𓇋𓆛𓈖𓈎𓂘𓂡  ynážł / ineq

Unir · RĂ©unir · Rassembler · Embrasser · Étreindre · Enlacer · Prendre au cou

Étude lexicographique et Ă©tymologique comparĂ©e
Égyptien pharaonique · DĂ©motique · Copte · Langues mandĂ© · HĂ©breu · Arabe

Sous les auspices de 𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝 (ណងwty Ă­ážłr | Djehouty L’Excellent) ! ق ۱ ŰĄ

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I. Sens et acceptions

Le verbe Ă©gyptien ancien 𓇋𓆛𓈖𓈎𓂘𓂡 (lire ynážł / ineq) signifie : unir, rĂ©unir, rassembler, se rĂ©unir (pour des personnes), prendre au cou, embrasser, Ă©treindre, enserrer, entourer, enlacer, Ă©trangler. Variante d’Ă©criture : 𓇋𓈖𓈎𓂘 (ynážł / ineq).

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II. Correspondances phonétiques inter-langues

Hiéroglyphe Arabe Hébreu
𓇋 (y) ي (Yāʟ) · و (wāw) · Űč (ÊżAyn) Śą (Ayin) · Ś™ (Yod)
𓈖 (n) ن (nĆ«n) Ś  (Nun)
𓈎 (ážł, q) ق (qāf) ڧ (Qof)

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III. PhonĂšmes de l’Ă©gyptien ancien

3.1  đ“‡‹ — Le roseau fleuri (y / j — constrictive mĂ©dio-palatale sonore)

Alternative de 𓀀 : yod, iota, i, y ou ȧ/a.

Copte : âȀ/âȁ (alpha / a) · âȈ/âȉ (ei / e) · âȎ/âȏ (ēta / ē). HĂ©breu : Ś™ (yƍd) · ŚÖŽ · ڐ֔. Arabe : ى (ÊŸalif) · Ű„ÙŠ · Ű„ · ي (Yāʟ) · و (wāw).

SĂ©mitiques : ˀ, i, Êż, r, l.

3.2  đ“ˆ– — Le filet d’eau (n — occlusive apico-dentale)

Copte : âȚ/âț (nē / n) · âȘ/âș (mē / m) · âČą/âČŁ (rƍ / r). HĂ©breu : Ś  (Nun). Arabe : ن (nĆ«n). SĂ©mitiques : n, l.

3.3  đ“ˆŽ — La dune de sable / flanc de colline (ážł / q — occlusive vĂ©laire sourde)

Voir ážłÈ.t (qĂ©l.t — hauteur, Ă©minence, ce qui est en hauteur) et ážłÈÈ (qĂ©lel — colline, terre haute). Comme en bambara (Niger-Congo) « KĂčlu » : terre haute, montagne, colline, crĂȘte — et par extension mĂšche de cheveux au-dessus de la tĂȘte, huppe (oiseau).

Copte : /k/ > âȕ (A, F, L, M, S, B), âČ­ (B) ; /áž”/ > Ï­. HĂ©breu : ڧ (Qoph). Arabe : ق (ឳāf).

Sémitiques : ឳ, k, q, g, ģ.

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IV. Déterminatifs hiéroglyphiques

𓂘  Bras baissĂ©s pour enserrer — IdĂ©ogramme ou dĂ©terminatif d’embrasser, d’envelopper, d’Ă©treindre, d’Ă©tendre.

𓂡  Avant-bras, la main tenant un bĂąton — DĂ©terminatif de tout acte ou effort, d’examiner, de fort.

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V. Vocables de l’Ă©gyptien ancien

𓇋𓆛𓈖𓈎𓂘𓂡 (ynážł / ineq) — verbe : unir, rĂ©unir, rassembler, se rĂ©unir, prendre au cou, embrasser, Ă©treindre, enserrer, entourer, Ă©trangler. Variante : 𓇋𓈖𓈎𓂘.

MĂ©tathĂšse — 𓈎𓈖𓇋𓂘𓂡 (lire ážłny / qeni) — verbe 3-inf. et nom : embrasser, serrer dans ses bras, Ă©treinte ; et aussi poitrine, sein de la mĂšre. Variante : 𓂘𓂡.

đ“ˆŽđ“ˆ–đ“‡‹đ“…±đ“‚˜ (lire ážłnyw / qeniou) — nom : accolade, embrassement, giron.

Causatif — 𓋮𓈖𓈎𓄑𓀁 (lire snážł / seneq) — verbe : sucer, tĂ©ter, nourrir au sein, donner le sein, allaiter, Ă©lever un enfant. S’Ă©crit aussi avec les dĂ©terminatifs de la langue 𓄓 et du sein 𓂑.

