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Mdw náčŻr â les « paroles du netjer »
Du signe sacrĂ© Ă©gyptien Ă la racine sĂ©mitique du vĆu
EnquĂȘte lexicographique et comparĂ©e sur náčŻr et la racine n-áž-r
Sous les auspices de đ đđđ đđđđ (ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
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Introduction â deux questions, une racine
L’expression đđ§đ ±đđčđ€ (mdw náčŻr, « paroles du netjer ») est le nom que les anciens Ăgyptiens donnaient Ă leur Ă©criture â ce que nous appelons les hiĂ©roglyphes, mot grec signifiant « gravures sacrĂ©es ». Ce seul syntagme condense deux problĂšmes qui commandent tout ce qui suit.
Premier problĂšme, lexicographique : que signifie exactement đč náčŻr, ce mot que les Ă©gyptologues traduisent par « dieu » ? Nous verrons que cette traduction, commode, appauvrit un sens originel plus large â celui du sacrĂ©, du consacrĂ©, de ce qui est vouĂ© et protĂ©gĂ©.
Second problĂšme, comparatiste : cette racine Ă©gyptienne a-t-elle laissĂ© une descendance dans les langues sĂ©mitiques ? Nous soutiendrons qu’elle est Ă l’origine de la racine Ù-۰-۱ / Ś -Ś-Śš (n-áž-r) â celle du vĆu, de la consĂ©cration et de l’avertissement â, employĂ©e cent trente fois dans le Coran.
Ces deux questions n’en font qu’une : reconstituer le sens plein d’un mot Ă©gyptien, c’est du mĂȘme coup Ă©clairer ce qu’il est devenu ailleurs. Nous procĂ©derons dans cet ordre â d’abord le mot, puis sa descendance, enfin les attestations qui l’appuient.
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I. Les signes de l’enquĂȘte
Avant l’argument, les briques. Voici les signes qui composent les mots que nous allons suivre, avec leur valeur.
| Signe | Valeur | Description et correspondances |
|---|---|---|
| đč | â | La perche enveloppĂ©e d’un tissu ; idĂ©ogramme de « dieu », dĂ©terminatif des noms de divinitĂ©s. C’est le signe central de notre enquĂȘte. |
| đ | mdw / md | La canne, le bĂąton ; idĂ©ogramme de canne, dĂ©terminatif de « parler ». |
| đ§ | d | La main, pouce accolĂ© (d’un ancien mot Ăd, la main ; cf. hĂ©breu ŚÖžŚ yad, arabe ÙÙŰŻ yad). Valeur d. |
| đ ± | w | La caille ; valeur w / ou. |
| đ | â | L’homme, main Ă la bouche ; dĂ©terminatif de tout ce qui touche Ă la bouche : parler, manger, penser, se taire. |
| đ | Ă | L’homme assis barbu ; pronom suffixe 1re pers. pour un dieu ou un roi ; dĂ©terminatif de divinitĂ©, de personnage vĂ©nĂ©rable. |
| đ | r | La bouche ; valeur r. Correspond Ă l’hĂ©breu Śš (resh) / Ś (lamed), Ă l’arabe ۱ (rÄÊŸ). SĂ©mitiques : r, l. |
| đ | t | La galette de pain ; unilitĂšre t. HĂ©breu ŚȘÖŒ (taw), arabe ŰȘ (tÄÊŸ). SĂ©mitiques : t, d, áč. |
| đ± | áž«t | La branche ; phonĂ©tique áž«t, dĂ©terminatif de bois, d’arbre. |
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II. La famille de mdw â la canne, la parole, l’Ă©criture
Le premier terme de notre expression, đ mdw, tient ensemble deux idĂ©es que l’image de la canne rĂ©unit : l’appui matĂ©riel et la parole. Le bĂąton qui soutient la marche est aussi le bĂąton de commandement, d’oĂč sort la parole d’autoritĂ©.
đđ±đș (mdw / mĂ©dou) â nom : bĂąton, baguette, tige, canne, appui, soutien.
đđ§đ ±đ (mdw / mĂ©dou) â nom : parole, discours. La canne devient verbe.
