𓍃𓅓𓀭  Ă­tm(w) / ItĂšmou

Atoum — Des traces du nom de l’ancien dieu d’Iounou dans le Coran

Égyptien pharaonique · Copte · HĂ©breu · Arabe

Sous les auspices de 𓅝𓏏𓏭𓅆𓇋𓈎𓂋𓏝 (ណងwty Ă­ážłr | Djehouty L’Excellent) ! ق ۱ ŰĄ

đ“č𓇋𓇋đ“șđ“șđ“ș𓅓𓏏𓍃𓅓𓏏đ“č

Ă­ryt m tm(w)t Ă­r(w)

Ce qui sera accompli sera comme ce qui n’a jamais Ă©tĂ© accompli.

La ProphĂ©tie de NĂ©ferty, in Les ProphĂ©ties de l’Égypte ancienne, trad. AndrĂ© Fermat et Michel Lapidus, p. 223, Ă©d. MdV.

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I. EntrĂ©e principale — Le dieu 𓍃𓅓𓀭

𓍃𓅓𓀭 (lire Ă­tm(w) / ItĂšmou) est le nom en hiĂ©roglyphes d’Atoum (ou Toum, TĂšm), dieu dĂ©miurge d’Iounou (HĂ©liopolis) de l’Égypte antique. Son nom est traduit par « L’IndiffĂ©renciĂ© », « L’IndĂ©fini » ou « L’Accompli qui n’est pas encore ». Il est le dieu autogĂšne qui Ă©mergea du Noun (les Eaux primordiales), engendra le premier couple divin — Shou (l’Air) et Tefnout (le Feu) — et inaugura ainsi la crĂ©ation du monde Ă  partir de la matiĂšre prĂ©existante.

Son nom s’Ă©crit principalement avec l’hiĂ©roglyphe du traĂźneau 𓍃 nommĂ© par les anciens Égyptiens TM / TĂšm, qui signifiait : complet, achevĂ©, parvenu Ă  son terme. Atoum est littĂ©ralement Celui qui est complet, l’ĂȘtre total qui contient en lui la totalitĂ© du rĂ©el avant mĂȘme que celui-ci ne se dĂ©ploie.

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II. Analyse des hiéroglyphes constitutifs

2.1  đ“ƒ — Le traĂźneau (tm / tĂšm)

𓍃 est l’idĂ©ogramme du traĂźneau. PhonĂ©tique : tm. Il symbolise le mouvement, le dĂ©placement et les traces linĂ©aires qui en rĂ©sultent — image des premiĂšres vibrations de l’Énergie crĂ©atrice Ă  la surface du Noun. C’est sur ce signe que repose l’Ă©criture du nom d’Atoum.

2.2  đ“…“ — La chouette (/m/)

𓅓 est le phonogramme unilitĂšre de la consonne /m/. Équivalent Ă  l’hĂ©breu Ś/Śž (mĂšm), Ă  l’arabe م (mÄ«m), au phĂ©nicien đ€Œ Mem. L’eau — que les anciens Égyptiens Ă©crivaient 𓈗 (/mw/ mou) — est le symbole universel de l’Esprit dans ces traditions.

2.3  đ“€­ — L’homme assis portant la barbe

𓀭 est le dĂ©terminatif de dieu, de divinitĂ©, d’homme vĂ©nĂ©rable. PhonĂ©tique : [Ă­]. Il confĂšre Ă  l’ensemble 𓍃𓅓𓀭 le statut de nom divin.

2.4  đ“ — La galette de pain (/t/)

𓏏 est le phonogramme unilitĂšre /t/. Équivalent Ă  l’hĂ©breu ŚȘÖŒ (tav) ou Ś“ (dalet), Ă  l’arabe ŰȘ (tāʟ) ou ŰŻ (dāl). SĂ©mitiques : t, d, áč­. Dans le vocable đ“đ“ƒđ“…“đ“…±đ“€€đ“đ“șđ“șđ“ș (tmw / tĂ©mou), on peut lire en filigrane aTM / aTĂšM → aDĂ©M — correspondance phonĂ©tique avec ŚÖžŚ“ÖžŚ / Adam (hĂ©breu) et ŰąŰŻÙ… / Ādam (arabe).