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VI. Démotique et copte

DĂ©motique : ážłn — sein.

Copte : âȕâȟâČ©âț (SLF), âȕâȉâț (B), âȕâȟâȟâț — sein, giron, parties sexuelles de l’homme.

Dans les langues africaines, le wolof « kooy bi » dĂ©signe le pĂ©nis, et le bambara « kĂ ya » nomme la verge, la bourse — Ă©cho lointain de cette mĂȘme famille.

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VII. Attestations dans les corpus pharaoniques

Les acceptions de rĂ©unir et de rassembler figurent dans les premiers Textes des Pyramides — ceux d’Ounas đ“ƒč𓈖𓇋𓋮 (Ve dynastie, -2375 / -2345) et de TĂ©ti 𓏏𓏏𓇋 (VIe dynastie, -2374 / -2354).

RĂ©unir — Isis et Nephthys (Ounas)

3s.t áž„nÊż Nb.t-áž„w.t jnq jr=áčŻn jnq jr=áčŻn

« Isis et Nephthys, réunissez-vous donc ! Réunissez-vous donc ! »

Textes des Pyramides d’Ounas, chambre funĂ©raire, W/F/S, col. 31, Spruch {218}, §164 a. Trad. Claude Carrier, pp. 76-77, Ă©d. CYBELE 2009.

Regrouper, rassembler — Nephthys (TĂ©ti)

jnq~n n=k Nb.t-áž„w.t Êż.wt=k nb(w).t / m rn=s pw n(y) SĆĄÈœ.t Nb.t jqdw / swតȜ~n(=s) n=k sn

« (Si) Nephthys a regroupĂ© pour toi tous tes membres en ce nom qui est sien de SĂ©chat, « MaĂźtresse des constructeurs », c’est qu'(elle) leur a rendu la santĂ© pour toi ! »

Textes des Pyramides de Téti, antichambre, T/A/W, col. 32, Spruch {364}, §616 a-e. Trad. Claude Carrier, pp. 308-309, éd. CYBELE 2009.

Rassembler les os (Téti)

តd mdw jhj jhj áčŻs áčŻw T pw / sĆĄp n=k tp=k jnq n=k qsw=k

« –Formule Ă  rĂ©citer– Oh ! Oh ! Dresse-toi, ledit TĂ©ti ! Prends donc ta tĂȘte ! Rassemble donc tes os ! »

Textes des Pyramides de Téti, antichambre, T/A/W, col. 51, Spruch {373}, §654 a-b. Trad. Claude Carrier, pp. 320-321, éd. CYBELE 2009.

Étreindre — Le Conte du NaufragĂ© (Moyen Empire)

Le vocable 𓈎𓈖𓇋𓂘 (ážłny / qeni) exprime ici l’action d’Ă©treindre, de serrer contre son sein, avec le dĂ©terminatif 𓂘 des bras baissĂ©s pour enlacer :

máž„.k ážłnĂ­.k m áș–rdw.k sn.k / áž„mt.k mȜȜ.k pr.k nfr st r áž«wt nb(w)t

« (Et alors) tu serreras tes enfants contre ton sein, tu embrasseras ta femme (et) tu (re)verras ta maison : cela vaut mieux que tout ! »

Le Conte du NaufragĂ©, 133-134. Trad. Patrice Le Guilloux (2e Ă©d.), pp. 38-41, Cahiers de l’Association d’Égyptologie Isis, N° 1, Angers 2005.

TĂ©ter — le causatif snážł (Ounas)

mw.t W Jpy / j-d n W pn / mnត=áčŻ pw / ត3(w) n=f se W pn tp r3=f / snq(w) W jráčŻ.t=áčŻ jptw ងតj.t sĆĄp.t bnrj.t

« MĂšre d’Ounas, Ipy, donne audit Ounas ce sein qui est tien (afin) que ledit Ounas le tende pour lui sur sa bouche, (et) qu’Ounas puisse tĂ©ter ce lait qui est tien, blanc, lumineux (et) doux ! »

Textes des Pyramides d’Ounas, antichambre, W/A/S, col. 35-36, Spruch {269}, §381 a-d. Trad. Claude Carrier, pp. 140-141, Ă©d. CYBELE 2009.