đđ§đđ (mdt / mĂ©dĂšt) â nom : le mot, la parole individuĂ©e.
đđ§đ ±đđčđ€ (mdw náčŻr / mĂ©dou netjer) â la parole du netjer, le dĂ©cret divin ; au pluriel, l’Ă©criture sacrĂ©e â les hiĂ©roglyphes.
Ainsi l’Ă©criture Ă©gyptienne se nomme elle-mĂȘme « paroles du netjer » : non pas signes inventĂ©s par les hommes, mais parole Ă©manĂ©e du sacrĂ©, consignĂ©e. Reste Ă savoir ce qu’est ce netjer.
2.1 L’ampleur d’un mot â de la parole Ă l’incantation
Le mot mdw ne se limite pas à « dire ». Son Ă©ventail de sens dessine toute une conception de la parole : il dĂ©signe le mot et le discours, mais aussi l’accusation que l’on porte, le texte que l’on couche par Ă©crit, l’affaire dont on dĂ©bat â et jusqu’Ă la parole magique, la formule que l’on rĂ©cite pour agir sur le monde. Parler, plaider, proclamer un nom, ensorceler : autant de puissances tenues dans un seul vocable.
Cette parole n’est pas restĂ©e enclose dans la vallĂ©e du Nil. DĂšs le XIVe siĂšcle avant notre Ăšre, les archives diplomatiques rĂ©digĂ©es en cunĂ©iforme conservent l’expression n3 mdw.w, « les paroles » â la parole Ă©gyptienne consignĂ©e, Ă l’Ăąge du Bronze, hors d’Ăgypte, dans l’Ă©criture d’un autre monde.
Le copte, dernier Ă©tat de la langue, garde la trace de cette richesse : le verbe y devient âČâČâČ©âȧâČ (moutĂ©, « parler, appeler »), et de la parole individuĂ©e md.t naĂźt le prĂ©fixe âČâČâȧ- qui, en tĂȘte de mot, forme les noms abstraits â comme si toute abstraction, en copte, procĂ©dait d’un acte de parole. Un autre dĂ©rivĂ©, âČâČâȧâČŁâȱâČâČ©, en vient Ă dĂ©signer la magie : la parole qui opĂšre.
2.2 Le sceptre et le verbe
Reste l’Ă©nigme de la forme : pourquoi la canne đ et la parole đđ§đ ±đ se disent-elles d’un mĂȘme mot, mdw ? On peut y voir une simple homophonie, deux racines distinctes que le hasard des sons a rĂ©unies. Mais la coĂŻncidence est trop parlante pour qu’on s’en tienne lĂ : le bĂąton que l’on brandit est l’insigne de celui qui commande, et commander, c’est faire acte de parole. Le sceptre est une parole rendue visible ; la parole d’autoritĂ©, un sceptre devenu son. Que l’Ă©tymologie confirme ou non leur parentĂ©, cette solidaritĂ© de sens entre l’objet et le verbe est au cĆur de notre expression : dans mdw náčŻr, « paroles du netjer », c’est bien la parole souveraine, Ă©manĂ©e du sacrĂ©, qui se donne Ă lire.
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III. Le cĆur du problĂšme â que signifie náčŻr ?
Le mot đč náčŻr se rencontre dans les plus anciens textes de l’Ăgypte â les Textes des Pyramides d’Ounas et de TĂ©ti. Les Ă©gyptologues le rendent presque toujours par « dieu », le deus des Latins. Mais ce mot latin, chargĂ© de toute la thĂ©ologie grĂ©co-romaine puis chrĂ©tienne, projette-t-il fidĂšlement ce que l’Ăgyptien entendait ? Rien n’est moins sĂ»r.
3.1 Le signe : un objet cultuel, non une idée abstraite
Le mot s’Ă©crit d’un signe unique, đč : une perche enveloppĂ©e d’une bandelette, un Ă©tendard. Les Ăgyptiens nommaient đčđđđ±đČ (náčŻrw / netjerou) le poteau sacrĂ©, le pieu qu’ils dressaient devant le temple ou sur son faĂźte pour consacrer le lieu, le rendre sacrĂ© et le protĂ©ger. Le signe ne figure donc pas une abstraction â « la divinitĂ© » â mais un objet rituel concret : un marqueur de sacralitĂ©, un monument votif plantĂ© en terre pour instituer une limite sacrĂ©e.
