đđ đ Ătm(w) / ItĂšmou
Atoum â Des traces du nom de l’ancien dieu d’Iounou dans le Coran
Ăgyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · Arabe
Sous les auspices de đ
đđđ
đđđđ
(ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
Ăryt m tm(w)t Ăr(w)
Ce qui sera accompli sera comme ce qui n’a jamais Ă©tĂ© accompli.
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I. EntrĂ©e principale â Le dieu đđ đ
đđ đ (lire Ătm(w) / ItĂšmou) est le nom en hiĂ©roglyphes d’Atoum (ou Toum, TĂšm), dieu dĂ©miurge d’Iounou (HĂ©liopolis) de l’Ăgypte antique. Son nom est traduit par « L’IndiffĂ©renciĂ© », « L’IndĂ©fini » ou « L’Accompli qui n’est pas encore ». Il est le dieu autogĂšne qui Ă©mergea du Noun (les Eaux primordiales), engendra le premier couple divin â Shou (l’Air) et Tefnout (le Feu) â et inaugura ainsi la crĂ©ation du monde Ă partir de la matiĂšre prĂ©existante.
Son nom s’Ă©crit principalement avec l’hiĂ©roglyphe du traĂźneau đ nommĂ© par les anciens Ăgyptiens TM / TĂšm, qui signifiait dans leur langue : complet, achevĂ©, parvenu Ă son terme. Ce signe sert de support phonĂ©tique et symbolique au nom du dieu : Atoum est littĂ©ralement Celui qui est complet, l’ĂȘtre total qui contient en lui la totalitĂ© du rĂ©el avant mĂȘme que celui-ci ne se dĂ©ploie.
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II. Analyse des hiéroglyphes constitutifs
2.1 đ â Le traĂźneau (tm / tĂšm)
đ est l’idĂ©ogramme du traĂźneau. PhonĂ©tique : tm. Il symbolise le mouvement, le dĂ©placement et les traces linĂ©aires qui en rĂ©sultent â image des premiĂšres vibrations de l’Ănergie crĂ©atrice Ă la surface du Noun. C’est sur ce signe que repose l’Ă©criture du nom d’Atoum.
2.2 đ â La chouette (/m/)
đ est le phonogramme unilitĂšre de la consonne /m/. Ăquivalent Ă l’hĂ©breu Ś/Ś (mĂšm), Ă l’arabe Ù (mÄ«m), au phĂ©nicien đ€ Mem. L’eau â que les anciens Ăgyptiens Ă©crivaient đ (/mw/ mou) â est le symbole universel de l’Esprit dans ces traditions.
2.3 đ â L’homme assis portant la barbe
đ est le dĂ©terminatif de dieu, de divinitĂ©, d’homme vĂ©nĂ©rable. PhonĂ©tique : [Ă]. Il renvoie Ă un roi ou Ă un dieu, et confĂšre Ă l’ensemble đđ đ le statut de nom divin.
2.4 đ â La galette de pain (/t/)
đ est le phonogramme unilitĂšre /t/. Ăquivalent Ă l’hĂ©breu ŚȘÖŒ (tav) ou Ś (dalet), Ă l’arabe ŰȘ (tÄÊŸ) ou ŰŻ (dÄl). SĂ©mitiques : t, d, áč. Dans le vocable đđđ đ ±đđđșđșđș (tmw / tĂ©mou), ce signe permet de lire en filigrane aTM / aTĂšM â aDĂ©M â correspondance phonĂ©tique remarquable avec ŚÖžŚÖžŚ / Adam (hĂ©breu) et ŰąŰŻÙ / Ädam (arabe).
2.5 đż â Le vautour percnoptĂšre (È / l / r / a)
đż est le phonogramme du vautour percnoptĂšre. TranslittĂ©ration È. Valeurs phonĂ©tiques : /l/, /r/, /a/. Ce signe avait anciennement la valeur de la liquide L â valeur plus ancienne que le /a/ (Alef) prĂ©fĂ©rentiellement retenu par les premiers Ă©gyptologues. Ăquivalent Ă l’hĂ©breu Ś (Alef), Ă l’arabe ŰŁ / ŰĄ (Aleph / Hamza), mais aussi Ă Ù (lÄm) et ۱ (rÄÊŸ).
2.6 đ ± â Le poussin de caille (/w/ ou /u/)
đ ± est le phonogramme unilitĂšre /w/ ou /u/. Ăquivalent Ă l’hĂ©breu Ś (vav), Ă l’arabe Ù (wÄw), au copte âČâČ© / âȰ.
