đŽđđżđ° snáčŻ / senetch
Habiter la terre, faire sa demeure
Mesurer pour fonder, fonder pour demeurer : la racine s-n-áčŻ
Ăgyptien pharaonique · DĂ©motique · Copte · Akkadien · HĂ©breu · Arabe · Langues couchitiques et MandĂ©
Sous les auspices de đ đđđ đđđđ (ážáž„wty Ăážłr | Djehouty L’Excellent) ! Ù Ű± ŰĄ
« C’est MĂ©renrĂȘ que le fil Ă plomb de la Double EnnĂ©ade avec lequel est mesurĂ© le Champ de Hotep ! »
Textes des Pyramides de MĂ©renrĂȘ, couloir, col. 27-28, Spruch {518}, §1196 b-c. Trad. M. Claude Carrier, Ă©dit. CYBELE 2010.
Fīhi sakīnatun min rabbikum
« En elle une Présence de paix provenant de votre Enseigneur. »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara, verset 248. Trad. M. Maurice Gloton, Albouraq 2018.
Introduction : mesurer pour fonder, fonder une maison pour demeurer
En Ă©gyptien pharaonique, la racine đŽ (s) đ (n) đż (áčŻ) forme le verbe đŽđđżđ° (lire snáčŻ / senetch), qui signifie mesurer, mĂ©trer un terrain, poser les fondations ou fonder une maison. Ăcrite toujours en hiĂ©roglyphes sous cette forme, elle dĂ©signe Ă©galement, en tant que nom, la crĂ©ation, la crĂ©ature, ainsi que la coutume, la rĂšgle et lâhabitude.
L’ordre de ces sens n’est pas arbitraire, mais suit l’ordre logique des opĂ©rations. Avant de construire, on tend le cordeau, on arpente le terrain. C’est ce que dit le dĂ©terminatif đ°, qui figure la boucle de corde de l’arpenteur enroulĂ©e sur elle-mĂȘme, et qui sert prĂ©cisĂ©ment Ă dĂ©terminer les mots en lien avec lâaction de faire un plan, de fonder. Le geste inaugural de toute construction Ă©gyptienne, qui est de mesurer le sol, est ainsi inscrit dans le signe mĂȘme. Du mesurage, du mĂ©trage dâun terrain, sens premier que porte lâĂ©gyptien ancien đŽđđżđ° (lire snáčŻ / senetch), procĂšde la fondation dâune maison, la construction dâun lieu de rĂ©sidence. C’est ce que montrent les langues sĂ©mitiques oĂč la mĂȘme racine en mĂ©tathĂšse a donnĂ© en hĂ©breu le terme Ś©ÖžŚŚÖ·Ś (ĆĄÄkan) et Ă lâarabe celui de ŰłÙÙÙÙÙ (sakana) avec les significations dâhabiter, de demeurer, de rĂ©sider, dâĂȘtre au repos. Le trajet sĂ©mantique ne s’arrĂȘte pas lĂ . De la racine du cĂŽtĂ© de lâhĂ©breu et de lâarabe, que nous remontons ici Ă celle ancienne Ă©gyptienne đŽđđżđ° (lire snáčŻ / senetch), viennent aussi le nom du tabernacle ŚÖŽŚ©Ö°ŚŚÖžÖŒŚ (mishkÄn) et celui de la demeure en arabe Ù ÙŰłÙÙÙÙ (maskan). La racine a gĂ©nĂ©rĂ© en hĂ©breu, le vocable Ś©Ö°ŚŚÖŽŚŚ ÖžŚ (Shekhina) dont lâĂ©quivalent en arabe est ŰłÙÙÙÙÙÙŰ© (sakÄ«na), nommant dans ces deux langues sĂ©mitiques « la PrĂ©sence divine » qui vient habiter parmi les hommes. Du cordeau de l’arpenteur Ă la PrĂ©sence divine dans le sanctuaire, une seule racine parcourt le chemin menant Ă l’installation, Ă lâĂ©tablissement, Ă la rĂ©sidence, Ă lâhabitation.
I. Correspondances phonétiques inter-langues
| Ăgyptien | Arabe | HĂ©breu |
|---|---|---|
| đŽ s, Ć | Űł (sÄ«n) · Ű” (áčŁÄd) | Ś©Ś / Ś©Ś (ĆĄin / Ćin) |
| đ n | Ù (nĆ«n) | Ś (nun) |
| đż áčŻ / tch | Ù (kÄf) | Ś (kaf) |
La troisiĂšme correspondance, celle du đż (áčŻ) rĂ©pondant au k sĂ©mitique, commande toute la dĂ©monstration. Nous y revenons en section II.
II. PhonĂšmes de l’Ă©gyptien pharaonique
2.1 đŽ, le linge pliĂ© (s)
Le signe figure une Ă©toffe pliĂ©e; translittĂ©ration s, Ć.
HĂ©breu : Ś©Ś (Ćin) et Ś©Ś (ĆĄin). Arabe : Ű” (áčŁÄd) ou Űł (sÄ«n). PhĂ©nicien : đ€.
SĂ©mitiques : áčŻ, ĆĄ, Ć.
2.2 đ, le filet d’eau (n)
Occlusive apico-dentale.