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VIII. Correspondances hĂ©braĂŻques — la racine Śą-Ś -ڧ et les gĂ©ants Anaqim

Avec les mĂȘmes valeurs consonantiques ڧ (Qof) · Ś  (Nun) · Śą (Ayin) (lues de droite Ă  gauche), l’hĂ©breu forme le verbe ŚąÖžŚ Ö·Ś§ (Êżanaq) : servir de collier, mettre un ornement de cou, environner, couronner, embrasser. Comme nom, ŚąÖČŚ ÖžŚ§ (Êżanaq) dĂ©signe le cou, le collier, le pendant de cou.

Le gĂ©ant Ă©voquĂ© dans le livre sacrĂ© des Yehoudim — Anaq (long cou, collier, carcan mĂ©tallique) — tire son nom de cette racine. D’aprĂšs l’Ancien Testament, les ŚąÖČŚ ÖžŚ§ÖŽŚ™Ś (ÊżÄ‚nāqÄ«m), les terrifiants gĂ©ants considĂ©rĂ©s comme ses descendants et vivant Ă  l’est de Canaan, arboraient autour du cou des chaĂźnes et des carcans. Les textes d’exĂ©cration de l’Égypte pharaonique du Moyen Empire mentionnent d’ailleurs des ennemis cananĂ©ens portant le nom de « Ly Anaq ».

ŚąÖžŚ Ö·Ś§ (Êżanaq) — verbe : servir de collier

Deutéronome 15 : 14

Ś”Ö·ŚąÖČŚ Ö”ڙڧ ŚȘÖ·ÖŒŚąÖČŚ ÖŽŚ™Ś§ ڜÖ覕 ŚžÖŽŚŠÖčÖŒŚŚ Ö°ŚšÖž Ś•ÖŒŚžÖŽŚ’ÖžÖŒŚšÖ°Ś Ö°ŚšÖž Ś•ÖŒŚžÖŽŚ™ÖŽÖŒŚ§Ö°Ś‘Ö¶ŚšÖž ڐÖČŚ©Ö¶ŚŚš Ś‘Ö”ÖŒŚšÖ·Ś›Ö°ŚšÖž Ś™Ö°Ś”Ś•ÖžŚ” ڐֱڜÖčŚ”Ö¶Ś™ŚšÖž ŚȘÖŽÖŒŚȘÖ¶ÖŒŚŸÖŸŚœÖčŚ•Śƒ
ha-ÊżÄƒ-nĂȘq ta-ÊżÄƒ-nĂźq lƍw, miáčŁ-áčŁĆ-nə-បā, Ć«-mig-gā-rə-nə-បā Ć«-mĂź-yiq-ᾇe-បā; ʟă-ĆĄer bĂȘ-raáž”-បā Yahweh ÊŸÄ•-lƍ-he-បā tit-ten-lƍw

« …tu lui feras des prĂ©sents de ton menu bĂ©tail, de ton aire, de ton pressoir, de ce que tu auras par la bĂ©nĂ©diction de l’Éternel, ton Dieu. »

DeutĂ©ronome 15 : 14, Bible (trad. Louis Segond). Le verbe redoublĂ© haÊżÄƒnĂȘq taÊżÄƒnĂźq — littĂ©ralement « tu encollieras de prĂ©sents ».

Psaumes 73 : 6

ŚœÖžŚ›Ö”ŚŸ ŚąÖČŚ ÖžŚ§Ö·ŚȘÖ°ŚžÖ覕 ڒַڐÖČŚ•ÖžŚ” Ś™Ö·ŚąÖČŚ˜ÖžŚŁÖŸŚ©ÖŽŚŚ™ŚȘ Ś—ÖžŚžÖžŚĄ ŚœÖžŚžÖčŚ•Śƒ
lā-áž”ĂȘn ÊżÄƒ-nā-qaáčŻ-mƍw ឥa-ʟă-wāh; ya-ÊżÄƒ-áč­Ä-pÌ„Ć-ĆĄi-áčŻ áž„Ä-mās lā-mƍw

« Aussi l’orgueil leur sert de collier, la violence est le vĂȘtement qui les enveloppe. »

Psaumes 73 : 6, Bible (trad. Louis Segond).

ŚąÖČŚ ÖžŚ§ (Êżanaq) — nom : cou, collier

Juges 8 : 26

Ś•ÖŒŚœÖ°Ś‘Ö·Ś“ ŚžÖŽŚŸÖŸŚ”ÖžŚąÖČŚ ÖžŚ§Ö覕ŚȘ ڐÖČŚ©Ö¶ŚŚš Ś‘Ö°ÖŒŚŠÖ·Ś•Ö°ÖŒŚŚšÖ”Ś™ Ś’Ö°ŚžÖ·ŚœÖ”ÖŒŚ™Ś”Ö¶ŚŚƒ
…Ć«-lə-ᾇaត min hā-ÊżÄƒ-nā-qƍ-wáčŻ, ʟă-ĆĄer bə-áčŁaw-wə-rĂȘ ᾡə-mal-lĂȘ-hem

« …et sans les colliers qui Ă©taient aux cous de leurs chameaux. »

Juges 8 : 26, Bible (trad. Louis Segond).