2.7 đ â Le bras en geste de nĂ©gation
đ est le dĂ©terminatif de la nĂ©gation. Dans le vocable đđđđ (tm / tĂšm, signifiant pĂ©rir), il injecte la nĂ©gation du mouvement et de la vie dans la racine : pĂ©rir, c’est l’arrĂȘt du mouvement, la nĂ©gation des vibrations vitales.
2.8 Autres signes du champ lexical
đ « â Alouette huĂ©e (ou moineau). DĂ©terminatif de petit, de mal, de souffrance. Sa prĂ©sence dans đđ đ « (tm / tĂšm) oriente vers l’acception de pĂ©rir, se dissiper.
đ â Ćuf. DĂ©terminatif de nom de dĂ©esse ou de filiation. Renvoie aussi Ă ce qui est clos, fermĂ©. PrĂ©sent dans đđ đ đ (tmm / tĂ©mĂšm : se fermer, se clore).
đșđșđș â Trois traits, signe du pluriel (áž«mt / khĂ©mĂšt). EmployĂ© pour noter tmw / tĂ©mou (l’HumanitĂ© entiĂšre).
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III. Tableau des vocables de l’Ă©gyptien pharaonique
| Hiéroglyphe | Lecture | Sens |
|---|---|---|
| đđ đ | Ătm(w) / ItĂšmou | Atoum â dieu dĂ©miurge d’Iounou |
| đđđ | tm / tĂšm | Verbe : cesser de, en avoir fini, se dissiper |
| đđ đ « | tm / tĂšm | PĂ©rir, se dissiper (dĂ©term. de souffrance) |
| đđđ | tm / tĂšm | Ătre complet, entier, parfait, achevĂ© / toute chose, l’Univers |
| đđđ đđ± | tm.t / tĂšmĂšt | Le traĂźneau (nom d’instrument) |
| đđđ đ ±đđđșđșđș | tmw / tĂ©mou | Tous les hommes / l’HumanitĂ© entiĂšre |
| đđđđ | tm / tĂšm | PĂ©rir (avec dĂ©terminatif de nĂ©gation) |
| đđ đ đ | tmm / tĂ©mĂšm | Se fermer, se clore |
On notera l’expression nb tm / nĂšb tĂšm â Seigneur de l’Univers â et km3 tm / KĂšma tĂšm â CrĂ©ateur de l’Univers, du tout. Ces locutions attestent que la racine bilitĂšre tm fonctionnait dĂ©jĂ comme notion ontologique fondamentale dans la langue pharaonique.
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IV. Attestations dans les corpus pharaoniques
Textes des Pyramides
« Redresse-toi » disent-ils « en ton nom de dieu ! Deviens donc celui que chaque dieu complÚte »
alors que RĂȘ Ă©tait Ă la tĂȘte de la Double EnnĂ©ade et qu’il Ă©tait Ă la tĂȘte des sujets totalement parfait,
Textes des Sarcophages
(car) je suis RĂȘ-Atoum, le MaĂźtre de la totalitĂ© tout entiĂšre.
du MaĂźtre de la totalitĂ© : « C’est Ă moi qu’appartient la totalitĂ© quand il s’est trouvĂ© que j’Ă©tais seul (puisque) j’Ă©tais venu Ă l’existence dans »
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V. Adam â đđđ đ ± (tmw) et l’HumanitĂ© entiĂšre
Le vocable đđđ đ ±đđđșđșđș (tmw / tĂ©mou) dĂ©signe en ancien Ă©gyptien tous les hommes, l’HumanitĂ© entiĂšre. On y voit figurer l’homme đ, la femme đ et le signe de la pluralitĂ© đșđșđș â l’image mĂȘme de l’humanitĂ© grouillante. Variantes : đđđđșđșđș ou đđđ»đđđȘ.
Dans les livres sacrĂ©s des Yehoudim et dans le Coran, le nom du premier ĂȘtre humain â ŚÖžŚÖžŚ / Adam (hĂ©breu) et ŰąŰŻÙ / Ädam (arabe) â vient du tm des anciens Ăgyptiens. La galette de pain đ, dentale, est l’Ă©quivalent de l’hĂ©breu ŚȘÖŒ (tav) ou Ś (dalet) et de l’arabe ŰȘ (tÄÊŸ) ou ŰŻ (dÄl). On peut ainsi lire en filigrane : aTM / aTĂšM â aDĂ©M.
