŽÙ„ÙŽŰ§ يُنŰČِفُونَ · ÙˆÙŽÙÙŽÙ°ÙƒÙÙ‡ÙŽŰ©ÙÛą Ù…ÙÙ‘Ù…ÙŽÙ‘Ű§ يَŰȘÙŽŰźÙŽÙŠÙŽÙ‘Ű±ÙÙˆÙ†ÙŽ · ÙˆÙŽÙ„ÙŽŰ­Ù’Ù…Ù Ű·ÙŽÙŠÙ’Ű±ÙÛą Ù…ÙÙ‘Ù…ÙŽÙ‘Ű§ ÙŠÙŽŰŽÙ’ŰȘَهُونَ
Yaáč­Ć«fu Êżalayhim wildānun mukhalladĆ«na · bi-ÊŸakwābin wa ÊŸabārÄ«qa wa kaÊŸsin min maÊżÄ«nin · lā yuáčŁaddaÊżĆ«na Êżanhā wa lā yunzifĆ«na · wa fākihatin mimmā yatakhayyarĆ«na · wa laáž„mi áč­ayrin mimmā yashtahĆ«na

« Parmi eux circuleront des serviteurs d’une Ă©ternelle jeunesse, portant des coupes et des aiguiĂšres remplies d’un vin puisĂ© Ă  une source vive, ne provoquant ni maux de tĂȘte, ni ivresse, ainsi que des fruits de leur choix, et la chair des oiseaux les plus dĂ©sirables. »

Sourate 56, Ű§Ù„ÙˆŰ§Ù‚ŰčŰ© / Al-WāqiÊża, versets 17 Ă  21, Coran.

Le rapprochement porte sur la conception, non sur le lexique : dans les deux traditions, l’au-delĂ  des bienheureux comporte des serviteurs qui pourvoient aux besoins du dĂ©funt. Nous le signalons comme un parallĂšle de reprĂ©sentation, sans en tirer d’argument Ă©tymologique.

âž»

XI. Attestations pharaoniques

11.1  RĂ©pondre, reconnaĂźtre un service — Le Conte du NaufragĂ©

𓈗 đ“·đ“€ đ“‚­đ“„ đ“ŽĄđ“‡‹đ“đ“›đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“€đ“ŽĄ

mw áž„r តbÊżw.k jáž« wĆĄb.k

« de l’eau sur tes doigts, et tu pourras rĂ©pondre »

Le Conte du NaufragĂ©, 14, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 1, pages 20-21, deuxiĂšme Ă©dition revue et corrigĂ©e, Angers 2005.

đ“Šąđ“‚đ“ˆ–đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ 𓈖𓀀

Êżáž„Êż n wĆĄb.n.j

« Alors je lui répondis »

Le Conte du NaufragĂ©, 14, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 1, pages 32-33, deuxiĂšme Ă©dition revue et corrigĂ©e, Angers 2005.

11.2  RĂ©pondre, contredire — SinouhĂ© et le Paysan Ă©loquent

đ“…Ÿđ“Č𓀁𓀀đ“ŠȘđ“‚‹đ“†”đ“†“đ“‚§đ“đ“ˆ–đ“€€ đ“ŽŸđ“€€đ“€€đ“‡‹đ“›đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€đ“€€đ“‹Žđ“đ“‚œđ“ˆ– đ“·đ“€đ“‚đ“€đ“€€

snតw ptr តdt n.j nb.j jáž« wĆĄb.j st nn áž„r-Êż.j

« …un peureux : « Que va me dire mon maĂźtre si je rĂ©ponds cela : ‘ce n’est pas de mon fait’ » »

Les Aventures de SinouhĂ©, B261, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 4, pages 68-69, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.

đ“‰»đ“‚đ“„żđ“ˆđ“‚œđ“ˆ– đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€đ“‚‹đ“†“đ“‚§đ“đ“†‘đ“ŽŸđ“đ“‡‹đ“ˆ–đ“Œ»đ“‚‹đ“…±đ“đ“€đ“ƒč𓈖𓆑

ÊżÈ nn wĆĄb r តdt.f nbt jn-mrwt wn.f

« Ici, sans contredire aucune de ses paroles, de sorte qu’il continue »

Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-110, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 2, pages 40-41, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.