2.5  đ“„ż — Le vautour percnoptĂšre (Ȝ / l / r / a)

𓄿 est le phonogramme du vautour percnoptĂšre. TranslittĂ©ration Ȝ. Valeurs phonĂ©tiques : /l/, /r/, /a/. Ce signe avait anciennement la valeur de la liquide L — plus ancienne que le /a/ prĂ©fĂ©rentiellement retenu par les premiers Ă©gyptologues. Équivalent Ă  l’hĂ©breu ڐ (Alef), Ă  l’arabe ŰŁ / ŰĄ, mais aussi Ă  ل (lām) et ۱ (rāʟ).

2.6  đ“…± — Le poussin de caille (/w/ ou /u/)

đ“…± est le phonogramme unilitĂšre /w/ ou /u/. Équivalent Ă  l’hĂ©breu Ś• (vav), Ă  l’arabe و (wāw), au copte âȟâČ© / âȰ.

2.7  đ“‚œ — Le bras en geste de nĂ©gation

𓂜 est le dĂ©terminatif de la nĂ©gation. Dans le vocable 𓍃𓏏𓂜𓅓 (tm / tĂšm : pĂ©rir), il injecte la nĂ©gation du mouvement et de la vie dans la racine.

2.8 Autres signes

đ“…« — Alouette huĂ©e. DĂ©terminatif de petit, de mal, de souffrance. Dans đ“ƒđ“…“đ“…« (tm / tĂšm) : pĂ©rir, se dissiper.

𓆇 — ƒuf. DĂ©terminatif de ce qui est clos, fermĂ©. Dans 𓏏𓅓𓅓𓆇 (tmm / tĂ©mĂšm : se fermer).

đ“șđ“șđ“ș — Trois traits, signe du pluriel (áž«mt / khĂ©mĂšt). EmployĂ© pour noter tmw / tĂ©mou (l’HumanitĂ© entiĂšre).

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III. Tableau des vocables de l’Ă©gyptien pharaonique

HiéroglypheLectureSens
𓍃𓅓𓀭ítm(w) / ItĂšmouAtoum — dieu dĂ©miurge d’Iounou
𓏏𓍃𓅓tm / tùmVerbe : cesser de, en avoir fini, se dissiper
đ“ƒđ“…“đ“…«tm / tĂšmPĂ©rir, se dissiper (dĂ©term. de souffrance)
𓏏𓍃𓅓tm / tĂšmÊtre complet, entier, parfait / toute chose, l’Univers
đ“đ“ƒđ“…“đ“…±đ“€€đ“đ“șđ“șđ“ștmw / tĂ©mouTous les hommes / l’HumanitĂ© entiĂšre
𓍃𓏏𓂜𓅓tm / tĂšmPĂ©rir (avec dĂ©terminatif de nĂ©gation)
𓏏𓅓𓅓𓆇tmm / tĂ©mĂšmSe fermer, se clore

On notera l’expression nb tm / nĂšb tĂšm — Seigneur de l’Univers — et km3 tm / KĂšma tĂšm — CrĂ©ateur de l’Univers, du tout.

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IV. Attestations dans les corpus pharaoniques

Textes des Pyramides

áčŻn kw j-jn=sn m rn=k n(y) náčŻr áž«pr r=k jtm(w) náčŻr nb

« Redresse-toi » disent-ils « en ton nom de dieu ! Deviens donc celui que chaque dieu complÚte »

Textes des Pyramides d’Ounas, W/F/S, col. 12-13, Spruch {215}, §147b. M. Claude Carrier, p. 70, Ă©d. CYBELE 2009.

jnk RÊż – Tm nb tm 2 sp

(car) je suis RĂȘ-Atoum, le MaĂźtre de la totalitĂ© tout entiĂšre.

