đđđđđđĄ ynážł / ineq
Unir · RĂ©unir · Rassembler · Embrasser · Ătreindre · Enlacer · Prendre au cou
Ătude lexicographique et Ă©tymologique comparĂ©e
Ăgyptien pharaonique · DĂ©motique · Copte · Langues mandĂ© · HĂ©breu · Arabe
Sous les auspices de đ đđđ đđđđ (ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
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I. Sens et acceptions
Le verbe Ă©gyptien ancien đđđđđđĄ (lire ynážł / ineq) signifie : unir, rĂ©unir, rassembler, se rĂ©unir (pour des personnes), prendre au cou, embrasser, Ă©treindre, enserrer, entourer, enlacer, Ă©trangler. Variante d’Ă©criture : đđđđ (ynážł / ineq).
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II. Correspondances phonétiques inter-langues
| Hiéroglyphe | Arabe | Hébreu |
|---|---|---|
| đ (y) | Ù (YÄÊŸ) · Ù (wÄw) · Űč (ÊżAyn) | Śą (Ayin) · Ś (Yod) |
| đ (n) | Ù (nĆ«n) | Ś (Nun) |
| đ (ážł, q) | Ù (qÄf) | ڧ (Qof) |
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III. PhonĂšmes de l’Ă©gyptien ancien
3.1 đ â Le roseau fleuri (y / j â constrictive mĂ©dio-palatale sonore)
Alternative de đ : yod, iota, i, y ou ȧ/a.
Copte : âČ/âČ (alpha / a) · âČ/âČ (ei / e) · âČ/âČ (Äta / Ä). HĂ©breu : Ś (yĆd) · ŚÖŽ Â· ŚÖ”. Arabe : Ù (ÊŸalif) · Ű„Ù Â· Ű„ · Ù (YÄÊŸ) · Ù (wÄw).
SĂ©mitiques : Ë, i, Êż, r, l.
3.2 đ â Le filet d’eau (n â occlusive apico-dentale)
Copte : âČ/âČ (nÄ / n) · âČ/âČ (mÄ / m) · âČą/âČŁ (rĆ / r). HĂ©breu : Ś (Nun). Arabe : Ù (nĆ«n). SĂ©mitiques : n, l.
3.3 đ â La dune de sable / flanc de colline (ážł / q â occlusive vĂ©laire sourde)
Voir ážłÈ.t (qĂ©l.t â hauteur, Ă©minence, ce qui est en hauteur) et ážłÈÈ (qĂ©lel â colline, terre haute). Comme en bambara (Niger-Congo) « KĂčlu » : terre haute, montagne, colline, crĂȘte â et par extension mĂšche de cheveux au-dessus de la tĂȘte, huppe (oiseau).
Copte : /k/ > âČ (A, F, L, M, S, B), âČ (B) ; /áž”/ > Ï. HĂ©breu : ڧ (Qoph). Arabe : Ù (ážłÄf).
Sémitiques : ឳ, k, q, g, ģ.
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IV. Déterminatifs hiéroglyphiques
đ Bras baissĂ©s pour enserrer â IdĂ©ogramme ou dĂ©terminatif d’embrasser, d’envelopper, d’Ă©treindre, d’Ă©tendre.
đĄ Avant-bras, la main tenant un bĂąton â DĂ©terminatif de tout acte ou effort, d’examiner, de fort.
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V. Vocables de l’Ă©gyptien ancien
đđđđđđĄ (ynážł / ineq) â verbe : unir, rĂ©unir, rassembler, se rĂ©unir, prendre au cou, embrasser, Ă©treindre, enserrer, entourer, Ă©trangler. Variante : đđđđ.
MĂ©tathĂšse â đđđđđĄ (lire ážłny / qeni) â verbe 3-inf. et nom : embrasser, serrer dans ses bras, Ă©treinte ; et aussi poitrine, sein de la mĂšre. Variante : đđĄ.
đđđđ ±đ (lire ážłnyw / qeniou) â nom : accolade, embrassement, giron.
Causatif â đŽđđđđ (lire snážł / seneq) â verbe : sucer, tĂ©ter, nourrir au sein, donner le sein, allaiter, Ă©lever un enfant. S’Ă©crit aussi avec les dĂ©terminatifs de la langue đ et du sein đ.