Proverbes 1 : 9

Ś›ÖŽÖŒŚ™ ŚœÖŽŚ•Ö°Ś™Ö·ŚȘ Ś—Ö”ŚŸ Ś”Ö”Ś ŚœÖ°ŚšÖčŚŚ©Ö¶ŚŚšÖž Ś•Ö·ŚąÖČŚ ÖžŚ§ÖŽŚ™Ś ŚœÖ°Ś’Ö·ŚšÖ°Ś’Ö°ÖŒŚšÖčŚȘÖ¶Ś™ŚšÖžŚƒ
kĂź liw-yaáčŻ áž„ĂȘn hĂȘm lə-rƍ-ĆĄe-បā; wa-ÊżÄƒ-nā-qĂźm, lə-ឥar-gə-rƍ-áčŻe-បā

« Car c’est une couronne de grĂące pour ta tĂȘte, et une parure pour ton cou. »

Proverbes 1 : 9, Bible (trad. Louis Segond). Cf. aussi Cantique 4 : 9, « …par l’un des colliers (Êżanaq) de ton cou ».

ŚąÖČŚ ÖžŚ§ (Anaq) — nom propre : les gĂ©ants de Canaan

Nombres 13 : 22

Ś•Ö°Ś©ÖžŚŚ ڐÖČŚ—ÖŽŚ™ŚžÖ·ŚŸ ک֔ځکַځڙ ڕְŚȘÖ·ŚœÖ°ŚžÖ·Ś™ Ś™Ö°ŚœÖŽŚ™Ś“Ö”Ś™ Ś”ÖžŚąÖČŚ ÖžŚ§
…wə-ƥām ʟă-ងß-man ĆĄĂȘ-ĆĄay wə-áčŻal-may, yə-lĂź-តĂȘ hā-ÊżÄƒ-nāq

« …oĂč Ă©taient Ahiman, SchĂ©schaĂŻ et TalmaĂŻ, enfants d’Anak. »

Nombres 13 : 22, Bible (trad. Louis Segond).

Nombres 13 : 33

Ś•Ö°Ś©ÖžŚŚ ŚšÖžŚÖŽŚ™Ś Ś•ÖŒ ڐֶŚȘÖŸŚ”Ö·Ś Ö°ÖŒŚ€ÖŽŚ™ŚœÖŽŚ™Ś Ś‘Ö°ÖŒŚ Ö”Ś™ ŚąÖČŚ ÖžŚ§ ŚžÖŽŚŸÖŸŚ”Ö·Ś Ö°ÖŒŚ€ÖŽŚœÖŽŚ™Ś
wə-ƥām rā-ÊŸĂź-nĆ«, ÊŸeáčŻ-han-nə-pÌ„Ăź-lĂźm bə-nĂȘ ÊżÄƒ-nāq min-han-nə-p̄i-lĂźm

« …et nous y avons vu les gĂ©ants, enfants d’Anak, de la race des gĂ©ants : nous Ă©tions Ă  nos yeux et aux leurs comme des sauterelles. »

Nombres 13 : 33, Bible (trad. Louis Segond).

Ś™ÖžŚ Ö·Ś§ (yanĂĄq) — le causatif allaiter/tĂ©ter, Ă©cho du snážł pharaonique

En hĂ©breu, donner le sein, allaiter, tĂ©ter se dit Ś™ÖžŚ Ö·Ś§ (yanĂĄq) ou ڠڕڧ (nĆ«q) — Ă©cho direct du causatif Ă©gyptien snážł (tĂ©ter) :

Exode 2 : 9

Ś”Ö”Ś™ŚœÖŽŚ™Ś›ÖŽŚ™ ڐֶŚȘÖŸŚ”Ö·Ś™Ö¶ÖŒŚœÖ¶Ś“ Ś”Ö·Ś–Ö¶ÖŒŚ” Ś•Ö°Ś”Ö”Ś™Ś ÖŽŚ§ÖŽŚ”Ś•ÖŒ ŚœÖŽŚ™
…hĂȘ-lĂź-បß ÊŸeáčŻ-hay-ye-leត haz-zeh wə-hĂȘ-ni-qi-hĆ« lĂź…

« La fille de Pharaon lui dit : Emporte cet enfant, et allaite-le-moi ; je te donnerai ton salaire. La femme prit l’enfant, et l’allaita. »

Exode 2 : 9, Bible (trad. Louis Segond).

