đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“±đ“€œ  áž„bs / áž„ebes

VĂȘtir, couvrir, contenir

Du vĂȘtement qui enveloppe Ă  l’enveloppe qui retient — la racine áž„-b-s

Égyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · Arabe

Sous les auspices de 𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝 (ណងwty Ă­ážłr | Djehouty L’Excellent) ! ق ۱ ŰĄ

áž„bs áčŻw mw.t=k Tȝj.t
« ta mĂšre Tayt t’a vĂȘtu »
Textes des Pyramides de l’Égypte Ancienne, T.1, Pyramide de TĂ©ti, passage antichambre-serdab, T/A-S/S, col. 8, Spruch {417}, §741 b. Trad. M. Cl. Carrier, pp. 366-367, Ă©d. CYBELE 2009.

wn=j áž„nÊż កr hrw áž„bs
« Je suis avec Horus le jour de recouvrir »
tĆĄtĆĄ(=w ) en tpáž„.wt, jÊż(.t) Wrត-jb
« Celui qui est Ă©crasĂ©, d’ouvrir les grottes, de laver l’Inerte »
sĆĄ rȝ n(y) sĆĄy.wt m Rȝ-stȝ.w
« (et) de traverser l’accĂšs aux choses secrĂštes dans Roseteau. »
Le Papyrus d’Any, vol. II (BM EA 10470), chap. 1 A (suite 3), 18-20. Trad. M. Cl. Carrier, Ă©d. CYBELE 2010.

Ś‘Ö¶ÖŒŚŸÖŸŚÖžŚ“ÖžŚ ڐֶŚȘÖŸŚ–Ö°ŚšŚ•Ö茹ַ Ś€Ö·ÖŒŚšÖ°ŚąÖ覔 ŚžÖ¶ŚœÖ¶ŚšÖ°ÖŸŚžÖŽŚŠÖ°ŚšÖ·Ś™ÖŽŚ Ś©ÖžŚŚ‘ÖžŚšÖ°ŚȘÖŽÖŒŚ™ Ś•Ö°Ś”ÖŽŚ Ö”ÖŒŚ” ڜÖčŚÖŸŚ—Ö»Ś‘Ö°ÖŒŚ©ÖžŚŚ” ŚœÖžŚȘÖ”ŚȘ ŚšÖ°Ś€Ö»ŚŚ•ÖčŚȘ ŚœÖžŚ©Ś‚Ś•ÖŒŚ Ś—ÖŽŚȘÖŒŚ•ÖŒŚœ ŚœÖ°Ś—ÖžŚ‘Ö°Ś©ÖžŚŚ”ÖŒ ŚœÖ°Ś—ÖžŚ–Ö°Ś§ÖžŚ”ÖŒ ŚœÖŽŚȘÖ°Ś€ÖčÖŒŚ©Ś‚ Ś‘Ö¶ÖŒŚ—ÖžŚšÖ¶Ś‘
ben-’ā-តām ’eáčŻ-zə-rƍ-w-aÊż par-ÊżĆh me-leáž”-miáčŁ-ra-yim ƥā-ᾇā-rə-tĂź; wə-hin-nĂȘh lƍ-áž„ub-bə-ƥāh lā-áčŻĂȘáčŻ rə-p̄u-’ƍ-wáčŻ lā-ƛƫm áž„it-tĆ«l lə-ងā-ᾇə-ƥāh lə-ងā-zə-qāh liáčŻ-pƍƛ be-ងā-reᾇ.
« Fils de l’homme, j’ai rompu le bras de Pharaon, roi d’Égypte ; et voici, on ne l’a point pansĂ© pour le guĂ©rir, on ne l’a point enveloppĂ© d’un bandage pour le lier et le raffermir, afin qu’il puisse manier l’épĂ©e. »
ÉzĂ©chiel 30:21, Bible (trad. Louis Segond).

âž»

Introduction — le vĂȘtement et la contrainte

Le verbe đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“±đ“€œ (áž„bs / áž„ebes) dit d’abord un geste simple et quotidien : vĂȘtir, habiller, couvrir. On en tire le nom du vĂȘtement, de la couverture, du linge — et, par extension, le revĂȘtement, la peau qui couvre le corps. C’est le mot de ce qui enveloppe.

