đđđŽđ±đ áž„bs / áž„ebes
VĂȘtir, couvrir, contenir
Du vĂȘtement qui enveloppe Ă l’enveloppe qui retient â la racine áž„-b-s
Ăgyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · Arabe
Sous les auspices de đ đđđ đđđđ (ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
áž„bs áčŻw mw.t=k TÈj.t
« ta mĂšre Tayt tâa vĂȘtu »
Textes des Pyramides de lâĂgypte Ancienne, T.1, Pyramide de TĂ©ti, passage antichambre-serdab, T/A-S/S, col. 8, Spruch {417}, §741 b. Trad. M. Cl. Carrier, pp. 366-367, Ă©d. CYBELE 2009.
wn=j áž„nÊż កr hrw áž„bs
« Je suis avec Horus le jour de recouvrir »
tĆĄtĆĄ(=w ) en tpáž„.wt, jÊż(.t) Wráž-jb
« Celui qui est Ă©crasĂ©, dâouvrir les grottes, de laver lâInerte »
sĆĄ rÈ n(y) sĆĄy.wt m RÈ-stÈ.w
« (et) de traverser lâaccĂšs aux choses secrĂštes dans Roseteau. »
Le Papyrus dâAny, vol. II (BM EA 10470), chap. 1 A (suite 3), 18-20. Trad. M. Cl. Carrier, Ă©d. CYBELE 2010.
ŚÖ¶ÖŒŚÖŸŚÖžŚÖžŚ ŚÖ¶ŚȘÖŸŚÖ°ŚšŚÖ茹ַ Ś€Ö·ÖŒŚšÖ°ŚąÖčŚ ŚÖ¶ŚÖ¶ŚÖ°ÖŸŚÖŽŚŠÖ°ŚšÖ·ŚÖŽŚ Ś©ÖžŚŚÖžŚšÖ°ŚȘÖŽÖŒŚ ŚÖ°ŚÖŽŚ Ö”ÖŒŚ ŚÖčŚÖŸŚÖ»ŚÖ°ÖŒŚ©ÖžŚŚ ŚÖžŚȘÖ”ŚȘ ŚšÖ°Ś€Ö»ŚŚÖčŚȘ ŚÖžŚ©ŚŚÖŒŚ ŚÖŽŚȘÖŒŚÖŒŚ ŚÖ°ŚÖžŚÖ°Ś©ÖžŚŚÖŒ ŚÖ°ŚÖžŚÖ°Ś§ÖžŚÖŒ ŚÖŽŚȘÖ°Ś€ÖčÖŒŚ©Ś ŚÖ¶ÖŒŚÖžŚšÖ¶Ś
ben-âÄ-ážÄm âeáčŻ-zÉ-rĆ-w-aÊż par-ÊżĆh me-leáž”-miáčŁ-ra-yim ĆĄÄ-ážÄ-rÉ-tĂź; wÉ-hin-nĂȘh lĆ-áž„ub-bÉ-ĆĄÄh lÄ-áčŻĂȘáčŻ rÉ-pÌu-âĆ-wáčŻ lÄ-ĆĆ«m áž„it-tĆ«l lÉ-áž„Ä-ážÉ-ĆĄÄh lÉ-áž„Ä-zÉ-qÄh liáčŻ-pĆĆ be-áž„Ä-reáž.
« Fils de lâhomme, jâai rompu le bras de Pharaon, roi dâĂgypte ; et voici, on ne lâa point pansĂ© pour le guĂ©rir, on ne lâa point enveloppĂ© dâun bandage pour le lier et le raffermir, afin quâil puisse manier lâĂ©pĂ©e. »
ĂzĂ©chiel 30:21, Bible (trad. Louis Segond).
âž»
Introduction â le vĂȘtement et la contrainte
Le verbe đđđŽđ±đ (áž„bs / áž„ebes) dit d’abord un geste simple et quotidien : vĂȘtir, habiller, couvrir. On en tire le nom du vĂȘtement, de la couverture, du linge â et, par extension, le revĂȘtement, la peau qui couvre le corps. C’est le mot de ce qui enveloppe.
Mais une mĂȘme racine, en Ă©gyptien dĂ©jĂ , glisse de « couvrir » vers « Ă©touffer » â car le vĂȘtement qui serre est aussi celui qui oppresse. Et c’est ce second versant que les langues sĂ©mitiques ont dĂ©veloppĂ© : l’hĂ©breu áž„-b-ĆĄ (áž„ÄážaĆĄ) dit lier, nouer, panser, ceindre, seller ; l’arabe áž„-b-s (áž„abasa) dit contenir, renfermer, confiner â jusqu’Ă emprisonner. Le fil est continu : ce qui enveloppe en vient Ă retenir, puis Ă enfermer.
