đ“‚đ“‚‹đ“†‘đ“Ž€ (lire Êżrf / āref) : combiner, unir ensemble, envelopper, clore, contenir, encercler.

Anubis veillant sur une momie enveloppĂ©e — Papyrus Ă©gyptien.

Sous les auspices de 𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝 (ណងwty Ă­ážłr | Djehouty L’Excellent ! ق ۱ ŰĄ

Correspondances phonétiques :

Égyptien ancienArabeHĂ©breu
𓂝 (Êż — fricative pharyngale voisĂ©e)Űș (ÄĄayn)Śą (Ayin)
𓂋 (r — vibrante apico-alvĂ©olaire)ل (lĂąm)Śš (Resh) / ڜ (Lamed)
𓆑 (f — labio-dentale sourde)ف (fĂą’)Ś€ / ŚŁ (Pe)

PhonĂšmes de l’Ă©gyptien pharaonique :

𓂝 (Êż) — Fricative pharyngale voisĂ©e : a, ā, Ë€, Êż

Produite au fond du conduit vocal par la constriction des muscles pharyngaux, cette consonne propre aux langues afro-asiatiques et chamito-sémitiques est étrangÚre au systÚme phonologique du français. Elle se manifeste différemment selon les langues qui en héritent :

Copte : âȒ/âȓ (iƍta / i / [i, j]) ; âȀ/âȁ (alpha / a / [a, ʕ, ʔ]) ; âȈ/âȉ (ei / e / [e]) ; âȎ/âȏ (ēta / ē / [eː, ɛː, i]) ; âȞ/âȟ (ou / o / [o])

HĂ©breu : Śą / ʕ / — Ayin, consonne gutturale dont l’articulation varie selon les traditions de lecture.

Arabe : Űč (ÊżAyn) — consonne distinctive de l’arabe classique, porteuse d’une forte charge phonologique et Ă©tymologique.

SĂ©mitiques communs : Êż, ÄĄ, l, r, ˀ

𓂋 — Bouche · /r/ vibrante apico-alvĂ©olaire

Ce phonĂšme, figurĂ© par le hiĂ©roglyphe de la bouche humaine, reprĂ©sente en moyen Ă©gyptien une vibrante apico-alvĂ©olaire comparable au r roulĂ© des langues mĂ©diterranĂ©ennes. Ses rĂ©alisations dans les langues dĂ©rivĂ©es tĂ©moignent d’une remarquable mobilitĂ© articulatoire :

/r/ : âČą/âČŁ (rƍ / r / [r]) · /l/ : âȖ/âȗ (laula / l / [l]) — propre au dialecte fayoumique · /n/ : âȚ/âț (nē / n / [n]) — par assimilation nasale au contact d’un m · /i/ : âȒ/âȓ (iƍta / i / [i, j]) — par vocalisation · /Ăž/ — amuĂŻssement en syllabe finale accentuĂ©e.

HĂ©breu : Śš /r/ Resh ; ڜ /l/ Lamed · Arabe : ۱ /r/ (rāʟ) — consonne liquide dont la prononciation emphatique influe sur la couleur vocalique des syllabes adjacentes.

𓆑 — Vipùre à cornes (Cerastes cerastes)

Ce hiĂ©roglyphe reprĂ©sente la vipĂšre Ă  cornes du dĂ©sert Ă©gyptien, redoutĂ©e pour son venin puissant et sa discrĂ©tion dans le sable. En tant que phonogramme, il note la consonne labio-dentale /f/, partagĂ©e par l’ensemble des langues afro-asiatiques :

Copte : Ï„ (Fei / f) ; âȃ (bēta / b — Vida) · HĂ©breu : Ś€ / ŚŁ (Pe) — [f] en position fricative, [p] en position occlusive · Arabe : ف (fāʟ) — labio-dentale sourde, stable dans toutes les variĂ©tĂ©s de l’arabe.