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VI. La racine [ŰȘâÙ âÙ ] dans le Coran
Vingt-cinq passages coraniques contiennent des vocables issus de la racine bilitĂšre tm des anciens Ăgyptiens, devenue trilitĂšre en arabe [ŰȘâÙ âÙ / tâmâm] par gĂ©mination de la labiale [m]. C’est l’un des exemples les plus saisissants de la permanence sĂ©mantique d’un mot pharaonique dans un corpus scripturaire considĂ©rĂ© comme arabe pur. Cette racine n’est pas attestĂ©e en akkadien.
Vocables arabes issus de [ŰȘâÙ âÙ ]
| Vocable arabe | Lecture | Sens |
|---|---|---|
| ŰŁŰȘÙÙ ÙÙ â ÙÙŰȘÙÙ ÙÙ | atamma, yatimmu | accomplir, achever, terminer, complĂ©ter, parfaire |
| ŰȘÙÙ ÙÙÙ Ù | tammama | accomplir, parachever, clore, conclure |
| ŰȘÙŰ§Ù Ù | tÄmm | complet, total, entier, achevĂ©, parfait |
| ŰȘÙÙ ÙŰ§Ù | tamÄm | total, fini, achevĂ©, parfait (adj.) |
| Ű„ÙŰȘÙÙ ÙŰ§Ù | itmÄm | aboutissement, achĂšvement, parachĂšvement, couronnement |
| ŰȘÙŰȘÙÙ ÙÙÙ | tatmÄ«m | achĂšvement, couronnement, accomplissement |
| Ù ÙŰȘÙÙ ÙÙÙ / Ù ÙŰȘÙÙ Ù | moutammam / moutimm | achevĂ©, accompli, complĂ©mentaire |
Ă noter Ă©galement la correspondance par mĂ©tathĂšse entre đđđđ (tm / tĂšm : pĂ©rir) et les morphĂšmes arabes Ù Ű§ŰȘÙ / mÄta (mourir), ۧÙÙ ÙŰȘ / al-mawt (la mort), et hĂ©braĂŻques ŚŚÖŒŚȘ / mooth, ŚÖžŚÖ¶ŚȘ / mÄvet (mourir, mort). L’un des Noms divins en arabe â ۧÙÙ Ù ÙŰȘ / Al-MumÄ«t â signifie Celui qui donne la mort.
Accomplir â Sourate 6, verset 115
Wa Tammat Kalimatu Rabbika áčąidqÄn Wa ÊżAdlÄn LÄ Mubaddila LikalimÄtihi
La parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vĂ©ritĂ© et justice. Nul ne peut modifier Ses paroles.
Parachever â Sourate 61, verset 8
Wa AllÄhu Mutimmu NĆ«rihi Wa Law Kariha Al-KÄfirĆ«na
Mais Dieu parachĂšvera Sa lumiĂšre en dĂ©pit de l’aversion des dĂ©nĂ©gateurs.
Parachever â Sourate 5, verset 3
Al-Yawma ÊŸAkmaltu Lakum DÄ«nakum Wa ÊŸAtmamtu ÊżAlaykum NiÊżmatÄ«
Aujourd’hui, J’ai parachevĂ© pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait.
Accomplir â Sourate 2, verset 124
Wa ÊŸIdh AbtalÄ ÊŸIbrÄhÄ«ma Rabbuhu BikalimÄtin FaÊŸatammahunna
Quand Abraham fut Ă©prouvĂ© par son Seigneur par certaines paroles, et qu’il les eut accompliesâŠ
âž»
VII. La racine en hĂ©breu â ŚȘÖžÖŒŚÖ·Ś (tamam)
La racine hĂ©braĂŻque ŚȘÖžÖŒŚÖ·Ś / tamam [tawâmam’] dĂ©ploie le mĂȘme champ sĂ©mantique : ĂȘtre complet, ĂȘtre fini, ĂȘtre terminĂ©, ĂȘtre consumĂ©, achever, cesser d’ĂȘtre, dĂ©pĂ©rir.