Copte : âČ / âČ (nÄ) [n] · âČ / âČ (mÄ) [m] · âČą / âČŁ (rĆ) [r].
HĂ©breu : Ś (nun). Arabe : Ù (nĆ«n). SĂ©mitiques : n, l.
2.3 đ, la galette de pain (t)
Occlusive apico-dentale sourde, aboutissant en copte Ă âČŠ / âȧ (tau) [t, d], ou Ă zĂ©ro. Ăquivaut Ă l’hĂ©breu ŚȘÖŒ (tav), Ă l’arabe ŰȘ (tÄÊŸ), au phĂ©nicien đ€ (taw) et đ€ (teth). SĂ©mitiques : t, d, áč. Ce signe sert de marque du fĂ©minin Ă la finale des vocables.
2.4 đż, la corde Ă anses (áčŻ)
Le signe figure une corde Ă anses servant Ă attacher les animaux. Son Ă©volution phonĂ©tique est documentĂ©e avec prĂ©cision : affriquĂ©e palatale forte et sourde Ă l’Ancien Empire, transcrite Ä; au Moyen Empire, affriquĂ©e prĂ©palatale forte, sourde et aspirĂ©e, Ä, ainsi qu’une occlusive dentale forte et sourde aspirĂ©e notĂ©e t et prononcĂ©e [tʰ]. C’est Ă©galement au Moyen Empire que les phonĂšmes t et áčŻ commencent Ă se confondre Ă l’Ă©crit.
Copte : âČŠ / âȧ (tau) [t] · âČ / âČ (tʰÄta) [tʰ, Ξ].
III. Déterminatifs hiéroglyphiques
đ° : boucle de corde d’arpenteur, enroulĂ©e sur elle-mĂȘme, dĂ©terminatif de fonder, de faire un plan, et du plan lui-mĂȘme.
đ : terre irriguĂ©e, dĂ©terminatif de pays, de contrĂ©e irriguĂ©e.
IV. Vocables de l’Ă©gyptien pharaonique
đŽđđżđ° (lire snáčŻ / senetch) – verbe voulant dire mesurer, mĂ©trer un terrain, poser les fondations, fonder une maison. Comme nom dĂ©signe la crĂ©ation, la crĂ©ature, une coutume, une rĂšgle, une habitude.
đŽđđżđđ°đđ„ (lire snáčŻ.t) – nomme le plan d’Ă©difices; au sens figurĂ© la mesure, la circonspection.
đ°đđđ (lire snáčŻ.t) – nom dĂ©signant les murs de fondation, le plan d’un bĂątiment, le sol.
đđżđđđ (lire msnáčŻt / mesenetchet), nomme une fosse de fondation. Le vocable figure dans les Textes des Pyramides (§786 a).
Démotique : snt, fonder.
V. La mĂ©tathĂšse de s-n-áčŻ Ă s-k-n
Les racines sĂ©mitiques qui portent le sens dâhabiter, de rĂ©sider, de demeurer sont en hĂ©breu, Ś©Ś–Ś–Ś (ĆĄ-k-n), et en arabe Űł–Ù–Ù (s-k-n). La racine de lâĂ©gyptien ancien est s-n-áčŻ. Le passage de l’une Ă l’autre racine suppose un dĂ©placement de position.
| Position Ă©g. | Ăgyptien | Position sĂ©m. | HĂ©breu · Arabe |
|---|---|---|---|
| 1re | đŽ (s) | 1re | Ś©Ś / Űł (ĆĄ / s) |
| 3e | đż (áčŻ) | 2e | Ś / Ù (k) |
| 2e | đ (n) | 3e | Ś / Ù (n) |
La premiĂšre radicale reste Ă la mĂȘme position. Mais les deux suivantes permutent : la troisiĂšme radicale Ă©gyptienne đż (áčŻ), correspondant au k sĂ©mitique, passe en deuxiĂšme position, et le n recule en troisiĂšme. Nous avons donc consonne pour consonne :
Du cĂŽtĂ© de lâĂ©gyptien ancien : đŽ (s) đ (n) đż (áčŻ) â s â n â áčŻ
AprĂšs mĂ©tathĂšse : s â áčŻ â n, et comme áčŻ rĂ©pond au k sĂ©mitique nous avons : s â k â n
HĂ©breu : Ś©Ś–Ś–Ś (ĆĄ-k-n) · Arabe : Űł–Ù–Ù (s-k-n)
VI. L’akkadien et le copte
6.1 Akkadien
ĆĄakÄnu – verbe : faire, placer.
La forme en akkadien conserve l’ordre ĆĄ-k-n avec le sens de poser, de placer, renvoyant Ă l’acte mĂȘme de l’installation, de lâĂ©tablissement Ă mi-chemin entre la signification ancienne Ă©gyptienne de fonder et celle hĂ©braĂŻque dâhabiter.
6.2 Copte
âČ„âȱâČâȧ (dialecte bohaĂŻrique)- verbe voulant dire crĂ©er, fonder, fixer.
âČ„âČâȧâČ (dialecte sahidique)- nom dĂ©signant la fondation, le fondement, la base.
Valeurs phonĂ©tiques mobilisĂ©es : âČ€ / âČ„ (sÄmma) [s] · âȰ / âȱ [oË] · âČ / âČ (nÄ) [n] · âČŠ / âȧ (tau) [t, d] · âČ / âČ (ei) [e].