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VI. Démotique et copte
DĂ©motique : ážłn â sein.
Copte : âČâČâČ©âČ (SLF), âČâČâČ (B), âČâČâČâČ â sein, giron, parties sexuelles de l’homme.
Dans les langues africaines, le wolof « kooy bi » dĂ©signe le pĂ©nis, et le bambara « kĂ ya » nomme la verge, la bourse â Ă©cho lointain de cette mĂȘme famille.
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VII. Attestations dans les corpus pharaoniques
Les acceptions de rĂ©unir et de rassembler figurent dans les premiers Textes des Pyramides â ceux d’Ounas đčđđđŽ (Ve dynastie, -2375 / -2345) et de TĂ©ti đđđ (VIe dynastie, -2374 / -2354).
RĂ©unir â Isis et Nephthys (Ounas)
« Isis et Nephthys, réunissez-vous donc ! Réunissez-vous donc ! »
Textes des Pyramides d’Ounas, chambre funĂ©raire, W/F/S, col. 31, Spruch {218}, §164 a. Trad. Claude Carrier, pp. 76-77, Ă©d. CYBELE 2009.
Regrouper, rassembler â Nephthys (TĂ©ti)
« (Si) Nephthys a regroupĂ© pour toi tous tes membres en ce nom qui est sien de SĂ©chat, « MaĂźtresse des constructeurs », c’est qu'(elle) leur a rendu la santĂ© pour toi ! »
Textes des Pyramides de Téti, antichambre, T/A/W, col. 32, Spruch {364}, §616 a-e. Trad. Claude Carrier, pp. 308-309, éd. CYBELE 2009.
Rassembler les os (Téti)
« âFormule Ă rĂ©citerâ Oh ! Oh ! Dresse-toi, ledit TĂ©ti ! Prends donc ta tĂȘte ! Rassemble donc tes os ! »
Textes des Pyramides de Téti, antichambre, T/A/W, col. 51, Spruch {373}, §654 a-b. Trad. Claude Carrier, pp. 320-321, éd. CYBELE 2009.
Ătreindre â Le Conte du NaufragĂ© (Moyen Empire)
Le vocable đđđđ (ážłny / qeni) exprime ici l’action d’Ă©treindre, de serrer contre son sein, avec le dĂ©terminatif đ des bras baissĂ©s pour enlacer :
« (Et alors) tu serreras tes enfants contre ton sein, tu embrasseras ta femme (et) tu (re)verras ta maison : cela vaut mieux que tout ! »
Le Conte du NaufragĂ©, 133-134. Trad. Patrice Le Guilloux (2e Ă©d.), pp. 38-41, Cahiers de l’Association d’Ăgyptologie Isis, N° 1, Angers 2005.
TĂ©ter â le causatif snážł (Ounas)
« MĂšre d’Ounas, Ipy, donne audit Ounas ce sein qui est tien (afin) que ledit Ounas le tende pour lui sur sa bouche, (et) qu’Ounas puisse tĂ©ter ce lait qui est tien, blanc, lumineux (et) doux ! »
Textes des Pyramides d’Ounas, antichambre, W/A/S, col. 35-36, Spruch {269}, §381 a-d. Trad. Claude Carrier, pp. 140-141, Ă©d. CYBELE 2009.
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VIII. Correspondances hĂ©braĂŻques â la racine Śą-Ś -ڧ et les gĂ©ants Anaqim
Avec les mĂȘmes valeurs consonantiques ڧ (Qof) · Ś (Nun) · Śą (Ayin) (lues de droite Ă gauche), l’hĂ©breu forme le verbe ŚąÖžŚ Ö·Ś§ (Êżanaq) : servir de collier, mettre un ornement de cou, environner, couronner, embrasser. Comme nom, ŚąÖČŚ ÖžŚ§ (Êżanaq) dĂ©signe le cou, le collier, le pendant de cou.
Le gĂ©ant Ă©voquĂ© dans le livre sacrĂ© des Yehoudim â Anaq (long cou, collier, carcan mĂ©tallique) â tire son nom de cette racine. D’aprĂšs l’Ancien Testament, les ŚąÖČŚ ÖžŚ§ÖŽŚŚ (ÊżÄnÄqÄ«m), les terrifiants gĂ©ants considĂ©rĂ©s comme ses descendants et vivant Ă l’est de Canaan, arboraient autour du cou des chaĂźnes et des carcans. Les textes d’exĂ©cration de l’Ăgypte pharaonique du Moyen Empire mentionnent d’ailleurs des ennemis cananĂ©ens portant le nom de « Ly Anaq ».