C’est un point capital, et souvent nĂ©gligĂ© : traduire ce signe par « dieu », c’est faire d’un piquet de consĂ©cration une entitĂ© mĂ©taphysique. Le geste premier n’est pas de nommer un ĂȘtre suprĂȘme, mais de dĂ©limiter et protĂ©ger un espace sacrĂ©.
3.2 Notre proposition de traduction
Cette lecture n’est pas un caprice : elle s’accorde avec la graphie (l’Ă©tendard protecteur), avec l’emploi (consacrer un lieu), et â nous allons le voir â avec la descendance sĂ©mitique du mot, tout entiĂšre tournĂ©e vers le vĆu, la garde et la consĂ©cration.
3.3 Le champ lexical égyptien du sacré
đčđ (náčŻr / netjer) â l’entitĂ© protectrice, le sacrĂ©. Copte âČâČâČ©âȧâČ (noutĂ©).
đč (náčŻrj / netjeri) â adjectif : divin, sacrĂ©.
đčđđđ (náčŻrt / netjeret) â le fĂ©minin : « dĂ©esse », mieux dit puissance protectrice fĂ©minine.
đčđđđ (náčŻrj / netjeri) â verbe : diviniser, sacraliser, consacrer.
đčđčđčđ (náčŻrw / netjerou) â pluriel : les puissances sacrĂ©es. Copte âČâČâȧâČâČŁ.
On voit la cohĂ©rence : verbe (consacrer), adjectif (sacrĂ©), substantif (l’entitĂ© vouĂ©e). Tout gravite autour de l’idĂ©e de mettre Ă part pour le sacrĂ© â ce que le latin sacer disait aussi, avant que deus ne s’impose.
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IV. Une piste Ă©tymologique â náčŻr et tr, « vĂ©nĂ©rer »
Si l’on cherche un sens sous-jacent plus ancien Ă náčŻr, on peut le rapprocher d’un autre vocable Ă©gyptien, đđđ”đą (tr / tĂšr) â avec ses variantes graphiques â, qui signifie honorer, respecter, estimer, vĂ©nĂ©rer, rendre un culte Ă . Le netjer serait alors, Ă©tymologiquement, « ce que l’on vĂ©nĂšre », « ce Ă quoi on rend un culte » â dĂ©finition par l’attitude cultuelle, non par la nature de l’objet. On ne dit pas ce qu’est le netjer ; on dit le rapport qu’on entretient avec lui : le respect sacrĂ©.
Note : cette Ă©tymologie interne (náčŻr â tr) est proposĂ©e comme hypothĂšse ; elle Ă©claire le sens sans prĂ©tendre Ă une dĂ©monstration formelle.
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V. La thĂšse cultuelle â un appui savant
Notre lecture de náčŻr comme « entitĂ© consacrĂ©e » plutĂŽt que « dieu » n’est pas isolĂ©e : elle rejoint, par une autre voie, une position dĂ©fendue au sein mĂȘme de l’Ă©gyptologie. Il faut la situer dans le dĂ©bat, car plusieurs hypothĂšses se sont affrontĂ©es sur le sens premier du mot.
5.1 Les étymologies proposées
Plusieurs pistes ont Ă©tĂ© avancĂ©es pour percer le sens originel de náčŻr. L’une le rapproche phonĂ©tiquement du mot ter, « rajeunir, renouveler » â la piste que nous avons nous-mĂȘme suivie avec le vocable tr « vĂ©nĂ©rer ». Friedrich Wilhelm von Bissing y voyait un lien avec le natron, la substance purificatrice du rituel. Margaret Murray, de façon peu convaincante, tentait un rapprochement avec l’arbre-saule tjeret. Aucune de ces Ă©tymologies ne s’est imposĂ©e : le sens premier du mot reste discutĂ©.