Mais une mĂȘme racine, en Ă©gyptien dĂ©jĂ , glisse de « couvrir » vers « Ă©touffer » — car le vĂȘtement qui serre est aussi celui qui oppresse. Et c’est ce second versant que les langues sĂ©mitiques ont dĂ©veloppĂ© : l’hĂ©breu áž„-b-ĆĄ (ងāជaĆĄ) dit lier, nouer, panser, ceindre, seller ; l’arabe áž„-b-s (áž„abasa) dit contenir, renfermer, confiner — jusqu’Ă  emprisonner. Le fil est continu : ce qui enveloppe en vient Ă  retenir, puis Ă  enfermer.

Nous suivrons ce fil sĂ©mantique — du vĂȘtement Ă  la prison — Ă  travers l’Ă©gyptien et ses attestations (Textes des Pyramides, Paysan Ă©loquent, Livre des Morts, Papyrus Ebers), puis l’hĂ©breu biblique et l’arabe coranique, en gardant partout le texte sous les yeux.

âž»

I. Les signes

Le mot s’Ă©crit đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“±đ“€œ — trois consonnes áž„-b-s, un dĂ©terminatif de corde, un dĂ©terminatif d’effort.

1.1  đ“Ž› — la mĂšche de lin tressĂ© (áž„)

Fricative pharyngale sourde áž„. Copte Ï© (hori) [h, ħ], Ⳉ (kha) ; hĂ©breu Ś— (áž„et), rarement Śą (Êżayin) ; arabe Ű­ (ងāʟ), Űč (Êżayn). SĂ©mitiques : áș–, áž«, áž„, ˀ, Êż.

1.2  đ“ƒ€ — la jambe (b)

Occlusive bilabiale sonore b ; le signe figure la jambe, ou le lieu (bw) oĂč elle se pose — l’idĂ©e d’espace. Copte âȃ [b, v, w], âș [m], âČĄ [p] ; hĂ©breu Ś‘ÖŒ / Ś‘ (bet) ; arabe Űš (bāʟ) ; phĂ©nicien 𐀁 (beth, « maison »). SĂ©mitiques : b, m, p.

1.3  đ“‹Ž — l’Ă©toffe pliĂ©e (s)

TranslittĂ©ration s / ƛ ; phonogramme unilitĂšre, Ă©quivalent du verrou 𓊃 (z) de l’Ancien Empire — les deux valant /s/ ou /z/. HĂ©breu کڂ / کځ (sin/shin) ; arabe Ű” (áčŁÄd), Űł (sÄ«n) ; phĂ©nicien 𐀑. SĂ©mitiques : s, z, áčŁ, áčŻ, ĆĄ.

1.4  Les dĂ©terminatifs

đ“± — boucle de corde, extrĂ©mitĂ©s vers le haut : idĂ©ogramme de corde, dĂ©terminatif de vĂȘtement, d’habillement, d’empaquetage.

𓀜 — homme frappant Ă  deux mains : dĂ©terminatif de force, de contrainte, de ce qui demande un effort.

𓋳 — bande d’Ă©toffe frangĂ©e : dĂ©terminatif de vĂȘtir, d’habiller — mais aussi de dĂ©vĂȘtir, de dĂ©nuder.

𓐡 — entrave pour le bĂ©tail ; 𓊃 — verrou. Deux images de ce qui lie et ferme — dĂ©jĂ  le versant « contenir » inscrit dans la graphie.

âž»

II. Vocables de l’Ă©gyptien ancien

đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“±đ“€œ (áž„bs / áž„ebes) — verbe : se vĂȘtir, s’habiller, couvrir, recouvrir, voiler, ĂȘtre Ă©touffĂ©, meubler, installer une maison. Nom : couverture, habit, vĂȘtement, linge, revĂȘtement cutanĂ©, peau.

đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“…±đ“‹łđ“Ș (áž„bsw / áž„ebesou) — nom : habits, vĂȘtements, habillement.

đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“…±đ“đ“‹ł (áž„bs-w.t / áž„ebesou.t) — nom : tissu, couverture, vĂȘtement.