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IX. Vocables de l’arabe — la racine Űč-ن-ق

La racine Űč (ÊżAyn) · ن (nĆ«n) · ق (qāf) (lue de droite Ă  gauche) forme le nom de la partie du corps unissant la tĂȘte au tronc — le cou, le col. Sous forme verbale, elle exprime l’action de prendre, de saisir le cou, de faire le tour du cou, et s’Ă©tend jusqu’au sens d’embrasser :

Forme Lecture Sens
Űčَنَّقَ / يُŰčَنِّقُ Êżannaqa / yuÊżanniqu prendre, saisir le cou de quelqu’un, faire le tour du cou, embrasser (forme II)
Űčُنُق / Űčُنْق Êżunuq / Êżunq cou, nuque, gorge, col de l’utĂ©rus
Űčَنَق Êżanaq longueur du cou, allure du chameau
ŰčÙÙ†ÙŽŰ§Ù‚ Êżināq Ă©treinte, accolade
Űčُنُق Êżunuq nom collectif : une compagnie d’hommes

On décompte neuf occurrences de cette racine dans le corpus coranique, formant le vocable du cou ou du col.

Cou

Sourate 8, Al-AnfĂąl, verset 12

ÙÙŽÙ±Ű¶Ù’Ű±ÙŰšÙÙˆŰ§ÛŸ فَوْقَ Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰčÙ’Ù†ÙŽŰ§Ù‚Ù ÙˆÙŽÙ±Ű¶Ù’Ű±ÙŰšÙÙˆŰ§ÛŸ مِنْهُمْ كُلَّ ŰšÙŽÙ†ÙŽŰ§Ù†Ù
…fa-ឍribĆ« fawqa l-ÊŸaÊżnāqi wa-ឍribĆ« minhum kulla banāni

« …Alors, frappez-leur le haut du cou, et frappez-leur chaque phalange ! »

Sourate 8, Ű§Ù„ŰŁÙ†ÙŰ§Ù„ / Al-AnfĂąl / Le Butin, verset 12. Trad. M. Maurice Gloton, p. 178, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 13, Ar-RaÊżd, verset 5

ÙˆÙŽŰŁÙÙˆÛŸÙ„ÙŽÙ°Ù“ŰŠÙÙƒÙŽ Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰșْلَٰلُ فِىٓ ŰŁÙŽŰčÙ’Ù†ÙŽŰ§Ù‚ÙÙ‡ÙÙ…Ù’ ۖ ÙˆÙŽŰŁÙÙˆÛŸÙ„ÙŽÙ°Ù“ŰŠÙÙƒÙŽ ŰŁÙŽŰ”Ù’Ű­ÙŽÙ°ŰšÙ Ù±Ù„Ù†ÙŽÙ‘Ű§Ű±Ù
…wa-ÊŸulāʟika l-ÊŸaghlālu fÄ« ÊŸaÊżnāqihim wa-ÊŸulāʟika ÊŸaáčŁáž„ābu n-nāri…

« …Et ceux-lĂ  : des chaĂźnes Ă  leur cou. Et ceux-lĂ  seront les hĂŽtes du Feu dans lequel indĂ©finiment ils demeurent. »

Sourate 13, Ű§Ù„Ű±ŰčŰŻ / Ar-RaÊżd / Le Tonnerre, verset 5. Trad. M. Maurice Gloton, p. 249, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 17, Al-IsrĂąÊŸ, verset 13

وَكُلَّ Ű„ÙÙ†ŰłÙŽÙ°Ù†Ù ŰŁÙŽÙ„Ù’ŰČَمْنَٰهُ Ű·ÙŽÙ°Ù“ŰŠÙŰ±ÙŽÙ‡ÙÛ„ فِى Űčُنُقِهِۊ
wa-kulla ÊŸinsānin ÊŸalzamnāhu áč­ÄÊŸirahĆ« fÄ« ÊżunuqihÄ«…

« Et au cou de chaque humain, Nous avons attachĂ© sa destinĂ©e… »

Sourate 17, Ű§Ù„Ű„ŰłŰ±Ű§ŰĄ / Al-IsrĂąÊŸ / Le Voyage nocturne, verset 13. Trad. M. Maurice Gloton, p. 283, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 17, Al-IsrĂąÊŸ, verset 29