Déterminatifs hiéroglyphiques :

𓎀  Sac nouĂ© en lin — IdĂ©ogramme du lin et du vĂȘtement ; dĂ©terminatif sĂ©mantique de l’action d’empaqueter, d’envelopper, de conditionner dans un contenant textile. MatĂ©riau prĂ©cieux dans l’Égypte ancienne, intimement liĂ© aux crues du Nil.

𓎩  Bande de tissu — DĂ©terminatif de bander et du bandage, renvoyant Ă  la pratique mĂ©dicale et funĂ©raire de l’emmaillotement, omniprĂ©sente dans la civilisation Ă©gyptienne, de la momification rituelle aux soins chirurgicaux du Papyrus Ebers.

đ“±  Boucle de corde avec les extrĂ©mitĂ©s vers le haut — IdĂ©ogramme de la corde ; dĂ©terminatif de vĂȘtements, d’habillement et d’empaqueter. Ce signe Ă©voque le geste d’attacher, de nouer, de lier un contenu dans son enveloppe — prolongeant ainsi le champ sĂ©mantique de la racine vers l’idĂ©e de clĂŽture et de contention.

Vocables de l’Ă©gyptien ancien :

đ“‚đ“‚‹đ“†‘đ“Ž€  (lire Êżrf / āref)  — verbe : combiner, unir ensemble, envelopper, clore, contenir, encercler.

On rencontre Ă©galement des variantes graphiques abrĂ©gĂ©es avec les mĂȘmes acceptions : soit avec le seul signe du sac nouĂ© 𓎀, soit avec la bande de tissu 𓎩 en guise de dĂ©terminatif. Cette pluralitĂ© de graphies reflĂšte la souplesse de l’orthographe Ă©gyptienne, qui privilĂ©gie la lisibilitĂ© sĂ©mantique sur la fixitĂ© scripturaire.

đ“‚đ“‚‹đ“†‘đ“Ž€  (lire Êżrf / āref)  — nom : sac, bourse, contenant fermĂ©.

Attestation dans les Textes des Pyramides :

La racine apparaĂźt dĂšs les plus anciens textes de l’Égypte pharaonique — les Textes des Pyramides — notamment dans ceux de la Pyramide d’Ounas, pharaon de la Ve Dynastie, oĂč elle sert Ă  dĂ©signer des bourses d’offrandes faites au pharaon :

w3ត Êżrf (m)sdm.t Êżrf

« Une bourse de malachite. Une bourse de galÚne. »

Textes des Pyramides d’Ounas, chambre funĂ©raire, col. 11, Spruch {79}, §54d, p. 24-25 — trad. Claude Carrier, Ă©d. CybĂšle, Paris, 2009

Chambre funĂ©raire de la pyramide d’Ounas (Saqqara, Ve Dynastie) — les murs sont couverts des plus anciens Textes des Pyramides connus.

SynthÚse des correspondances graphiques et phonétiques :

La racine de l’Ă©gyptien pharaonique s’Ă©crivait 𓂝 (Êż, ā) — 𓂋 (r) — 𓆑 (f), munie du signe reprĂ©sentant un sac nouĂ© en lin 𓎀 (idĂ©ogramme de lin et de vĂȘtement, dĂ©terminatif d’empaqueter et d’envelopper) ou de la bande de tissu 𓎩 (dĂ©terminatif de bander, de bandage), ou encore de la boucle de corde đ“± (dĂ©terminatif de vĂȘtements et d’empaqueter).

Le premier radical 𓂝 (Êż, ā), fricative pharyngale voisĂ©e en Ă©gyptien ancien, correspond du cĂŽtĂ© de l’arabe Ă  la fricative vĂ©laire voisĂ©e Űș (ÄĄayn / ÄĄ). Au deuxiĂšme radical 𓂋 (r), vibrante apico-alvĂ©olaire, rĂ©pond la dentale latĂ©rale voisĂ©e ل (lām / l) de l’arabe.