đ“„ đ“ŠȘ𓈖𓇋𓂋 𓋮𓆑𓈖𓂉𓀁 đ“„ 𓐍𓂋𓎡𓋮𓆑𓈖𓂉𓎡𓅓

ឫmt(w ) pn jr sfn ឫmt(w ) ឫr.k sfn.k m

« …ces trois-lĂ  ; si les trois Ă©taient corrompus auprĂšs de toi, tu serais (Ă©galement) corrompu ! (Alors) ne »

Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-182, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 2, pages 52-53, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.

đ“Č𓈙𓃀𓏮𓀁 đ“„€đ“†‘đ“‚‹đ“…“đ“ƒ€đ“‡‹đ“ˆ–đ“đ“…Ș𓅓𓂋𓂝𓎡𓏏𓅓 𓊹𓏏𓉐 𓎡𓏏

wĆĄb nfrt m bjn m rd kt m st kt

« …rĂ©ponds pas Ă  une bonne chose par une mauvaise, et ne mets pas l’une Ă  la place de l’autre ! »

Le Conte du Paysan Ă©loquent, B1-183, textes hiĂ©roglyphiques, translittĂ©ration et traduction commentĂ©e, M. Patrice Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 2, pages 52-53, deuxiĂšme Ă©dition, Angers 2005.

Une maxime de rĂ©ciprocitĂ©. Ce dernier passage est remarquable, car il Ă©nonce une Ă©thique de la rĂ©ponse : ne rĂ©ponds pas Ă  une bonne chose par une mauvaise. Le verbe y suppose dĂ©jĂ  que rĂ©pondre, c’est rendre — qu’une parole ou un acte appellent leur Ă©quivalent en retour. C’est la logique mĂȘme qui donnera, en hĂ©breu, la coĂŻncidence de la rĂ©ponse et du retour, et en arabe, celle du retour et du repentir.

âž»

XII. Attestations bibliques

12.1  Retourner, revenir

Ś‘Ö°ÖŒŚ–Ö”ŚąÖ·ŚȘ ŚÖ·Ś€Ö¶ÖŒŚ™ŚšÖž ŚȘÖčÖŒŚŚ›Ö·Śœ ŚœÖ¶Ś—Ö¶Ś ŚąÖ·Ś“ Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘Ö°ŚšÖž ŚÖ¶ŚœÖŸŚ”ÖžŚÖČŚ“ÖžŚžÖžŚ” Ś›ÖŽÖŒŚ™ ŚžÖŽŚžÖ¶ÖŒŚ ÖžÖŒŚ” ŚœÖ»Ś§ÖžÖŒŚ—Ö°ŚȘÖžÖŒ Ś›ÖŽÖŒŚ™ÖŸŚąÖžŚ€ÖžŚš ڐַŚȘÖžÖŒŚ” Ś•Ö°ŚÖ¶ŚœÖŸŚąÖžŚ€ÖžŚš ŚȘÖžÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘Śƒ
bə·zĂȘÂ·ÊżaáčŻ ÊŸap·pe·បā áčŻĆÂ·áž”al le·ងem Êżaត ƥƫ·ជə·បā ÊŸel-hā·ʟă·តā·māh kĂź-mim·men·nāh luq·qā·ងə·tā kĂź-ÊżÄÂ·p̄ār ÊŸat·tāh wə·ʟel-ÊżÄÂ·p̄ār tā·ƥƫជ

« C’est Ă  la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’oĂč tu as Ă©tĂ© pris ; car tu es poussiĂšre, et tu retourneras dans la poussiĂšre. »

GenĂšse 3 : 19, Bible (traduction Louis Segond).

Ś•Ö·Ś™Ö°Ś©Ö·ŚŚœÖ·ÖŒŚ— ڐֶŚȘÖŸŚ”ÖžŚąÖčŚšÖ”Ś‘ Ś•Ö·Ś™Ö”ÖŒŚŠÖ”Ś Ś™ÖžŚŠŚ•Ö茐 Ś•ÖžŚ©ŚŚ•Ö覑 ŚąÖ·Ś“ÖŸŚ™Ö°Ś‘ÖčŚ©Ö¶ŚŚȘ Ś”Ö·ŚžÖ·ÖŒŚ™ÖŽŚ ŚžÖ”ŚąÖ·Śœ Ś”ÖžŚÖžŚšÖ¶Ś„Śƒ
way·ƥal·laáž„ ÊŸĂȘáčŻ hÄÂ·ÊżĆÂ·rĂȘᾇ way·yĂȘ·áčŁĂȘ yā·áčŁĆÂ·w wÄÂ·ĆĄĆÂ·wᾇ Êżaត yÉ™Â·áž‡ĆÂ·ĆĄeáčŻ ham·mā·yim mĂȘÂ·Êżal hā·ʟā·reáčŁ

« Il lĂącha le corbeau, qui sortit, partant et revenant, jusqu’à ce que les eaux eussent sĂ©chĂ© sur la terre. »

GenĂšse 8 : 7, Bible (traduction Louis Segond).

