đđżđŸđđ» jÈážł / iaq / ireq
Monter · Grimper · Escalader · S’Ă©lever vers le ciel
Ătude lexicographique et Ă©tymologique comparĂ©e
Ăgyptien pharaonique · Copte · Arabe · Bambara & Maninka (langues MandĂ©)
Sous les auspices de đ đđđ đđđđ (ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
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I. EntrĂ©e principale â Verbe
đđżđŸđđ» (lire jÈážł / iaq / ireq) â ou variante đđżđđ» â est un verbe de l’ancien Ă©gyptien dont le champ sĂ©mantique gravite autour de l’idĂ©e centrale d’ascension : monter, grimper, escalader, s’Ă©lever vers le ciel.
Ce vocable est l’un des plus anciens de la langue des pharaons, attestĂ© dans les Textes des Pyramides d’Ounas (-2375 / -2345), pharaon de la 5e dynastie. Sa racine đ(y) · đż(l, r, Ăą) · đ(ážł, q) â lue de gauche Ă droite â est la mĂ©tathĂšse exacte de la racine arabe ۱ â Ù â Ù (râqây), lue de droite Ă gauche, avec les mĂȘmes significations premiĂšres.
La forme đđżđđ€ (lire jÈážł / jaq / ireq) prend les acceptions de bondir, sauter, s’Ă©lancer. Le signe đ€ est le dĂ©terminatif de danser, d’ĂȘtre dans la joie, de jubiler.
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II. Analyse des hiéroglyphes constitutifs
2.1 đ â Roseau fleuri (y / j)
đ est le phonogramme de la constrictive mĂ©dio-palatale sonore /y/ (ou /j/). Alternative : đ. Valeurs : yod, iota, i, y ou ȧ/a.
Copte : âČ/âČ (a) · âČ/âČ (ei/e) · âČ/âČ (Äta/Ä). HĂ©breu : Ś (yĆd) · ŚÖŽ, ŚÖ”. Arabe : Ù, Ű„Ù, Ű„, Ù (YÄÊŸ) · Ù (wÄw). SĂ©mitiques : Ë, i, y, l, w.
2.2 đż â Vautour percnoptĂšre (È / l / r / a)
đż est le phonogramme du vautour percnoptĂšre. TranslittĂ©ration È. Valeurs phonĂ©tiques : /l/, /r/, /a/. Ce signe avait anciennement la valeur de la liquide L â plus ancienne que le /a/ prĂ©fĂ©rentiellement retenu par les premiers Ă©gyptologues.
Copte : âČ/âČ (iĆta/i) · âČ/âČ (ou/o) · âČ/âČ (ei/e) · âČ/âČ (Äta/Ä) · âȱ/Ć. HĂ©breu : Ś (Alef). Arabe : ŰŁ (Aleph) · ŰĄ /Ê/ (Hamza). SĂ©mitiques : Ë, r, l, w, Êż (rare).
2.3 đ â Pintade nubienne (variante de đż)
đ est la pintade nubienne, variante graphique du vautour percnoptĂšre đż. Elle partage la mĂȘme translittĂ©ration È et les mĂȘmes valeurs phonĂ©tiques : /l/, /r/, /a/.
2.4 đ â Dune de sable (q / ážł)
đ est l’occlusive vĂ©laire sourde /q/ ou /ážł/. Voir ážł3.t (qĂ©l.t, hauteur, Ă©minence) et ážł33 (qĂ©lel, colline, terre haute). En bambara (Niger-Congo) : KĂčlu â terre haute, montagne, colline, crĂȘte, huppe d’oiseau.
Copte : /k/ â âČ Â· âČ (B) · /áž”/ â Ï. HĂ©breu : ڧ /k/ (Qoph). Arabe : Ù /q/ (ážłÄf). SĂ©mitiques : ážł, k, q, g, ÄŁ.
2.5 đ» â Jambes marchant (dĂ©terminatif)
đ» est l’idĂ©ogramme de la dĂ©marche, de venir, de revenir. DĂ©terminatif de tout verbe de mouvement. Sa prĂ©sence dans jÈážł souligne la nature cinĂ©tique et dynamique de l’ascension.
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III. Autres signes constitutifs du champ lexical
đł â Poupe de bateau, bilitĂšre mÈ. Sert Ă Ă©crire đłđđđąđ± (lire mÈážł.t / maqe.t / mereqe.t) : Ă©chelle en bois. Nom d’instrument avec le prĂ©fixe m formĂ© sur la racine jÈážł.