ÙˆÙŽÙ„ÙŽŰ§ ŰȘÙŽŰŹÙ’Űčَلْ ÙŠÙŽŰŻÙŽÙƒÙŽ مَŰșÙ’Ù„ÙÙˆÙ„ÙŽŰ©Ù‹ Ű„ÙÙ„ÙŽÙ‰Ù° Űčُنُقِكَ ÙˆÙŽÙ„ÙŽŰ§ ŰȘÙŽŰšÙ’ŰłÙŰ·Ù’Ù‡ÙŽŰ§ كُلَّ Ù±Ù„Ù’ŰšÙŽŰłÙ’Ű·Ù
wa-lā tajÊżal yadaka maghlĆ«latan ÊŸilā Êżunuqika wa-lā tabsuáč­hā kulla l-basáč­i…

« Et ne porte pas la main fermĂ©e Ă  ton cou, et ne l’ouvre pas toute grande… »

Sourate 17, Ű§Ù„Ű„ŰłŰ±Ű§ŰĄ / Al-IsrĂąÊŸ / Le Voyage nocturne, verset 29. Trad. M. Maurice Gloton, p. 285, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 26, AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ, verset 4

ÙÙŽŰžÙŽÙ„ÙŽÙ‘ŰȘْ ŰŁÙŽŰčْنَٰقُهُمْ Ù„ÙŽÙ‡ÙŽŰ§ ŰźÙŽÙ°Ű¶ÙŰčِينَ
…fa-áș“allat ÊŸaÊżnāquhum lahā khāឍiÊżÄ«na

« …devant lequel leurs nuques resteraient courbĂ©es. »

Sourate 26, Ű§Ù„ŰŽŰč۱ۧۥ / AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ / Les PoĂštes, verset 4. Trad. M. Maurice Gloton, p. 367, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 34, SabĂąÊŸ, verset 33

ÙˆÙŽŰŹÙŽŰčÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰșْلَٰلَ فِىٓ ŰŁÙŽŰčÙ’Ù†ÙŽŰ§Ù‚Ù Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙŠÙ†ÙŽ ÙƒÙŽÙÙŽŰ±ÙÙˆŰ§ÛŸ
…wa-jaÊżalnā l-ÊŸaghlāla fÄ« ÊŸaÊżnāqi lladhÄ«na kafarĆ«…

« …Et Nous mettrons des carcans au cou de ceux qui ont dĂ©niĂ©. »

Sourate 34, ۳ۚۄ / SabĂąÊŸ, verset 33. Trad. M. Maurice Gloton, p. 432, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 36, YĂą-SĂźn, verset 8

Ű„ÙÙ†ÙŽÙ‘Ű§ ŰŹÙŽŰčÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ فِىٓ ŰŁÙŽŰčْنَٰقِهِمْ ŰŁÙŽŰșÙ’Ù„ÙŽÙ°Ù„Ù‹Û­Ű§ فَهِىَ Ű„ÙÙ„ÙŽÙ‰ Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰ°Ù’Ù‚ÙŽŰ§Ù†Ù فَهُم Ù…ÙÙ‘Ù‚Ù’Ù…ÙŽŰ­ÙÙˆÙ†ÙŽ
ÊŸinnā jaÊżalnā fÄ« ÊŸaÊżnāqihim ÊŸaghlālan fa-hiya ÊŸilā l-ÊŸadhqāni fa-hum muqmaងƫna

« Vraiment, Nous avons mis Ă  leur cou des carcans jusqu’au menton : aussi, les voilĂ  humiliĂ©s, tĂȘte redressĂ©e comme chameau assoiffĂ©. »

Sourate 36, ÙŠŰł / YĂą-SĂźn, verset 8. Trad. M. Maurice Gloton, p. 440, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 40, Ä Ăąfir, verset 71

Ű„ÙŰ°Ù Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰșْلَٰلُ فِىٓ ŰŁÙŽŰčْنَٰقِهِمْ ÙˆÙŽÙ±Ù„ŰłÙŽÙ‘Ù„ÙŽÙ°ŰłÙÙ„Ù ÙŠÙŰłÙ’Ű­ÙŽŰšÙÙˆÙ†ÙŽ
ÊŸidhi l-ÊŸaghlālu fÄ« ÊŸaÊżnāqihim wa-s-salāsilu yusáž„abĆ«na

« Quand ils seront traßnés avec carcans et chaßnes à leur cou »

Sourate 40, ŰșŰ§ÙŰ± / Ä Ăąfir / TrĂšs-Recouvreur, verset 71. Trad. M. Maurice Gloton, p. 475, Ă©d. Albouraq 2018.