Ś•Ö·Ś™ÖŽÖŒŚ™ÖžÖŒŚ—Ö¶Śœ ŚąŚ•Ö覓 Ś©ÖŽŚŚ‘Ö°ŚąÖ·ŚȘ Ś™ÖžŚžÖŽŚ™Ś ڐÖČŚ—Ö”ŚšÖŽŚ™Ś Ś•Ö·Ś™Ö°Ś©Ö·ŚŚœÖ·ÖŒŚ— ڐֶŚȘÖŸŚ”Ö·Ś™ÖŒŚ•ÖčŚ ÖžŚ” Ś•Ö°ŚœÖčŚÖŸŚ™ÖžŚĄÖ°Ś€ÖžŚ” Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖŸŚÖ”ŚœÖžŚ™Ś• ŚąŚ•ÖčŚ“Śƒ
way·yß·yā·ងel ÊżĆÂ·wត ĆĄiáž‡Â·ÊżaáčŻ yā·mĂźm ʟă·ងĂȘ·rĂźm way·ƥal·laáž„ ÊŸĂȘáčŻ hay·yĆÂ·w·nāh wə·lƍ yā·sə·p̄āh ƥƫជ ÊŸĂȘ·lāw ÊżĆÂ·wត

« Il attendit encore sept autres jours ; et il lùcha la colombe. Mais elle ne revint plus à lui. »

GenĂšse 8 : 12, Bible (traduction Louis Segond).

Ś•Ö·Ś™Ö”ÖŒŚœÖ¶ŚšÖ° ŚžÖčŚ©Ö¶ŚŚ” Ś•Ö·Ś™ÖžÖŒŚ©ÖžŚŚ‘ ŚÖ¶ŚœÖŸŚ™Ö¶ŚȘÖ¶Śš Ś—ÖčŚȘÖ°Ś Ś•Öč Ś•Ö·Ś™ÖčÖŒŚŚžÖ¶Śš ŚœŚ•Öč ŚÖ”ŚœÖ°Ś›ÖžŚ” Ś ÖžÖŒŚ Ś•Ö°ŚÖžŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖžŚ” ŚÖ¶ŚœÖŸŚÖ·Ś—Ö·Ś™ ڐÖČŚ©Ö¶ŚŚšÖŸŚ‘Ö°ÖŒŚžÖŽŚŠÖ°ŚšÖ·Ś™ÖŽŚ Ś•Ö°ŚÖ¶ŚšÖ°ŚÖ¶Ś” Ś”Ö·ŚąŚ•ÖčŚ“ÖžŚ Ś—Ö·Ś™ÖŽÖŒŚ™Ś ڕַڙÖčÖŒŚŚžÖ¶Śš Ś™ÖŽŚȘÖ°ŚšŚ•Öč ŚœÖ°ŚžÖčŚ©Ö¶ŚŚ” ڜ֔ښְ ŚœÖ°Ś©ÖžŚŚœŚ•ÖčŚŚƒ
way·yĂȘ·leáž” mĆÂ·ĆĄeh way·yā·ƥāជ ÊŸel-ye·áčŻer áž„ĆÂ·áčŻÉ™Â·nƍw way·yĆÂ·mer lƍw ÊŸĂȘ·lə·បāh nā wÉ™Â·ÊŸÄÂ·ĆĄĆ«Â·áž‡Äh ÊŸel-ÊŸa·ងay ÊŸÄƒÂ·ĆĄer bə·miáčŁÂ·rā·yim wə·ʟer·ʟeh haÂ·ÊżĆÂ·w·តām áž„ay·yĂźm way·yĆÂ·mer yiáčŻÂ·rƍw lə·mĆÂ·ĆĄeh lĂȘáž” lə·ƥā·lƍm

« MoĂŻse s’en alla ; et de retour auprĂšs de JĂ©thro, son beau-pĂšre, il lui dit : Laisse-moi, je te prie, aller rejoindre mes frĂšres qui sont en Égypte, afin que je voie s’ils sont encore vivants. JĂ©thro dit Ă  MoĂŻse : Va en paix. »

Exode 4 : 18, Bible (traduction Louis Segond).