đŸ â Houlette de pasteur / sceptre royal (ងឳÈt). Il figure dans la composition du champ sĂ©mantique de l’autoritĂ© et de la hauteur â le roi et le dieu sont associĂ©s Ă l’ascension.
đ€ â Homme dansant, un bras sur la poitrine et l’autre en l’air. IdĂ©ogramme et dĂ©terminatif de danser, ĂȘtre dans la joie, jubiler.
đ â Homme les bras levĂ©s au ciel. DĂ©terminatif de hauteur, ĂȘtre haut, Ă©minent, Ă©levĂ©, se rĂ©jouir, ĂȘtre en deuil.
đą â MĂąt Ă Ă©chelle. IdĂ©ogramme de se tenir, se dresser. Il figure dans la constellation symbolique de l’Ă©chelle pharaonique.
đ â Double escalier (ážłÈj / qaj / qery). DĂ©terminatif de place Ă©levĂ©e, de monter. Il rappelle la forme d’une pyramide Ă degrĂ©s.
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IV. Tableau des correspondances phonétiques
| Hiéroglyphe | Arabe | Hébreu | Copte / Sémitique |
|---|---|---|---|
| đ (y/j) | Ù (YÄÊŸ) / Ù (wÄw) | Ś (yĆd) / ŚÖŽ, ŚÖ” | âČ, âČ, âČ : Ë, i, y, l, w |
| đż / đ (È/l/r/a) | ŰŁ (Aleph) / ŰĄ (Hamza) / ۱ (rÄÊŸ) | Ś (Alef) / Śš (Resh) | âČ, âČ, âČ, âČ, âȱ : Ë, r, l, w |
| đ (q/ážł) | Ù (qÄf) /q/ | ڧ (Qoph) /k/ | âČ, âČ, Ï : ážł, k, q, g, ÄŁ |
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V. Vocables de l’Ă©gyptien pharaonique
đđżđŸđđ» ou đđżđđ» (lire jÈážł / iaq / ireq) â verbe : monter, escalader, s’Ă©lever vers le ciel.
đđżđđ€ (lire jÈážł / jaq / ireq) â verbe : bondir, sauter, s’Ă©lancer.
đłđżđđđą ou đłđđđąđ± (lire mÈážł.t / maqe.t / mereqe.t) â nom : Ă©chelle en bois. Nom d’instrument (prĂ©fixe m) formĂ© sur la racine jÈážł. En copte : âČâČâČ©âČâČ (dialecte bohaĂŻrique). En arabe : Ù Ù۱ÙÙÙۧ۩ / mirqÄáș et Ù Ù۱ÙÙÙۧ۩ / marqÄáș (escaliers, Ă©chelle, marche, montĂ©e, degrĂ©s).
DĂ©motique : mážły â Ă©chelle.
MétathÚses de la racine
En ancien Ă©gyptien, la racine Ă©crite đ(ážł) · đż(È) · đ(y) â de droite Ă gauche â donne :
đđżđđ ou đđż ou đđżđ (lire ážłÈj / qaj / qai / qery) â verbe : ĂȘtre, devenir grand, haut, Ă©levĂ©, se hausser, s’Ă©lever.
đđżđ ± (lire ážłÈw / qaw / qaou / qerou) â nom : hauteur, importance.
đđżđđđ ou đđżđđ (lire ážłÈj.t / qaj.t / qai.t / qeri.t) â nom : hauteur, Ă©minence de terrain, butte primordiale.
Le scribe employait le dĂ©terminatif đ (double escalier) rappelant une pyramide Ă degrĂ©s. Ce dĂ©terminatif indique une place Ă©levĂ©e. Il est aussi utilisĂ© dans le vocable đđđđ (lire ĂÊżr / iÄr) : monter, grimper. Le dĂ©terminatif đ” (mastaba), joint Ă đđ (ĂÊż), donne đđđ” (lire ĂÊż) : s’Ă©lever, monter.
Dans les langues MandĂ© (Niger-Congo) : en bambara yÉÌlÉn â monter, s’Ă©lever, grimper ; en maninka yÉÌlÉ â mĂȘmes acceptions.