𓎛𓃀𓋮𓋳𓀀 (áž„bsw / áž„ebesou) — nom : prĂȘtre habilleur.

đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“…±đ“Ą (áž„bsw / áž„ebesou) — nom : ballot, paquet.

đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“±đ“‹ (áž„bs / áž„ebes) — nom : couvercle d’un rĂ©cipient.

âž»

III. L’hĂ©ritage copte

Le copte a fidĂšlement transmis la racine, dans ses deux valeurs de verbe et de nom :

ÏšâȱâȃâČ„ (sahidique et bohaĂŻrique) — verbe : vĂȘtir, habiller, voiler. De 𓎛𓃀𓋮𓋳 (áž„bs).

ÏšâȃâČ„âȱ (sahidique), ÏšâȉâȃâČ„âȱ (bohaĂŻrique) — nom : manteau, vĂȘtement, couverture, tissu. De đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“…±đ“đ“‹ł (áž„bs-w.t).

ÏšâȟâȃâČ„, ÏšâȱâȃâČ„ (sahidique) — nom : couverture, enveloppe. De đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“±đ“‹ (áž„bs, le couvercle).

âž»

IV. Le plus ancien emploi — les Textes des Pyramides de TĂ©ti

Nous renvoyons au plus ancien emploi Ă©crit de la racine 𓎛 (áž„) · 𓃀 (b) · 𓋮 (s), attestĂ© dans les textes du pharaon TĂ©ti (VIe dynastie, 𓏏𓏏𓇋, −2374 Ă  −2354 selon J. P. Allen). Le mot y dit dĂ©jĂ  le vĂȘtement dans son plein sens rituel.

ងbs=k bȝ, ងbs=k ឫsdត

« (car) ton vĂȘtement est une peau de lĂ©opard (et) ton vĂȘtement est un pagne-khĂ©sededj »

Textes des Pyramides de Téti, chambre funéraire, T/F/E n inf, col. 8, Spruch {224}, §219 b. Trad. Cl. Carrier, pp. 242-243, éd. CYBELE 2009.

t, áž„(n)q.t, áž„bs, jáž«.t, Êżnáž«(w ) T jm

« du pain, de la biĂšre, des vĂȘtements (et) un repas (afin) que TĂ©ti puisse vivre ! »

Textes des Pyramides de Téti, antichambre, T/A/E, col. 48, Spruch {406}, §707 d. Trad. Cl. Carrier, pp. 352-353, éd. CYBELE 2009.

áž„bs áčŻw mw.t=k Tȝj.t

« ta mĂšre Tayt t’a vĂȘtu »

Textes des Pyramides de Téti, passage antichambre-serdab, T/A-S/S, col. 8, Spruch {417}, §741 b. Trad. Cl. Carrier, pp. 366-367, éd. CYBELE 2009.

Le dernier passage nomme Tayt (Tȝj.t), la dĂ©esse du tissage et du lin — patronne des Ă©toffes funĂ©raires. VĂȘtir le mort, c’est le confier Ă  la dĂ©esse qui l’enveloppe : le geste de áž„bs est d’emblĂ©e un acte sacrĂ© de protection.

wn=j áž„nÊż កr hrw áž„bs / tĆĄtĆĄ(=w ) en tpáž„.wt, jÊż(.t) Wrត-jb / sĆĄ rȝ n(y) sĆĄy.wt m Rȝ-stȝ.w

« Je suis avec Horus le jour de recouvrir Celui qui est Ă©crasĂ©, d’ouvrir les grottes, de laver l’Inerte (et) de traverser l’accĂšs aux choses secrĂštes dans Roseteau. »

Le Papyrus d’Any, vol. II (BM EA 10470), chap. 1 A, 18-20. Trad. Cl. Carrier, Ă©d. CYBELE 2010.

âž»

V. La racine dans la littérature et la médecine

5.1  Le Conte du Paysan Ă©loquent — l’habillement

Dans la SixiĂšme Supplique, le paysan loue le grand intendant qui « repousse la faim » et « repousse la nuditĂ© » — l’habillement (áž„bsw) opposĂ© au dĂ©nuement.