Prise comme vocable verbal, cette racine munie du signe du sac avait les acceptions de combiner, unir ensemble, envelopper, clore, contenir, encercler. Prise comme nom, elle dĂ©signait une bourse, un sac. En dĂ©motique, le vocable Êżrf ou Êżrb signifiait enfermer, envelopper une momie. La racine a donnĂ© en copte âȱâČŁâȃ, âȱâČŁÏ„, âȉâČŁÏ„ avec les sens d’entourer, restreindre, circonscrire. L’arabe Űșَلَّفَ (ÄĄallafa), avec ses acceptions d’envelopper, recouvrir, emballer, cacher, fermer, rejoint pleinement les mĂȘmes significations du vocable de l’Ă©gyptien pharaonique.

Démotique

En dĂ©motique — script cursif issu de l’Ă©criture hiĂ©ratique, en usage Ă  partir du VIIe siĂšcle avant notre Ăšre — la racine Êżrf ou Êżrb acquiert une rĂ©sonance funĂ©raire marquĂ©e : elle signifie enfermer, envelopper une momie. Ce glissement sĂ©mantique s’inscrit dans la logique symbolique de la racine : envelopper le corps du dĂ©funt, c’est le clore, le circonscrire, le protĂ©ger pour l’Ă©ternitĂ©.

Copte

Valeurs phonétiques mobilisées dans la transmission de cette racine :

âȰ/âȱ /ƍ/ [oː] — âȈ/âȉ /e/ [e] — âȞ/âȟ /o/ [o] — âČą/âČŁ /r/ [r] — âȂ/âȃ /b/ [b, v, w] — Ï€/Ï„ /f/ [f]

Vocables du copte

âȱâČŁâȃ (dialecte sahidique)   ·   âȱâČŁÏ„ (dialecte bohaĂŻrique)   ·   âȉâČŁÏ„ (dialecte bohaĂŻrique)

Ces trois formes dialectales, hĂ©ritiĂšres directes de đ“‚đ“‚‹đ“†‘đ“Ž€ (Êżrf / āref), partagent les sens d’entourer, restreindre, circonscrire. Elles tĂ©moignent de la vitalitĂ© de la racine pharaonique au sein du copte, derniĂšre forme vivante de la langue Ă©gyptienne antique, dont la liturgie de l’Église copte orthodoxe a prĂ©servĂ© la prononciation jusqu’Ă  nos jours.

Hébreu

L’Ă©quivalent hĂ©breu de la racine đ“‚đ“‚‹đ“†‘đ“Ž€ est la triconsonantique :

Śą (ʕ) — ڜ (l) — ŚŁ / Ś€ (f ou p)

ŚąÖžŚœÖ·ŚŁ (ÊżÄlaph) partage avec l’Ă©gyptien ancien les acceptions fondamentales de couvrir, se couvrir, s’envelopper. La racine a Ă©largi son champ sĂ©mantique en hĂ©breu biblique pour dĂ©signer le fait de tomber, d’ĂȘtre en dĂ©faillance, voire de mourir. Ce glissement est peut-ĂȘtre le reflet d’une mĂ©taphore culturelle archaĂŻque, liant l’image de l’ĂȘtre alitĂ© et recouvert Ă  celle du dĂ©funt enveloppĂ© dans son linceul — ce tissu ultime qui clĂŽt le corps comme le sac nouĂ© clĂŽt son contenu.