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VI. Attestations dans les Textes des Pyramides
Texte 1 â Bondir vers Geb
Bondis donc vers le lieu oĂč est ton pĂšre, vers le lieu oĂč est Geb
Textes des Pyramides d’Ounas, W/F/S, col. 6-7, Spruch {214}, §139 b. M. Claude Carrier, pp. 66-69, Ă©d. CYBELE 2009.
Texte 2 â Monter vers le ciel sur l’Ă©chelle
m rn=s pw n(y) m3q.t
Monte donc, Ounas, vers le ciel ! Escalade-le en ce nom qui est sien de « Ăchelle » !
Textes des Pyramides d’Ounas, W/A/N, col. 20-21, Spruch {306}, §479 a. M. Claude Carrier, pp. 170-171, Ă©d. CYBELE 2009.
Texte 3 â L’Ă©chelle construite par RĂȘ
pr(w) W áž„r m3q.t tn j-jr(w).t~n n=f jt=f RÊż
dresse les deux piliers-djed ! Que vienne l’aube des Pays (afin) qu’Ounas puisse monter sur cette Ă©chelle que lui a construite son pĂšre RĂȘ !
Textes des Pyramides d’Ounas, W/A/S, col. 41, Spruch {272}, §389 b-390 a. M. Claude Carrier, pp. 142-143, Ă©d. CYBELE 2009.
Texte 4 â TĂ©ti dresse son Ă©chelle
wÊżb~n RÊż áž„r=f
d=f áž„bs Êżáž„Êż=f m3q.t
âFormule Ă rĂ©citerâ (Si) TĂ©ti s’est purifiĂ©, c’est sur cette butte de terre sur laquelle RĂȘ s’est purifiĂ© ! (S’) il a disposĂ© une Ă©chelle, c’est qu’il a dressĂ© une Ă©chelle !
Textes des Pyramides de Téti, T/F/W, col. 40, Spruch {333}, §542 a-b. M. Claude Carrier, pp. 208-209, éd. CYBELE 2009.
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VII. Attestations dans les Textes des Sarcophages
Texte 1 â Tresser l’Ă©chelle pour Atoum
jrw~n Ć w m rážw n(y) Êż.wt=f
áčŻs.w m3q.t n Tm
mj.w m áž«sfw jt=áčŻn jm=j
d.y n=j Êż.wy=áčŻn
áčŻs.w n=j m3q.t
à ces huit génies-Heh, gardiens des salles du ciel, que Chou a créés des humeurs de ses membres, tressez une échelle pour Atoum ! Venez à la rencontre de votre pÚre avec moi ! Tendez-moi vos mains ! Tressez pour moi une échelle,
Textes des Sarcophages, vol. 1, CT II, Spell [76] (sarcophage B1C), p. 1, sections a-f. M. Claude Carrier, pp. 204-205, Ăditions du Rocher 2004.
Texte 2 â S’Ă©lever en faucon
mÈÈ=f wj jÈq(w)=j m bjk
Que se rĂ©jouisse donc l’esprit d’Osiris quand il me voit (alors que) je m’Ă©lĂšve en faucon
Textes des Sarcophages, vol. 1, CT II, Spell [149] (sarcophage S2P), p. 246, sections a-b. M. Claude Carrier, pp. 360-361, Ăditions du Rocher 2004.
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VIII. La Scala Ascendere â L’Ă©chelle pharaonique
Dans la cosmologie des Textes des Pyramides, le pharaon dispose de plusieurs vecteurs d’ascension cĂ©leste : le vent (đ€đ nf.t), la forme d’un faucon ou d’autres oiseaux, la fumĂ©e de l’encens, le pilier đœ (ážd / djed), le tourbillon de poussiĂšre â et surtout l’Ă©chelle (m3q.t), instrument rituel par excellence de la montĂ©e au ciel.
Le terme m3q.t est un nom d’instrument formĂ© avec le prĂ©fixe m sur la racine jÈážł. Il dĂ©signe l’Ă©chelle en bois â la Scala Ascendere que pharaon emprunte pour monter au ciel â et constitue l’un des vocables les plus chargĂ©s de la cosmologie pharaonique.
La pyramide Ă degrĂ©s du roi DjĂ©ser â premiĂšre pyramide de l’histoire â n’est autre que cette m3q.t monumentale : une Ă©chelle de pierre, une ascension pĂ©trifiĂ©e vers le ciel.