𓎟𓋮𓇋𓊃đ“…Ș𓆑 đ“ŽŒđ“‚‹đ“… 𓋮𓆣𓂋𓌮𓐙𓂝𓏏𓏯𓏛𓋮𓆣𓂋

nb sĂ­s.f grg sáž«pr mÈÊżt sáž«pr

« quiconque détruit le mensonge fait surgir la vérité ! (Alors) fais surgir »

𓃀đ“Čđ“„€đ“†‘đ“‚‹đ“‹Žđ“Ž›đ“ƒđ“…“đ“…­đ“…Ș𓃀đ“Čđ“‡đ“‡‹đ“‚»đ“Č𓋎𓐠𓄿𓅱
bw nb nfr, sáž„tm bw mĂ­, Ă­w sȝw

« Toute bonne chose et détruis les (mauvaises) choses, comme quand vient la satiété, »

đ“€đ“‡„đ“‚‹đ“€œđ“†‘ 𓎛𓈎𓂋đ“…Ș đ“Ž›đ“ƒ€đ“‹Žđ“…±đ“‹łđ“„ đ“‡„đ“‚‹đ“€œđ“†‘ đ“‡‰đ“„żđ“…±đ“đ“‹ł

តr.f ងឳr, áž„bsw តr.f ងȝwt

« qui repousse la faim ; (et) l’habillement qui repousse la nuditĂ©, »

Le Conte du Paysan Ă©loquent, SixiĂšme Supplique, B1-272 Ă  B1-274. Trad. commentĂ©e P. Le Guilloux, Cahier de l’Association d’Égyptologie Isis n° 2, p. 67, Angers 2005.

5.2  Le Livre des Morts — habiller le nu

jw=j Êżq=kw r Rȝ-stȝ.w, jmn~n=j gm(w )~n=j Ăž tĆĄ(=w ), h(ȝ)b{tw}=kw r Nr=f, áž„bs~n=j nty ងȝw=w

« Étant entrĂ© dans Rosetau, j’ai cachĂ© Celui que j’ai trouvĂ© altĂ©rĂ©. Étant envoyĂ© Ă  Naref, j’ai habillĂ© Celui qui Ă©tait nu. »

Le Livre des Morts de l’Égypte ancienne, chap. 145 (Papyrus de Iouefñ’kh, Turin), (suite 16), p. 583. TranslittĂ©ration et traduction M. Cl. Carrier, Ă©d. CYBELE 2009.

5.3  Le Papyrus Ebers — la « couverture » cutanĂ©e

Dans le lexique anatomique, 𓎛𓃀𓋮 dĂ©signe la couverture cutanĂ©e — la peau qui enveloppe le corps.

jr wp(=w )=k Êż ȝ.t n(y).t áž„bs áž„r wp.t n(y).t áș–.t=f m áž„ry n(y) áș–pȝ(w )=f, rd(w )~ áž«r=k តbÊż=k áž„r=s

« Si tu analyses une tumeur de la couverture (cutanée) sur le sommet de son ventre, au-dessus de son nombril, tu devras placer ton doigt sur elle »

Papyrus Ebers, planche 106, 7-8. Trad. B. Lalanne et G. Métra, p. 217, éd. Safran.

Ailleurs, la racine dit « recouvrir d’un linge », puis — glissement remarquable — « Ă©touffer » : le cƓur (ib) « assombri » est un cƓur áž„bs, un cƓur couvert, oppressĂ©.

đ“„ 𓋳𓅓𓋳𓀜𓁀𓏊𓂱đ“Č𓇋𓈖

njw. Sតr(=w ), ងbs(=w ) m ងbs

« un (vase-)niou. Laisser passer la nuit, en ayant recouvert d’un linge. »

Papyrus Ebers, planche 21, 68. Trad. B. Lalanne et G. Métra, p. 51, éd. Safran.

ងbs jb=f pw, mj s wnm~=f kȝ.w n(y).w nh.t

« …c’est que son ib (cƓur) sera Ă©touffĂ© comme (celui d’)un homme qui a mangĂ© des figues non entaillĂ©es de sycomore. »

Papyrus Ebers, planche 102, 885 t. Trad. B. Lalanne et G. Métra, p. 208, éd. Safran.