12.2  RĂ©pondre, rĂ©ponse, envoyer dire

Ś—Ö·Ś›Ö°ŚžŚ•ÖčŚȘ Ś©ÖžŚ‚ŚšŚ•ÖčŚȘÖ¶Ś™Ś”Öž ŚȘÖ·ÖŒŚąÖČŚ Ö¶Ś™Ś ÖžÖŒŚ” ŚÖ·ŚŁÖŸŚ”ÖŽŚ™Ś ŚȘÖžÖŒŚ©ÖŽŚŚ™Ś‘ ڐÖČŚžÖžŚšÖ¶Ś™Ś”Öž ŚœÖžŚ”ÖŒŚƒ
áž„aប·mĆÂ·wáčŻ Ć›ÄÂ·rĆÂ·w·áčŻe·hā taÂ·ÊżÄƒÂ·nen·nāh ÊŸap̄ hĂź tā·ƥßជ ʟă·mā·re·hā lāh

« Les plus sages d’entre ses femmes lui rĂ©pondent, et elle se rĂ©pond Ă  elle-mĂȘme. »

Juges 5 : 29, Bible (traduction Louis Segond).

Ś•ÖžŚÖžŚ©ÖŽŚŚ™Ś‘ ڐڕÖčŚȘÖžŚ Ś“ÖžÖŒŚ‘ÖžŚš Ś•ÖžŚŚ•ÖčŚžÖ·Śš ŚœÖžŚ”Ö¶Ś ڐֱڜÖčŚ”Ö”Ś™ Ś”Ö·Ś©ÖžÖŒŚŚžÖ·Ś™ÖŽŚ Ś”Ś•ÖŒŚ Ś™Ö·ŚŠÖ°ŚœÖŽŚ™Ś—Ö· ŚœÖžŚ Ś•ÖŒ ڕַڐÖČŚ Ö·Ś—Ö°Ś Ś•ÖŒ ŚąÖČŚ‘ÖžŚ“ÖžŚ™Ś• Ś ÖžŚ§Ś•ÖŒŚ Ś•ÖŒŚ‘ÖžŚ ÖŽŚ™Ś Ś•ÖŒ Ś•Ö°ŚœÖžŚ›Ö¶Ś ŚÖ”Ś™ŚŸÖŸŚ—Ö”ŚœÖ¶Ś§ Ś•ÖŒŚŠÖ°Ś“ÖžŚ§ÖžŚ” Ś•Ö°Ś–ÖŽŚ›ÖžÖŒŚšŚ•Ö覟 Ś‘ÖŽÖŒŚ™ŚšŚ•ÖŒŚ©ÖžŚŚœÖŽÖžŚŚƒ
wÄÂ·ÊŸÄÂ·ĆĄĂźáž‡ ÊŸĆÂ·w·áčŻÄm dā·ជār wÄÂ·ÊŸĆÂ·w·mar lā·hem ʟĕ·lĆÂ·hĂȘ haƥ·ƥā·ma·yim hĆ« yaáčŁÂ·lß·aáž„ lā·nĆ«, wa·ʟă·naង·nĆ« ÊżÄƒÂ·áž‡ÄÂ·ážÄw nā·qĆ«m ƫ·ជā·nß·nĆ« wə·lā·បem ÊŸĂȘn áž„ĂȘ·leq ƫ·áčŁÉ™Â·ážÄÂ·qāh wə·zik·kā·rĆÂ·wn bß·rƫ·ƥā·lim

« Et je leur fis cette rĂ©ponse : Le Dieu des cieux nous donnera le succĂšs. Nous, ses serviteurs, nous nous lĂšverons et nous bĂątirons ; mais vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir dans JĂ©rusalem. »

Néhémie 2 : 20, Bible (traduction Louis Segond).