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IX. Vocables de l’arabe
La racine ۱ â Ù â Ù (yâqâr, lue de droite Ă gauche) ne figure que cinq fois dans le corpus coranique. Elle est la mĂ©tathĂšse exacte de l’Ă©gyptien đ(y) · đż(l,r,Ăą) · đ(ážł,q).
| Forme | Lecture | Sens |
|---|---|---|
| ۱ÙÙÙÙÙ / ÙÙ۱ÙÙÙÙ | raqiya / yarqÄ | monter, escalader, s’Ă©lever par degrĂ©s, gravir (forme I) |
| ۱ÙÙÙÙÙ / ÙÙ۱ÙÙÙÙÙ | raqqÄ / yuraqqÄ« | s’Ă©lever, Ă©lever, promouvoir (forme II) |
| ۱ÙÙÙÙÙ | ruqiyy | progrĂšs, Ă©volution, progression ascensionnelle |
| ۧÙ۱ÙŰȘÙÙÙۧۥ | irtiqÄÊ | escalade, montĂ©e, ascension (nom verbal forme VIII) |
| ŰȘÙ۱ÙÙÙÙÙŰ© | tarqiya | Ă©lĂ©vation, ascension, distinction, accession, avancement, progrĂšs |
| Ù Ù۱ÙÙÙۧ۩ / Ù Ù۱ÙÙÙۧ۩ | mirqÄáș / marqÄáș | escaliers, Ă©chelle, marche, montĂ©e, degrĂ©s |
| ŰȘÙ۱ÙÙÙÙÙŰ© | tarquwa | clavicule â nom dĂ» Ă la position Ă©levĂ©e des clavicules dans la charpente corporelle |
| ۱ÙÙÙÙ / ۱ÙÙÙÙÙŰ© | raqÄ / ruqiya | charmer, envoĂ»ter, protĂ©ger contre le mauvais sort / charme, incantation |
Il est remarquable que la racine arabe ۱âÙâÙ, hĂ©ritiĂšre en mĂ©tathĂšse de la racine pharaonique đ(y) · đż(l,r,Ăą) · đ(ážł,q), ait dĂ©veloppĂ© un champ sĂ©mantique que l’on ne retrouve pas explicitement dans l’ancien Ă©gyptien : celui de ۱ÙÙÙÙ / raqÄ â charmer, envoĂ»ter, protĂ©ger par l’incantation â et de ۱ÙÙÙÙÙŰ© / ruqiya â charme, formule magique protectrice.
Cette extension sĂ©mantique n’est pourtant pas aussi Ă©loignĂ©e qu’il y paraĂźt de l’univers rituel pharaonique. L’ascension cĂ©leste du pharaon â telle que la dĂ©crivent les Textes des Pyramides â n’Ă©tait pas un simple dĂ©placement physique : c’Ă©tait une opĂ©ration rituelle de premiĂšre grandeur, mobilisant des formules prononcĂ©es Ă voix haute, des gestes codifiĂ©s, des supports matĂ©riels (l’Ă©chelle m3q.t, le pilier đœ, le vent, la fumĂ©e de l’encens), et une puissance magique â le áž„kÈ â inhĂ©rente Ă la parole du roi et du prĂȘtre-ritualiste.
La ruqiya arabe â formule rĂ©citĂ©e pour protĂ©ger, guĂ©rir ou conjurer â procĂšde du mĂȘme geste fondamental : la parole qui agit sur le rĂ©el, qui ouvre un passage entre le monde visible et l’invisible. Ce que les Textes des Pyramides nommaient ážd mdw (« parole Ă rĂ©citer ») et que le Coran nomme ruqiya, c’est dans les deux cas une incantation d’Ă©lĂ©vation â vers la guĂ©rison, vers la protection, vers le divin.
On peut ainsi faire l’hypothĂšse que la racine ۱âÙâÙ a conservĂ©, dans la langue arabe, une mĂ©moire sĂ©mantique plus ancienne : celle d’une montĂ©e vers le sacrĂ© par la parole et le rite â ce que la langue pharaonique exprimait par l’acte physique de grimper (jÈážł), mais que le contexte rituel chargeait dĂ©jĂ d’une dimension magico-religieuse que l’arabe a ensuite pleinement dĂ©ployĂ©e.