S’envelopper, couvrir

ڕַŚȘÖžÖŒŚĄÖ·ŚšÖ© Ś‘ÖŽÖŒŚ’Ö°Ś“Ö”ÖšŚ™ ŚÖ·ŚœÖ°ŚžÖ°Ś Ś•ÖŒŚȘÖžÖœŚ”ÖŒ ŚžÖ”ÖœŚąÖžŚœÖ¶Ö—Ś™Ś”Öž ڕַŚȘÖ°ÖŒŚ›Ö·Ö€ŚĄ Ś‘Ö·ÖŒŚŠÖžÖŒŚąÖŽŚ™ŚŁÖ™ ڕַŚȘÖŽÖŒŚȘÖ°ŚąÖ·ŚœÖžÖŒÖ”ŚŁ ڕַŚȘÖ”ÖŒÖ™Ś©Ö¶ŚŚ‘Ö™ Ś‘Ö°ÖŒŚ€Ö¶ÖŁŚȘÖ·Ś— ŚąÖ”Ś™Ś Ö·Ö”Ś™ÖŽŚ ڐÖČŚ©Ö¶ŚÖ–Śš ŚąÖ·ŚœÖŸŚ“Ö¶ÖŒÖŁŚšÖ¶ŚšÖ° ŚȘÖŽÖŒŚžÖ°Ś ÖžÖ‘ŚȘÖžŚ” Ś›ÖŽÖŒÖ€Ś™ ŚšÖžŚÖČŚȘÖžŚ”Ö™ Ś›ÖŽÖŒÖœŚ™ÖŸŚ’ÖžŚ“Ö·ÖŁŚœ Ś©Ö”ŚŚœÖžÖ”Ś” Ś•Ö°Ś”ÖŽÖ•Ś•Ś ڜÖčÖœŚÖŸŚ ÖŽŚȘÖ°ÖŒŚ ÖžÖ„Ś” ڜÖčÖ–Ś• ŚœÖ°ŚÖŽŚ©ÖžÖŒÖœŚŚ”Śƒ

wat·tā·sar biážĄÂ·ážĂȘ ‘al·mə·nƫ·áčŻÄh mĂȘ·’ā·le·hā wat·tə·បas baáčŁÂ·áčŁÄÂ·’Ăźp̄ wat·tiáčŻÂ·’al·lāp̄ wat·tĂȘ·ƥeᾇ bə·p̄e·áčŻaáž„ ‘ĂȘ·na·yim ‘ă·ƥer ‘al-de·reáž” tim·nā·áčŻÄh kĂź rā·’ă·áčŻÄh kĂź ážĄÄÂ·ážal ĆĄĂȘ·lāh wə·hi·w lƍ nit·tə·nāh lƍw lə·’iƥ·ƥāh

« Alors elle ĂŽta ses habits de veuve, elle se couvrit d’un voile et s’enveloppa, et elle s’assit Ă  l’entrĂ©e d’ÉnaĂŻm, sur le chemin de Thimna ; car elle voyait que SchĂ©la Ă©tait devenu grand, et qu’elle ne lui Ă©tait point donnĂ©e pour femme. »

GenĂšse 38:14, Bible

Ś™ÖžŚ“ÖžŚ™Ś•Ö™ Ś’Ö°ÖŒŚœÖŽŚ™ŚœÖ”ÖŁŚ™ Ś–ÖžŚ”ÖžÖ”Ś‘ ŚžÖ°ŚžÖ»ŚœÖžÖŒŚÖŽÖ–Ś™Ś Ś‘Ö·ÖŒŚȘÖ·ÖŒŚšÖ°Ś©ÖŽŚÖ‘Ś™Ś©Ś ŚžÖ”ŚąÖžŚ™Ś•Ö™ ŚąÖ¶ÖŁŚ©Ö¶ŚŚȘ Ś©Ö”ŚÖ”ŚŸ ŚžÖ°ŚąÖ»ŚœÖ¶ÖŒÖ–Ś€Ö¶ŚȘ ŚĄÖ·Ś€ÖŽÖŒŚ™ŚšÖŽÖœŚ™ŚŚƒ

yā·តāw gə·lß·lĂȘ zā·hāᾇ mə·mul·lā·’Ăźm bat·tar·ƥßƥ mĂȘ·’āw ‘e·ƥeáčŻ ĆĄĂȘn mə·’ul·le·p̄eáčŻ sap·pß·rĂźm