Nous suivrons ce fil sĂ©mantique â du vĂȘtement Ă la prison â Ă travers l’Ă©gyptien et ses attestations (Textes des Pyramides, Paysan Ă©loquent, Livre des Morts, Papyrus Ebers), puis l’hĂ©breu biblique et l’arabe coranique, en gardant partout le texte sous les yeux.
âž»
I. Les signes
Le mot s’Ă©crit đđđŽđ±đ â trois consonnes áž„-b-s, un dĂ©terminatif de corde, un dĂ©terminatif d’effort.
1.1 đ â la mĂšche de lin tressĂ© (áž„)
Fricative pharyngale sourde áž„. Copte Ï© (hori) [h, ħ], âł (kha) ; hĂ©breu Ś (áž„et), rarement Śą (Êżayin) ; arabe Ű (áž„ÄÊŸ), Űč (Êżayn). SĂ©mitiques : áș, áž«, áž„, Ë, Êż.
1.2 đ â la jambe (b)
Occlusive bilabiale sonore b ; le signe figure la jambe, ou le lieu (bw) oĂč elle se pose â l’idĂ©e d’espace. Copte âČ [b, v, w], âČ [m], âČĄ [p] ; hĂ©breu ŚÖŒ / Ś (bet) ; arabe Űš (bÄÊŸ) ; phĂ©nicien đ€ (beth, « maison »). SĂ©mitiques : b, m, p.
1.3 đŽ â l’Ă©toffe pliĂ©e (s)
TranslittĂ©ration s / Ć ; phonogramme unilitĂšre, Ă©quivalent du verrou đ (z) de l’Ancien Empire â les deux valant /s/ ou /z/. HĂ©breu Ś©Ś / Ś©Ś (sin/shin) ; arabe Ű” (áčŁÄd), Űł (sÄ«n) ; phĂ©nicien đ€. SĂ©mitiques : s, z, áčŁ, áčŻ, ĆĄ.
1.4 Les déterminatifs
đ± â boucle de corde, extrĂ©mitĂ©s vers le haut : idĂ©ogramme de corde, dĂ©terminatif de vĂȘtement, d’habillement, d’empaquetage.
đ â homme frappant Ă deux mains : dĂ©terminatif de force, de contrainte, de ce qui demande un effort.
đł â bande d’Ă©toffe frangĂ©e : dĂ©terminatif de vĂȘtir, d’habiller â mais aussi de dĂ©vĂȘtir, de dĂ©nuder.
đĄ â entrave pour le bĂ©tail ; đ â verrou. Deux images de ce qui lie et ferme â dĂ©jĂ le versant « contenir » inscrit dans la graphie.
âž»
II. Vocables de l’Ă©gyptien ancien
đđđŽđ±đ (áž„bs / áž„ebes) â verbe : se vĂȘtir, s’habiller, couvrir, recouvrir, voiler, ĂȘtre Ă©touffĂ©, meubler, installer une maison. Nom : couverture, habit, vĂȘtement, linge, revĂȘtement cutanĂ©, peau.
đđđŽđ ±đłđȘ (áž„bsw / áž„ebesou) â nom : habits, vĂȘtements, habillement.
đđđŽđ ±đđł (áž„bs-w.t / áž„ebesou.t) â nom : tissu, couverture, vĂȘtement.
đđđŽđłđ (áž„bsw / áž„ebesou) â nom : prĂȘtre habilleur.
đđđŽđ ±đĄ (áž„bsw / áž„ebesou) â nom : ballot, paquet.
đđđŽđ±đ (áž„bs / áž„ebes) â nom : couvercle d’un rĂ©cipient.
âž»
III. L’hĂ©ritage copte
Le copte a fidĂšlement transmis la racine, dans ses deux valeurs de verbe et de nom :
ÏšâȱâČâČ„ (sahidique et bohaĂŻrique) â verbe : vĂȘtir, habiller, voiler. De đđđŽđł (áž„bs).
ÏšâČâČ„âȱ (sahidique), ÏšâČâČâČ„âȱ (bohaĂŻrique) â nom : manteau, vĂȘtement, couverture, tissu. De đđđŽđ ±đđł (áž„bs-w.t).