Ces deux formes du copte tĂ©moignent de lâordre ancien : elles conservent lâordre de lâancien Ă©gyptien des consonnes đŽ (s) đ (n) đż (áčŻ) contrairement Ă l’ordre sĂ©mitique. Par exemple le vocable âČ„âČâȧâČ qui signifie « fondation » et le mot hĂ©breu Ś©ÖžŚŚÖ·Ś (ĆĄÄkan) avec le sens « dâhabiter » proviennent de la mĂȘme racine mais ont Ă©voluĂ© par deux voies distinctes : l’une en ligne directe depuis lâĂ©gyptien ancien, et l’autre par la mĂ©tathĂšse que nous avons prĂ©cĂ©demment dĂ©crite. Ainsi, la langue de l’Ăgypte chrĂ©tienne tĂ©moigne de l’Ă©tat de la langue avant la permutation.
VII. L’hĂ©breu کږږŚ
Ś©ÖžŚŚÖ·Ś (ĆĄÄkan) – verbe : habiter, demeurer, reposer, avoir sa demeure; poser, placer, fixer, Ă©tablir.
Ś©Ö¶ŚŚÖ¶Ś (ĆĄeken) – nom dĂ©rivĂ© de Ś©ÖžŚŚÖ·Ś (ĆĄÄkan) : demeure.
ŚÖŽŚ©Ö°ŚŚÖžÖŒŚ (mishkÄn)- nom : le tabernacle, le sanctuaire, une habitation.
Le verbe hĂ©breu conserve, Ă cĂŽtĂ© du sens d’habiter, ceux de poser, de placer, de fixer, dâĂ©tablir, c’est-Ă -dire prĂ©cisĂ©ment ceux du champ sĂ©mantique de lâĂ©gyptien pharaonique snáčŻ. Les deux moments, fonder et demeurer persistent dans la coexistence.
VIII. L’arabe Űł–Ù–Ù
ŰłÙÙÙÙÙ / ÙÙŰłÙÙÙÙÙ (sakana / yaskunu) – verbe, forme I : habiter, rĂ©sider, demeurer, sĂ©journer, ĂȘtre au repos.
ŰłÙÙÙÙ (sakan) – nom : habitation, installation, demeure, rĂ©sidence, logis, lieu de repos, sĂ©dentaritĂ©, foyer, toit.
ŰłÙÙÙÙÙŰ© (sukna) – nom : quiĂ©tude, tranquillitĂ©.
Ù ÙŰłÙÙÙÙ (maskan) – nom : foyer, demeure, toit, intĂ©rieur, habitat, rĂ©sidence, gĂźte, logis.
ŰłÙۧÙÙÙ (sÄkin) – adjectif : calme, tranquille, paisible, dĂ©tendu, inactif, inerte.
Ù ÙŰłÙÙÙÙÙŰ© (maskana) – nom : dĂ©nuement, indigence, misĂšre.
Ù ÙŰłÙÙÙÙÙ (miskÄ«n) – nom : pauvre, nĂ©cessiteux, misĂ©rable.
8.1 Le paradoxe du miskīn
Comment la racine de l’habitation en arabe en vient-elle Ă nommer l’indigence ?
IX. La Shekhina et la Sakīna, la Présence qui habite
Le vocable hĂ©braĂŻque Ś©ÖžŚŚÖ·Ś (ĆĄÄkan) signifie « habiter, rĂ©sider, demeurer, sĂ©journer », et donne naissance au nom Ś©Ö°ŚŚÖŽŚŚ ÖžŚ (Shekhina) pour dĂ©signer la PrĂ©sence divine. Ce nom signifie littĂ©ralement « ce qui demeure » ou « lâhabitation ». Son Ă©quivalent arabe ŰłÙÙÙÙÙÙŰ© (sakÄ«na) traduit par Maurice Gloton par « PrĂ©sence de paix », est le mĂȘme mot.
Le Tabernacle du dĂ©sert, lieu de rĂ©sidence de Dieu au milieu de son peuple porte le nom de ŚÖŽŚ©Ö°ŚŚÖžÖŒŚ (mishkÄn), qui signifie « le lieu oĂč l’on habite ». Son Ă©quivalent arabe Ù ÙŰłÙÙÙÙ (maskan) est formĂ© exactement de la mĂȘme maniĂšre.
Du cordeau que lâarpenteur de lâĂgypte pharaonique tendait au sol pour dĂ©terminer lâemplacement dâun Ă©difice jusquâĂ la PrĂ©sence divine qui vient habiter le sanctuaire, du cĂŽtĂ© sĂ©mitique, il nây a quâune unique racine et une seule logique : il faut Ă©tablir un lieu pour que quelquâun puisse y rĂ©sider.
Un dernier terme, issu du mĂȘme ensemble, est lâarabe Ù ÙŰŽÙÙÙۧ۩ (mishkÄt), la niche oĂč l’on place la lampe, rendue cĂ©lĂšbre par le verset de la LumiĂšre. Il est reconnu comme un emprunt du lexique coranique au guĂšze, l’Ă©thiopien ancien. Ă lâinstar de la lampe, la niche est Ă©galement un logement, celui de la lumiĂšre.