« Ses mains sont des anneaux d’or, garnis de chrysolithes ; son corps est de l’ivoire poli, couvert de saphirs. »

Cantique des Cantiques 5:14, Bible

Défaillance

Ś‘ÖžÖŒŚ Ö·ÖœŚ™ÖŽŚšÖ° ŚąÖ»ŚœÖ°ÖŒŚ€Ö„Ś•ÖŒ Ś©ÖžŚŚ›Ö°Ś‘Ö›Ś•ÖŒ Ś‘Ö°ÖŒŚšÖčքڐکځ Ś›ÖžÖŒŚœÖŸŚ—Ś•ÖŒŚŠÖčÖ–Ś•ŚȘ Ś›Ö°ÖŒŚȘÖčÖŁŚ•Ś ŚžÖŽŚ›Ö°ŚžÖžÖ‘Śš Ś”Ö·ÖœŚžÖ°ŚœÖ”ŚÖŽÖ„Ś™Ś Ś—ÖČŚžÖ·ŚȘÖŸŚ™Ö°Ś”Ś•ÖžÖ–Ś” Ś’Ö·ÖŒŚąÖČŚšÖ·Ö„ŚȘ ڐֱڜÖčŚ”ÖžÖœŚ™ÖŽŚšÖ°Śƒ

bā·na·yiáž” ‘ul·lə·pÌ„Ć« ƥā·បə·ជƫ bə·rƍơ kāl-ងƫ·áčŁĆÂ·wáčŻ kə·áčŻĆÂ·w miប·mār ham·lĂȘ·’Ăźm ងă·maáčŻ Yah·weh ga·’ă·raáčŻ ‘ĕ·lĆÂ·ha·yiáž”

« Tes fils en dĂ©faillance gisaient Ă  tous les coins de rues, comme le cerf dans un filet, chargĂ©s de la colĂšre de l’Éternel, des menaces de ton Dieu. »

Ésaïe 51:20, Bible

Vocables de l’arabe :

La racine Űș-ل-ف (ÄĄ-l-f) ne compte que deux occurrences dans le corpus coranique, ce qui en fait une racine rare mais sĂ©mantiquement chargĂ©e. En langue arabe comme en Ă©gyptien ancien, elle structure le vocabulaire de l’enveloppement, de l’occultation et de la clĂŽture — dans ses dimensions matĂ©rielles, mĂ©taphoriques, spirituelles et anatomiques.

FormeTranslittérationSens
Űșَلَّفَ / يُŰșÙŽÙ„ÙÙ‘ÙÙÄĄallafa / yuÄĄallifuenvelopper, recouvrir, emballer, cacher, fermer
ŰȘَŰșْلِيفaÄĄlÄ«faction d’envelopper ; emballage, reliure (ar. moderne)
ŰșÙÙ„Ű§ÙŽÙÄĄilāfemballage, couverture, fourreau, Ă©tui, prĂ©puce
ŰșÙÙ„Ù’ÙÙŽŰ©ÄĄulfaprĂ©puce (terme juridique islamique)

CƓur enveloppĂ©, hermĂ©tique Ă  la foi :

La racine Űș-ل-ف qualifie nĂ©gativement le cƓur de l’incroyant : dĂ©crit comme hermĂ©tiquement enveloppĂ©, impĂ©nĂ©trable Ă  la rĂ©vĂ©lation divine, Ă  l’image d’un sac fermĂ© que rien ne peut ouvrir.