Col

Sourate 38, áčąĂąd, verset 33

Ű±ÙŰŻÙÙ‘ÙˆÙ‡ÙŽŰ§ Űčَلَىَّ ۖ ÙÙŽŰ·ÙŽÙÙÙ‚ÙŽ Ù…ÙŽŰłÙ’Ű­Ù‹ÛąŰ§ ŰšÙÙ±Ù„ŰłÙÙ‘ÙˆÙ‚Ù ÙˆÙŽÙ±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰčÙ’Ù†ÙŽŰ§Ù‚Ù
ruddĆ«hā Êżalayya fa-áč­afiqa masáž„an bi-s-sĆ«qi wa-l-ÊŸaÊżnāqi

« Ramenez-les-moi ! Il se mit alors à (leur) flatter les jambes et le col. »

Sourate 38, Ű” / áčąĂąd, verset 33. Trad. M. Maurice Gloton, p. 455, Ă©d. Albouraq 2018.

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X. Racines arabes apparentées

ن-و-ق (n-w-q) — la chamelle au long cou

La racine ق-و-ن (q-w-n) — dresser un chameau, mettre en ordre, faire avec soin, nettoyer la chair de la graisse — forme le nom de la chamelle Ù†ÙŽŰ§Ù‚ÙŽŰ© (nāqa), ainsi nommĂ©e pour son long cou, mammifĂšre qui allaite et prend soin de ses petits. Cette racine, liĂ©e Ă  l’Ă©gyptien ynážł, figure sept fois dans le Coran :

Sourate 26, AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ, verset 155

Ù‚ÙŽŰ§Ù„ÙŽ Ù‡ÙŽÙ°Ű°ÙÙ‡ÙÛŠ Ù†ÙŽŰ§Ù‚ÙŽŰ©ÙŒÛ­ Ù„ÙŽÙ‘Ù‡ÙŽŰ§ ŰŽÙŰ±Ù’ŰšÙŒÛ­ وَلَكُمْ ŰŽÙŰ±Ù’ŰšÙ ÙŠÙŽÙˆÙ’Ù…ÙÛą مَّŰčÙ’Ù„ÙÙˆÙ…ÙÛą
qāla hādhihÄ« nāqatun lahā shirbun wa-lakum shirbu yawmin maÊżlĆ«min

« Il dit : Voici une chamelle ! À elle de boire et Ă  vous de boire, au jour dĂ©signĂ©. »

Sourate 26, Ű§Ù„ŰŽŰč۱ۧۥ / AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ / Les PoĂštes, verset 155. Trad. M. Maurice Gloton, p. 373, Ă©d. Albouraq 2018.

Űź-ن-ق (kh-n-q) — Ă©trangler

La racine ق-ن-Űź (q-n-kh) Ă©voque directement l’un des sens de l’Ă©gyptien ynážł (Ă©trangler) : ŰźÙŽÙ†ÙŽÙ‚ÙŽ (khanaqa) — Ă©trangler, Ă©touffer ; ŰźÙÙ†ÙŽŰ§Ù‚ (khināq) — cou, corde de strangulation ; ŰźÙŽÙ†Ù’Ù‚ (khanq) — strangulation. Elle figure en hapax coranique sous la forme munkhaniqa (la bĂȘte morte par strangulation) :

Sourate 5, Al-MĂąÊŸida, verset 3

Ű­ÙŰ±ÙÙ‘Ù…ÙŽŰȘْ Űčَلَيْكُمُ ٱلْمَيْŰȘÙŽŰ©Ù ÙˆÙŽÙ±Ù„ŰŻÙŽÙ‘Ù…Ù ÙˆÙŽÙ„ÙŽŰ­Ù’Ù…Ù Ù±Ù„Ù’ŰźÙÙ†ŰČÙÙŠŰ±Ù … ÙˆÙŽÙ±Ù„Ù’Ù…ÙÙ†Ù’ŰźÙŽÙ†ÙÙ‚ÙŽŰ©Ù ÙˆÙŽÙ±Ù„Ù’Ù…ÙŽÙˆÙ’Ù‚ÙÙˆŰ°ÙŽŰ©Ù
áž„urrimat Êżalaykumu l-maytatu wa-d-damu wa-laáž„mu l-khinzÄ«ri… wa-l-munkhaniqatu wa-l-mawqĆ«dhatu…

« Vous sont dĂ©fendus la bĂȘte morte, le sang, la viande de porc… celle morte par Ă©touffement ou strangulation, celle frappĂ©e Ă  mort… »

Sourate 5, Ű§Ù„Ù…Ű§ŰŠŰŻŰ© / Al-MĂąÊŸida / La Table servie, verset 3. Trad. M. Maurice Gloton, Ă©d. Albouraq 2018.