Ces formes nominales en m- peuvent ĂȘtre rapprochĂ©es de l’Ă©gyptien đđżđđđ (msnáčŻt), la fosse de fondation, attestĂ© aux Textes des Pyramides (§786 a). Dans ce cas Ă©galement, un prĂ©fixe m- forme, Ă partir de la racine de lâĂ©gyptien pharaonique, le nom du lieu.
X. Attestations pharaoniques
La racine đŽ (s) · đ (n) · đż (áčŻ) se rencontre dĂšs les premiers Textes des Pyramides, les plus anciens textes religieux de l’humanitĂ©.
10.1 Remettre en place, fixer : Pyramide de Téti
« Câest ton fils bien-aimĂ© celui qui a remis en place pour toi tes deux yeux. »
Textes des Pyramides de lâĂgypte Ancienne, tome 1, Textes des Pyramides dâOunas et de TĂ©ti. Textes de la Pyramide de TĂ©ti, antichambre, colonne 46, Spruch {369}, §644 c, pages 318-319. TranslittĂ©ration et traduction de M. Claude Carrier, Ă©dit. CYBELE, Paris 2009.
Le sens ici est celui de fixer, de remettre Ă sa place, l’acception la plus proche du geste fondateur. On pense Ă l’Ă©pisode oĂč Horus restitue Ă Osiris ses yeux arrachĂ©s : les remettre en place, c’est les rĂ©installer dans leur assise.
10.2 Mesurer : Pyramide de MĂ©renrĂȘ
« Câest MĂ©renrĂȘ que le fil Ă plomb de la Double EnnĂ©ade avec lequel est mesurĂ© le Champ de Hotep ! »
Textes des Pyramides de lâĂgypte ancienne, tome IV, textes des pyramides de MĂ©renrĂȘ, dâAba, de Neit, dâIpout et dâOudjebten. Textes de la pyramide de MĂ©renrĂȘ, couloir, colonnes 27-28, Spruch {518}, §1196 b Ă 1196 c. TranslittĂ©ration et traduction de M. Claude Carrier, Ă©dit. CYBELE 2010.
XI. Attestations bibliques
La racine Ś©Ś–Ś–Ś est omniprĂ©sente dans le Tanakh, oĂč elle dĂ©signe Ă la fois lâinstallation des hommes et la rĂ©sidence divine parmi eux.
11.1 Placer, établir
way·ឥÄ·reĆĄ ÊŸĂȘáčŻ hÄ·ʟÄ·ážÄm way·yaƥ·kĂȘn miq·qe·ážem lÉ·ឥan-ÊżĂȘ·ážen ÊŸĂȘáčŻ hak·kÉ·ru·ážĂźm wÉ·ʟĂȘáčŻ la·haáč ha·ងe·reáž ham·miáčŻÂ·hap·pe·បeáčŻ liƥ·mĆr ÊŸĂȘáčŻ de·reáž” ÊżĂȘáčŁ ha·ងay·yĂźm
« Câest ainsi quâil chassa Adam; et il mit Ă lâorient du jardin dâĂden les chĂ©rubins qui agitent une Ă©pĂ©e flamboyante, pour garder le chemin de lâarbre de vie. »
GenĂšse 3 : 24, Bible (traduction Louis Segond).
11.2 Habiter, demeurer
way·yiƥ·kÉ·nĆ« mĂȘ·ងÄ·wß·lÄh Êżaáž-ĆĄĆ«r ÊŸÄ·ƥer Êżal-pÉ·nĂȘ miáčŁÂ·ra·yim bĆ·ʟÄ·បÄh ÊŸaƥ·ƥƫ·rÄh Êżal-pÉ·nĂȘ áž”Äl ÊŸe·ងÄw nÄ·pÌÄl
« Ses fils habitĂšrent depuis Havila jusquâĂ Schur, qui est en face de lâĂgypte, en allant vers lâAssyrie. Il sâĂ©tablit en prĂ©sence de tous ses frĂšres. »
GenĂšse 25 : 18, Bible (traduction Louis Segond).
way·yĂȘ·rÄ ÊŸĂȘ·lÄw Yah·weh way·yĆ·mer ÊŸal-tĂȘ·rĂȘáž miáčŁÂ·rÄ·yÉ·mÄh ĆĄÉ·បĆn bÄ·ʟÄ·reáčŁ ÊŸÄ·ƥer ÊŸĆ·mar ÊŸĂȘ·le·បÄ
« LâĂternel lui apparut, et dit : Ne descends pas en Ăgypte, demeure dans le pays que je te dirai. »
GenĂšse 26 : 2, Bible (traduction Louis Segond).