ڕַڙÖčÖŒŚŚžÖ¶Śš ŚžÖžŚšÖ°Ś“ÖłÖŒŚ›Ö·Ś™ ŚœÖ°Ś”ÖžŚ©ÖŽŚŚ™Ś‘ ŚÖ¶ŚœÖŸŚÖ¶ŚĄÖ°ŚȘÖ”ÖŒŚš ŚÖ·ŚœÖŸŚȘÖ°ÖŒŚ“Ö·ŚžÖŽÖŒŚ™ Ś‘Ö°Ś Ö·Ś€Ö°Ś©Ö”ŚŚšÖ° ŚœÖ°Ś”ÖŽŚžÖžÖŒŚœÖ”Ś˜ Ś‘Ö”ÖŒŚ™ŚȘÖŸŚ”Ö·ŚžÖ¶ÖŒŚœÖ¶ŚšÖ° ŚžÖŽŚ›ÖžÖŒŚœÖŸŚ”Ö·Ś™Ö°ÖŒŚ”Ś•ÖŒŚ“ÖŽŚ™ŚŚƒ
way·yĆÂ·mer mā·rə·do·បay lə·hā·ƥßជ ÊŸel-ÊŸes·tĂȘr ÊŸal-tə·តam·mĂź ជə·napÌ„Â·ĆĄĂȘáž” lə·him·mā·lĂȘáč­ bĂȘáčŻ ham·me·leáž” mik·kāl hay·yə·hĆ«Â·ážĂźm

« MardochĂ©e fit rĂ©pondre Ă  Esther : Ne t’imagine pas que tu Ă©chapperas seule d’entre tous les Juifs, parce que tu es dans la maison du roi. »

Esther 4 : 13, Bible (traduction Louis Segond).

ڕַŚȘÖčÖŒŚŚžÖ¶Śš ŚÖ¶ŚĄÖ°ŚȘÖ”ÖŒŚš ŚœÖ°Ś”ÖžŚ©ÖŽŚŚ™Ś‘ ŚÖ¶ŚœÖŸŚžÖžŚšÖ°Ś“ÖłÖŒŚ›ÖžŚ™Śƒ
wat·tĆÂ·mer ÊŸes·tĂȘr lə·hā·ƥßជ ÊŸel-mā·rə·do·បāy

« Esther envoya dire à Mardochée : »

Esther 4 : 15, Bible (traduction Louis Segond).

Ś•Ö°ŚÖ”Ś™ŚšÖ° ŚȘÖ°ÖŒŚ Ö·Ś—ÖČŚžŚ•ÖŒŚ ÖŽŚ™ Ś”ÖžŚ‘Ö¶Śœ Ś•ÖŒŚȘÖ°Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖčŚȘÖ”Ś™Ś›Ö¶Ś Ś ÖŽŚ©Ö°ŚŚÖ·ŚšÖŸŚžÖžŚąÖ·ŚœŚƒ
wə·ʟĂȘáž” tə·na·ងă·mƫ·nĂź hā·ជel ƫ·áčŻÉ™Â·ĆĄĆ«Â·áž‡ĆÂ·áčŻĂȘ·បem niĆĄÂ·ÊŸar-mÄÂ·Êżal

« Pourquoi donc m’offrir de vaines consolations ? Ce qui reste de vos rĂ©ponses n’est que perfidie. »

Job 21 : 34, Bible (traduction Louis Segond).

ŚÖžŚ‘ÖŽŚ™ Ś™ÖŽŚ‘ÖžÖŒŚ—Ö”ŚŸ ŚÖŽŚ™ÖŒŚ•Ö覑 ŚąÖ·Ś“ÖŸŚ Ö¶ŚŠÖ·Ś— ŚąÖ·ŚœÖŸŚȘÖ°ÖŒŚ©Ö»ŚŚ‘ÖčŚȘ Ś‘Ö°ÖŒŚÖ·Ś Ö°Ś©Ö”ŚŚ™ÖŸŚÖžŚ•Ö¶ŚŸŚƒ
ÊŸÄÂ·áž‡Ăź yib·bā·ងĂȘn ÊŸĂźÂ·yĆÂ·wᾇ Êżaត-ne·áčŁaáž„ Êżal-tə·ƥuÂ·áž‡ĆáčŻ bə·ʟan·ƥĂȘ-ʟā·wen

« Ha ! mon pĂšre, que Job soit Ă©prouvĂ© jusqu’à ce qu’il soit vaincu, puisqu’il a rĂ©pondu comme les impies. »

Job 34 : 36, Bible (traduction Martin).