Le pivot sĂ©mantique. Ce dernier emploi est capital : dĂšs l’Ă©gyptien, áž„bs ne dit plus seulement « couvrir » mais « oppresser, Ă©touffer » — le vĂȘtement qui serre. C’est ce sens qui, en arabe, deviendra « retenir, enfermer, emprisonner ». Le passage du vĂȘtement Ă  la prison est dĂ©jĂ  en germe dans la langue des pharaons.

âž»

VI. La descendance hĂ©braĂŻque — Ś—-Ś‘-کځ

L’hĂ©breu áž„-b-ĆĄ (ងāជaĆĄ) dĂ©ploie le versant « lier » de la racine : contenir, enfermer, nouer, panser, ceindre, seller, bĂąter, ĂȘtre attachĂ©. Le vĂȘtement qui enveloppe devient le lien qui serre et le bandage qui panse.

6.1  Seller

Ś•Ö·Ś™Ö·ÖŒŚ©Ö°ŚŚ›Ö”ÖŒŚ ŚÖ·Ś‘Ö°ŚšÖžŚ”ÖžŚ Ś‘Ö·ÖŒŚ‘ÖčÖŒŚ§Ö¶Śš Ś•Ö·Ś™Ö·ÖŒŚ—ÖČŚ‘ÖčŚ©Ś ڐֶŚȘÖŸŚ—ÖČŚžÖčŚšŚ•Öč Ś•Ö·Ś™ÖŽÖŒŚ§Ö·ÖŒŚ— ڐֶŚȘÖŸŚ©Ö°ŚŚ Ö”Ś™ Ś Ö°ŚąÖžŚšÖžŚ™Ś• ŚÖŽŚȘÖŒŚ•Öč Ś•ְڐ֔ŚȘ Ś™ÖŽŚŠÖ°Ś—ÖžŚ§ Ś‘Ö°ÖŒŚ Ś•Öč
way-yaĆĄ-kĂȘm ÊŸaᾇ-rā-hām bab-bƍ-qer, way-ya-ងă-ᾇƍơ ÊŸeáčŻ-ងă-mƍ-rƍw, way-yiq-qaáž„ ÊŸeáčŻ-ơə-nĂȘ nə-ÊżÄ-rāw ÊŸit-tƍw, wə-ÊŸĂȘáčŻ yiáčŁ-ងāq bə-nƍw

« Abraham se leva de bon matin, sella son Ăąne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit. »

GenĂšse 22:3, Bible.

6.2  Attacher

Ś•Ö°Ś—ÖžŚ’Ö·ŚšÖ°ŚȘÖžÖŒ ڐÖčŚȘÖžŚ ŚÖ·Ś‘Ö°Ś Ö”Ś˜ ڐַڔÖČŚšÖ覟 Ś•ÖŒŚ‘ÖžŚ ÖžŚ™Ś• Ś•Ö°Ś—ÖžŚ‘Ö·Ś©Ö°ŚŚȘÖžÖŒ ŚœÖžŚ”Ö¶Ś ŚžÖŽŚ’Ö°Ś‘ÖžÖŒŚąÖčŚȘ Ś•Ö°Ś”ÖžŚ™Ö°ŚȘÖžŚ” ŚœÖžŚ”Ö¶Ś Ś›Ö°ÖŒŚ”Ö»Ś ÖžÖŒŚ” ŚœÖ°Ś—Ö»Ś§Ö·ÖŒŚȘ ŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ
wə-ងā-ឥar-tā ÊŸĆ-áčŻÄm ÊŸaᾇ-nĂȘáč­ ÊŸa-hă-rƍn Ć«-ᾇā-nāw, wə-ងā-ᾇaĆĄ-tā lā-hem miឥ-bā-ÊżĆáčŻ, wə-hā-yə-áčŻÄh lā-hem kə-hun-nāh lə-áž„uq-qaáčŻ ÊżĆ-w-lām

« Tu mettras une ceinture Ă  Aaron et Ă  ses fils, et tu attacheras des bonnets aux fils d’Aaron. Le sacerdoce leur appartiendra par une loi perpĂ©tuelle. Tu consacreras donc Aaron et ses fils. »

Exode 29:9, Bible.