5.2 Meeks : le netjer est affaire de rite
C’est ici qu’intervient l’apport dĂ©cisif de l’Ă©gyptologue Dimitri Meeks. DĂšs 1988, il soutient que tous les mots bĂątis sur la racine náčŻr se rapportent Ă un acte cultuel. La divinitĂ©, chez les Ăgyptiens, n’est pas un Ă©tat de nature mais un statut confĂ©rĂ© par le rite : le pharaon ne devient náčŻr nfr, « netjer parfait », qu’aprĂšs les rites du couronnement, et le dĂ©funt n’accĂšde Ă une survie divine qu’aprĂšs les rites funĂ©raires. On ne naĂźt pas náčŻr ; on le devient par la consĂ©cration.
Dimitri Meeks, « Notion de « dieu » et structure du panthĂ©on dans l’Ăgypte ancienne », Revue de l’histoire des religions, t. 205, n° 4 (1988), pp. 425-446 (numĂ©ro « Qu’est-ce qu’un dieu ? »). ThĂšse rapportĂ©e par la notice « DivinitĂ©s Ă©gyptiennes » de WikipĂ©dia.
Cet appui est important pour la suite. Si, de l’aveu mĂȘme de la recherche, náčŻr dĂ©signe d’abord ce qui est consacrĂ© par le rite, alors sa descendance sĂ©mitique â tout entiĂšre tournĂ©e vers le vĆu et la consĂ©cration â n’a rien de surprenant. C’est ce que nous allons voir.
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VI. La descendance sĂ©mitique â la racine Ù-۰-۱ / Ś -Ś-Śš
Voici notre seconde thĂšse. Le champ Ă©gyptien de náčŻr â consacrer, vouer, protĂ©ger, mettre Ă part pour le sacrĂ© â se retrouve intĂ©gralement dans une racine sĂ©mitique, n-áž-r, dont l’arabe et l’hĂ©breu ont tirĂ© tout le vocabulaire du vĆu et de la consĂ©cration. Le passage du áčŻ Ă©gyptien (interdentale) au áž / z / áčŁ sĂ©mitique est rĂ©gulier.
5.1 En arabe â Ù-۰-۱
ÙÙ۰ÙŰ±Ù (naážara) â verbe : vouer, consacrer.
ŰŁÙÙÙ۰ÙŰ±Ù (anážara) â verbe : avertir, sommer, alerter, prĂ©munir, menacer.
ÙÙ۰ÙŰ±Ù (naážira) â verbe : craindre un danger, se tenir sur ses gardes.
ÙÙ۰Ù۱ (naážr) â nom : le vĆu. ÙÙ۰ÙÙ۱ (naážÄ«r) : le vouĂ©, l’envoyĂ© de Dieu, le prĂ©dicateur, l’avertisseur. Ù ÙÙÙ۰Ù۱ (munážir) : messager, hĂ©raut, prĂ©curseur.
Le lien entre vouer et avertir n’est pas fortuit : le naážÄ«r, celui qui est consacrĂ© Ă Dieu, est aussi celui qui transmet Son avertissement. Vouer et prĂ©venir procĂšdent du mĂȘme engagement sacrĂ©. Cette racine est employĂ©e cent trente fois dans le Coran.
5.2 En hĂ©breu et en aramĂ©en â Ś -Ś-Śš / Ś -Ś-Śš / Ś -ŚŠ-Śš
Ś ÖžŚÖ·Śš (nÄážar) : vouer, faire un vĆu.
Ś ÖžŚÖ·Śš (nÄzar) : dĂ©dier, consacrer, sĂ©parer d’une maniĂšre sacrĂ©e (d’oĂč le nazir, le nazirĂ©en, le consacrĂ©).
Ś ÖžŚÖ·Śš (nÄáčar) : garder, veiller sur. En aramĂ©en náčar : gardien, « celui qui garde la voie ».
Ś ÖžŚŠÖ·Śš (nÄáčŁar) : garder, veiller, surveiller, prĂ©server du danger ; le veilleur, le gardien.