ŚąÖžŚ Ö·Ś§ (Êżanaq) â verbe : servir de collier
Deutéronome 15 : 14
ha-ÊżÄ-nĂȘq ta-ÊżÄ-nĂźq lĆw, miáčŁ-áčŁĆ-nÉ-áž”Ä, Ć«-mig-gÄ-rÉ-nÉ-áž”Ä Ć«-mĂź-yiq-áže-áž”Ä; ÊŸÄ-ĆĄer bĂȘ-raáž”-áž”Ä Yahweh ÊŸÄ-lĆ-he-áž”Ä tit-ten-lĆw
« …tu lui feras des prĂ©sents de ton menu bĂ©tail, de ton aire, de ton pressoir, de ce que tu auras par la bĂ©nĂ©diction de l’Ăternel, ton Dieu. »
DeutĂ©ronome 15 : 14, Bible (trad. Louis Segond). Le verbe redoublĂ© haÊżÄnĂȘq taÊżÄnĂźq â littĂ©ralement « tu encollieras de prĂ©sents ».
Psaumes 73 : 6
lÄ-áž”ĂȘn ÊżÄ-nÄ-qaáčŻ-mĆw ឥa-ÊŸÄ-wÄh; ya-ÊżÄ-áčÄ-pÌĆ-ĆĄi-áčŻ áž„Ä-mÄs lÄ-mĆw
« Aussi l’orgueil leur sert de collier, la violence est le vĂȘtement qui les enveloppe. »
Psaumes 73 : 6, Bible (trad. Louis Segond).
ŚąÖČŚ ÖžŚ§ (Êżanaq) â nom : cou, collier
Juges 8 : 26
…Ć«-lÉ-ážaáž min hÄ-ÊżÄ-nÄ-qĆ-wáčŻ, ÊŸÄ-ĆĄer bÉ-áčŁaw-wÉ-rĂȘ ឥÉ-mal-lĂȘ-hem
« …et sans les colliers qui Ă©taient aux cous de leurs chameaux. »
Juges 8 : 26, Bible (trad. Louis Segond).
Proverbes 1 : 9
kĂź liw-yaáčŻ áž„ĂȘn hĂȘm lÉ-rĆ-ĆĄe-áž”Ä; wa-ÊżÄ-nÄ-qĂźm, lÉ-ឥar-gÉ-rĆ-áčŻe-áž”Ä
« Car c’est une couronne de grĂące pour ta tĂȘte, et une parure pour ton cou. »
Proverbes 1 : 9, Bible (trad. Louis Segond). Cf. aussi Cantique 4 : 9, « …par l’un des colliers (Êżanaq) de ton cou ».
ŚąÖČŚ ÖžŚ§ (Anaq) â nom propre : les gĂ©ants de Canaan
Nombres 13 : 22
…wÉ-ĆĄÄm ÊŸÄ-ងß-man ĆĄĂȘ-ĆĄay wÉ-áčŻal-may, yÉ-lĂź-ážĂȘ hÄ-ÊżÄ-nÄq
« …oĂč Ă©taient Ahiman, SchĂ©schaĂŻ et TalmaĂŻ, enfants d’Anak. »
Nombres 13 : 22, Bible (trad. Louis Segond).
Nombres 13 : 33
wÉ-ĆĄÄm rÄ-ÊŸĂź-nĆ«, ÊŸeáčŻ-han-nÉ-pÌĂź-lĂźm bÉ-nĂȘ ÊżÄ-nÄq min-han-nÉ-pÌi-lĂźm
« …et nous y avons vu les gĂ©ants, enfants d’Anak, de la race des gĂ©ants : nous Ă©tions Ă nos yeux et aux leurs comme des sauterelles. »
Nombres 13 : 33, Bible (trad. Louis Segond).