ÏšâČâČâČ„, ÏšâȱâČâČ„ (sahidique) â nom : couverture, enveloppe. De đđđŽđ±đ (áž„bs, le couvercle).
âž»
IV. Le plus ancien emploi â les Textes des Pyramides de TĂ©ti
Nous renvoyons au plus ancien emploi Ă©crit de la racine đ (áž„) · đ (b) · đŽ (s), attestĂ© dans les textes du pharaon TĂ©ti (VIe dynastie, đđđ, â2374 Ă â2354 selon J. P. Allen). Le mot y dit dĂ©jĂ le vĂȘtement dans son plein sens rituel.
« (car) ton vĂȘtement est une peau de lĂ©opard (et) ton vĂȘtement est un pagne-khĂ©sededj »
Textes des Pyramides de Téti, chambre funéraire, T/F/E n inf, col. 8, Spruch {224}, §219 b. Trad. Cl. Carrier, pp. 242-243, éd. CYBELE 2009.
« du pain, de la biĂšre, des vĂȘtements (et) un repas (afin) que TĂ©ti puisse vivre ! »
Textes des Pyramides de Téti, antichambre, T/A/E, col. 48, Spruch {406}, §707 d. Trad. Cl. Carrier, pp. 352-353, éd. CYBELE 2009.
« ta mĂšre Tayt tâa vĂȘtu »
Textes des Pyramides de Téti, passage antichambre-serdab, T/A-S/S, col. 8, Spruch {417}, §741 b. Trad. Cl. Carrier, pp. 366-367, éd. CYBELE 2009.
Le dernier passage nomme Tayt (TÈj.t), la dĂ©esse du tissage et du lin â patronne des Ă©toffes funĂ©raires. VĂȘtir le mort, c’est le confier Ă la dĂ©esse qui l’enveloppe : le geste de áž„bs est d’emblĂ©e un acte sacrĂ© de protection.
« Je suis avec Horus le jour de recouvrir Celui qui est Ă©crasĂ©, dâouvrir les grottes, de laver lâInerte (et) de traverser lâaccĂšs aux choses secrĂštes dans Roseteau. »
Le Papyrus dâAny, vol. II (BM EA 10470), chap. 1 A, 18-20. Trad. Cl. Carrier, Ă©d. CYBELE 2010.
âž»
V. La racine dans la littérature et la médecine
5.1 Le Conte du Paysan Ă©loquent â l’habillement
Dans la SixiĂšme Supplique, le paysan loue le grand intendant qui « repousse la faim » et « repousse la nuditĂ© » â l’habillement (áž„bsw) opposĂ© au dĂ©nuement.
đđŽđđđ Șđ đŒđđ đŽđŁđđŽđđđđŻđđŽđŁđ
« quiconque détruit le mensonge fait surgir la vérité ! (Alors) fais surgir »
« Toute bonne chose et détruis les (mauvaises) choses, comme quand vient la satiété, »
đđ„đđđ đđđđ Ș đđđŽđ ±đłđ„ đ„đđđ đđżđ ±đđł
« qui repousse la faim ; (et) lâhabillement qui repousse la nuditĂ©, »
Le Conte du Paysan Ă©loquent, SixiĂšme Supplique, B1-272 Ă B1-274. Trad. commentĂ©e P. Le Guilloux, Cahier de lâAssociation dâĂgyptologie Isis n° 2, p. 67, Angers 2005.
5.2 Le Livre des Morts â habiller le nu
« Ătant entrĂ© dans Rosetau, jâai cachĂ© Celui que jâai trouvĂ© altĂ©rĂ©. Ătant envoyĂ© Ă Naref, jâai habillĂ© Celui qui Ă©tait nu. »
Le Livre des Morts de lâĂgypte ancienne, chap. 145 (Papyrus de IouefĂąâkh, Turin), (suite 16), p. 583. TranslittĂ©ration et traduction M. Cl. Carrier, Ă©d. CYBELE 2009.
5.3 Le Papyrus Ebers â la « couverture » cutanĂ©e
Dans le lexique anatomique, đđđŽ dĂ©signe la couverture cutanĂ©e â la peau qui enveloppe le corps.
« Si tu analyses une tumeur de la couverture (cutanée) sur le sommet de son ventre, au-dessus de son nombril, tu devras placer ton doigt sur elle »
Papyrus Ebers, planche 106, 7-8. Trad. B. Lalanne et G. Métra, p. 217, éd. Safran.