âž»

XI. Les langues mandĂ© — le cou, la voix, l’amour

Il est remarquable, en s’Ă©loignant du domaine sĂ©mitique, de retrouver au sein des langues nigĂ©ro-congolaises — notamment mandĂ© comme le soninkĂ© ou le bambara — des vocables liĂ©s au nom du cou, de la gorge, de la voix, de la langue, ou Ă  ce qui ornemente le cou, ou encore Ă  l’alliance, Ă  l’union et Ă  l’amour, qui rappellent sur les plans phonĂ©tique et sĂ©mantique l’Ă©gyptien 𓇋𓆛𓈖𓈎𓂘𓂡 (ynážł / ineq) et sa mĂ©tathĂšse 𓈎𓈖𓇋𓂘𓂡 (ážłny / qeni). Nous souscrivons Ă  l’exclusion qu’il s’agisse d’emprunts Ă  des langues sĂ©mitiques.

Correspondances Hiéroglyphe Mandé
occlusive vĂ©laire 𓈎 (ážł, q) x, k, g
nasale 𓈖 (n) n
semi-voyelle 𓇋 (y) 0 ; y

En soninké

xanne — nom : 1. cou ; 2. voix, langue, bruit

xanu / xenu — verbe : aimer, s’attacher Ă  quelqu’un

xanuyĂ© — nom : amour

xana — nom : ami, amant

xanaaxu — nom : amitiĂ©, alliance, union

En bambara

kĂĄn — nom : cou, gorge, voix, parole, langue parlĂ©e, bruit, son. Variante : kĂĄnkanna (cou). Pour dire Ă  quelqu’un qui chante d’Ă©lever la voix : Ă­ kĂĄn kɔ́rɔta !

kĂĄnÉČɛ — nom : gorgĂ©e

kɔ́nɔn — nom : collier

kĂ nu — verbe : aimer, s’attacher Ă  quelqu’un, dĂ©sirer, plaire

kànu — nom : amour

kĂ nuya — nom : amour, passion, charitĂ© ; verbe : aimer

ngɔ̀ɔnɔ / ngɔ̀ɔni — nom : gorge, amygdales

La convergence est frappante : la mĂȘme racine qui, en Ă©gyptien, unit le geste d’enlacer (prendre au cou) et celui d’unir, se retrouve dans le mandĂ© oĂč kĂĄn (le cou, la voix) et kĂ nu (aimer, s’attacher) partagent la mĂȘme matrice sonore — comme si l’amour y Ă©tait nommĂ© depuis le geste d’entourer le cou de l’autre.

Cas particulier — 𓐍𓈖𓅯𓀁 áž«n (la parole)

Le vocable 𓐍𓈖𓅯𓀁 (lire áž«n / khen) — parole, discours, requĂȘte, plainte, adage, maxime, et aussi expression musicale — offre un parallĂšle supplĂ©mentaire avec le mandĂ©, oĂč kĂĄn dĂ©signe Ă  la fois le cou, la voix et la parole, et oĂč le soninkĂ© xanne rĂ©unit de mĂȘme « cou » et « voix ».

âž»

XII. SynthĂšse : une racine du lien

D’un bout Ă  l’autre de cette constellation, la mĂȘme matrice consonantique y-n-ážł / ážł-n-y et ses mĂ©tathĂšses portent une idĂ©e unique dĂ©clinĂ©e : ce qui unit. Le cou qui joint la tĂȘte au tronc, l’Ă©treinte qui enlace, le collier qui ceint, le sein qui nourrit, la voix qui relie — et jusqu’Ă  l’amour lui-mĂȘme dans le mandĂ©. De l’Ă©gyptien ynážł (unir, Ă©treindre, prendre au cou) au sein pharaonique ážłny, de l’arabe Êżunuq (le cou) et Êżināq (l’accolade) Ă  l’hĂ©breu Êżanaq (le collier, et le gĂ©ant au long cou), du bambara kĂĄn (cou, voix) Ă  kĂ nu (aimer) — c’est une mĂȘme intuition qui traverse les langues : nommer le lien depuis le lieu du corps oĂč il se noue.

𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝  ážŽáž„wty Ă­ážłr — Djehouty L’Excellent

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