ŚÖžŚ ַڧ (yanĂĄq) â le causatif allaiter/tĂ©ter, Ă©cho du snážł pharaonique
En hĂ©breu, donner le sein, allaiter, tĂ©ter se dit ŚÖžŚ ַڧ (yanĂĄq) ou Ś ŚŚ§ (nĆ«q) â Ă©cho direct du causatif Ă©gyptien snážł (tĂ©ter) :
Exode 2 : 9
…hĂȘ-lĂź-បß ÊŸeáčŻ-hay-ye-leáž haz-zeh wÉ-hĂȘ-ni-qi-hĆ« lĂź…
« La fille de Pharaon lui dit : Emporte cet enfant, et allaite-le-moi ; je te donnerai ton salaire. La femme prit l’enfant, et l’allaita. »
Exode 2 : 9, Bible (trad. Louis Segond).
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IX. Vocables de l’arabe â la racine Űč-Ù-Ù
La racine Űč (ÊżAyn) · Ù (nĆ«n) · Ù (qÄf) (lue de droite Ă gauche) forme le nom de la partie du corps unissant la tĂȘte au tronc â le cou, le col. Sous forme verbale, elle exprime l’action de prendre, de saisir le cou, de faire le tour du cou, et s’Ă©tend jusqu’au sens d’embrasser :
| Forme | Lecture | Sens |
|---|---|---|
| ŰčÙÙÙÙÙÙ / ÙÙŰčÙÙÙÙÙÙ | Êżannaqa / yuÊżanniqu | prendre, saisir le cou de quelqu’un, faire le tour du cou, embrasser (forme II) |
| ŰčÙÙÙÙ / ŰčÙÙÙÙ | Êżunuq / Êżunq | cou, nuque, gorge, col de l’utĂ©rus |
| ŰčÙÙÙÙ | Êżanaq | longueur du cou, allure du chameau |
| ŰčÙÙÙŰ§Ù | ÊżinÄq | Ă©treinte, accolade |
| ŰčÙÙÙÙ | Êżunuq | nom collectif : une compagnie d’hommes |
On décompte neuf occurrences de cette racine dans le corpus coranique, formant le vocable du cou ou du col.
Cou
Sourate 8, Al-AnfĂąl, verset 12
…fa-ážribĆ« fawqa l-ÊŸaÊżnÄqi wa-ážribĆ« minhum kulla banÄni
« …Alors, frappez-leur le haut du cou, et frappez-leur chaque phalange ! »
Sourate 8, ۧÙŰŁÙÙŰ§Ù / Al-AnfĂąl / Le Butin, verset 12. Trad. M. Maurice Gloton, p. 178, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 13, Ar-RaÊżd, verset 5
…wa-ÊŸulÄÊŸika l-ÊŸaghlÄlu fÄ« ÊŸaÊżnÄqihim wa-ÊŸulÄÊŸika ÊŸaáčŁáž„Äbu n-nÄri…
« …Et ceux-lĂ : des chaĂźnes Ă leur cou. Et ceux-lĂ seront les hĂŽtes du Feu dans lequel indĂ©finiment ils demeurent. »
Sourate 13, ۧÙ۱ŰčŰŻ / Ar-RaÊżd / Le Tonnerre, verset 5. Trad. M. Maurice Gloton, p. 249, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 17, Al-IsrĂąÊŸ, verset 13
wa-kulla ÊŸinsÄnin ÊŸalzamnÄhu áčÄÊŸirahĆ« fÄ« ÊżunuqihÄ«…
« Et au cou de chaque humain, Nous avons attachĂ© sa destinĂ©e… »
Sourate 17, ۧÙۄ۳۱ۧۥ / Al-IsrĂąÊŸ / Le Voyage nocturne, verset 13. Trad. M. Maurice Gloton, p. 283, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 17, Al-IsrĂąÊŸ, verset 29
wa-lÄ tajÊżal yadaka maghlĆ«latan ÊŸilÄ Êżunuqika wa-lÄ tabsuáčhÄ kulla l-basáči…
« Et ne porte pas la main fermĂ©e Ă ton cou, et ne l’ouvre pas toute grande… »
Sourate 17, ۧÙۄ۳۱ۧۥ / Al-IsrĂąÊŸ / Le Voyage nocturne, verset 29. Trad. M. Maurice Gloton, p. 285, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 26, AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ, verset 4
…fa-áșallat ÊŸaÊżnÄquhum lahÄ khÄážiÊżÄ«na
« …devant lequel leurs nuques resteraient courbĂ©es. »
Sourate 26, ۧÙŰŽŰč۱ۧۥ / AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ / Les PoĂštes, verset 4. Trad. M. Maurice Gloton, p. 367, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 34, SabĂąÊŸ, verset 33
…wa-jaÊżalnÄ l-ÊŸaghlÄla fÄ« ÊŸaÊżnÄqi lladhÄ«na kafarĆ«…
« …Et Nous mettrons des carcans au cou de ceux qui ont dĂ©niĂ©. »
Sourate 34, ۳ۚۄ / SabĂąÊŸ, verset 33. Trad. M. Maurice Gloton, p. 432, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 36, YĂą-SĂźn, verset 8
ÊŸinnÄ jaÊżalnÄ fÄ« ÊŸaÊżnÄqihim ÊŸaghlÄlan fa-hiya ÊŸilÄ l-ÊŸadhqÄni fa-hum muqmaងƫna
« Vraiment, Nous avons mis Ă leur cou des carcans jusqu’au menton : aussi, les voilĂ humiliĂ©s, tĂȘte redressĂ©e comme chameau assoiffĂ©. »
Sourate 36, ÙŰł / YĂą-SĂźn, verset 8. Trad. M. Maurice Gloton, p. 440, Ă©d. Albouraq 2018.