Ailleurs, la racine dit « recouvrir d’un linge », puis â glissement remarquable â « Ă©touffer » : le cĆur (ib) « assombri » est un cĆur áž„bs, un cĆur couvert, oppressĂ©.
đ„ đłđ đłđđđđąđČđđ
« un (vase-)niou. Laisser passer la nuit, en ayant recouvert dâun linge. »
Papyrus Ebers, planche 21, 68. Trad. B. Lalanne et G. Métra, p. 51, éd. Safran.
« …câest que son ib (cĆur) sera Ă©touffĂ© comme (celui dâ)un homme qui a mangĂ© des figues non entaillĂ©es de sycomore. »
Papyrus Ebers, planche 102, 885 t. Trad. B. Lalanne et G. Métra, p. 208, éd. Safran.
âž»
VI. La descendance hĂ©braĂŻque â Ś-Ś-Ś©Ś
L’hĂ©breu áž„-b-ĆĄ (áž„ÄážaĆĄ) dĂ©ploie le versant « lier » de la racine : contenir, enfermer, nouer, panser, ceindre, seller, bĂąter, ĂȘtre attachĂ©. Le vĂȘtement qui enveloppe devient le lien qui serre et le bandage qui panse.
6.1 Seller
way-yaĆĄ-kĂȘm ÊŸaáž-rÄ-hÄm bab-bĆ-qer, way-ya-áž„Ä-ážĆĆĄ ÊŸeáčŻ-áž„Ä-mĆ-rĆw, way-yiq-qaáž„ ÊŸeáčŻ-ĆĄÉ-nĂȘ nÉ-ÊżÄ-rÄw ÊŸit-tĆw, wÉ-ÊŸĂȘáčŻ yiáčŁ-áž„Äq bÉ-nĆw
« Abraham se leva de bon matin, sella son Ăąne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour lâholocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit. »
GenĂšse 22:3, Bible.
6.2 Attacher
wÉ-áž„Ä-ឥar-tÄ ÊŸĆ-áčŻÄm ÊŸaáž-nĂȘáč ÊŸa-hÄ-rĆn Ć«-ážÄ-nÄw, wÉ-áž„Ä-ážaĆĄ-tÄ lÄ-hem miឥ-bÄ-ÊżĆáčŻ, wÉ-hÄ-yÉ-áčŻÄh lÄ-hem kÉ-hun-nÄh lÉ-áž„uq-qaáčŻ ÊżĆ-w-lÄm
« Tu mettras une ceinture Ă Aaron et Ă ses fils, et tu attacheras des bonnets aux fils dâAaron. Le sacerdoce leur appartiendra par une loi perpĂ©tuelle. Tu consacreras donc Aaron et ses fils. »
Exode 29:9, Bible.
6.3 Bander
mik-kapÌ-re-ឥel wÉ-Êżaáž-rĆĆĄ ÊŸĂȘn-bĆw mÉ-áčŻĆm, pe-áčŁaÊż wÉ-áž„ab-bĆ«-rÄh Ć«-mak-kÄh áčÉ-rĂź-yÄh; lĆ-zĆ-rĆ« wÉ-lĆ áž„ub-bÄ-ĆĄĆ«, wÉ-lĆ ruk-kÉ-áž”Äh baĆĄ-ĆĄÄ-men
« De la plante du pied jusquâĂ la tĂȘte, rien nâest en bon Ă©tat : ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives, qui nâont Ă©tĂ© ni pansĂ©es, ni bandĂ©es, ni adoucies par lâhuile. »
ĂsaĂŻe 1:6, Bible.
6.4 Panser, lier
ben-ÊŸÄ-ážÄm ÊŸeáčŻ-zÉ-rĆ-w-aÊż par-ÊżĆh me-leáž”-miáčŁ-ra-yim ĆĄÄ-ážÄ-rÉ-tĂź; wÉ-hin-nĂȘh lĆ-áž„ub-bÉ-ĆĄÄh lÄ-áčŻĂȘáčŻ rÉ-pÌu-ÊŸĆ-wáčŻ lÄ-ĆĆ«m áž„it-tĆ«l lÉ-áž„Ä-ážÉ-ĆĄÄh lÉ-áž„Ä-zÉ-qÄh liáčŻ-pĆĆ be-áž„Ä-reáž
« Fils de lâhomme, jâai rompu le bras de Pharaon, roi dâĂgypte ; et voici, on ne lâa point pansĂ© pour le guĂ©rir, on ne lâa point enveloppĂ© dâun bandage pour le lier et le raffermir, afin quâil puisse manier lâĂ©pĂ©e. »
ĂzĂ©chiel 30:21, Bible.