ÙˆÙŽÙ‚ÙŽŰ§Ù„ÙÙˆŰ§ÛŸ Ù‚ÙÙ„ÙÙˆŰšÙÙ†ÙŽŰ§ ŰșÙÙ„Ù’ÙÙŒÛą ۚ ŰšÙŽÙ„ لَّŰčَنَهُمُ ٱللَّهُ ŰšÙÙƒÙÙÙ’Ű±ÙÙ‡ÙÙ…Ù’ ÙÙŽÙ‚ÙŽÙ„ÙÙŠÙ„Ù‹Û­Ű§ Ù…ÙŽÙ‘Ű§ ÙŠÙŰ€Ù’Ù…ÙÙ†ÙÙˆÙ†ÙŽ

wa-qālĆ« qulĆ«bunā ghulfun bal laÊżanahumu llāhu bi-kufrihim fa-qalÄ«lan mā yuÊŸminĆ«na

« Et ils dirent : Nos cƓurs sont enveloppĂ©s et impĂ©nĂ©trables. — Non, mais Allah les a maudits Ă  cause de leur mĂ©crĂ©ance, et leur foi est donc bien mince. »

Sourate 2, Al-Baqara / La Vache, verset 88, Coran

ÙÙŽŰšÙÙ…ÙŽŰ§ Ù†ÙŽÙ‚Ù’Ű¶ÙÙ‡ÙÙ… Ù…ÙÙ‘ÙŠŰ«ÙŽÙ°Ù‚ÙŽÙ‡ÙÙ…Ù’ ÙˆÙŽÙƒÙÙÙ’Ű±ÙÙ‡ÙÙ… ŰšÙÙ€ÙŽÙ”Ű§ÙŠÙŽÙ°ŰȘِ ٱللَّهِ وَقَŰȘْلِهِمُ Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽÙ†ÛąŰšÙÙŠÙŽŰąŰĄÙŽ ŰšÙŰșÙŽÙŠÙ’Ű±Ù Ű­ÙŽÙ‚ÙÙ‘Ûą وَقَوْلِهِمْ Ù‚ÙÙ„ÙÙˆŰšÙÙ†ÙŽŰ§ ŰșÙÙ„Ù’ÙÙŒÛą ۚ ŰšÙŽÙ„Ù’ Ű·ÙŽŰšÙŽŰčَ ٱللَّهُ ŰčÙŽÙ„ÙŽÙŠÙ’Ù‡ÙŽŰ§ ŰšÙÙƒÙÙÙ’Ű±ÙÙ‡ÙÙ…Ù’ ÙÙŽÙ„ÙŽŰ§ ÙŠÙŰ€Ù’Ù…ÙÙ†ÙÙˆÙ†ÙŽ Ű„ÙÙ„ÙŽÙ‘Ű§ Ù‚ÙŽÙ„ÙÙŠÙ„Ù‹Û­Ű§

fa-bi-mā naqឍihim mÄ«thāqahum wa-kufrihim bi-ʟāyāti llāhi wa-qatlihimu l-ÊŸanbiyāʟa bi-ghayri áž„aqqin wa-qawlihim qulĆ«bunā ghulfun bal áč­abaÊża llāhu Êżalayhā bi-kufrihim fa-lā yuÊŸminĆ«na ÊŸillā qalÄ«lan

« (Nous les avons maudits) Ă  cause de leur rupture de l’engagement, leur mĂ©crĂ©ance aux rĂ©vĂ©lations d’Allah, leur meurtre injustifiĂ© des prophĂštes, et leur parole : Nos cƓurs sont enveloppĂ©s et impermĂ©ables. — En rĂ©alitĂ©, c’est Allah qui a scellĂ© leurs cƓurs Ă  cause de leur mĂ©crĂ©ance, car ils ne croyaient que trĂšs peu. »

Sourate 4, An-Nisāʟ / Les Femmes, verset 155, Coran

Papyrus médical Ebers (~1550 av. J.-C.) :

Les acceptions d’envelopper et de circonscrire se retrouvent dans ce traitĂ© mĂ©dical majeur de l’AntiquitĂ©, rĂ©digĂ© sous le rĂšgne d’Amenhotep Ier, oĂč la racine dĂ©crit des gestes chirurgicaux prĂ©cis :

n(y).t Êż 3.t, st=tj, Êż rf (=w) jm=s áž„r jrt.t nh.t r dmj áž„r 

d'(Ă©toffe-) Ăąat nouĂ©e, (l’oreille) Ă©tant enveloppĂ©e dedans avec du lait de sycomore jusqu’à ce qu’elle s’attache Ă 

snf(w)=f. N rd mráž„ .t bj.t. Rf sf(=w) jn=k gs=f wÊż n-jb-n(y)

son sang. Il n’est pas appliquĂ© par toi de graisse ni de miel.