ŚąÖ·ŚœÖŸŚžÖŽŚ©Ö°ŚŚžÖ·ŚšÖ°ŚȘÖŽÖŒŚ™ ŚÖ¶ŚąÖ±ŚžÖčŚ“ÖžŚ” ڕְڐֶŚȘÖ°Ś™Ö·ŚŠÖ°ÖŒŚ‘ÖžŚ” ŚąÖ·ŚœÖŸŚžÖžŚŠŚ•Ö茚 ڕַڐÖČŚŠÖ·Ś€Ö¶ÖŒŚ” ŚœÖŽŚšÖ°ŚŚ•ÖčŚȘ ŚžÖ·Ś”ÖŸŚ™Ö°Ś“Ö·Ś‘Ö¶ÖŒŚšÖŸŚ‘ÖŽÖŒŚ™ Ś•ÖŒŚžÖžŚ” ŚÖžŚ©ÖŽŚŚ™Ś‘ ŚąÖ·ŚœÖŸŚȘÖŒŚ•ÖčŚ›Ö·Ś—Ö°ŚȘÖŽÖŒŚ™Śƒ
Êżal-miƥ·mar·tĂź ÊŸeÂ·ÊżÄ•Â·mĆÂ·ážÄh wə·ʟeáčŻÂ·yaáčŁÂ·áčŁÉ™Â·áž‡Äh Êżal-mā·áčŁĆÂ·wr wa·ʟă·áčŁap·peh lirÂ·ÊŸĆÂ·wáčŻ mah-yə·តab·ber-bĂź ƫ·mah-ÊŸÄÂ·ĆĄĂźáž‡ Êżal-tĆÂ·w·បaង·tĂź

« J’étais Ă  mon poste, et je me tenais sur la tour ; je veillais, pour voir ce que l’Éternel me dirait, et ce que je rĂ©pliquerais aprĂšs ma plainte. »

Habacuc 2 : 1, Bible (traduction Louis Segond).

âž»

XIII. Attestations coraniques

La racine ŰȘ-و-Űš compte quatre-vingt-sept occurrences dans le corpus coranique — l’une des plus abondantes. Nous en prĂ©sentons cinq, dans la traduction de Maurice Gloton, qui rend systĂ©matiquement Ű§Ù„ŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§Űš par « Celui qui fait toujours retour » — restituant ainsi au Nom divin son sens premier de retour.

فَŰȘَلَقَّىٰٓ ŰĄÙŽŰ§ŰŻÙŽÙ…Ù مِن Ű±ÙŽÙ‘ŰšÙÙ‘Ù‡ÙÛŠ كَلِمَٰŰȘÙÛą فَŰȘÙŽŰ§ŰšÙŽ Űčَلَيْهِ ۚ Ű„ÙÙ†ÙŽÙ‘Ù‡ÙÛ„ هُوَ ٱلŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§ŰšÙ Ù±Ù„Ű±ÙŽÙ‘Ű­ÙÙŠÙ…Ù
Fa-talaqqā ʟādamu min rabbihi kalimātin fa-tāba Êżalayhi, ÊŸinnahu huwa t-Tawwābu r-Raងīmu

« Alors, Adam se fit projeter des paroles de son Enseigneur qui ainsi revint Ă  lui. Vraiment Lui, Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant d’Amour ! »

Sourate 2, Ű§Ù„ŰšÙ‚Ű±Ű© / Al-Baqara / La Vache, verset 37, page 6, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.

Ű±ÙŽŰšÙŽÙ‘Ù†ÙŽŰ§ ÙˆÙŽÙ±ŰŹÙ’ŰčÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ Ù…ÙŰłÙ’Ù„ÙÙ…ÙŽÙŠÙ’Ù†Ù لَكَ وَمِن Ű°ÙŰ±ÙÙ‘ÙŠÙŽÙ‘ŰȘÙÙ†ÙŽŰą ŰŁÙÙ…ÙŽÙ‘Ű©Ù‹Û­ Ù…ÙÙ‘ŰłÙ’Ù„ÙÙ…ÙŽŰ©Ù‹Û­ لَّكَ ÙˆÙŽŰŁÙŽŰ±ÙÙ†ÙŽŰ§ Ù…ÙŽÙ†ÙŽŰ§ŰłÙÙƒÙŽÙ†ÙŽŰ§ وَŰȘÙŰšÙ’ ŰčÙŽÙ„ÙŽÙŠÙ’Ù†ÙŽŰą ۖ Ű„ÙÙ†ÙŽÙ‘ÙƒÙŽ ŰŁÙŽÙ†ŰȘَ ٱلŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§ŰšÙ Ù±Ù„Ű±ÙŽÙ‘Ű­ÙÙŠÙ…Ù
Rabbanā wa-jÊżalnā muslimayni laka wa min dhurriyyatinā ÊŸummatan muslimatan laka wa ÊŸarinā manāsikanā wa tub Êżalaynā, ÊŸinnaka ÊŸanta t-Tawwābu r-Raងīmu

« Notre Enseigneur ! Fais que nous deux nous nous soumettions, et de mĂȘme fais de notre descendance une Patrie qui se soumette Ă  Toi. Montre-nous nos rites et reviens Ă  nous. Vraiment, Toi, Tu es Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant d’Amour ! »

Sourate 2, Ű§Ù„ŰšÙ‚Ű±Ű© / Al-Baqara / La Vache, verset 128, page 20, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.