âž»
VII. La descendance arabe â Ű-Űš-Űł
L’arabe áž„-b-s (áž„abasa) porte le versant extrĂȘme du glissement sĂ©mantique : de « contenir » à « emprisonner ». Ce qui enveloppe retient, ce qui retient enferme.
ŰÙŰšÙŰłÙ / áž„abasa ; ÙÙŰÙŰšÙŰłÙ / yaáž„bisu (forme I) : contenir, envelopper, serrer une chose dans une autre, renfermer, confiner, empĂȘcher, claustrer, captiver, emprisonner.
ŰÙŰšÙŰł / áž„abs â nom : rĂ©tention, dĂ©tention, emprisonnement, internement, geĂŽle, prison.
Ù ÙŰÙŰšÙŰł / miáž„bas â nom : valve (ce qui retient le flux). Ù ÙŰÙŰšÙŰłÙŰ© / maáž„basa â nom : ermitage (le lieu oĂč l’on se retire, se claustre).
La racine ne figure que deux fois dans le Coran, dans le sens de « retenir, contenir ».
7.1 Retenir (le chĂątiment)
Wa la-ÊŸin ÊŸakhkharnÄ Êżanhumu l-ÊżadhÄba ÊŸilÄ ÊŸummatin maÊżdĆ«datin la-yaqĆ«lunna mÄ yaáž„bisuhĆ«, ÊŸa-lÄ yawma yaÊŸtÄ«him laysa maáčŁrĆ«fan Êżanhum wa áž„Äqa bihim mÄ kÄnĆ« bihÄ« yastahziÊŸĆ«na
« Et si pour eux Nous retardions la correction pour un laps de temps dĂ©terminĂ©, sĂ»rement ils diraient : « Quâest-ce qui la retient ? » Ne viendra-t-il pas Ă eux un Jour oĂč elle ne sera plus dĂ©tournĂ©e dâeux ? â Ce dont ils se moquaient sera pour eux inĂ©vitable. »
Sourate 11 (Hƫd), verset 8, p. 222.
7.2 Retenir (les témoins)
YÄ ÊŸayyuhÄ lladhÄ«na ÊŸÄmanĆ« shahÄdatu baynikum ÊŸidhÄ áž„aážara ÊŸaáž„adakumu l-mawtu ងīna l-waáčŁiyyati thnÄni dhawÄ Êżadlin minkum ÊŸaw ÊŸÄkharÄni min ghayrikum… taáž„bisĆ«nahumÄ min baÊżdi áčŁ-áčŁalÄti
« Ă vous qui avez mis en Ćuvre le DĂ©pĂŽt confiĂ© ! Quand la mort se prĂ©sente Ă lâun de vous, au moment de faire un testament, deux personnes impartiales parmi vous seront requises comme tĂ©moins… Retenez-les alors aprĂšs la priĂšre rituelle. Si vous avez des doutes, quâelles jurent ainsi par AllĂąh : « Nous ne nĂ©gocierons aucun prix pour cela, mĂȘme au profit dâun proche… » »
Sourate 5 (Al-MÄÊŸida, La Table Servie), verset 106, p. 125.
âž»
Conclusion
D’un mĂȘme geste â envelopper â sont nĂ©s des sens que les langues ont ensuite Ă©loignĂ©s. L’Ă©gyptien áž„bs partait du vĂȘtement : couvrir le corps, habiller le mort, protĂ©ger sous la main de la dĂ©esse Tayt. Mais la langue portait dĂ©jĂ l’autre versant : le cĆur áž„bs, « Ă©touffĂ© » du Papyrus Ebers, disait le revers de l’enveloppe â ce qui serre et oppresse.
Les langues sĂ©mitiques ont dĂ©veloppĂ© ce revers. L’hĂ©breu áž„ÄážaĆĄ a retenu le lien : nouer, panser, seller, ceindre â envelopper pour maintenir. L’arabe áž„abasa est allĂ© jusqu’au bout : enfermer, emprisonner â l’enveloppe devenue geĂŽle. Du linge de lin qui protĂšge le mort Ă la prison qui retient le vivant, c’est une seule et mĂȘme racine qui parcourt le champ de ce qui entoure : tantĂŽt pour couvrir et protĂ©ger, tantĂŽt pour contraindre et retenir.
đ đđđ đđđđ ážáž„wty Ăážłr â Djehouty L’Excellent