Alors tu découperas un seul cÎté (du pansement) afin que

h3.t snf(w)=f gs wÊż jm=f កw3(w) r-sy

son sang descende par un seul cĂŽtĂ© (celui coupĂ©). (Ainsi) 

il ne pourra pas du tout se décomposer.

Nouvelle Transcription du papyrus MĂ©dical Ebers, translittĂ©ration, traduction glossaire et index de Bernard Lalane et GĂ©rard MĂ©tra, 91-14 Ă  16 , page 187, 2017, Éditions Safran

S3=tj r mt.w. Jw áž«.t pr(=s) mj mw qmy.t wnn Êżrf~n = s

Il est mis en garde vis à vis des (canaux-) met. Il en sort quelque chose, semblable à de l’eau de gomme, qui a circonscrit

Nouvelle Transcription du papyrus MĂ©dical Ebers, translittĂ©ration, traduction glossaire et index de Bernard Lalane et GĂ©rard MĂ©tra, 107-20, page 219 2017, Éditions Safran.

Et dans l’acception « enveloppant Â», « qui enveloppe Â», đ“‚đ“‚‹đ“†‘đ“đ“± ( lire Êżrft / ārefet) au sein du Papyrus mĂ©dical Edwin Smith :

II-24

=js n(y) តnnt.f sd wr (pw) wb3(.w) n-áș–nw តnnt.f ntnt Êżrft 3js.f sd. áž«r.f náș–

Ă  l’intĂ©rieur du crĂąne , (il faut comprendre que) le grand fracas a ouvert Ă  l’intĂ©rieur du crĂąne la membrane qui enveloppe le cerveau qu’il aura rompue et aura créé un Ă©coulement 

Le papyrus mĂ©dical Edwin Smith, chirurgie et magie en Égypte antique,   Francois Resche, page 101, Ă©dit. L’Harmattan, 2017. 

Dans cet extrait ci-dessus du Papyrus mĂ©dical Edwin Smith le vocable ancien Ă©gyptien employĂ©, 𓄿𓇋𓋮𓐎 (3Ă­s) qui veut dire « cervelle Â» s’il est joint au terme 𓆓 đ“ˆ–đ“ˆ–đ“đ“¶, តnnt (crĂąne), dans l’expression 𓄿𓇋𓋮𓐎 𓈖𓆓 đ“ˆ–đ“ˆ–đ“đ“¶ , « 3Ă­s n តnnt Â» (cervelle et crĂąne) prend la signification de « cerveau Â». Le vocable 𓄿𓇋𓋮𓐎 (3Ă­s) rappelle le nom de la tĂȘte en hĂ©breu et en arabe respectivement ( ŚšÖčŚŚ©Ś/rosh) et ( raÊŸs / ۱ۣ۳)- Se rĂ©fĂ©rer aux correspondances ci-dessous : 

𓄿 ( a, l, r) : ۱ / rāʟ, (l) ل ; Lamed ڜ ou Śš / resh.

𓇋 ( y) : Ś™ /j/ ou /Ă© / ou  /i/ yƍd ou ŚÖŽ , ڐ֔.

𓇋 ( y) : ى  /aː/ (ÊŸalif  ),  Ű„ي  / yʔ / ou /īʔ / ,  Ű„ /ʔ / , ي  /y/ ou /īʟ/ (Yāʟ)

𓋮 (s, z) : (s) کځ; Űł (sin /s)

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