On retrouve les deux versants exacts du náčŻr Ă©gyptien : la consĂ©cration (nÄzar, dĂ©dier au sacrĂ©) et la protection (nÄáčar, nÄáčŁar, garder). Le poteau plantĂ© pour consacrer et protĂ©ger un lieu se retrouve dans une racine qui dit Ă la fois vouer et veiller.
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VII. Ramifications â l’aigle, le secours, la consĂ©cration
La racine a essaimĂ© jusqu’Ă des emplois inattendus, que la source rassemble et qu’il vaut la peine de mentionner avec prudence.
â Ś Ö¶Ś©Ö¶ŚŚš (neĆĄer), l’aigle en hĂ©breu (Exode 19:4 ; JĂ©rĂ©mie 48:40) : oiseau des hauteurs, symbole solaire et royal. Le rapprochement avec la graphie alternative de náčŻr par un faucon sur perchoir đ est suggestif â l’oiseau divin, l’animal des cimes.
â ÙÙŰ”ÙŰ±Ù (naáčŁara), secourir en arabe (« Allah vous a secourus Ă Badr », Coran 3:123). Souvent rattachĂ© Ă l’akkadien naáčŁÄru (garder ; cf. naáčŁir piriĆĄti, « les gardiens des mystĂšres »), il pourrait relever du mĂȘme fonds â la protection, la garde.
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VIII. La racine Ù-۰-۱ dans le Coran
Le vocable est mis en gras dans les trois registres. On y retrouve les deux valeurs du náčŻr Ă©gyptien : le vĆu (consacrer) et l’avertissement (le prophĂšte comme envoyĂ© vouĂ©).
Le vĆu que l’on voue
Wa mÄ ÊŸanfaqtum min nafaqatin ÊŸaw nadhartum min nadhrin fa-ÊŸinna llÄha yaÊżlamuhu
« Quelles que soient les dĂ©penses que vous avez faites, ou le vĆu que vous avez vouĂ©, Dieu le sait. »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara (La Vache), verset 270.
ÊŸInnÄ« nadhartu li-r-raáž„mÄni áčŁawman fa-lan ÊŸukallima l-yawma ÊŸinsiyyan
« …AssurĂ©ment, jâai vouĂ© un jeĂ»ne au Tout-MisĂ©ricordieux : je ne parlerai donc aujourdâhui Ă aucun ĂȘtre humain. »
Sourate 19, Ù Ű±ÙÙ / Maryam (Marie), verset 26. â Paroles de Marie.
Thumma l-yaqážĆ« tafathahum wa-l-yĆ«fĆ« nudhĆ«rahum wa-l-yaáčáčawwafĆ« bi-l-bayti l-ÊżatÄ«qi
« Puis quâils mettent fin Ă leurs interdits, quâils remplissent leurs vĆux, et quâils fassent les circuits autour de lâAntique Maison. »
Sourate 22, ۧÙŰŰŹ / Al-កajj (Le PĂšlerinage), verset 29.
YĆ«fĆ«na bi-n-nadhri wa yakhÄfĆ«na yawman kÄna sharruhu mustaáčÄ«ran
« Ils accomplissent leurs vĆux et ils redoutent un jour dont le mal sâĂ©tendra partout. »
Sourate 76, ۧÙŰ„ÙŰłŰ§Ù / Al-InsÄn (LâHomme), verset 7.
L’avertisseur â le prophĂšte vouĂ©
QÄlĆ« balÄ qad jÄÊŸanÄ nadhÄ«run fa-kadhdhabnÄ
« Ils dirent : « Mais si ! Un avertisseur nous Ă©tait venu, mais nous avons criĂ© au mensonge… » »
Sourate 67, ۧÙÙ ÙÙ / Al-Mulk (La RoyautĂ©), verset 9.
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IX. Attestations pharaoniques de náčŻr
Pour finir, la preuve par les textes : náčŻr et son pluriel náčŻrw Ă l’Ćuvre dans les grands corpus, des Textes des Pyramides au Livre des Morts. On notera partout la proximitĂ© du sacrĂ©, de la protection et de la parole.