Ű„ÙÙ„ÙŽÙ‘Ű§ Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙŠÙ†ÙŽ ŰȘÙŽŰ§ŰšÙÙˆŰ§ÛŸ ÙˆÙŽŰŁÙŽŰ”Ù’Ù„ÙŽŰ­ÙÙˆŰ§ÛŸ ÙˆÙŽŰšÙŽÙŠÙŽÙ‘Ù†ÙÙˆŰ§ÛŸ ÙÙŽŰŁÙÙˆÛŸÙ„ÙŽÙ°Ù“ŰŠÙÙƒÙŽ ŰŁÙŽŰȘÙÙˆŰšÙ Űčَلَيْهِمْ ۚ ÙˆÙŽŰŁÙŽÙ†ÙŽŰ§ ٱلŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§ŰšÙ Ù±Ù„Ű±ÙŽÙ‘Ű­ÙÙŠÙ…Ù
ÊŸIllā lladhÄ«na tābĆ« wa ÊŸaáčŁlaងƫ wa bayyanĆ« fa-ÊŸulāʟika ÊŸatĆ«bu Êżalayhim, wa ÊŸanā t-Tawwābu r-Raងīmu

« …Ă  l’exception de ceux qui ont fait retour, et se sont amendĂ©s, et ont reconnu (leur erreur). Alors, vers eux Je fais retour, et Moi, Je suis Celui qui fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant d’Amour. »

Sourate 2, Ű§Ù„ŰšÙ‚Ű±Ű© / Al-Baqara / La Vache, verset 160, page 24, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.

ÙˆÙŽÙ±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙŽŰ§Ù†Ù ÙŠÙŽŰŁÙ’ŰȘÙÙŠÙŽÙ°Ù†ÙÙ‡ÙŽŰ§ مِنكُمْ ÙÙŽÙ€ÙŽÙ”Ű§Ű°ÙÙˆÙ‡ÙÙ…ÙŽŰ§ ۖ ÙÙŽŰ„ÙÙ† ŰȘÙŽŰ§ŰšÙŽŰ§ ÙˆÙŽŰŁÙŽŰ”Ù’Ù„ÙŽŰ­ÙŽŰ§ ÙÙŽŰŁÙŽŰčÙ’Ű±ÙŰ¶ÙÙˆŰ§ÛŸ ŰčÙŽÙ†Ù’Ù‡ÙÙ…ÙŽŰą ۗ Ű„ÙÙ†ÙŽÙ‘ ٱللَّهَ ÙƒÙŽŰ§Ù†ÙŽ ŰȘÙŽÙˆÙŽÙ‘Ű§ŰšÙ‹Û­Ű§ Ű±ÙŽÙ‘Ű­ÙÙŠÙ…Ù‹Ű§
Wa lladhāni yaÊŸtiyānihā minkum fa-ʟādhĆ«humā, fa-ÊŸin tābā wa ÊŸaáčŁlaងā fa-ÊŸaÊżriážĆ« Êżanhumā, ÊŸinna llāha kāna tawwāban raងīman

« SĂ©vissez alors contre les deux d’entre vous qui l’ont commise. Si alors ils font retour tous deux et s’amendent, dĂ©tournez-vous d’eux. Vraiment, AllĂąh Se rĂ©vĂšle toujours Ă  faire retour, TrĂšs-Rayonnant d’Amour ! »

Sourate 4, Ű§Ù„Ù†ŰłŰ§ŰĄ / An-Nisāʟ / Les Femmes, verset 16, page 80, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.