6.3  Bander

ŚžÖŽŚ›Ö·ÖŒŚŁÖŸŚšÖ¶Ś’Ö¶Śœ Ś•Ö°ŚąÖ·Ś“ÖŸŚšÖčŚŚ©Ś ŚÖ”Ś™ŚŸÖŸŚ‘ÖŒŚ•Öč ŚžÖ°ŚȘÖ覝 Ś€Ö¶ÖŒŚŠÖ·Śą Ś•Ö°Ś—Ö·Ś‘ÖŒŚ•ÖŒŚšÖžŚ” Ś•ÖŒŚžÖ·Ś›ÖžÖŒŚ” Ś˜Ö°ŚšÖŽŚ™ÖžÖŒŚ” ڜÖčŚÖŸŚ–ÖčŚšŚ•ÖŒ Ś•Ö°ŚœÖ茐 Ś—Ö»Ś‘ÖžÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒ Ś•Ö°ŚœÖ茐 ŚšÖ»Ś›Ö°ÖŒŚ›ÖžŚ” Ś‘Ö·ÖŒŚ©ÖžÖŒŚŚžÖ¶ŚŸ
mik-kap̄-re-ឥel wə-Êżaត-rƍơ ÊŸĂȘn-bƍw mə-áčŻĆm, pe-áčŁaÊż wə-áž„ab-bĆ«-rāh Ć«-mak-kāh áč­É™-rĂź-yāh; lƍ-zƍ-rĆ« wə-lƍ áž„ub-bā-ĆĄĆ«, wə-lƍ ruk-kə-បāh baĆĄ-ƥā-men

« De la plante du pied jusqu’à la tĂȘte, rien n’est en bon Ă©tat : ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives, qui n’ont Ă©tĂ© ni pansĂ©es, ni bandĂ©es, ni adoucies par l’huile. »

Ésaïe 1:6, Bible.

6.4  Panser, lier

Ś‘Ö¶ÖŒŚŸÖŸŚÖžŚ“ÖžŚ ڐֶŚȘÖŸŚ–Ö°ŚšŚ•Ö茹ַ Ś€Ö·ÖŒŚšÖ°ŚąÖ覔 ŚžÖ¶ŚœÖ¶ŚšÖ°ÖŸŚžÖŽŚŠÖ°ŚšÖ·Ś™ÖŽŚ Ś©ÖžŚŚ‘ÖžŚšÖ°ŚȘÖŽÖŒŚ™ Ś•Ö°Ś”ÖŽŚ Ö”ÖŒŚ” ڜÖčŚÖŸŚ—Ö»Ś‘Ö°ÖŒŚ©ÖžŚŚ” ŚœÖžŚȘÖ”ŚȘ ŚšÖ°Ś€Ö»ŚŚ•ÖčŚȘ ŚœÖžŚ©Ś‚Ś•ÖŒŚ Ś—ÖŽŚȘÖŒŚ•ÖŒŚœ ŚœÖ°Ś—ÖžŚ‘Ö°Ś©ÖžŚŚ”ÖŒ ŚœÖ°Ś—ÖžŚ–Ö°Ś§ÖžŚ”ÖŒ ŚœÖŽŚȘÖ°Ś€ÖčÖŒŚ©Ś‚ Ś‘Ö¶ÖŒŚ—ÖžŚšÖ¶Ś‘
ben-ʟā-តām ÊŸeáčŻ-zə-rƍ-w-aÊż par-ÊżĆh me-leáž”-miáčŁ-ra-yim ƥā-ᾇā-rə-tĂź; wə-hin-nĂȘh lƍ-áž„ub-bə-ƥāh lā-áčŻĂȘáčŻ rə-p̄u-ÊŸĆ-wáčŻ lā-ƛƫm áž„it-tĆ«l lə-ងā-ᾇə-ƥāh lə-ងā-zə-qāh liáčŻ-pƍƛ be-ងā-reᾇ

« Fils de l’homme, j’ai rompu le bras de Pharaon, roi d’Égypte ; et voici, on ne l’a point pansĂ© pour le guĂ©rir, on ne l’a point enveloppĂ© d’un bandage pour le lier et le raffermir, afin qu’il puisse manier l’épĂ©e. »

ÉzĂ©chiel 30:21, Bible.