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| ŚȘÖžÖŒŚÖ·Ś | tamam | ĂȘtre complet, ĂȘtre fini, achever, cesser d’ĂȘtre, dĂ©pĂ©rir |
| ŚȘÖžÖŒŚÖŽŚŚ | tamiym | complet, entier, sans tache, intĂšgre, parfait, droit |
| ŚȘÖčÖŒŚ | tom | intĂ©gritĂ©, innocence, perfection |
| ŚȘÖžÖŒŚ | tam | parfait, complet, accompli, sans aucun dĂ©faut |
Sélection de références bibliques
way·yit·tÉ·mĆ« yÉ·mĂȘ ážÉ·បß ÊŸĂȘ·ážel mĆ·ƥeh
« Ces jours de pleurs et de deuil sur Moïse arrivÚrent à leur terme. »
way·hĂź ka·ʟÄ·ƥer-tam·mĆ« áž”Äl hag·gĆ·w lÉ·him·mĆ·wl way·yĂȘ·ƥÉ·ážĆ« áčŻaង·tÄm bam·ma·ងÄ·neh ÊżaហងķyĆ·w·áčŻÄm
« Lorsqu’on eut achevĂ© de circoncire toute la nation, ils restĂšrent Ă leur place dans le camp jusqu’Ă leur guĂ©rison. »
way·ážab·bĂȘr mĆ·ƥeh bÉ·ʟÄ·zÉ·nĂȘ kÄl-qÉ·hal yiĆ·rÄ·ʟĂȘl ÊŸeáčŻ-diážÂ·rĂȘ haƥ·ƥß·rÄh haz·zĆáčŻ Êżaáž tum·mÄm
« MoĂŻse prononça aux oreilles de toute l’assemblĂ©e d’IsraĂ«l les paroles de ce cantique, jusqu’Ă ce qu’elles fussent achevĂ©es. »
ÊŸĂźĆĄ hÄ·yÄh ážÉ·ʟe·reáčŁ-ÊżĆ«áčŁ ÊŸĂźÂ·yĆ·wáž ĆĄÉ·mĆw wÉ·hÄ·yÄh hÄÂ·ÊŸĂźĆĄ ha·hĆ« tÄm wÉ·yÄ·ƥÄr wß·rĂȘ ÊŸÄ·lĆ·hĂźm wÉ·sÄr mĂȘ·rÄÊż
« Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job. Et cet homme Ă©tait intĂšgre et droit ; il craignait Dieu, et se dĂ©tournait du mal. »
âž»
VIII. Tamr / Tamar â Le palmier et l’intĂ©gritĂ©
Le vocable ŰȘÙ Ű± / tamr (arabe : palmier dattier, datte) et l’hĂ©breu ŚȘÖžÖŒŚÖžŚš / Tamar [taw-mawr’] sont formĂ©s sur la mĂȘme racine tm que le nom d’Atoum. En hĂ©breu, Tamar dĂ©signe le palmier dattier, symbole d’intĂ©gritĂ©, de vĂ©ritĂ© et de justice chez les Yehoudim :
áčŁad·dĂźq kat·tÄ·mÄr yipÌ·rÄáž„ kÉ·ʟe·rez bal·lÉ·ážÄ·nĆ·wn yiĆ·geh
« Le juste croĂźtra comme le palmier, il s’Ă©lĂšvera comme le cĂšdre du Liban. »
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Note de conclusion
La racine bilitĂšre tm des Mdw Neter est l’une des plus anciennes et des plus chargĂ©es de la langue pharaonique. On la rencontre dans les plus vieux corpus â Textes des Pyramides d’Ounas et de TĂ©ti â avec ses significations fondamentales : perfection, complĂ©tude, totalitĂ©, cessation, mort. Elle est Ă la fois le nom du dieu dĂ©miurge d’Iounou et le substrat ontologique de l’idĂ©e d’Un-Tout.
Cette racine s’est transmise sans perte sĂ©mantique majeure Ă l’hĂ©breu puis Ă l’arabe. Son absence en akkadien â la proto-langue sĂ©mitique â suggĂšre que sa transmission a empruntĂ© le canal de l’hĂ©breu biblique, oĂč elle est abondamment attestĂ©e dans la Torah. Les rĂ©dacteurs du Coran ont introduit ces morphĂšmes dans la langue arabe coranique, laissant ainsi dans le texte sacrĂ© des empreintes subtiles de l’hĂ©ritage pharaonique â comme si, pour reprendre les termes de la ProphĂ©tie de NĂ©ferty :
Ăryt m tm(w)t Ăr(w)
Ce qui sera accompli sera comme ce qui n’a jamais Ă©tĂ© accompli.