CT III, Spell [167] (sarcophage S2C). M. Claude Carrier, p. 418, éd. du Rocher 2004.

Nb tm jnk tm m Ăž wn(=w) wÊż=kw áž«pr~n=j m

du MaĂźtre de la totalitĂ© : « C’est Ă  moi qu’appartient la totalitĂ© quand il s’est trouvĂ© que j’Ă©tais seul »

Livre des Morts, Chapitre 17 (Papyrus d’Any, BM EA 10470). M. Claude Carrier, Ă©d. CYBELE 2009.

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V. Adam — đ“đ“ƒđ“…“đ“…± (tmw) et l’HumanitĂ© entiĂšre

Le vocable đ“đ“ƒđ“…“đ“…±đ“€€đ“đ“șđ“șđ“ș (tmw / tĂ©mou) dĂ©signe en ancien Ă©gyptien tous les hommes, l’HumanitĂ© entiĂšre. On y voit l’homme 𓀀, la femme 𓁐 et le signe de la pluralitĂ© đ“șđ“șđ“ș. Variantes : 𓍃𓀀𓁐đ“șđ“șđ“ș ou đ“đ“ƒđ“‚»đ“€€đ“đ“Ș.

Le nom du premier ĂȘtre humain — ŚÖžŚ“ÖžŚ / Adam (hĂ©breu) et ŰąŰŻÙ… / Ādam (arabe) — vient du tm des anciens Égyptiens. La galette 𓏏, dentale, Ă©quivaut Ă  ŚȘÖŒ/Ś“ en hĂ©breu et ŰȘ/ŰŻ en arabe. On lit en filigrane : aTM / aTĂšM → aDĂ©M.

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VI. La racine [ŰȘ–م–م] dans le Coran

Vingt-cinq passages coraniques contiennent des vocables issus de la racine bilitĂšre tm des anciens Égyptiens, devenue trilitĂšre en arabe [ŰȘ–م–م / t–m–m] par gĂ©mination de la labiale [m]. Cette racine n’est pas attestĂ©e en akkadien.

Vocable arabeLectureSens
ŰŁŰȘَمَّ – يُŰȘِمُّatamma, yatimmuaccomplir, achever, terminer, complĂ©ter, parfaire
ŰȘَمَّمَtammamaaccomplir, parachever, clore, conclure
ŰȘÙŽŰ§Ù…Ù‘tāmmcomplet, total, entier, achevĂ©, parfait
ŰȘÙŽÙ…ÙŽŰ§Ù…tamāmtotal, fini, achevĂ©, parfait (adj.)
Ű„ÙŰȘÙ’Ù…ÙŽŰ§Ù…itmāmaboutissement, achĂšvement, parachĂšvement
مُŰȘَمَّم / مُŰȘِمّmoutammam / moutimmachevĂ©, accompli, complĂ©mentaire

Sourate 6, verset 115

وَŰȘَمَّŰȘْ كَلِمَŰȘُ Ű±ÙŽŰšÙÙ‘ÙƒÙŽ Ű”ÙŰŻÙ’Ù‚Ù‹Ű§ وَŰčÙŽŰŻÙ’Ù„Ù‹Ű§ Ù„ÙŽÙ‘Ű§ Ù…ÙŰšÙŽŰŻÙÙ‘Ù„ÙŽ لِكَلِمَٰŰȘِهِۊ
Wa Tammat Kalimatu Rabbika áčąidqān Wa ÊżAdlān Lā Mubaddila Likalimātihi

La parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vĂ©ritĂ© et justice.

Sourate 6 (Al-AnÊżÄm), verset 115, Coran, trad. M. Maurice Gloton, Ă©d. Albouraq 2018.