Sourate 40, Ä Ăąfir, verset 71
ÊŸidhi l-ÊŸaghlÄlu fÄ« ÊŸaÊżnÄqihim wa-s-salÄsilu yusáž„abĆ«na
« Quand ils seront traßnés avec carcans et chaßnes à leur cou »
Sourate 40, ŰșۧÙ۱ / Ä Ăąfir / TrĂšs-Recouvreur, verset 71. Trad. M. Maurice Gloton, p. 475, Ă©d. Albouraq 2018.
Col
Sourate 38, áčąĂąd, verset 33
ruddĆ«hÄ Êżalayya fa-áčafiqa masáž„an bi-s-sĆ«qi wa-l-ÊŸaÊżnÄqi
« Ramenez-les-moi ! Il se mit alors à (leur) flatter les jambes et le col. »
Sourate 38, Ű” / áčąĂąd, verset 33. Trad. M. Maurice Gloton, p. 455, Ă©d. Albouraq 2018.
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X. Racines arabes apparentées
Ù-Ù-Ù (n-w-q) â la chamelle au long cou
La racine Ù-Ù-Ù (q-w-n) â dresser un chameau, mettre en ordre, faire avec soin, nettoyer la chair de la graisse â forme le nom de la chamelle ÙÙۧÙÙŰ© (nÄqa), ainsi nommĂ©e pour son long cou, mammifĂšre qui allaite et prend soin de ses petits. Cette racine, liĂ©e Ă l’Ă©gyptien ynážł, figure sept fois dans le Coran :
Sourate 26, AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ, verset 155
qÄla hÄdhihÄ« nÄqatun lahÄ shirbun wa-lakum shirbu yawmin maÊżlĆ«min
« Il dit : Voici une chamelle ! à elle de boire et à vous de boire, au jour désigné. »
Sourate 26, ۧÙŰŽŰč۱ۧۥ / AĆĄ-Ć uÊżarĂąÊŸ / Les PoĂštes, verset 155. Trad. M. Maurice Gloton, p. 373, Ă©d. Albouraq 2018.
Űź-Ù-Ù (kh-n-q) â Ă©trangler
La racine Ù-Ù-Űź (q-n-kh) Ă©voque directement l’un des sens de l’Ă©gyptien ynážł (Ă©trangler) : ŰźÙÙÙÙÙ (khanaqa) â Ă©trangler, Ă©touffer ; ŰźÙÙÙŰ§Ù (khinÄq) â cou, corde de strangulation ; ŰźÙÙÙÙ (khanq) â strangulation. Elle figure en hapax coranique sous la forme munkhaniqa (la bĂȘte morte par strangulation) :
Sourate 5, Al-MĂąÊŸida, verset 3
áž„urrimat Êżalaykumu l-maytatu wa-d-damu wa-laáž„mu l-khinzÄ«ri… wa-l-munkhaniqatu wa-l-mawqĆ«dhatu…
« Vous sont dĂ©fendus la bĂȘte morte, le sang, la viande de porc… celle morte par Ă©touffement ou strangulation, celle frappĂ©e Ă mort… »
Sourate 5, ۧÙÙ Ű§ŰŠŰŻŰ© / Al-MĂąÊŸida / La Table servie, verset 3. Trad. M. Maurice Gloton, Ă©d. Albouraq 2018.