Occurrences coraniques
S’Ă©lever graduellement â Sourate 17, verset 93
ÊŸAw YakĆ«na Laka Baytun Min Zukhrufin ÊŸAw TarqÄ FÄ« As-SamÄÊŸi Wa Lan NuÊŸumina LiruqÄ«yika កattÄ Tunazzila ÊżAlaynÄ KitÄbÄn NaqraÊŸuhu Qul Subáž„Äna RabbÄ« Hal Kuntu ÊŸIllÄ BasharÄn RasĆ«lÄn
ou que tu n’auras pas une demeure agrĂ©mentĂ©e d’ornements ; ou que tu ne t’Ă©lĂšveras pas graduellement dans le ciel. Nous n’ajouterons pas foi en ton ascension, Ă moins que tu ne fasses descendre sur nous une Ă©criture que nous rĂ©citerons. » Dis : « Immersion insondable en mon Enseigneur ! Que suis-je sinon un messager qui a une forme humaine ? »
Sourate 17, ۧÙۄ۳۱ۧۥ / Al-IsrÄÊŸ / Le Voyage Nocturne, verset 93. Trad. M. Maurice Gloton, p. 291, Ă©d. Albouraq 2018.
Se hisser â Sourate 38, verset 10
ÊŸAm Lahum Mulku As-SamÄwÄti Wa Al-ÊŸAráži Wa MÄ BaynahumÄ FalyartaqĆ« FÄ« Al-ÊŸAsbÄbi
Ou encore, ont-ils la RoyautĂ© des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux deux ? Qu’ils se hissent alors Ă l’aide de cordes !
Sourate 38, Ű” / áčąĂąd, verset 10. Trad. M. Maurice Gloton, p. 453, Ă©d. Albouraq 2018.
Clavicules et exorcisme â Sourate 75, versets 26-27
KallÄ ÊŸIdhÄ Balaghati At-TarÄqÄ« · Wa QÄ«la Man RÄqin
Attention ! Lorsqu’il atteint les clavicules et qu’on dit : « Qui pour exorciser ? »
Sourate 75, ۧÙÙÙŰ§Ù Ű© / Al-QiyĂąma / La RĂ©surrection, versets 26-27. Trad. M. Maurice Gloton, p. 578, Ă©d. Albouraq 2018.
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Note
Je n’ai pu trouver du cĂŽtĂ© de la langue hĂ©braĂŻque de cognats issus de cette racine ancienne Ă©gyptienne đ(y) · đż(l,r,Ăą) · đ(ážł,q) qu’on retrouve en arabe en mĂ©tathĂšse au sein du corpus coranique avec les mĂȘmes significations premiĂšres. Il se peut qu’il en existe mais dans les donnĂ©es dont je dispose je n’en ai pas trouvĂ© traces.
Du cĂŽtĂ© de l’hĂ©breu, une piste possible â avancĂ©e avec prudence â serait la racine Śš-ڧ-Śą (r-q-Êż), dont dĂ©rive ŚšÖžŚ§ÖŽŚŚąÖ· / rÄqĂźaÊż â l’Ă©tendue cĂ©leste, le firmament â tel qu’il apparaĂźt dans la GenĂšse (1 : 8) :
way·yiq·rÄ ÊŸÄ·lĆ·hĂźm lÄ·rÄ·qß·aÊż ĆĄÄ·mÄ·yim…
« Dieu appela l’Ă©tendue (rÄqĂźaÊż) ciel. » â GenĂšse 1 : 8, Bible.
La correspondance des deux premiers radicaux avec l’Ă©gyptien đ(y) · đż(l,r,Ăą) · đ(ážł,q) et l’hĂ©breu ŚšâŚ§âŚą est remarquable, et la rĂ©sonance sĂ©mantique l’est plus encore : le rÄqĂźaÊż hĂ©braĂŻque â ce qui s’Ă©tend et s’Ă©lĂšve au-dessus, l’Ă©tendue cĂ©leste â rĂ©sonne profondĂ©ment avec jÈážł (monter, s’Ă©lever vers le ciel). Mais le troisiĂšme radical pose problĂšme : Śą (ayin) â fricative pharyngale voisĂ©e â s’Ă©carte du đ(ážł/q) pharaonique et du đż(l,r,Ăą) pharaonique, ce qui interdit de conclure avec certitude Ă une parentĂ© Ă©tymologique directe. La convergence sĂ©mantique est nĂ©anmoins frappante, et mĂ©rite d’ĂȘtre signalĂ©e.