ŰŁÙŽÙ„ÙŽÙ…Ù’ يَŰčÙ’Ù„ÙŽÙ…ÙÙˆÙ“Ű§ÛŸ ŰŁÙŽÙ†ÙŽÙ‘ ٱللَّهَ هُوَ ÙŠÙŽÙ‚Ù’ŰšÙŽÙ„Ù ٱلŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙ’ŰšÙŽŰ©ÙŽ Űčَنْ ŰčÙŰšÙŽŰ§ŰŻÙÙ‡ÙÛŠ ÙˆÙŽÙŠÙŽŰŁÙ’ŰźÙŰ°Ù Ù±Ù„Ű”ÙŽÙ‘ŰŻÙŽÙ‚ÙŽÙ°ŰȘِ ÙˆÙŽŰŁÙŽÙ†ÙŽÙ‘ ٱللَّهَ هُوَ ٱلŰȘÙŽÙ‘ÙˆÙŽÙ‘Ű§ŰšÙ Ù±Ù„Ű±ÙŽÙ‘Ű­ÙÙŠÙ…Ù
ÊŸA-lam yaÊżlamĆ« ÊŸanna llāha huwa yaqbalu t-tawbata Êżan Êżibādihi wa yaÊŸkhudhu áčŁ-áčŁadaqāti wa ÊŸanna llāha huwa t-Tawwābu r-Raងīmu

« Ne savent-ils pas que Lui, AllĂąh, accueille le retour de Ses adorateurs, et prend les offrandes spontanĂ©es, et que Lui, AllĂąh, fait toujours retour, le TrĂšs-Rayonnant d’Amour ? »

Sourate 9, Ű§Ù„ŰȘÙˆŰšŰ© / At-Tawba / Le Retour, verset 104, page 203, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.

âž»

Conclusion

Nous Ă©tions partis d’un verbe simple. đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€ (wĆĄb) dit, dans la langue des pharaons, l’acte de rĂ©pondre — et le dĂ©terminatif de l’homme portant la main Ă  la bouche 𓀁 l’inscrit dans le domaine de la parole. De lĂ  procĂšdent la rĂ©ponse đ“Č𓈙𓃀𓏏𓏮𓀁, le rĂ©pondant đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“…±đ“Žđ“€ — qui est aussi le consolateur et le dĂ©fenseur, ce que le grec appellera Î Î±ÏÎŹÎșÎ»Î·Ï„ÎżÏ‚ —, et les figurines funĂ©raires đ“†·đ“„żđ“ƒ€đ“đ“­đ“€Ÿ dont le nom mĂȘme signifie « ceux qui rĂ©pondent ».

Le passage au sĂ©mitique se fait par une mĂ©tathĂšse des deux premiĂšres radicales : w-ĆĄ-b devient ĆĄ-w-b. Et l’hĂ©breu Ś©ŚŚ•ÖŒŚ‘ (ƥƫជ) rĂ©vĂšle alors ce que l’Ă©gyptien portait sans le dire : rĂ©pondre, c’est faire retour. Une rĂ©ponse est une parole rendue — d’oĂč le double sens du nom ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚ‘ÖžŚ” (təƥƫជā), Ă  la fois la rĂ©ponse et le retour, et d’oĂč la teshuva, ce repentir qui n’est pas chĂątiment mais retour.

La suite du trajet est documentĂ©e jusque dans son dĂ©tail phonĂ©tique. L’aramĂ©en ŚȘÖŒŚ•ÖŒŚ‘ (tƫជ) opĂšre l’Ă©volution rĂ©guliĂšre ĆĄ → t ; puis l’arabe emprunte, avant l’islam et dans le milieu judaĂŻque, la forme ŰȘÙŽÙˆÙ’ŰšÙŽŰ© (tawba) — l’emprunt se reconnaissant Ă  son ŰȘ lĂ  oĂč un hĂ©ritage direct aurait donnĂ© Ű«. L’ordre de la transmission — Égypte, hĂ©breu, aramĂ©en, arabe — n’est donc pas une conjecture : il se lit dans les consonnes.

Reste ce qui fait la beautĂ© de ce dossier. La lexicographie arabe classique conserve, parmi les connotations de la racine ŰȘ-و-Űš, celle d’ĂȘtre appelĂ© de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e. Du serviteur funĂ©raire qui dit « me voici » Ă  l’appel de son maĂźtre, jusqu’au Dieu qui « fait toujours retour » vers celui qui revient Ă  Lui, une seule et mĂȘme structure demeure : un appel, et quelqu’un qui rĂ©pond. C’est cette structure que les scribes de l’Égypte pharaonique avaient nommĂ©e, il y a quatre mille ans, đ“…±đ“ˆ™đ“ƒ€đ“Žđ“€.

𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝  ážŽáž„wty Ă­ážłr — Djehouty L’Excellent

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