âž»
XI. Les langues mandĂ© â le cou, la voix, l’amour
Il est remarquable, en s’Ă©loignant du domaine sĂ©mitique, de retrouver au sein des langues nigĂ©ro-congolaises â notamment mandĂ© comme le soninkĂ© ou le bambara â des vocables liĂ©s au nom du cou, de la gorge, de la voix, de la langue, ou Ă ce qui ornemente le cou, ou encore Ă l’alliance, Ă l’union et Ă l’amour, qui rappellent sur les plans phonĂ©tique et sĂ©mantique l’Ă©gyptien đđđđđđĄ (ynážł / ineq) et sa mĂ©tathĂšse đđđđđĄ (ážłny / qeni). Nous souscrivons Ă l’exclusion qu’il s’agisse d’emprunts Ă des langues sĂ©mitiques.
| Correspondances | Hiéroglyphe | Mandé |
|---|---|---|
| occlusive vĂ©laire | đ (ážł, q) | x, k, g |
| nasale | đ (n) | n |
| semi-voyelle | đ (y) | 0 ; y |
En soninké
xanne â nom : 1. cou ; 2. voix, langue, bruit
xanu / xenu â verbe : aimer, s’attacher Ă quelqu’un
xanuyĂ© â nom : amour
xana â nom : ami, amant
xanaaxu â nom : amitiĂ©, alliance, union
En bambara
kĂĄn â nom : cou, gorge, voix, parole, langue parlĂ©e, bruit, son. Variante : kĂĄnkanna (cou). Pour dire Ă quelqu’un qui chante d’Ă©lever la voix : Ă kĂĄn kÉÌrÉta !
kĂĄnÉČÉ â nom : gorgĂ©e
kÉÌnÉn â nom : collier
kĂ nu â verbe : aimer, s’attacher Ă quelqu’un, dĂ©sirer, plaire
kĂ nu â nom : amour
kĂ nuya â nom : amour, passion, charitĂ© ; verbe : aimer
ngÉÌÉnÉ / ngÉÌÉni â nom : gorge, amygdales
La convergence est frappante : la mĂȘme racine qui, en Ă©gyptien, unit le geste d’enlacer (prendre au cou) et celui d’unir, se retrouve dans le mandĂ© oĂč kĂĄn (le cou, la voix) et kĂ nu (aimer, s’attacher) partagent la mĂȘme matrice sonore â comme si l’amour y Ă©tait nommĂ© depuis le geste d’entourer le cou de l’autre.
Cas particulier â đđđ Żđ áž«n (la parole)
Le vocable đđđ Żđ (lire áž«n / khen) â parole, discours, requĂȘte, plainte, adage, maxime, et aussi expression musicale â offre un parallĂšle supplĂ©mentaire avec le mandĂ©, oĂč kĂĄn dĂ©signe Ă la fois le cou, la voix et la parole, et oĂč le soninkĂ© xanne rĂ©unit de mĂȘme « cou » et « voix ».
âž»
XII. SynthĂšse : une racine du lien
D’un bout Ă l’autre de cette constellation, la mĂȘme matrice consonantique y-n-ážł / ážł-n-y et ses mĂ©tathĂšses portent une idĂ©e unique dĂ©clinĂ©e : ce qui unit. Le cou qui joint la tĂȘte au tronc, l’Ă©treinte qui enlace, le collier qui ceint, le sein qui nourrit, la voix qui relie â et jusqu’Ă l’amour lui-mĂȘme dans le mandĂ©. De l’Ă©gyptien ynážł (unir, Ă©treindre, prendre au cou) au sein pharaonique ážłny, de l’arabe Êżunuq (le cou) et ÊżinÄq (l’accolade) Ă l’hĂ©breu Êżanaq (le collier, et le gĂ©ant au long cou), du bambara kĂĄn (cou, voix) Ă kĂ nu (aimer) â c’est une mĂȘme intuition qui traverse les langues : nommer le lien depuis le lieu du corps oĂč il se noue.
đ đđđ đđđđ ážáž„wty Ăážłr â Djehouty L’Excellent