âž»

VII. La descendance arabe — ۭ-۹-۳

L’arabe áž„-b-s (áž„abasa) porte le versant extrĂȘme du glissement sĂ©mantique : de « contenir » Ă  « emprisonner ». Ce qui enveloppe retient, ce qui retient enferme.

Ű­ÙŽŰšÙŽŰłÙŽ / áž„abasa ; ÙŠÙŽŰ­Ù’ŰšÙŰłÙ / yaáž„bisu (forme I) : contenir, envelopper, serrer une chose dans une autre, renfermer, confiner, empĂȘcher, claustrer, captiver, emprisonner.

Ű­ÙŽŰšÙ’Űł / áž„abs — nom : rĂ©tention, dĂ©tention, emprisonnement, internement, geĂŽle, prison.

Ù…ÙŰ­Ù’ŰšÙŽŰł / miáž„bas — nom : valve (ce qui retient le flux). Ù…ÙŽŰ­Ù’ŰšÙŽŰłÙŽŰ© / maáž„basa — nom : ermitage (le lieu oĂč l’on se retire, se claustre).

La racine ne figure que deux fois dans le Coran, dans le sens de « retenir, contenir ».

7.1  Retenir (le chĂątiment)

ÙˆÙŽÙ„ÙŽŰŠÙÙ†Ù’ ŰŁÙŽŰźÙŽÙ‘Ű±Ù’Ù†ÙŽŰ§ Űčَنْهُمُ ٱلْŰčÙŽŰ°ÙŽŰ§ŰšÙŽ Ű„ÙÙ„ÙŽÙ‰Ù°Ù“ ŰŁÙÙ…ÙŽÙ‘Ű©Ù مَّŰčÙ’ŰŻÙÙˆŰŻÙŽŰ©Ù لَّيَقُولُنَّ Ù…ÙŽŰ§ ÙŠÙŽŰ­Ù’ŰšÙŰłÙÙ‡ÙÛ„ ŰŁÙŽÙ„ÙŽŰ§ يَوْمَ ÙŠÙŽŰŁÙ’ŰȘِيهِمْ Ù„ÙŽÙŠÙ’ŰłÙŽ Ù…ÙŽŰ”Ù’Ű±ÙÙˆÙÙ‹Ű§ Űčَنْهُمْ ÙˆÙŽŰ­ÙŽŰ§Ù‚ÙŽ ŰšÙÙ‡ÙÙ… Ù…ÙŽÙ‘Ű§ ÙƒÙŽŰ§Ù†ÙÙˆŰ§ÛŸ ŰšÙÙ‡ÙÛŠ ÙŠÙŽŰłÙ’ŰȘَهْŰČÙŰĄÙÙˆÙ†ÙŽ
Wa la-ÊŸin ÊŸakhkharnā Êżanhumu l-Êżadhāba ÊŸilā ÊŸummatin maÊżdĆ«datin la-yaqĆ«lunna mā yaáž„bisuhĆ«, ÊŸa-lā yawma yaÊŸtÄ«him laysa maáčŁrĆ«fan Êżanhum wa ងāqa bihim mā kānĆ« bihÄ« yastahziÊŸĆ«na

« Et si pour eux Nous retardions la correction pour un laps de temps dĂ©terminĂ©, sĂ»rement ils diraient : « Qu’est-ce qui la retient ? » Ne viendra-t-il pas Ă  eux un Jour oĂč elle ne sera plus dĂ©tournĂ©e d’eux ? — Ce dont ils se moquaient sera pour eux inĂ©vitable. »

Sourate 11 (Hƫd), verset 8, p. 222.