8.1 Textes des Pyramides
« Le natron est [pour] toi qui es avec les suivants de Horus, les netjerou ! »
Textes des Pyramides dâOunas, chambre funĂ©raire, col. 17, §26 f, p. 16. Trad. Claude Carrier, Ă©d. CYBELE.
« « Redresse-toi », disent-ils, « en ton nom de netjer ! Deviens donc celui que chaque netjer complĂšte. » »
Textes des Pyramides dâOunas, chambre funĂ©raire, W/F/S, col. 12-13. Trad. Claude Carrier, Ă©d. CYBELE. â Le netjer associĂ© Ă Atoum, lâAchevĂ©.
8.2 Le netjer protecteur â Textes des Pyramides
« …en tant que protecteur des netjerou, qui protĂšge les netjerou au moyen de leur ombre ! »
Textes des Pyramides dâOunas, antichambre, W/A/E inf., col. 27, Spruch {301}. Trad. Claude Carrier, Ă©d. CYBELE. â Ici le netjer est explicitement celui qui protĂšge.
8.3 La naissance du netjer â Textes des Sarcophages
« …(afin) quâils annoncent le rituel des brasĂ©ros Ă lâoccasion de la naissance du netjer devant toi. »
Textes des Sarcophages, vol. 2, CT VI, Spell [682] (sarcophage B1Bo), p. 308-309. Trad. Claude Carrier.
« Que les suivants saluent et que les netjerou se rĂ©jouissent, alors que jâannonce la fĂȘte de « Devenir le gardien de la terre » ! »
Textes des Sarcophages, vol. 2, CT VI, Spell [482] (sarcophage S1Ca), p. 48. Trad. Claude Carrier.
8.4 Le netjer et RĂȘ â Livre des Morts
« LĂšve-toi ! Sors du Noun ! Rajeunis en vĂ©ritĂ©…, jeune homme divin (náčŻry) qui est venu Ă lâexistence de lui-mĂȘme. »
Le Livre des Morts, Chapitre 15 A II, Papyrus de Qenna (Leyde T2), col. 12-13, p. 47. Trad. Claude Carrier, éd. CYBELE 2009.
« …(et) chaque netjer sâĂ©carte devant moi. »
Textes des Sarcophages, vol. 1, CT IV, Spell [331] (sarcophage G1T), p. 172-173. Trad. Claude Carrier. â Paroles de Hathor.
« Jâai prĂ©parĂ© lâoffrande divine (áž„tp-náčŻr) pour les netjerou et lâoffrande invocatoire pour les bienheureux ! »
Le Livre des Morts, Chapitre 125, Papyrus de Nouou (BM EA 10477), p. 448. Trad. Claude Carrier, éd. CYBELE 2009.
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Conclusion
Nous Ă©tions partis d’un nom d’Ă©criture â mdw náčŻr, « paroles du netjer » â et de deux questions. La premiĂšre, lexicographique, nous a menĂ©s Ă proposer pour náčŻr un sens plus juste que « dieu » : celui d’entitĂ© protectrice et consacrĂ©e, ancrĂ© dans l’image d’un poteau sacrĂ© plantĂ© pour dĂ©limiter et protĂ©ger l’espace du culte. La seconde, comparatiste, nous a conduits Ă reconnaĂźtre dans la racine sĂ©mitique n-áž-r â celle du vĆu (naážara, nÄzar) et de la garde (nÄáčar, nÄáčŁar) â la descendance cohĂ©rente de ce mĂȘme champ Ă©gyptien.
Les deux rĂ©sultats se confortent. Si náčŻr avait seulement signifiĂ© « dieu », son Ă©cho sĂ©mitique n’aurait pas convergĂ© si exactement vers le vĆu et la consĂ©cration. C’est bien parce que le mot Ă©gyptien disait d’abord ce qui est vouĂ© et protĂ©gĂ© qu’il a pu donner, dans le monde sĂ©mitique, tout le vocabulaire de la consĂ©cration sacrĂ©e. La « langue sacrĂ©e » des uns prolonge les « paroles sacrĂ©es » des autres â mdw náčŻr.
đ đđđ đđđđ ážáž„wty Ăážłr â Djehouty L’Excellent