Sourate 5, verset 3

ٱلْيَوْمَ ŰŁÙŽÙƒÙ’Ù…ÙŽÙ„Ù’ŰȘُ لَكُمْ ŰŻÙÙŠÙ†ÙŽÙƒÙÙ…Ù’ ÙˆÙŽŰŁÙŽŰȘْمَمْŰȘُ Űčَلَيْكُمْ نِŰčْمَŰȘِى
Al-Yawma ÊŸAkmaltu Lakum DÄ«nakum Wa ÊŸAtmamtu ÊżAlaykum NiÊżmatÄ«

Aujourd’hui, J’ai parachevĂ© pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait.

Sourate 5 (Al-Māʟida), verset 3, Coran.

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VII. La racine en hĂ©breu — ŚȘÖžÖŒŚžÖ·Ś (tamam)

HébreuTranslittérationSens
ŚȘÖžÖŒŚžÖ·ŚtamamĂȘtre complet, achever, cesser d’ĂȘtre, dĂ©pĂ©rir
ŚȘÖžÖŒŚžÖŽŚ™Śtamiymcomplet, entier, sans tache, intĂšgre, parfait
ŚȘÖčÖŒŚtomintĂ©gritĂ©, innocence, perfection
ŚȘÖžÖŒŚtamparfait, complet, accompli, sans aucun dĂ©faut
ŚÖŽŚ™ÖčÖŒÖŁŚ•Ś‘ … ŚȘÖžÖŒÖ§Ś Ś•Ö°Ś™ÖžŚ©ÖžŚÖ›Śš
ÊŸĂźyƍᾇ… tām wə·yāƥār

Job était parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal.

Job 1 : 1, Bible.

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VIII. Tamr / Tamar — Le palmier et l’intĂ©gritĂ©

Le vocable ŰȘÙ…Ű± / tamr (arabe) et l’hĂ©breu ŚȘÖžÖŒŚžÖžŚš / Tamar sont formĂ©s sur la mĂȘme racine tm que le nom d’Atoum. Le palmier dattier symbolisait l’intĂ©gritĂ©, la vĂ©ritĂ© et la justice chez les Yehoudim :

ŚŠÖ·Ś“ÖŽÖŒŚ™Ś§ Ś›Ö·ÖŒŚȘÖžÖŒŚžÖžŚš Ś™ÖŽŚ€Ö°ŚšÖžŚ— Ś›Ö°ÖŒŚÖ¶ŚšÖ¶Ś– Ś‘Ö·ÖŒŚœÖ°ÖŒŚ‘ÖžŚ ÖčŚ•ŚŸ Ś™ÖŽŚ©Ö°Ś‚Ś’Ö¶ÖŒŚ”
áčŁad·dĂźq kat·tā·mār yip̄·rāង kə·ʟe·rez bal·lə·ជā·nƍwn yiƛ·geh

Les justes croissent comme le palmier, ils s’Ă©lĂšvent comme le cĂšdre du Liban.

Psaumes 92 : 12, Bible.

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Note de conclusion

La racine bilitĂšre tm des Mdw Neter est l’une des plus anciennes et des plus chargĂ©es de la langue pharaonique. On la rencontre dans les plus vieux corpus — Textes des Pyramides d’Ounas et de TĂ©ti — avec ses significations fondamentales : perfection, complĂ©tude, totalitĂ©, cessation, mort. Elle est Ă  la fois le nom du dieu dĂ©miurge d’Iounou et le substrat ontologique de l’idĂ©e d’Un-Tout.

Cette racine s’est transmise sans perte sĂ©mantique majeure Ă  l’hĂ©breu puis Ă  l’arabe. Son absence en akkadien suggĂšre que sa transmission a empruntĂ© le canal de l’hĂ©breu biblique. Les rĂ©dacteurs du Coran ont ainsi laissĂ© dans le texte sacrĂ© des empreintes subtiles de l’hĂ©ritage pharaonique — comme si, pour reprendre les termes de la ProphĂ©tie de NĂ©ferty :

đ“č𓇋𓇋đ“șđ“șđ“ș𓅓𓏏𓍃𓅓𓏏đ“č

Ă­ryt m tm(w)t Ă­r(w)

Ce qui sera accompli sera comme ce qui n’a jamais Ă©tĂ© accompli.

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