11.3 La Présence divine qui repose
way·yiƥ·kĆn kÉ·ážĆ·wáž Yah·weh Êżal-har sß·nÄy way·បas·sĂȘ·hĆ« heÂ·ÊżÄ·nÄn ĆĄĂȘ·ƥeáčŻ yÄ·mĂźm way·yiq·rÄ ÊŸel-mĆ·ƥeh bay·yĆ·wm haƥ·ƥÉ·ážĂźÂ·ÊżĂź mit·tĆ·wáž” heÂ·ÊżÄ·nÄn
« La gloire de lâĂternel reposa sur la montagne de SinaĂŻ, et la nuĂ©e la couvrit pendant six jours. Le septiĂšme jour, lâĂternel appela MoĂŻse du milieu de la nuĂ©e. »
Exode 24 : 16, Bible (traduction Louis Segond).
wÉÂ·ÊżÄ·ĆĆ« lĂź miq·dÄĆĄ wÉ·ƥÄ·បan·tĂź bÉ·áčŻĆ·w·បÄm
« Ils me feront un sanctuaire, et jâhabiterai au milieu dâeux. »
Exode 25 : 8, Bible (traduction Louis Segond).
wÉ·yÄ·ážÉÂ·ÊżĆ« kĂź ÊŸÄ·nĂź Yah·weh ÊŸÄ·lĆ·hĂȘ·hem ÊŸÄ·ƥer hĆ·w·áčŁĂȘ·áčŻĂź ÊŸĆ·áčŻÄm mĂȘ·ʟe·reáčŁ miáčŁÂ·ra·yim lÉ·ƥÄ·បÉ·nĂź ážÉ·áčŻĆ·w·បÄm ÊŸÄ·nĂź Yah·weh ÊŸÄ·lĆ·hĂȘ·hem
« Ils connaĂźtront que je suis lâĂternel, leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays dâĂgypte, pour habiter au milieu dâeux. Je suis lâĂternel, leur Dieu. »
Exode 29 : 46, Bible (traduction Louis Segond).
Êżal pĂź Yah·weh yisÂ·ÊżĆ« bÉ·nĂȘ yiĆ·rÄ·ʟĂȘl wÉÂ·Êżal pĂź Yah·weh ya·ងÄ·nĆ« kÄl-yÉ·mĂȘ ÊŸÄ·ƥer yiƥ·kĆn heÂ·ÊżÄ·nÄn Êżal-ham·miƥ·kÄn ya·ងÄ·nĆ«
« Les enfants dâIsraĂ«l partaient sur lâordre de lâĂternel, et ils campaient sur lâordre de lâĂternel; ils campaient aussi longtemps que la nuĂ©e restait sur le tabernacle. »
Nombres 9 : 18, Bible (traduction Louis Segond).
wÉ·hÄ·yÄh ham·mÄ·qĆ·wm ÊŸÄ·ƥer yiážÂ·áž„ar Yah·weh ÊŸÄ·lĆ·hĂȘ·បem bĆw lÉ·ƥak·kĂȘn ĆĄÉ·mĆw ĆĄÄm, ĆĄÄm·mÄh tÄ·ážĂźÂ·ÊŸĆ« ÊŸĂȘáčŻ kÄl-ÊŸÄ·ƥer ÊŸÄ·nĆ·បß mÉ·áčŁaw·weh ÊŸeáčŻÂ·áž”em
« Alors il y aura un lieu que lâĂternel, votre Dieu, choisira pour y faire rĂ©sider son nom. Câest lĂ que vous prĂ©senterez tout ce que je vous ordonne, vos holocaustes, vos sacrifices, vos dĂźmes, vos prĂ©mices, et les offrandes choisies que vous ferez Ă lâĂternel pour accomplir vos vĆux. »
Deutéronome 12 : 11, Bible (traduction Louis Segond).
XII. Attestations coraniques
La racine Űł–Ù–Ù figure soixante-neuf fois dans le corpus coranique. Nous les prĂ©sentons classĂ©es par acception.
12.1 Habiter, demeurer, établir
Wa qulnÄ yÄ ÊŸÄdamu skun ÊŸanta wa zawjuka l-jannata wa kulÄ minhÄ raghadan áž„aythu shiÊŸtumÄ wa lÄ taqrabÄ hÄdhihi sh-shajarata fa-takĆ«nÄ mina áș-áșÄlimÄ«na
« Et Nous dĂźmes : « Ă Adam ! Habite en paix le Jardin, toi et ton aspect conjoint, et mangez-en tous deux Ă satiĂ©tĂ© lĂ oĂč vous voulez, et nâapprochez point de cet Arbre car ainsi vous vous trouveriez parmi ceux qui sâentĂ©nĂšbrent dâinjustice. » »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara / La Vache, verset 35, page 6, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
Wa lahu mÄ sakana fÄ« l-layli wa n-nahÄri, wa huwa s-samÄ«Êżu l-ÊżalÄ«mu
« Pour Lui ce qui demeure dans la nuit et le jour. Lui, lâEntendant, le Savant ! »
Sourate 6, ۧÙŰŁÙŰčŰ§Ù / Al-AnÊżÄm / Les Bestiaux, verset 13, page 129, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
RabbanÄ ÊŸinnÄ« ÊŸaskantu min dhurriyyatÄ« bi-wÄdin ghayri dhÄ« zarÊżin Êżinda baytika l-muáž„arrami rabbanÄ li-yuqÄ«mĆ« áčŁ-áčŁalÄta fa-jÊżal ÊŸafÊŸidatan mina n-nÄsi tahwÄ« ÊŸilayhim wa-rzuqhum mina th-thamarÄti laÊżallahum yashkurĆ«na
« Notre Enseigneur ! Jâai Ă©tabli une partie de ma descendance dans une vallĂ©e dĂ©nuĂ©e de cultures, au lieu mĂȘme de Ton Temple sacrĂ© â notre Enseigneur â afin quâils Ă©lĂšvent lâaction unifiante de grĂące. Alors, fais que les cĆurs intimes de certains humains se penchent vers eux. Et pourvois-les de fruits ! Puissent-ils ĂȘtre reconnaissants ! »