7.2  Retenir (les tĂ©moins)

ÙŠÙŽÙ°Ù“ŰŁÙŽÙŠÙÙ‘Ù‡ÙŽŰ§ Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙŠÙ†ÙŽ ŰĄÙŽŰ§Ù…ÙŽÙ†ÙÙˆŰ§ÛŸ ŰŽÙŽÙ‡ÙŽÙ°ŰŻÙŽŰ©Ù ŰšÙŽÙŠÙ’Ù†ÙÙƒÙÙ…Ù’ Ű„ÙŰ°ÙŽŰ§ Ű­ÙŽŰ¶ÙŽŰ±ÙŽ ŰŁÙŽŰ­ÙŽŰŻÙŽÙƒÙÙ…Ù ٱلْمَوْŰȘُ Ű­ÙÙŠÙ†ÙŽ Ù±Ù„Ù’ÙˆÙŽŰ”ÙÙŠÙŽÙ‘Ű©Ù Ù±Ű«Ù’Ù†ÙŽŰ§Ù†Ù Ű°ÙŽÙˆÙŽŰ§ ŰčÙŽŰŻÙ’Ù„Ù مِّنكُمْ ŰŁÙŽÙˆÙ’ ŰĄÙŽŰ§ŰźÙŽŰ±ÙŽŰ§Ù†Ù مِنْ ŰșÙŽÙŠÙ’Ű±ÙÙƒÙÙ…Ù’ Ű„ÙÙ†Ù’ ŰŁÙŽÙ†ŰȘُمْ Ű¶ÙŽŰ±ÙŽŰšÙ’ŰȘُمْ فِى Ù±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰ±Ù’Ű¶Ù ÙÙŽŰŁÙŽŰ”ÙŽÙ°ŰšÙŽŰȘْكُم Ù…ÙÙ‘Ű”ÙÙŠŰšÙŽŰ©Ù ٱلْمَوْŰȘِ ŰȘÙŽŰ­Ù’ŰšÙŰłÙÙˆÙ†ÙŽÙ‡ÙÙ…ÙŽŰ§ Ù…ÙÙ†Ûą ŰšÙŽŰčÙ’ŰŻÙ Ù±Ù„Ű”ÙŽÙ‘Ù„ÙŽÙˆÙ°Ű©Ù
Yā ÊŸayyuhā lladhÄ«na ʟāmanĆ« shahādatu baynikum ÊŸidhā áž„aឍara ÊŸaáž„adakumu l-mawtu ងīna l-waáčŁiyyati thnāni dhawā Êżadlin minkum ÊŸaw ʟākharāni min ghayrikum… taáž„bisĆ«nahumā min baÊżdi áčŁ-áčŁalāti

« Ô vous qui avez mis en Ɠuvre le DĂ©pĂŽt confiĂ© ! Quand la mort se prĂ©sente Ă  l’un de vous, au moment de faire un testament, deux personnes impartiales parmi vous seront requises comme tĂ©moins… Retenez-les alors aprĂšs la priĂšre rituelle. Si vous avez des doutes, qu’elles jurent ainsi par AllĂąh : « Nous ne nĂ©gocierons aucun prix pour cela, mĂȘme au profit d’un proche… » »

Sourate 5 (Al-Māʟida, La Table Servie), verset 106, p. 125.

âž»

Conclusion

D’un mĂȘme geste — envelopper — sont nĂ©s des sens que les langues ont ensuite Ă©loignĂ©s. L’Ă©gyptien áž„bs partait du vĂȘtement : couvrir le corps, habiller le mort, protĂ©ger sous la main de la dĂ©esse Tayt. Mais la langue portait dĂ©jĂ  l’autre versant : le cƓur áž„bs, « Ă©touffĂ© » du Papyrus Ebers, disait le revers de l’enveloppe — ce qui serre et oppresse.

Les langues sĂ©mitiques ont dĂ©veloppĂ© ce revers. L’hĂ©breu ងāជaĆĄ a retenu le lien : nouer, panser, seller, ceindre — envelopper pour maintenir. L’arabe áž„abasa est allĂ© jusqu’au bout : enfermer, emprisonner — l’enveloppe devenue geĂŽle. Du linge de lin qui protĂšge le mort Ă  la prison qui retient le vivant, c’est une seule et mĂȘme racine qui parcourt le champ de ce qui entoure : tantĂŽt pour couvrir et protĂ©ger, tantĂŽt pour contraindre et retenir.

𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝  ážŽáž„wty Ă­ážłr — Djehouty L’Excellent

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