Sourate 14, ۧۚ۱ۧÙÙÙ / IbrÄhÄ«m / Abraham, verset 37, page 260, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
12.2 La demeure, la maison
Wa sakantum fÄ« masÄkini lladhÄ«na áșalamĆ« ÊŸanfusahum wa tabayyana lakum kayfa faÊżalnÄ bihim wa ážarabnÄ lakumu l-ÊŸamthÄla
« Et vous avez habitĂ© dans les demeures de ceux qui ont entĂ©nĂ©brĂ© leurs Ăąmes dâinjustices. La façon dont Nous avons agi avec eux vous a Ă©tĂ© rendue Ă©vidente. »
Sourate 14, ۧۚ۱ۧÙÙÙ / IbrÄhÄ«m / Abraham, verset 45, page 261, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
Laysa Êżalaykum junÄáž„un ÊŸan tadkhulĆ« buyĆ«tan ghayra maskĆ«natin fÄ«hÄ matÄÊżun lakum, wa llÄhu yaÊżlamu mÄ tubdĆ«na wa mÄ taktumĆ«na
« Aucun grief contre vous à entrer dans les demeures inhabitées dans lesquelles se trouve un bien utile qui vous appartient. Allùh sait ce que vous exposez et ce que vous cachez. »
Sourate 24, ۧÙÙÙ۱ / An-NĆ«r / La LumiĂšre, verset 29, page 353, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
12.3 Fixer, rendre immobile
ÊŸA-lam tara ÊŸilÄ rabbika kayfa madda áș-áșilla wa law shÄÊŸa la-jaÊżalahu sÄkinan thumma jaÊżalnÄ sh-shamsa Êżalayhi dalÄ«lan
« Ne vois-tu pas comment ton Enseigneur Ă©tend lâombre ? Et sâIl voulait, Il la rendrait immobile. Puis, Nous lui avons assignĂ© le soleil pour guide. »
Sourate 25, ۧÙÙ۱ÙŰ§Ù / Al-FurqÄn / Le CritĂšre, verset 45, page 364, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
ÊŸIn yashaÊŸ yuskini r-rīងa fa-yaáșlalna rawÄkida ÊżalÄ áșahrihi, ÊŸinna fÄ« dhÄlika la-ÊŸÄyÄtin li-kulli áčŁabbÄrin shakĆ«rin
« Et sâIl le voulait, Il apaiserait le vent : alors ils demeureraient immobiles Ă sa surface. Vraiment, en cela : des Signes pour tout ĂȘtre trĂšs endurant, trĂšs reconnaissant ! »
Sourate 42, ۧÙŰŽÙŰ±Ù / AĆĄ-Ć Ć«rÄ / La Concertation, verset 33, page 487, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
12.4 Le repos
Wa min raáž„matihi jaÊżala lakumu l-layla wa n-nahÄra li-taskunĆ« fÄ«hi wa li-tabtaghĆ« min faážlihi wa laÊżallakum tashkurĆ«na
« Et grĂące Ă Son Amour rayonnant, Il a disposĂ© pour vous la nuit et la clartĂ© diurne pour quâainsi vous vous reposiez, et que vous dĂ©siriez ardemment de Sa faveur. Puissiez-vous ĂȘtre reconnaissants ! »
Sourate 28, ۧÙÙ۔۔ / Al-QaáčŁaáčŁ / Le RĂ©cit, verset 73, page 394, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
FÄliqu l-ÊŸiáčŁbÄáž„i wa jaÊżala l-layla sakanan wa sh-shamsa wa l-qamara áž„usbÄnan, dhÄlika taqdÄ«ru l-ÊżazÄ«zi l-ÊżalÄ«mi
« Lui qui fend lâaube, et a fait de la nuit un repos, et du soleil et de la lune une mesure du temps. Telle est la dĂ©termination de lâInaccessible, du Savant. »
Sourate 6, ۧÙŰŁÙŰčŰ§Ù / Al-AnÊżÄm / Les Bestiaux, verset 96, page 140, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
12.5 Les démunis
Wa ÊŸidhÄ áž„aážara l-qismata ÊŸulĆ« l-qurbÄ wa l-yatÄmÄ wa l-masÄkÄ«nu fa-rzuqĆ«hum minhu wa qĆ«lĆ« lahum qawlan maÊżrĆ«fan
« Et quand les proches, et les orphelins et les démunis, assistent au partage, alors accordez-leur quelque chose de ce bien et tenez-leur des propos reconnus convenables. »
Sourate 4, ۧÙÙ۳ۧۥ / An-NisÄÊŸ / Les Femmes, verset 8, page 78, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
Wa ÊŸidh ÊŸakhadhnÄ mÄ«thÄqa banÄ« ÊŸisrÄÊŸÄ«la lÄ taÊżbudĆ«na ÊŸillÄ llÄha wa bi-l-wÄlidayni ÊŸiáž„sÄnan wa dhÄ« l-qurbÄ wa l-yatÄmÄ wa l-masÄkÄ«ni wa qĆ«lĆ« li-n-nÄsi áž„usnan wa ÊŸaqÄ«mĆ« áčŁ-áčŁalÄta wa ÊŸÄtĆ« z-zakÄta thumma tawallaytum ÊŸillÄ qalÄ«lan minkum wa ÊŸantum muÊżriážĆ«na
« Lors, avec les Fils dâIsraĂ«l, Nous avons conclu cette Alliance : « Nâadorez quâAllĂąh, et avec vos deux gĂ©niteurs faites preuve dâexcellence, ainsi quâavec les proches, et les orphelins, et les indigents. Et adressez-vous aux humains de la belle maniĂšre, et Ă©levez lâaction unifiante de grĂące, et versez lâexcĂ©dent purifiĂ©. » Puis vous vous ĂȘtes dĂ©tournĂ©s et vous ĂȘtes Ă©cartĂ©s sauf un petit nombre parmi vous. »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara / La Vache, verset 83, page 12, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
12.6 La Présence de paix
Wa qÄla lahum nabiyyuhum ÊŸinna ÊŸÄyata mulkihi ÊŸan yaÊŸtiyakumu t-tÄbĆ«tu fÄ«hi sakÄ«natun min rabbikum wa baqiyyatun mimmÄ taraka ÊŸÄlu mĆ«sÄ wa ÊŸÄlu hÄrĆ«na taáž„miluhu l-malÄÊŸikatu, ÊŸinna fÄ« dhÄlika la-ÊŸÄyatan lakum ÊŸin kuntum muÊŸminÄ«na
« Et leur ProphĂšte leur dit : « Vraiment, le signe de sa royautĂ© sera que lâArche dâAlliance vous parvienne. En elle une PrĂ©sence de paix provenant de votre Enseigneur, et des reliques de ce que la Famille de MoĂŻse et celle dâAaron ont laissĂ©. Les anges la porteront. VoilĂ vraiment un signe pour vous si vous mettez en Ćuvre le DĂ©pĂŽt confiĂ©. » »
Sourate 2, ۧÙŰšÙ۱۩ / Al-Baqara / La Vache, verset 248, essai de traduction et annotations par M. Maurice Gloton, Ă©dition bilingue Arabe-Français, Ă©ditions Albouraq 2018.
12.7 La niche de lumiĂšre
AllÄhu nĆ«ru s-samÄwÄti wa l-ÊŸaráži, mathalu nĆ«rihi ka-mishkÄtin fÄ«hÄ miáčŁbÄáž„un, al-miáčŁbÄáž„u fÄ« zujÄjatin, az-zujÄjatu ka-ÊŸannahÄ kawkabun durriyyun yĆ«qadu min shajaratin mubÄrakatin zaytĆ«natin lÄ sharqiyyatin wa lÄ gharbiyyatin
« AllĂąh, LumiĂšre des cieux et de la terre. Le symbole de Sa LumiĂšre est comme une niche. En celle-ci une lampe : la lampe dans un vase de cristal; le vase, tel un astre Ă lâĂ©clat de perle, allumĂ© Ă partir dâun Arbre bĂ©ni : un Olivier, ni oriental ni occidental, dont lâHuile est sur le point de sâallumer sans jamais quâun feu ne la touche. LumiĂšre sur lumiĂšre. »
Sourate 24, ۧÙÙÙ۱ / An-NĆ«r / La LumiĂšre, verset 35, Coran.
XIII. Ăchos couchitiques et MandĂ©
13.1 Les langues couchitiques
Dans plusieurs langues couchitiques dâAfrique de lâEst, un ensemble de mots se concentre autour du mĂȘme champ sĂ©mantique : demeurer et attendre. En Agaw (nord de lâĂthiopie et TigrĂ©) et en Bilin ( ĂrythrĂ©e, Est du Soudan), on trouve le mot « san », qui signifie Ă la fois demeurer, attendre et patienter. En Afar ( Ăthiopie, ĂrythrĂ©e, Djibouti), le vocable « sa » voulant dire aussi demeurer, attendre. De mĂȘme quâen Somali (Djibouti, Somalie) « sĆ«g » pour signifier demeurer, attendre. Ces formes couchitiques ont ceci de remarquable quâelles nouent dâemblĂ©e lâhabitation et la patience. Rester en un lieu, câest aussi attendre, et lâon retrouvera cette solidaritĂ© dans lâarabe ŰłÙÙÙÙÙŰ© (sukna, quiĂ©tude) et ŰłÙۧÙÙÙ (sÄkin, paisible). Demeurer nâest pas seulement occuper un espace, câest se tenir dans une durĂ©e.
13.2 Maninka du Niokolo
suu – nom : maison, habitation.
sĂ©ne – verbe : nettoyer le sol, cultiver. · sĂ©nelaa – nom : cultivateur.
13.3 Soninké
sigi ou sikki – verbe : s’arrĂȘter, faire halte, se tenir debout, s’Ă©riger.
sigindi – verbe : arrĂȘter, Ă©riger, Ă©tablir, instituer.
soxaana – nom : cultivateur. · soxante – nom : champ cultivĂ©.
13.4 Bambara
sĂŹgi – verbe : asseoir, faire asseoir, dĂ©poser, installer, instituer, habiter, faire attendre.
sĂnti – verbe : fonder, Ă©difier, Ă©tablir.
sĂł – nom : village, localitĂ©, ville; rang, colonne.
sĂșn – nom : tronc, pied, base, origine.
sĂČ – nom : taille, hauteur, distance du sol. · sĂĄ, ici, lĂ .
sÉÌgÉn – verbe : ĂȘtre fatiguĂ©, Ă©puisĂ©, « ĂȘtre sur les rotules »; la fatigue.
Le champ sĂ©mantique mandĂ© sâarticule autour de lâinstallation : sĂŹgi (sâasseoir, habiter, instituer), sĂł (le village), sĂșn (la base, lâorigine), suu (la maison), sigindi (Ă©riger, instituer), et mĂȘme sĂ©ne et soxaana, qui Ă©voquent la mise en culture du sol, autre aspect de la sĂ©dentaritĂ©.
Ce retournement, dĂ©jĂ observĂ© en section 8.1 pour lâarabe, oĂč Ă ŰłÙÙÙÙÙ (sakana, demeurer, ĂȘtre au repos) rĂ©pond Ù ÙŰłÙÙÙÙÙ (miskÄ«n), celui qui ne peut plus bouger et est donc dĂ©muni, se retrouve ici. Deux familles de langues, deux fois le mĂȘme passage, du siĂšge choisi Ă l’immobilitĂ© subie.
Ces mots ne peuvent ĂȘtre des emprunts. Les verbes de position et les Ă©tats du corps constituent le vocabulaire le plus stable des langues, et le faisceau bambara (sĂŹgi, sĂnti, sĂł, sĂșn, sÉÌgÉn) est cohĂ©rent de lâintĂ©rieur, sans besoin dâapport extĂ©rieur.
Ces parallĂšles sont prĂ©sentĂ©s comme des convergences, et non comme une filiation prouvĂ©e. Ils nĂ©cessitent une analyse approfondie par des spĂ©cialistes des langues MandĂ©, des couchitisants et des Ă©gyptologues. Il convient de souligner que les noms de lâhabitat et les verbes de position sont parmi les Ă©lĂ©ments lexicaux les plus stables des langues, et sont peu susceptibles dâĂȘtre empruntĂ©s. Cette convergence est donc particuliĂšrement remarquable.
Conclusion
Nous avions commencĂ© par le geste de lâarpenteur. Le vocable đŽđđżđ° (snáčŻ) dans la langue pharaonique signifiait « mesurer un terrain, poser les fondations et fonder une maison ». Le dĂ©terminatif de la corde enroulĂ©e đ°, prĂ©sent Ă chaque occurrence, souligne que toute construction commence par un tracĂ© au sol. Ce mot, utilisĂ© comme nom, dĂ©signe non seulement la crĂ©ation, mais aussi la coutume, la rĂšgle : ce qui est bien fondĂ© devient ce qui est gĂ©nĂ©ralement acceptĂ©.
Une mĂ©tathĂšse des deuxiĂšme et troisiĂšme radicales, s-n-áčŻ devenant s-áčŻ-n oĂč le đż Ă©gyptien correspond au k sĂ©mitique, donne l’hĂ©breu Ś©Ś–Ś–Ś et l’arabe Űł–Ù–Ù. Le sens, quant Ă lui, Ă©volue progressivement. Si lâĂ©gyptien ancien nommait lâacte de fonder, le sĂ©mitique nommait lâĂ©tat qui sâensuit, Ă savoir lâhabitation. Le copte, avec ses mots âČ„âȱâČâȧ et âČ„âČâȧâČ, tĂ©moigne de lâordre chronologique antĂ©rieur Ă cette transformation linguistique.
De cette racine Ă©mane un lexique entier : la demeure hĂ©braĂŻque Ś©Ö¶ŚŚÖ¶Ś et arabe ŰłÙÙÙÙ (sakan) ainsi que les termes liĂ©s au repos, Ă la quiĂ©tude et Ă lâimmobilitĂ©, jusquâau paradoxe du Ù ÙŰłÙÙÙÙÙ (miskÄ«n), le pauvre, qui nâest pauvre que dâĂȘtre immobilisĂ©.
Mais lâapogĂ©e de cette histoire rĂ©side ailleurs. La racine qui dĂ©signait le cordeau de lâarpenteur finit par nommer le Tabernacle, ŚÖŽŚ©Ö°ŚŚÖžÖŒŚ (mishkÄn), « le lieu oĂč lâon habite », puis la PrĂ©sence divine elle-mĂȘme : Ś©Ö°ŚŚÖŽŚŚ ÖžŚ (Shekhina) et ŰłÙÙÙÙÙÙŰ© (sakÄ«na), cette « PrĂ©sence de paix » que lâArche dâAlliance abrite. Comme le souligne lâĂcriture : « Ils me feront un sanctuaire, et jâhabiterai au milieu dâeux ». Toute une thĂ©ologie se trouve ainsi contenue dans une forme verbale issue de notre racine.
Lorsque le bambara utilise les termes sĂnti pour fonder, sĂŹgi pour sâinstaller et sĂł pour dĂ©signer le village, il dĂ©ploie, Ă partir de ses propres ressources, le mĂȘme champ que le scribe de Memphis traçait mĂ©ticuleusement au cordeau : habiter la terre et y Ă©tablir sa demeure.
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